‹ Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789Chapitre 65 sur 262 · L'ORDRE DE LA NOBLESSE · texte numérisé non relu

L'ORDRE DE LA NOBLESSE

Cet ordre vraiment grand et digne de toute vénération n'est point à confondre avec cette multitude non titrée dont le nom et le sang ne sont devenus nobles qua l'aide de charges acquises à prix d'argent. Ceux-là, cependant, ne prétendent pas a moindres privilèges que les premiers. Leur nombre s'accroît étonnamment et de là l'oppression du Tiers étal; leur contribution aux dépenses du royaume, n'est autre qu'une certaine et très modique capitation, nullement proportionnelle à leurs biens, et point relative au support (2) du Tiers état. Ce sont euxmêmes qui s'imposent. L'administration publique n'a pas droit d'en prendre connaissance. Quel abus ! Ces privilèges et exemptions accordées par le souverain sont autant de remises qu'il fait à ceux-là du support des charges du royaume ; mais ces

(1) Phrase textuelle.

(2) Mis pour « e barges ».

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remises qui ne diminuent en rien i*imposition générale, n'augmentent-elles pas plus sensiblement le support du Tiers état ? La Noblesse, il est vrai, seule à exclusion du Tiers étnt, donne des chefs ou officiers qui commandent le soldat ; elle se plaint et fait beaucoup valoir le surplus qu'elle est obligée de fournir au-delà des appointements accordés. Des mœurs plus militaires, moins exigeantes, diminueraient de beaucoup les besoins ; et le Tiers état, impitoyablement exclu des emplois militaires, ne donnerait-il pas d*aussi valeureux officiers quMl donne de braves soldats?

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