Sons la terre
27 et suivants. Tout ce morceau de bénédiction dlsaac est en vers ; on a tort de ne pas le rapprocher des autres bénédictions de Noé, Jacob, Moïse. Ce qu'il y a de remarquable, c'est tous ces endroits traditionnels, des dictons, comme chez nous, certains dits de Thistoire (par exemple, tout est perdu, fors Thonneur, etc.). Cela complète la couleur légendaire.
L'esprit humain est d'une prodigieuse activité : c'est pour cela que c'est le faire délirer que de le resserrer dans un cercle trop étroit. Par exemple, les Juifs restreignant toute la science à un livre, ont dû extravaguer, car, n'ayant pas beaucoup en étendue, ils ont dû puériliser pour avoir de l'aliment, s'attacher aux lettres, aux signes, etc., pour s'occuper. C'est l'affamé qui, après avoir mangé tout son pain, en cherche minutieusement les miettes. Les subtilités de la scolastique ressortent de la même cause ; on n'avait que la théologie, et comment féconder sans subtilités un champ infécond? Les rêveries de certains mystiques, les Trappistes, par exemple, de même. Et même les délirations de la vieille science, vu que chacun était exclusif en son cercle.
Le chapitre xxxii de la Genèse est peut-être le plus remarquable pour les étymologies singulières et les allusions nominales. Quand Moïse cite un nom propre, il semble qu'il veuille toujours y faire allusion par quelque mot du récit. Prétend-il donner ce mot comme étymologie réelle ? Je crois que, très orthodoxement, on peut dire que ce n'était pas là son intention pour tous, et en effet, critiquement, cela ne paraît pas. Ainsi D.\^n9S voyez Tattention continuelle à répéter dans le récit njnp n^:np. Ainsi surtout pâî« auquel il fait allusion par la racine pnx, employée en un sens si singulier exprès pour le jeu de mot.
(V. Gesenius à pa^ et pax). Ainsi encore '?kic?'>^ Remarquez la coupe symétrique du verset 29; ce sont évidemment des vers (surtout le rejet de ^3^ni^). C'était un dicton légendaire. Rapprocher ce que j'ai dit au numéro 20. Voilà ce qui fait le curieux de ce livre.