BUSSY-LETTRÉE
somme ; de plus, nous payons au jour de Saint-Martin d*hiver de chaque année, à d'autres seigneurs pour droits de terrage, vingt grands septiers d'avoine par seize boisseaux, mesure de Vitry-le-François (1).
La dime est trop à charge aux habitants, de payer la treizième partie au décimateur de tout l'usufruit de la culture, c'est-à-dire de toute part dans l'étendue dudit terroir, tandis qu'il y a des villages circonvoisins qui ne paient que la vingt-et-une de dime pour l'infruit (sic) de leur labour ; nous désirerions que ce soit une règle générale que toutes les dîmes soient à la même époque.
De plus, une partie des meilleures terres, outre les dimes ordinaires, paient encore le quatorzième de l'usufruit de toute nature, et ce pour terrage (2).
Le pay (sic) des tailles et autres impositions que nous sommes obligés de supporter est trop rude pour nous, habitants cultivateurs d'un aussi mauvais terrain, en considération de bien d'autres communautés auxquelles nous pouvons vous en donner les preuves les plus convaincantes, de payer quatre mille six cent dix-huit livres compris la taille et impositions accessoires (3), le vingtième et corvée ; pour mieux constater le mauvais état du terroir, c'est qu'il est cultivé par cinquante chevaux qui font, outre le labour, tous les voyages nécessaires aux habitants, principalement le bois que nous sommes obligés d'aller charger jusqu'à neuf à dix lieues, tandis que si Sa Majesté autorisait et procurait des récompenses au cultivateur ingénieux qui serait dans le cas de faire de nouveaux plants sur ces mauvais terrains auquel il pouirait produire. Le village est composé de cent dix feux auxquels il y en a beaucoup qui sont à la mendicité rapport aux objets ci-après détaillés et que les industries soient supprimées (4).
La communauté ne possède pour tous revenus qu'un mor-
(1) Voir le glossaire.
(2) Voir le cahier de Breuvery, page 99.
(3) Les rôles des impositions nous apprennent que, pour la taille, les frais de collecte, la capitation et les impositions accessoires, la communauté payait déjà : en 1770, 3,113 livres 15 sols; en 1784 : 3,146 livres 8 sols pour 139 contribuables ; en 1789 : 3,208 livres 19 sols 11 deniers pour 145 contribuables. {iAreh. de la Marne, C, 827.)
(4) Ces phrases incorrectes sont textuelles.
ceau de prés appelés usages qui sont loués cent douze livres par chaque année (1).
Le reste des prés qui est dan& le terroir appartenant au seigneur, à qui ils sont admodiés au maître de poste de Vatry depuis douze ans ; outre du bien propre qull possède dans le terroir et qu'il en tient encore d'autre de locature /«ïc/, nous désirerions qu'il fut coté au marc la livre de son revenu, attendu qu'il tient hôtellerie publique, ou du moins que si Sa Majesté veut accorder des privilèges aux maîtres de poste et aubergistes, que du moins qu'il en soit fait diminution aux habitants dans les endroits que les messieurs prétendus nobles exploitent des baux (2),
Le sel, que la mer nous fournit à si peu de frais, devrait être rendu marchand pour le bien de tout le public ; toutefois que le Roi en perçoive les. droits au lieu de l'enlèvement sans le réserver sous les mains de gens remplis d'économie pour leur intérêt propre, cachés aux yeux du public ; du moins, que s'il doit rester de la même nature, qu'il soit permis au public d'aller en prendre tous les jours de la semaine et qu'il soit ordonné au receveur des gabelles de délivrer le sel aussitôt l'enregistrement fait et que la mesure soit radée après litre rempli comme de droit et avec un roullet rond et non avec des machines qui sont dans le cas d'enlever deux ou trois livres par mesure et qu'il soit ordonné d'être délivré en fidélité au public et toutefois à plus juste prix si cela se pouvait (3).
Pour leâ commis des aides, ils ne sont pas trop utiles à l'État ; il conviendrait mieux que le Roi fasse payer une somme modique chez le vigneron par queue de vin après l'inventaire fait par des gens qui seraient commis à cet effet ; le public en serait plus satisfait et l'État en serait plus favorisé ;
Que les contrebandes n'existent plus ; que le royaume soit en paix pour le commerce de toutes les marchandises et cela en supprimant les employés qui sont plus à charge à l'État qu'intéressants.
(1) Procès-verbaux d*adjudication à loyer des usages commuDauz. (Arch^ de la Marne, C, 5^2.)
(2) État des martres de poste de la généralité de Châlons ; correspondances et enquêtes pour la suppression de leurs privilèges. {Ibid,, C, 809, 812,)
(3) Voir au glossaire, les termes « mesure radée », « roullet j», etc.