MARGERIE
ANALYSE DU PROCÈS-VERBAL. [La communauté de Margerie (3) était composée de 60 feux. — L'avis pour la convocation fut lu et publié le 8 mars 1789. — Le même jour, les habitants se réunirent
(1) Les habitants de Mairy avalent déjà adressé de nombreuses plaintes à l'intendant au sii^et de la dévastation de leurs terres par la trop grande quantité de gibier que conservait leur seigneur. Celui-ci avait répondu aux imputations des habitants. « La preuve de la fausseté de cette assertion (la destruction des récoltes)» disait-il, est que depuis vingt ans les baux des dîmes qui sont, non pas en argent, mais en grains, sont augmentés de plus d'un tiers ; donc, bien loin de diminuer, le terroir augmente sa production.. . » (Areh. de la Marne, C, 63Î.)
(2) Voir les cahiers d'AuInizeux, page 60, et de Cemon, page 125.
(3) Areh, de la Marne^ ibid, (procès- verbal, dossier ^, pièce 2i9. Cahier, dossier c, pièce 66 : 6 pages non cotées mais paraphées en bas ne varietur par Regnard ; visa de Prieur).
Sources doc. acc. — Areh. de la Marne , C, 608 et 633 : Administration de la communauté ; traité avec le maître d'école ; procès avec le prieuré de Margerie ; comptes des syndics. — C, IMO : Vingtièmes. ~ C, i61J^ : Corvées. — C, i6S7 : Ponts. — C, i873 : Église et presbytère. — C,3*70: Incendie de 1762. — C, 2700 : Salaire du sonneur. — C, 2966 : Impositions. — E, 8S7 : Minutes de la Justice du bailliage de Margerie (1679- 1745). — G, S94 : Doyenné de Margerie.
Areh, de VAube, G, t6, 232 : Prieuré de Margerie (inventaire). — G, 8i et suivants : Nomination de curés. — G, 722 : Biens et administration de la paroisse de Margerie, chef-lieu d'un doyenné du diocèse de Troyes ; — etc.
^ Margerie qui, on l'a vu (page 208), formait avec Corbeil une enclave dans le bailliage de Chaumont-en-Bassigny, appartenait à l'élection de Vitry ;
SOUS la présidence de Louis-Charles Regnabp, lieutenant au bailliage et gruerie de Margerie. — I-e procès-verbal constate la présence de Stravailliot, Pothier, Thévard, F. Dory, Chapuy, Louis Badois, F. Savetier, Rivière, Ovy, Alexis Laloye, Augustin Gouthière, Rebourt, Oudin, Rivière, Antoine Jaquot, J. Rivière, P. Férat, F. Bailly, J.-B. Thalot, Jérémie, N. Pierre, François Pierre, J. Lorphelin, Chatelle, Rebourt,!. Malot, Nicolas Malot, Louis Leseur, L. Rivière, Antoine Gouthière, Regnard et Rivière, syndic. « Quant au surplus de la communauté, ajoute le procès- verbal, ils ont déclaré ne savoir signer. . . » — Les députés furent le président Louis-Charles Regnard, et le syndic
Rivière.]
CAHIER
Cahier de plaintes, de doléances et remontrances du Tiers état
de la paroisse de Margerie.
La communauté de Margerie, en l'assemblée générale, se plaint de ce que le Tiers état supporte une foule d'impôts en taille, capitation, ustensiles d'industrie, rachat de corvée et autres charges publiques, tandis que les ecclésiastiques et les nobles, qui possèdent les plus riches propriété^, ne paient presque point d'impôts.
1. — Impôt unanime. — Privilèges supprimés. — Impôt territorial en argent. — Suppression des aides. — La commune remontre ; 1° Qu'il est de la raison et de l'équité que tous les sujets du Roi, sans distinction de rang ni de qualités, contribuent au paiement des impôts dans l'égalité proportionnelle, et que les privilèges pécuniers doivent être supprimés ;
2o Que la taille, la capitation arbitraire, doivent être remplacées par une subvention territoriale, le tout en argent ;
3^ Que la régie des aides doit être supprimée comme chose odieuse et répugnante à la raison, et remplacée par une taxe sur les vignes et une industrie sur les débitants de boissons, sur les commerçants et manufacturiers.
2. — Sel marchand. - - La commune demande la suppression des gabelles et que le sel devienne marchand, pour réformer les
aujourd'hui la commune fait partie du canton de Saiiit-Remy-«n-Bouzemont, arrondissement de Vitry-le-François.
— Dénombrement de 1773 : 64 feux roturiers, 1 ecclésiastique et 2 nobles. — Population : 134 hommes, 124 femmes, 26 garçons et 15 filles, soit 299 hahi" tants. — Elle était de 271 habitants en 1787, parmi lesquels 10 laboureurs, 33 manouvriers, 5 fileuses, 2 cabaretiers, 6 veuves et un chirurgien du nom de Jean- Antoine Convert. (Arc/i. de la Marne, C, 427.— Lanolbt : op. cî/., page 29.)
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grands abus qui se commettent dans cette partie, pour qu*il ne soit plus décerné de contraintes qui obligent le pauvre artisan à lever du sel en gros, quoiqu'il y ait des regrats (1) établis pour ces mêmes artisans.
3. — Tarif des contrôles. — La commune demande que les droits de contrôle, scel et insinuations soient modérés et fixés par un tarif clair et intelligible, pour éviter les abus qui se commettent.
4. — Impôt en la province réduit en proportion des autres provinces. — La commune demande que la contribution de la province de Champagne soit proportionnée aux ressources et facultés des autres provinces de France ; que la Champagne soit mise en pays d*État.
5. — Milice. — La commune remontre que les privilèges accordés aux ecclésiastiques et aux nobles, pour le tirage des milices, est un abus ; que ces deux états, voulant favoriser quelques-uns, les prennent à leur service ppur quelques temps, et lorsque les milices sont tirées, les renvoient à leur destination.
6. — Impôt sur tous les ordres. — Religieux en activité. — Pauvres nourris dans leur ordre. — Abolition des quêtes. — La commune demande que le Clergé et la Noblesse soient imposés avec le Tiers état dans un rôle commun, et que tous les membres du Clergé, tant séculier que régulier, soient mis en activité, les uns pour desservir les paroisses, les autres pour l'éducation de la jeunesse, d'autres pour soigner les malades dans les hôpitaux, et les autres pour la prédication et la confession ; que le Clergé de chaque classe nourrisse tous ses membres et que les quêtes et mendicités soient abolies.
7. — Alx)lition des droits féodaux. — Encouragement des arts. — Barrières reculées. — La commune demande que la censé, corvée seigneuriale, banalité et autres droits féodaux nuisibles à la liberté des personnes et des biens, soient abolis, sauf le retrait desdits droits qui seront reconnus légitimes ; que l'agriculture, les arts, le commerce, soient encouragés par la liberté ; que les barrières et péages soient reportés sur les frontières du royaume.