‹ Cahiers de doléances pour les États généraux de 1789Chapitre 69 sur 262 · BUSSY-LETTRÉE · texte numérisé non relu

BUSSY-LETTRÉE

ANALYSE DU PROŒS - VERBAL. [La communauté de Bussy- Lettrée (2) était composée de 110 feux. — L'avis pour la convocation fut lu et publié le l«r mars 17S9.— Le 8, les habitants se réunirent sous la présidence de Simon Gérard, syndic municipal. -- Le procèsverbal constate la présence de Perny (3), curé, Pierre Hattat, juge, Claude Deletrée, Jean-Baptiste Plounié, Etienne Royer, Jean-Baptiste Person, Nicolas-Claude Brisson, Gabriel Hémard, Simon Prévost, Thomas Hattat, Claude Guiot, Etienne Verdez, Etienne Bouquemont, Etienne Hattat, Jean-Paul Hattat, Nicolas Brisson, Nicolas Ludot, Pierre - Benoit Verdez, Pierre Hémard, Simon CoUard, Etienne

(1) Voir le cahier d'Athis, page 4L

(2) Arch, de la Marne, ibid. (procès- verbal, douier b, pièce H5, Cahier, dossier c, pièce éS : Z feaiUets cotés et signés par le Juge seigneurial Pierre Hattat ; même annotation de Prieur). — ' Le procès-verbal n'existe qu'à l'état de copie signée par le greffier Brodiez aux Archives départementales.

Sources accbssoirbs documentaires. — Arch. de la Marne, C, 542 : AdministraUon de la communauté ; adjudication des biens usagers ; compte des syndics. — C, fô7 et 9i2 : Impositions, décharges. — C, 1045 : Vingtièmes.— C, Î5SS : Corvées.— C, iSiS : Eglise et presbytère ;— etc.

— Bussy- Lettrée appartenait à l'élection de Châlons ; ai^ourd'hui la commune fiiit partie du canton d'Écury-sur-Coole, arrondissement de ChAlons.

— Dénombrement de 1773 : 123 feux roturiers et 1 ecclésiastique. — Popu- Ution : 185 hommes, 166 femmes, 50 garçons et 46 filles, soit 446 habitants.

(3) François-Xavier Pemy, prêtre du diocèse de Besançon, avait été nommé à la cure de Bussy-Lettrée et Vati-y, le l^^ octobre 1787 ; il prêta, en Janvier 1791, un serment conditionnel qui ne fût pas accepté ; il émigra ou plutôt se cacha et reprit 'ses fonctions après la Révolution ; en 1820, il fût nommé curé de Saint- Amand.

Plounié, Pierre Hattat, Pierre Jacobé, Jean Verdez, Louis CoUard et Brodiez, greffier. — Les députés furent Louis Couard et le syndic Simon Gérard.]

CAHIER

Aujourd'hui, 8 mars 1789, par acte d'assemblée faite et convoquée au son de la cloche et en la manière accoutumée, au lieu à ce destiné, pour délibérer des affaires de ladite communauté, le sieur Simon Gérard, syndic municipal, a dit, après avoir lu, publié et affiché les volontés de Sa Majesté qu'il était nécessaire au bien public de dresser des cahiers de plaintes, doléances et remontrances en vue de ladite communauté, en seront satisfaits voyant les faits y énoncés de suite en premier lieu (1) ;

C'est que nous occupons un vaste terroir composé de très mauvais terrains de quatre mille quarante-neuf journées en totalité d'icelui terroir dans lequel il y en a trois cents passés appartenant au seigneur, chapitre et autres (2) qui se trouvent souvent franches des impositions et ne paient jamais aucun droit seigneurial : dans lequel il y en a un tiers de ce vaste terroir et même de plus qui sont incultes, un tiers qui ne porte que de l'avoine et souvent avec grande peine que l'on y laboure et même sans en recueillir grands fruits ; l'autre tiers est de moyenne terre à porter du seigle et de l'avoine et du sarazin» que les cultivateurs se servent pour leur nourriture corporelle. La construction de ce terroir n'est que côtes et vallons de toutes parts, ce qui fait que quand il survient des orages suivis de pluie, enlève la superficie de la terre, ce qui a formé des ravins et collines, auquel il n'est jamais possible de les réparer, et a dévasté ce terroir presque en entier ; que ces malheureux habitants vous en demandent une visite la plus prochaine, par tel expert qu'il vous plaira nommer, pour en voir les faits véritables.

Il convient d'ajouter les redevances, cens et censives que le terroir est chargé de payer par chaque année la somme de quatre cents livres et même de plus au seigneur en chef du lieu, outre les lods et ventes qui ne sont point calculés dans cette

(1) Celte phrase incorrecte est textuelle.

(2) Pa^uif les privilégiés possédant terres, en 1789, on trouvait le seigneur, César-Mariè de Cappy d'Ecury, écuyer, THÔtel-Dieu et le Chapitre de Saint- Etienne de Châlons. (Arch, de la Marne, C, 827.)

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