‹ Cahiers de jeunesse, 1845-1846Chapitre 13 sur 42 · Et ta as vaincu · texte numérisé non relu

Et ta as vaincu

Comparez le tableau des usages de sauvages comparés avec ceux des Germains, donné par M. Guizot (Civilis. en France, I, p. 218, etc.), avec plusieurs traits des mœurs hébraïques. Par exemple, il parait que, chez les Hébreux aussi, ou plutôt en Orient, c'était le mari qui donnait pour avoir la femme. (V. Gen., xxxiv, v. 11 et 12; V. Guizot, p. 220.) Comparez les mots nnû (rac. ■jHD vendre) et inç avec ce qu'il dit qu'on vendait les femmes. Comparez l'usage de la Guyane qu'il rapporte ; c'est tout à fait le trait de Jacob chez Laban. — Comparez Tacite, Mœurs des Germ., chapitre xix, avec ce qui est dit de la femme adultère en Moïse, à laquelle le grand-prêtre démêlait les cheveux. (V. Not. sur Chiarini S § de la connaissance interne du jud.) — Pour le Goél, comparez ce qui est dit en Tacite : Germ., chapitre xxi, et en Guizot, I, p. 222, et en mes notes d'Écriture sainte (Législ. mosaîq.). — Rapprochez encore l'usage de la composition avec les parents du mort, la loi du talion, etc., lois aux-

1. Dans sa Théorie du judaisme appliquée à la réforme des hraélitai de tous te pays ^Europe (1830).

quelles s'appliquent parfaitement les considéra tions de M. Guizot sur ces lois primitives où tout Notiî. est livré au droit individuel qu'a chacun de se

faire justice, etc., etc.

Voyez aussi Ann. de Phil. Chrét., L /, p. f92, versus médium, sur Vile de Tricopia en Océanie.

J'ai trouvé dans M. Guizot une pensée qui m'a toujours frappé ; c'est la tendance de toutes les législations anciennes à absorber l'individu dans l'État, à le saisir par tous les côtés, à ne lui laisser presque aucune liberté de développement. Idée qu'on retrouve dans les politiques modernes qui ont calqué les anciens : Fénelon, Bossuet même (celui-ci par un autre motif, il a calqué la Bible). Voyez ce que je disais là-dessus en mes notes sur Cousin, Cours de 1818 (à propos de l'indépendance des arts). C'est des Germains qu'est venue la tendance contraire dans les sociétés modernes, car eux exaltaient fort l'individu.

hchevins vient de scabbn (nom qui paraît sur-

tout SOUS les premiers Carlovingiens), dont la racine est probablement scab; (escabeau)^ scabellum (ellum n'est que le diminutif de scabum). Celt. Scabel = scamnum.

Soliviy pièce de monnaie du temps des Francs. De là, soldi, d'où solde (solder^ soldat, soudoyer)^ breton soudard (nom du moyen âge) ; de là, sol = sou. II a passé en cet état en soudoyer = soldoyer.

Il est dit dans la règle de saint Benoit (chap. lviu) que les novices qui ne savent pas écrire doivent faire une croix, pour signature, au bas de leur pétition d'entrée. Comparez ce que dit Gesenius au mot in*.

Saint Avitus, en son poème sur le Paradis terrestre, etc., place le paradis dans l'Inde, et y met aussi le Nil (î^n^a)», etc. (V.Guizot, II, p. 70.)

1. La dernière lettre de Talpbabet hébreu, qui, dans Tancienne écriture phénicienne, a souvent la forme d'ane croix. Dans Ezéchiel, IX, 4, le mot ID a le sens de croix.

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