MARSON
Tel est le vœu des habitants de Marson en ce qui concerne leurs conventions et l'administration de la justice, s*en rapportant, au surplus, à la prudence de Sa Majesté pour établir dans chaque généralité une cour souveraine qui connaisse en dernier ressort de toutes matières généralement quelconques.
Portion congrue. — Annexe. — CasueL — Quant à la religion, les dîmes ecclésiastiques de leur territoire se louent environ 2,0001^, et cependant leur curé qui est à portion congrue partage les soins de son ministère entre eux et le village de Francheville, distant de Marson d'environ trois quarts de lieue ; et, en conséquence, ils désirent que ce double abus soit réformé, que leur curé soit affranchi de la desserte de Francheville et que son sort soit amélioré et fixé à lu somme de 1,2001» par an, attendu la population du village de Marson et les aumônes qu'il est dans le cas de foire ; s'en rapportant au surplus à la prudence de Sa Majesté pour que les curés fossent gratuitement à l'avenir toutes les fonctions de leur ministère (1).
Gibier. — Pigeons. — Les habitants de Marson sont encore en droit de se plaindre de la multiplicité du gibier qui infeste leur territoire et du grand nombre de pigeons qui désolent leurs chétives propriétés, surtout dans le temps des semailles et des moissons, et ils s'en rapportent également à la prudence de Sa Majesté pour foire promulguer une loi qui les délivre de cette double tyrannie (2).
Milice. — Le tirage des milices donne lieu à beaucoup de frais et à un grand dérangement : les cultivateurs sont enlevés à leurs travaux dans une saison précieuse et c'est pour leurs enfants une occasion de s'adonner au libertinage (3).
(1) Baux des dîmes de Marson de 1532 à 1698 et de 1730 à 1787. {Arch. de la Marntt G, 6èS et 15^.)— Lesdlmes appartenaient en grande partie au chapitre de Saint-Étienne et à celui de Notre-Dame-en-Vaux de Cliâlons. Une transaction du 19 Juillet 1578 et une enquête de 1728 Axèrent la quotité de la dîme de Manon à la treizième gerbe pour le froment et le seigle, et ù la seizième gerbe pour Torge et l'avoine; quant à la dime du vin, elle se levait à raison de 8 pintes par poinçon.
Par une transaction du24 mai 1030, le chapitre avait abandonné au curé de Manon les menues dîmes pour la desserte de Francheville ; mais une sentence du Imilliage de Châlons, du 2 avril 1686, dut cependant être rendue pour obliger 'es décimateun à payer au curé de Marson la portion congrue qui lui était due. Une convention Intervint à la suite de ces procédures, entre les chanoines de Saint-Étienne de Châlons et le chapitre de Vitry, fixant à 300 livres cette portion congrue (27 mai 1686).
(2) Voir les cahiers d'Aulnizeux, page 60, et de Cernon, page 125.
(3) Voir le cahier de Beaulieu-eu-Argonne, page 71.
Enfin, les habitants de Marson désirent que les comptes de leur communauté se rendent sans frais et qu'ils soient autorisés à faire procéder par économie aux dépenses de reconstruction, d'entretien et de réparations qui sont à leur charge (1).
Gabelle. — Sa Majesté étant instruite, combien l'impôt du sel est à charge aux cultivateurs, elle prendra sans doute les mesures convenables pour que cette denrée de première nécessité leur soit vendue à meilleur marché, jusqu'à ce que la restauration des finances permette d'anéantir cet impôt ainsi que tous ceux auxquels ils sont assujettis à l'entrée des villes où ils vont vendre leurs denrées (2).
Aides, — Il est encore d'autres droits qui sont à charge aux cultivateurs, tels que les droits qui se perçoivent sur le vin.
S'ils remettent du vin pour leurs moissons, on les accuse assez fréquemment d'une trop grande consommation ; ils sont à la merci des commis qui décernent contre eux des contraintes à tort et à travers ; les plus timides paient sous le nom de trop-bu les droits d'un vin qui a été véritablement consommé à l'occasion de leurs récoltes, et ce n'est qu'à force
(1) Comptes des syndics de 1770 à 1789. (Arch. de la Marne, C, 633.) — Dossiers des réparations de l'église en 1729, 1735 et 1742, et du presbytère en 1781, travaux dont les dépenses furent supportées par la communauté. {Ibid.f C, i87U.)
Les habitants étaient aussi astreints aux travaux de réparations des chemins, notamment de celui qui conduisait de Marson à Châlons, a le seul qui, dit un rapport de l'ingénieur Le Jolivet, doit intéresser les habitants de Marson, lequel, ^joutait-il, a besoin d'un rechargement de craie, depuis l'issue de Marson jusqu'au Buisson, sur le chemin du Mont- Martin. La craie se prendra de droite et de gauche au moyen de trois Jours de corvée bourgeoise fournie par les soixante chevaux et les trente-six manœuvres qui forment la force de cette communauté ». (Ordonnance du 21 décembre 1784). — Les orages occasionnaient de fréquentes inondations qui ravinaient ces chemins et nécessitaient de nombreuses corvées en dehors de celles exigées par l'État (voir requête des habitants du 26 avril 1786 et ordonnance du 6 novembre de la même année, etc.) — {Monographie de l'abbé Bour, — et Arch, de la Marne, C, 1592.)
(2) Droits et octrois perçus à l'entrée de Châlons. {Arch. de la Marne, C, 408 et 521), — Le cahier de Courtisols, village voisin de Marson (page 238), parle d'un droit de rouage qu'on venait d'établir sur les voitures de marchandises entrant à Châlons à raison de treize sols par chacune d'elles, et montre les abus auxquels la perception de ce droit donnait lieu. — Le droit de rouage avait été établi par arrêt du Conseil d'Etat du 27 juillet 1772 et réglé par ordonnance de l'intendant Rouillé d'Orfeuil du 9 février 1773. {Bibliothèque de Reims : Recueil in-4o d'arrêts et ordonnances concernant les octrois des villes. — iV, 275/.)
MATOUGUES 441.
de pas et de démarches que les autres parviennent à faire annuler les contraintes mal à propos décernées contre eux.
Si leurs facultés ne leur permettent pas de s'approvisionner de vin pour leurs moissons, alors ils sont obligés de Tacheter au cabaret, ce qui augmente considérablement les frais de leurs récoltes, le cabaretier étant obligé de renchérir son vin, soit en raison des droits de détail auxquels il est assujetti, soit en raison du bénéfice qu'il est dans le cas de faire sur la denrée qu'il revend.
Au surplus, les habitants de Marson espèrent que Sa Majesté voudra bien prendre en considération que la majeure partie des impôts porte sur la classe la moins aisée de ses sujets, tandis que le Clergé et la Noblesse, dont les possessions sont si considérables, ne paient presque rien ; et qu'en conséquence elle prendra les mesures convenables pour que tous ses sujets indistinctement contribuent à la dette de l'État, en proportion de leurs propriétés et revenus dans ce lieu même où ces propriétés et revenus existent.
Claude Cailliet, Claude Fauchât, Claude Guttin, Claude Hermant, Claude Parjouet, François âubert, François Gény, etc
Le Maire.
(69 signatures.) (1)
MATOUGUES
ANALYSE DU PROCÈS- VERBAL. [La communauté de Matougues (2) était composée de 127 feux. — L'avis pour la convocation fut lu et publié le Uf mars 1789.— Le 4, les habitants se réunirent « en la maison
(1) En marge de la dernière page, Le Maire a écrit : « Fin des plaintes doléances et remontrances du village de Marson.— L. M. »
(2) Arch, de la Marne, ibid. (procès- verbal, dossier b, pièce 2il. Cahier, dossier c, pièce Î3S : 10 feuillets (dont 2 inutilisés) y compris une couverture, cotés et paraphés par Gougelet. Du reste, au dos de la couverture, on lit la mention : « Le présent cahier, contenant 10 feuillets, celui-ci compris, a été coté et paraphé par premier par nous, Maurice- Benoît Gougelet, lieutenant en la justice de Matougues, le 4 mars 1789. — M.-B. Gougelet. » — Visa de Prieur sur la couverture).
Sources doc. acc— Arch. de la Marne, C, 634 et 29Î9 : Administration de la communauté ; usages ; comptes des syndics ; incendie de 1757. —
du syndic municipal indiquée pour l'assemblée générale des habitants, » sous la présidence de Maurice-Benoist Gougelbt, lieutenant en la justice de Matougues. — Le procès-verbal constate la présence de Pierre Chailliot, syndic municipal, Nicolas-André Bonnart, procureur fiscal, Nicolas-Jacques Bonnart, Nicolas Jolicœur, Nicolas-Remy Launois, Jean Jolicœur, Claude Jacquinet, Nicolas Gougelet, Jean Mailly, Nicolas Jacquinet, Claude-Michel Barbât, Pierre Dardart, Pierre Bonnart l'aîné, Pierre Bonnart le jeune, Jean-Baptiste Jacquinet, Etienne Gougelet, Georges Pariset, Nicolas-Quentin Pariset, Cyprien Hutin, Pierre-François Crochet, André Meunier, Pierre Pariset, Nicolas Pariset, Claude- Louis Legentil, André Rivière, Jean-Denis Pariset et encore, d'après les signatures, Jean -Baptiste Pariset, Nicolas-Maurice Jolicœur, Jean-Baptiste Pernet, Jacques Oudinot. — Les députés furent le président, Maurice -Benoist Gougelbt, et le procureur fiscal, Nicolas- André Bonnart.]
CAHIER
Plaintes et doléances au Roi pour rassemblée des États généraux.
Supplient très humblement Sa Majesté et demandent, les habitants, corps et communauté de Matougues. Les habitants dudit Matougues, pénétrés des sentiments d'amour et de recon-
C, 883 et 9^6 : Impositions. - C, Î02A : Capitation. — C. i(M : Vingtièmes. — C, 1592': Corvées. — C, 1595 : Route de Dormans à Châlons (1769). — C, 1873 : Église et presbytère. — C, 1956 : Incendie de 1757.— C, 2688 et G, 94 : École de filles. — D, 13 : Ferme du collège de Châlons à Matougues. — E, 181 et 182 : Famille Durey de Bourneville, seigneur de Matougues; terrier. — £, 1005 : Usages. — G, 107 et 2846: Biens de la cure ; visites épiscopales. — G, 274 : Réparations des moulins sur la Marne. — G, 430, 457, 615, 6¥f et 698 : Prés du chapitre Saint-Étienne. — G, 856 : Censives des chapelains de la congrégation. — G, 1098^ 1106 : Censivesde la collégiale N.-D. -en-Vaux. — G, 1199 : Ferme appartenant à la collégiale de la Trinité. — G, 1172 : Prés à l'église Sainte-Marguerite de Châlons; — etc.
Bibliographie. — Une monographie inédite, en deux volumes de 300 ài 400 pages chacun, a été écrite par ra})})é Henry, ancien curé de Matougues, de Dormans, puis de Sainte-Ménehould, décédé récemment. Cet ouvrage, intitulé : La paroisse et le viUage de Matougues, porte la date de 1884 ; il a été présenté a la Société académique de Châlons en 1889. — L'auteur a utilisé les Archives départementales et aussi les Archives de la commune ; il cite à maintes reprises des registres des premières années de la période révolutionnaire (1789-1793), et des « liasses de l'administration des syndics » qui, depuis, ont disparu de la mairie. — II analyse et commente le cahier de doléances de Matougues d'après le document des Archives départementales.
— Matougues appartenait à l'élection de Châlons ; aujourd'hui la commune fait partie du canton d'Écury-sur-Coole, arrondissement de Châlons.
— Dénombrement de 1773 : 133 feux roturiers et 1 ecclésiastique. — Population .' 218 hommes, 217 femmes, 48 garçons et 46 filles, soit 529 habitants.
MATOUGUES 443
naissance pour leur souverain, ont Thonneur de faire les demandes suivantes que leurs députés à rassemblée des trois ordres de ce bailliage, sont priés de faire insérer dans le cahier général du Tiers état dudit bailliage :
1. — Pays dEtat, — Que toutes les provinces du royaume soient, par le Roi et les États généraux du royaume, érigées en pays d'État ;
2. — Impôt unique en nature, — Qu*il soit établi un impôt unique sous le nom de subvention territoriale ou dime royale en nature, que les ecclésiastiques et les nobles paieront sans distinction et sans exception ; par conséquent, plus de vingtième, ni de taille, ni de décimes ;
3. — Prestation de la corvée sur tous les ordres au dixième de la taille. — Que la prestation en argent de la corvée soit diminuée ; elle est trop forte au sixième de la taille : tel qui, auparavant, ne dépensait que dix-huit livres pour faire ou faire faire sa corvée, en donne aujourd'hui trente ; ainsi l'intention du Roi n'est point remplie; il faudrait que cette prestation pécuniaire ne se payât qu'au dixième tout au plus, et obliger tout le monde à la payer sans distinction ;
4. — Même poids, même mesure, même coutume. — Qu'il n'y ait, dans tout le royaume, qu'un même poids, une même mesure ; détruire les coutumes différentes et multipliées qui ne font qu'embarrasser dans les affaires ; il parait naturel que, n'ayant en France qu'un même Roi, nous n'avons besoin que d'une même loi ;
5. — Grands bailliages établis, — Que l'on rétablisse les grands bailliages comme ils avaient été établis par la déclaration de l'année dernière ; tout le monde a senti et reconnu Tavantage de ce bel établissement et regrette toujours qu'il n'ait pas eu lieu ; alors les cris des particuliers intéressés ne doivent pas étouffer la voix publique qui doit toujours l'emporter (1) ;
6. — Suppression des aides, traites et gabelles. — Que les aides et les traites soient supprimés dans l'intérieur du royaume, les rejeter sur les frontières, abolir les gabelles, rendre le sel marchand et doubler la capitation pour dédommager Sa Majesté de la perte des finances que lui occasionne la suppression de cet impôt ;
(1) Ordonnance royale sur l'administration de la justice du 8 mai 1788 (voir le cahier d'Ëvres, page 219).
7. — Grandes routes inutiles supprimées. — Privilèges des maîtres de postes supprimés. — Que l*on supprime les grandes routes inutiles ; ce sera rendre à l'agriculture un terrain considérable ; ce sera économiser un argent qui peut être mieux employé, et diminuer la surcharge d'impôts que souffrent les gens de la campagne ; que l'on supprime les privilèges des maîtres de poste, qui sont toujours aux dépens du cultivateur, et que l'on fasse payer plus cher ceux qui vont en poste (1) ;
8. — Abandon aux propriétaires voisins des arbres des grandes routes. — Que l'on abandonne les arbres des grandes routes et chemins aux propriétaires qui les avoisinent, en les obligeant de planter, d'élaguer, d'écheniller ; ce ne sera encore qu'un faible dédommagement du tort que les arbres leur font souffrir en épuisant les sucs de la terre qui ne produit presque rien dans leur voisinage ; d'ailleurs, par ce moyen, on ne verrait plus sur les routes ces lacunes affreuses qui les déshonorent et qui, autrement, augmenteront toujours par l'intérêt qu'ont les particuliers de détruire dans leur enfance les arbres que l'on plante tous les ans pour les remplir, et ce serait une dépense de moins (2) ;
9. — Transport d'un commissaire sur les lieux pour la milice. — Changer la manière de faire les milices ; au lieu d'envoyer tous les garçons à la ville pour tirer, on pourrait obliger le sub* délégué, ou un commissaire de sa part, de se transporter sur les lieux ; pour cette opération, il est plus juste qu'un seul se déplace que soixante ou cent ; d'ailleurs les garçons y gagneraient leur temps, la peine et les frais du voyage, et les mœurs ne seraient plus scandalisées des batteries que cette démarche occasionne et d'autres sottises (3) ;
10. — Chasse libre et destruction des garennes. — Que l'on rende la chasse libre et commune à tous les propriétaires sur
(1) Privilèges des maîtres de poste. (Arch. de la Marne, C, 809, 812).— Caliier de Bussy-Lettrée, page 116.
(2) Voir le cahier d'Étoges, page 271. — En 1741, l'intendant Le Peletier de Beaupré avait rendu une ordonnance défendant aux laboureurs de pousser leur charrue jusqu'aux arbres plantés sur les routes. — Le seigneur d'Écury et de Champagne, dont les tenues étaient traversées parla grande route, se vit dresser, en 1787, un procès-verbal par le chef de conduite des ponts et chaussées Janson, pour avoir fait abattre des arbres sur cette route. {Arch. de la Marne, C, 1759.)
(3) Voir le cahier de Beaulieu-en- Argon ne, page 71.
MATOUOUES 445
leurs terres, et non plus ; que les seigneurs jouissent du droit dans rétendue de leur seigneurie, mais qu'on détruise les prétendues garennes que les seigneurs étendent et multiplient tous les jours sans droit, sans titre et contre la loi du royaume ; le gibier trop nombreux est un fléau terrible qu*on ne saurait trop empêcher, il vaut mieux anéantir des animaux nuisibles que de ruiner des laboureurs nécessaires (1);
11. — Suppression des seigneuries ecclésiastiques et monastiques. — Que Ton supprime les seigneuries ecclésiastiques et monastiques qui ne font quUnspirer Torgueil à ceux qui les possèdent et les distraient du service des autels; d'ailleurs elles répugnent & Fesprit de J.-C. qui dit que son royaume n*est pas de ce monde; elles sont contraires aux vœux d'humilité et de pauvreté que font les moines ;
12. — Pauvres nourris par chaque communauté au moyen d'un bureau de charité. — Que Ton ordonne à chaque communauté de nourrir ses pauvres invalides, les empêcher de sortir du lieu pour mendier ; faire travailler ceux qui le peuvent, leur donner de Touvrage, et pour cela il serait formé dans chaque paroisse un bureau de charité composé du curé, des marguilliers, des ofRciers de justice, du syndic et de deux notables nommés par l'assemblée générale de tous les habitants ; on ferait la quête deux fois par an ; l'argent serait déposé dans un coffre fermant à trois clefs différentes dont une au curé, la seconde au procureur et la troisième au syndic; il serait tenu un registre coté et paraphé de recettes et de dépenses, et, à la fin de chaque année, on rendrait compte publiquement, avec la plus grande exactitude ; ce moyen parait le plus sur et le plus court pour détruire la mendicité que cet hiver vient de rendre plus abondante, plus importune et, par ces saisons, plus intéressante (2) ;
(1) Voir le cahier de Cernon, page 125.
(2) Voir le cahier d'Anlnay-aux-Planches, page 45.— La quesUon del'eztlnctinction de la mendicité avait été mise au concours en 1777 par l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Châlons. Les projets abondèrent ; plus de cent mémoires furent adressés à TAcadémie : les meilleurs étaient dûs à Duperron ; Clouet, médecin a Verdun ; Grignon, antiquaire et maître de forges à Saint-Dizier ; d'Ancison, Juge à Besançon ; Barbe de La Barthe, Juge en Guyenne; Panliouclie le Jeune, à Paris, etc. ; et il est évident que, dans les divers cahiers du bailliage où il est traité de cette question, les rédacteurs se •ont inspirés des idées qui furent répandues a cette époque dans la région par les
44R BAILLIAGE DE GHAbON6-SUR-MARNB
13. — Municipalités continuées et garantes des impôts, - - Que les municipalités établies dans tous les lieux du royaume subsistent conformément au règlement de Sa Majesté ; que chaque municipalité administre tout ce qui concerne les intérêts de sa communauté et qu'elle reçoive tous les revenus et fasse toutes les dépenses d'icelle, et que ladite municipalité soit garante et responsable de Timpôt du lieu, ou un de ses membres par elle choisi : que son receveur soit tenu de verser directement le montant de son imposition au trésor de TÉtat, et qu'il soit permis auxdites communautés de faire elles-mêmes la répartition de leurs impositions; ne point envoyer de commissaires
auteurs de ces manuscrits. Condorcet, alors en correspondance suivie avec ie secrétaire perpétuel de l'Académie, Sabbat tiier (voirie cahier d*Écury-sur-Coolc, page 265, note 1), le félicitait « d'avoir reçu de bonnes pièces sur la question importante qui était proposée » et indiquait lui-même le moyen d'utiliser à des machinée, dans les dépôts de mendicité, les aveugles, les manchots, les hommes sans mains «et ceux sans jambes. Dans la séance publique de l'Académie du 25 août 1777, présidée par l'évêque de Châlons, l'abbé Malvaux proclama que le prix était remporté par le docteur Clouet, de Verdun, et que les abbés Montiinot, de Lille, et Blanchard, de Tourteron,prés de Rethel, se partageaient les accessits.
L'établissement des bureaux de charité dans chaque paroisse du royaume est la base de presque tous les mémoires présentés à l'Académie : « Établisc 'SOUS, dit l'abbé Malvaux dans son exposé, dans chaque paroisse du royaume, « un bureau de charité en faveur des misères journalières. Choisissons des c citoyens honnêtes, remplis de droiture et d'humanité, pour en être adminisc trateurs. Leurs fonctions seront triennales : ils pourront, néanmoins, être « nommés une seconde et une troisième fois, après des Intervalles. Ainsi ces- « bureaux seront composés successivement de tout ce qu'il y aura de plus « distingué dans les paroisses. . . » ; puis l'abbé Malvaux discute la composition de ces bureaux dans les grandes villes, dans les paroisses des petites villes et dans les paroisse» des campagnes où les laboureurs et les fermiers coopéreront avec le curé et le seigneur à la formation et a l'administration du bureau, etc. . . (Résumé des Mémoires qui ont concouru pour le prix accordé en Vannée 1777 par V Académie des Sciences, Arts et BeUes-Lettres de Chàlons-sut-Marne, et dont le sujet était : c Les moyens de détruire la mendicité en France en rendant les mendiants uttles à l'État sans les rendre malheureux », par l'abbé de Malvaux, vic.gén. de Châlons. Châlons-sur-Marne, Seneuze, 1779, in-8«. —Discours
sur la mendicité, qui a concouru au prix de V Académie et qui a obtenu le
second accessit. . . par l'abbé Blanchard. — Moyen facile de supprimer la mendicité en assurant à toutes les classes du peuple une existence aisée dans la vieillesse, par Linguet, etc. — Bibliothèque de Reims : Catalogue des sciences philosophiques et sociales n» 1529. — Voir aussi H. Menu : ^otes historiques sur la Société littéraire et sur l'Académie des Sciences, Arts et BeUes-Lettres de Châlons'sur-Marne : 1750-1792. Châlons, J.-L. Leroy, 1869, in-8o : Bibliothèque de Reims, C. H. 2042.)
MATOUOUBS -M?
qu*à celles qnScn demanderont. Cette opération serait ioujourB plus facile, plus juste et ne coûterait rien (1) ;
14. — Augmentation des portions congrues, — Augmenter les portions congrues, les porter à une somme honnête ; nom payons la dime pour Tadministration des sacrements, llnstruction et la célébration du service divin, et non pas pour nourrir des chanoines et des moines déjà trop riches, qui ne donnent rien aux pauvres de nos paroisses, qui ne prient pas pour nous et qui ne pensent à nous que pour nous faire payer sans miséricorde ; et faire une pension honnête aux curés qui ne seront plus en état de faire leurs fonctions, comme à ceux qui se seraient distingués par leurs mérites et leurs vertus ou quelque antre établissement utile (2) ;
15. — Religieux mendiants reniés, — De renter les religieux mendiants ou les supprimer ; prendre leurs revenus pour sou* tenir l'État ; ces mendiants sont une charge considérable pour les campagnes surtout : ils persécutent les habitants que leur importunité met à contribution en exigeant comme dû ce qu*ils ne devraient demander qu*avec modestie, humilité et prière, et l'honneur de la religion y gagnerait beaucoup ;
16. — Résidence des bénéftciers, — D'obliger tous les gens bénéficiers]à résider sur le lieu de leur bénéfice ; ils y animeraient l'agriculture et le commerce, soulageraient les malheureux en faisant plus de bien ; ils seraient plus riches : cela vaudrait mieux que d'aller affamer la capitale et s'y ruiner ;
17. — Suppression des lettres de cachet et de rescision. — Supprimer les lettres de cachet ainsi que celles de rescision : c'est une horreur qui occasionne et soutient les faillites, ce qui ruine les cultivateurs de la campagne ;