‹ Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789Chapitre 233 sur 262 · Que les fonds nécessaires pour chaque département · texte numérisé non relu

Que les fonds nécessaires pour chaque département

(1) Le notaire et cclievin de V^ertus, Jean-Alexandre Hachette, prévôt des justices (le Villers-aux-hois^ Étrcchy et liouffy^ a évidemment contribué à la rédaction des cahiers de ces trois communautés ; il a, du reste, écrit luimcme le caliier de Villers-aux-Bois. On retrouve dans ce dernier cahier quelques phrases déjà lues dans les deux autres, notamment le titi^, la première phrase du préambule, l'article 5 dans le cahier d'Étrechy, l'article 15 qui est l'article 10 du cahier de RouflFy. Mais là se bornent les reproductions fidèles des textes ; pour le reste du cahier, on s'aperçoit bien, çà et là, par quelques mots, que le rédacteur s'est évidemment inspiré des deux autres, ou que les deux autres ont pris connaissance du cahier de Villers-aux- Hois; mais les paragraphes sont, du moins quant à la forme et parfois même au fond, fort différents.

soient fixés d'une manière invariable, les chemins compris, et qu'il ne soit pas permis aux ministres du Roi d'en changer la destination sous quelque prétexte que ce soit ;

3. — Que la masse générale des subsides nécessaires pour qu'il y ait une balance égale entre les revenus et les charges de l'État, soit divisée dans la proportion des forces de chaque province, et que la Noblesse et le Clergé en supportent dans la même proportion, à raison de tous les biens qu'ils possèdent, abrogeant, à cet efTet, tous privilèges et exemptions dont ils ont précédemment joui ;

4. — Qu'il soit établi des États provinciaux pour la Champagne, à l'instar de ceux de la province du Dauphiné ;

5. — Que l'impôt qui sera établi soit d'une perception juste, simple et facile, qui n'expose les contribuables à aucune contravention.

6. — Que la classe des cultivateurs-vignerons, qui, depuis si longtemps, a été surchargée, soit affranchie du joug accablant (les aides ;

7. — Que le contrôle des actes soit ramené au juste but de son institution ; que de nouvelles lois sur cette partie fixent les droits de manière qu'ils ne puissent recevoir aucune extension, et qu'après que les actes et contrats auront passé au contrôle, les citoyens ne puissent plus être recherchés ni inquiétés par aucune vérification ;

8. — Que les jurés-priseurs, établis dans les provinces pour une modique finance avec le privilège exclusif de procéder aux prisées et ventes de meubles, soient supprimés ;

9. — Qu'il soit établi, pour le tirage de la milice, un ordre qui dispense les paroisses de s'éloigner de plus de quatre lieues ;

10. — Que le prix du sel et du tabac soit diminué de moitié et qu'il y ait un grenier et un entrepôt d'établis à Vertus, ville éloignée de quatre grandes lieues d'Épernay, de six de Chàlons, de sept de Sézanne ;

11. — Que les biens-fonds supportent l'impôt qui sera établi sans diminution pour les rentes dont ils peuvent être grevés, sauf aux débiteurs à faire des retenues à leurs créanciers dans la proportion des rentes qu'ils ont à payer ;

12. — Que les abus qui se trouvent dans l'administration de la justice soient réformés, et qu'il soit fait une loi qui afl*ranchisse la classe des malheureux des vexations des huissiers ;

13. — Que les gros dècimateurs ne puissent prétendre la dîme d'aucune espèce de production avant la Saint-Jean, et que ce qui se coupe en vert, pour la nourriture des bestiaux, en soit affranchi ;

14. — Que les barrières soient reculées aux extrémités du royaume, et que Ton ne paie plus de droits de sortie pour les marchandises du cru de la province de Champagne pour passer en celle de Flandre ou autres du royaume réputées étrangères ;

15. — Que les dècimateurs soient astreints à faire plus exactement les réparations de leurs bâtiments et l'entretien des ornements, livres, linges et vases sacrés, et à des aumônes proportionnées au produit de leurs dîmes et, à cet effet, l'exécution rigoureuse de l'édit de 1695, tombé en désuétude (1).

Charles Marizy, Pierre Ténard, Louis La Parose, greffier, Jean Roux, Louis Bourdelat, Louis Le Guay, Hachette, Jacques Joffre, Louis Bertet.

(9 signatures.)

VILLERS-AUX-GORNEILLES

ANALYSE DU PROCÈS-VERBAL. [La communauté de Villers-aux- Corneilles (2) était composée de 46 feux. — L'avis pour la convocation fut lu et publié le 1er mars 1789.— Le même jour, les habitants se réunirent sous la présidence de Maurice Launois, lieutenant en la

(1) Voir le cahier de Roiifîy, page 532.

Le curé de Viilers-aux-Bois percevait les grosses et menues dîmes. (Baux : Arch. de la Marne^ E, 9i5 et 922; et biens de la fabrique : ibid.. G, 1922.) Il possédait autrefois une grange des dîmes qui, abandonnée par lui, fut vendue eu 1760 par la communauté. (Ibid., C, 735.)

La communauté supporta, de 1738 à 1778, d'importantes réparations à réglise et au presbytère. (Ibid., C, Î9Î9.)

(2) Arch. de la Marne, ibid. (procès- verbal, dossier by pièce 277, Cahier, dossier c, pièce 37 : 6 pages non cotées ni paraphées ; visa de Prieur).

Sources doc. acc. — Arch. de la Marne, C, 736 : Administration de la conimunauté ; contestations avec le seigneur pour la police rurale ; usages ; comptes des syndics ; pont ; presbj'tère. — C, 927 et 950 : Impositions.

- C, 1050 : Vingtièmes. - C, 1595 : Corvées. — C, 1919 et 2890 : Église et presbytère. — £, 753 à 755 : Famille Rosnay de Villers : seigneurie.

— G, 106, 107 et 1922 : Visite et biens de la cure. — G, 250 : Propriété de l'cvcché. — G, 4,!?/, 642, 649, 668, 698 : Biens du chapitre de Saiiit- Ktienne de Châlons : cens, prés, dîmes de rapport. — G, 1772 : Ferme à réglise Sainte-Marguerite de Châlons ; — etc.

— Villers-aux-Corneillcs appartenait à Télection de Châlons ; aujourd'hui

VILLERS-AUX-CORNËILLES 795

justice.— Le procès- verbal ne donne pas les noms des habitants qui assistèrent à la réunion. Mais, au bas du document, on lit les signatures de Henry Leclerc, Remi-Antoine Debroj'es, Joseph Poiret, Pierre Bérat, Joseph Bérat, Pierre Poiret, Jean Adnet, Pierre-Charles CoUard, Nicolas Debroycs, Jean-Charles Mirault l'aîné, Maurice-Etienne Poiret, Maurice Adnet, Laurent Gentil, Henry, Nicolas-Joseph Mirault, Joseph Launois, André Liébault, Claude Cagniat, Nicolas Bérat, Laurent- Antoine Gentil, Remy Gentil, Pierre Bérat, André Poiret, Nicolas- Claude Lamairesse, Nicolas-Maurice I^unois « bon pour le syndic » (sic), et Maurice Bérat, greffier. — Les députés furent Henry Leclerc, laboureur, et Remy-Antoine Debroyes, laboureur.]

CAHIER

Cahier de plaintes et de doléances de la communauté de Villers-aux-CorneilleSf élection de Chatons -sur -Marne.

Les habitants de la communauté de Villers-aux-CorneilIes, pleins de respect pour leur Roi, et entrant avec empressement dans les vues bienfaisantes de Sa Majesté, se sont assemblés aussitôt qu*ils en ont reçu ordre pour aviser aux moyens les plus capables de soulager TÉtat, et, après avoir conféré ensemble, ils ont cru que ces moyens étaient :

1. — De mettre Timpôt territorial en nature, parce que les ecclésiastiques et les nobles, qui n'ont rien payé jusqu'à présent, paieront au prorata de leurs biens ;

2. — De mettre un autre impôt sur les vignes, soit par arpent» soit par pièce de vin, afin que le vigneron puisse disposer de son vin à sa volonté ;

3. — De faire estimer les bois, les jardins, les saules, les maisons, de faire reconnaître les contrats et de mettre un impôt convenable sur les personnes à qui ils appartiennent. l\ suit nécessairement de là qu'on n'aura plus besoin de régie ni d'élus, qui sont une charge considérable pour l'État, et que la plus grande partie de ceux qui composent la régie n'ayant pas de quoi vivre, se trouveront obligés de travailler à la terre qui sera mieux cultivée ;

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