SAINT-JEAN-SUR-MOIVRE
ANALYSE DU PROGÉS-VERBAL. [La communauté de Saint-Jeansur-Moivre (1) était composée de 50 feux.— L'avis pour la convocation fut lu et publié le 1^ mars 1789. — Le 10, les habitants se réunirent sous la présidence de Louis Hbrmant, syndic— Le procès-verbal constate la présence de Jean Caillot, Nicolas Oudinot, Nicolas-Pierre Benoist, Hugues Liébeaut, adjoint, Jean-Baptiste Folliet, Claude- Antoine Benoist, Nicolas Lezé, Jean-François Daras. — Les députés furent Jean-Baptiste Foluet et le syndic Louis Hermant.]
CAHIER Vœax et doléances des habitants de Saint-Jean-sur-Moivre
Il n'y a pas de Français qui ne célèbre la bienfaisance de son auguste monarque ; serions-nous donc les seuls qui ne lui paierions pas le tribut de nos hommages ? Ce père de son peuple veut notre bonheur; craignant de ne pouvoir pas Fopérer selon sa volonté» il veut connaître et nos peines et notre misère. Exposons-lui donc nos vœux et nos doléances :
Art. 1. — Nous payons la dîme pour obtenir un ministre de la religion qui nous enseigne nos devoirs et qui nous console dans notre misère. Pourquoi sommes-nous obligés de construire et de réparer sa maison? Pourquoi nous oblige-t-on à payer les actes de religion qu'il fait en notre faveur ? Son état ne Vy oblige-
(1) Areh. de la Miwne, ibid, (procès -verbal, douter b, pièce tSi, Cahier, douter c, ptice iil : 8 pages numérotées mais non cotées ; visa d'un commissaire de l'assemblée du Tiers état du bailliage).
Sources dog. acc— Areh, de la Marne, C, 893 : Administration de la communauté ; usages ; comptes des s^'ndics. — C, 90S : Impositions. — C, 159^ : Corvées. — C, 1835, 1838 et 1897 : Église, annexe de Coupéville. — G, 105 et 1832 : Cure. — G, 457, 585 et 663; Terres, seigneurie et dîmes du chapitre de Saint-Étienne de Ghftlons. — G,982 : Moulin du séminaire de Chftlons ; — etc.
— Saint-iean-sur-Moivre appartenait à l'élection de Chftlons-sur-Mame ; ai^ourd'hui la commune fait partie du canton de Marson, arrondissement de Ghâlons.
— Dénombrement de 1773 : 45 feux roturiers. — Population : 73 hommes, 77 ftmmes, IS garçons et 24 filles, soit 192 habttants.
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t-il pas? Ne payons-nous pas assez pour être servis sans d'autres rétributions (1) ?
2. — Suppression du casuel. — Que Ton supprime donc tout casuel ; ça [a] toujours [été] un abus, un opprobre pour la religion et le sacerdoce ;
3. — Décitnateurs. — Que les décimateurs soient, à l'avenir, chargés des constructions et réparations des presbytères.
4. — Suppression des sergents-priseurs. — Depuis un certain temps» le gouvernement a établi des sergents-priseurs pour recueillir les successions des pupilles : leurs honoraires entament considérablement la fortune de ces malheureux ; les créanciers même sont très souvent forcés de perdre toutes leurs créances parce qu'il n'y reste rien ou très peu des biens qu'ils administrent. Que cette commission soit donc supprimée; que l'on établisse dans chaque paroisse cinq à six municipaux pour les remplacer ; ces nouveaux commis, chargés des deniers à recueillir, feront sûrement leurs fonctions sans aucun reproche et jamais, fût-on plaint injustement de ceux qui, en premier lieu, exerçaient cet emploi.
5. — Abolition de comptes devant le subdélégué, — Nos syndics de communauté sont obligés, par un autre règlement, de rendre leurs comptes tous les ans par-devant les subdélégués de nos élections ; ces messieurs ont, pour recevoir et approuver ces comptes, une somme qui morcelle nos deniers (2) ;
6. — Que désormais les comptes se rendent par-devant les municipaux de chaque paroisse : bien entendu que s'il y a des contestations sur ce fait, elles seront portées à un tribunal supérieur pour être terminées.
(1) Dossiers des travaux de réparations à l'église et au pi*esbytére de Saint- Jcan-sur-Moivre. (Arch. de la Marne, C, 1835, 1838 et iS97.)
Les dîmes appartenaient au chapitre de Saint-Étienne de Châlons, seigneur du lieu ; elles étaient perçues, pour les grains, à la quatorzième gerbe (sentence du 20 décembre 1735). •— Le chapitre avait le droit de pêche (titres de 1599-1694), de lods et ventes (sentence des requêtes du Palais du 13 mars 1739), et de censés. — Une sentence du bailli de Châlons de 1669, suivie d'une transaction de 1688, condamna le chapitre à contribuer pour un quart et les habitants pour les trois quarts aux frais de réparations de l'église. (Ibid., G. 457 et 663.)
Le séminaire de Châlons avait possédé, sur le terroir de Saint-Jean-sur- Moivre, un moulin qu'il louait. (I^ux : Ibid., G, 982,)
(2) Arch. de la Marne, C, 693 : Comptes des syndics de Saint-Jean-sur- Moivre (1761-1788).