InstUutiones ad fundamenta Unguae araMcaey Lipsiae
suis tenté de me mettre de la famille, car la plaisanterie qui a un certain fonds a beaucoup de pouvoir sur moi; puis j'en sors par mon point de vue ordinaire.
La philosophie du juste milieu est la plus commode de toutes, et très accessible aux superficiels. Rien de plus commode et de plus flatteur pour la vanité que de se poser à dire sans examen : A a tort, B a tort, moi seul j'ai rdson. On sousentend en cette méthode : moi, je suis l'iniaillible, l'homme créé exprès pour frapper juste, le modérateur des errants. Idiot! ne vois-tu pas que tu es tout de même obligé de décider en dogmatique, et que demain viendra un nouveau chercheur de moyennes proportionnelles, qui te mettra toi aussi en compte, comme on extrême. — Méthode grossière que celle qui réduirait la philosophie à un compte grossier, sans examen intrinsèque. Rien ne supplée à celui-ci.
On déprime l'individuel; on dit : il ne faut voir que le général, faire marcher les choses, etc.
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GeB vues pourraient effacer cette autre chose : c'est que l'individu est pourtant but, car quand on parle de plusieurs^ de généralité, cela veut dire {dusieurs individus, pas autre chose. Le bien des individus est donc le dernier mot; ainsi je we disais : que je n'avais encore fait que peu, car j'avais peu agi dans le tout, ne comptant pour action que le général ; mais c'est du plus au moins et non du oui au non. Sans doute, celui qui agit dans le général, agit plus, parce qu'il agit sur plus d'individus. Mais celui qui agit sur sa mère, sa sœur, son frère et deux ou trois encore, oelui-là agit aussi et fait partie du monde, en proportion de cinq à six avec le nombre d'individus contenus dans le général où l'autre agit. Ainsi un acte de l'antocrate fait rnooToir des millions, un acte de lui fait mouvoir cinq à six; mais enfin il a sa part.
Il y a le commentaire critique, herméneutique, philologique, historique et archéologique, esthétique : il est bien difficile d'alHer certains de ces aspects. Par exemple l'union du commentaire savant (qui résume tous les premiers aspects), avec l'esthétique est bien difficile; voyez par
exemple à quel misérable avortement il aboutit en M. Rossignol. M. Ozanam réunit mieux à mon sens tous ces aspects, et ce n'est pas un de ses moindres mérites à mes yeux. Âb I serai-je aussi un jour attelé à cette chaîne? Bizarrerie qu'au XIX* siècle, pour dire sa pensée au public, il faille se cacher derrière un autre; tous nos cours en effet ne sont qu'histoire littéraire et commentaires.
Il y a des philosophes qui posent Dieu comme ceci :
m — n est le sol, A c'est Dieu, poids énorme, et A, B, G un petit fil de laiton courbe, sur lequel on le fait tenir. (Glarke, par exemple, qui vous conduit par un fil d'araignée de raisonnement de l'athéisme à Dieu.) — ^
D'autres le posent comme ^ ri n ft P9 ceci :
m — n est le sol, l'âme. A, c'est Dieu, B G, un piédestal fort, court et solide. G'est la méthode cartésienne.
Autre manière qui est la ^^ ^A bonne : A pose sur le sol.
Quand on se demande ce qu'a fait cette psychologie dont on promettait tant de merveilles, on est surpris quelquefois de trouver si peu. — Il est vrai, la psychologie est admirable comme méthode. En ce sens, elle a fait révolution en philosophie en faisant partie de Tobservation du moi. Mais comme science constituée, c'est peu de chose.
C'est précieux comme méthode, mais non comme corps de science r les problèmes de la philosophie restent ce qu'ils ont été, seulement une nouvelle méthode y est appliquée.
Rien de plus cruel que la partialité nécessaire [à] toute vie. Tout à l'heure j'avais un sentiment si vif de la vieille vie féodale au fond d'un manoir, que je languissais d'y désespérer. — Puis j'ai eu le sentiment de la vie de chaumière en Bretagne, puis de barque et boussole, et je n'aurai que la vie sèche de Paris et des livres. Ahl pourquoi n'ai -je qu'une vie! Que ne puis-je
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tout embrasser! Quand je pense qu'il faut dire pour certaines formes : jamais! jamais!
Ces peuples orientaux me tuent par œ caractère tout sacré que je sens si yiTement et qve je ne puis rendre. — Ils sont entés dans le surnaturel, c'est leur sfdière, Dieu : les Arabes et tes anciens Hébreux, c'est tout an : en tout : Dieu est Dieu, et Mahomet son prophète. Dieu partout; vivre là4iaut, on tient peu à la terre. Fatali^ne, comme il couronne bien tout cela : c'est la conséquence. — Vivre en contact perpétuel avec le surnaturel, et par conséquent pas d'idée de la lêi physique. Nous autres, au contraire, nous posons à plein ici-bas, et même au moyen âge où le miracle règne, il y a des exertions vives qui sont toutes terrestres et physiques.
Besoin de tradition qui tourmente toutes les écoles théologiques. Paor exemple, dans la contn>verse protestante, on leur objecte : Vous n'avez pas d'ancêtres durant dix siècles ; alors eux,, aa
lieu d'acœpter le fait, et de dire: qu'importe? vont, par un des traits de critique les plus ridicules que je connaisse, se [chercher] à tout hasard des ancêtres, s'attacher à des fils d'araignée et donner par ces absurdes raisons gain de cause à leurs adversaires, qui les réfutent en riant sur ce faux terrain. Idiots! dites donc ce qui est vrai; l'homme a toujours les mêmes droits, quand le mouvement d'en htnt arrive, toujours il est perfectible.
Il y a un anthropomorphisme psychologique comme il y a un anthropomorphisme matériel.
Dieu est-il libre? Question qui n'a pas de sens : c'est demander : la pierre a-t-elle des affections Inenveillantes ou malveillantes ? L'^reur vient de ce qu'on dit : Dieu est esprit. Dc»ic il est soumis à toutes les lois des esprits. — Non,, ne dites pas : Dieu est esprit. Esprit est pour nous un mot connu négativem^it. Esprit, c'est tout ce qui n'est pas corps. C'est comme si on divisait le règne animal en cheval A ce qui n'est pas cheval, et qu'(Mi raisonnât ainsi : tigre n'est pas cheval, tortue n'est pas cheval. Donc tigre et tortue sont
de même espèce, et on peut raisonner de Tun à Tautre.
J'en suis venu à ce point de pouvoir passer de ma grammaire hébraïque à la lecture de Lamartine sans me sentir brusqué; tant mieux. Pourtant que je passe aux mathématiques, je sens une pénible secousse.
Il y a une certaine pointe de pensée quMl est impossible de rendre par des mots, du moins en conservant quelque air du discours vulgaire. La plupart prennent alors le parti de supprimer cela, et en effet on n'en trouve nulle trace dans des penseurs même fins, mais véréconds pour le style. D'autres au contraire prennent leur parti, mais alors leur style est étrange, et leur pensée si poussée qu'elle semble n'être que pour eux. C'est alors Jean-Paul et Hamann, preuves frappantes de l'insuffisance du langage humain ; car ces hommes ne parlent pas. Il y a pareillement de certaines impressions poétiques, sensibles, à
certain tour indicible qu'on ne peut exprimer directement. Ceux qui le font (et plusieurs le font, Victor Hugo par exemple) font du pathos inintelligible, et qui fait descendre le langage de son rôle social ; d'autres prennent le bon parti (car ici il y a différence du premier cas, il y a moyen de s'en tirer sans se taire), et expriment la chose indirectement par un tour de poésie, un ton senti, qui n'aborde [pas] de front la touche susdite, mais qui la peint par côté. C'est comme ceux qui voudraient peindre le sublime en luimême, ce serait fort embarrassant; faites mieux, faites une scène sublime. De même Lamartine rend par le ton de ses Méditations certains tons inexprimables, directement. Cela revient au principe de symbole ou d'interprétation. Telle scène jBst significative de telle chose, quoique concrètement cette chose n'y soit pas. Par exemple, dans tel tableau, il y a le personnage A, B, C, mais le tendre, ou le terrible n'y est pas nommément, il y est signifié.
C'est quand j'arrive à ces divers tons ou pointes de pensée que je m'irrite. Je cherche alors les mots les plus vagues, ton, pointe, schéma, forme, pour rendre ma pensée.; car ces mots, ayant le sens le moins défini, sont le moins
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inexacts, et m'opposeot le moins un sois oontraire bien net et déterminé.
L'arrière-pensée littteaire gite tout, en IfassilIcMi par exemjrfe.
Horrible tendance qne celle qni vondrait tme de nous tons des commis de magasins on des machinistes. — Les fib ardenis ei affamés du xfx* sièdej disait nn article de la DémocraHe pacifique (article sur mademoiselle UUiac). — Obi la vilaine épithète, monsieur. Le philosophe a besoin de tout cela; il est fort aise que quelquesuns aient la bonhomie de s^en occuper. Mais il s*en moque. Cest Thomme spirituel de saint Fàol qui juge tous, et n*est jugé par personne.
Ernest, tu tombes peut-être dans le défont de ceux qui étant partiels, nient ce qu'ils n*ont pas. AaiNtrément, nul n*est plus large [quej mcM dans Tintérieur de l'idéal; mais en dehors, je déclare (pe c'est vanité. J'ai presque scrupule de dire ce mot. Peut-être rien n'est-il vanité.
C'est dommage que les femmes ne s'appliquent pas aux sciences, à la philosophie avec attention et profondenr. Elles y trouveraient du vrai comme nous : mais pas le même vrai, ce serait une face de plus. Car le vrai que trouverait la femme ne serait pas celui que trouverait Thomme, et cela compléterait; un jour peut-être ce sera là un élément essentiel qui produira toute une face nouvelle. Car de même que la vie complète se compose d'homme et femme, de même peut-être, la science complète et philosophique aussi. Jusqu'ici la science a été dans un sévère célibat, qui a été utile pour son éducation, mais peut-être un jour... Horreur qu'on dise, à des êtres humains : Vous n'êtes bons que pour le rôt et le potage. — De deux choses l'une, ou il y aurait de la valeur en ces vanités ou il faut que la femme ait aussi sa fin dans Tidéal. Il est vrai qu'elle a le beau du sentiment et la morale.
Je voudrais faire un poème sur l'humanité, qui serait ainsi conçu : ce serait un homme (Adam)
qui, partant du commenœment du inonde, et ne mourant pas (comme Thumanité), poursuivrait sa route à travers les phases diverses des diverses époques et des divers peuples, apprenant et s'améliorant partout et tantôt se détériorant, mais pour s^améliorer. Il s'enthousiasmerait pour toutes les formes actuelles, Grec enthousiaste chez les Grecs, Scythe chez les Scythes, etc., passant ainsi par toutes les formes exclusives et procédant par élimination. — Ce serait le poème de rhistoiredeThumanité. II y aurait du merveilleux. Dieu ayant Fœil sur lui, à certaines époques le tirant de la fondrière, etc. La fin du poème serait très caractéristique; il resterait coupé, brusquement inachevé au milieu d'un vers, ou même d'un mot, comme l'humanité à chaque point de sa route. Car pour l'humanité, il n'y a ni coupe de phrases ni de mots. Tout pour elle va à la file et ne fait qu'un mot sans coupe. Il n'y a pas marche et repos; mais marche continue.
Le brillant me semble avoir quelque chose de solide, quand tons l'admirent. Car tous ne peuvent convenir à admirer ce qui n'est pas admi-
rable. Il a celte qualité, qui est réelle, d'être 6nYlant. Une autre forme a le solide. Chacun a sa part, plus ou moins belle. Rien n'est faux dans rhomme, et tout ce qu'il admire est admirable.
C'est surtout relativement à Dieu que toutes nos notions se confondent, et que tous nos pro* blêmes se fondent en nos sens : Dieu est-il simultané, création, conservation, etc., mots mousseux.
Peut-être pourrait-on hasarder cette explication du secundum ordinem Mekhisédech; car en vérité, c'est très bizarre. Peut-être sorte de jeu de mot étymologique sur pns-'^D^D secundum morem régis ivstiy iod étant paragogique du construit, comme dans le mot précédent ''*'?'??1*.
Les penseurs politiques ne songent qu'à créer
1. c ... à la manière de Melchisédek. » Cf. Ps. CX, 4; Ép. aux Hébreux, V, 6; VII, 1, 11, 15.
des moules, des formes où entrent beaucoup d^indÎYÎdns, et cela avec un certain mépris des individus. Us seront heureux là... Je p^ise à la manière dont M. Ozanam traite les choses.
Il est évident que en ' est le nom de TÉgypte et non un nom d'homme, et c'est par son ^tème de rattacher toutes les nations aux Noachides et sa manie des éponymes que l'auteur du chapitre X' en fait un fils de Noé.
Voyez dans les notes de M. Garnier une excdlente exposition du système de Hobbes.
l'affreux cauchemar que ce système psychologique moral et politique de Hobbes ! Jamais je n'en éprouvai de tel. Et pourtant quelle invincible liaison! Quelle logique ! Pas un anneau qu'on puisse remuer. La politique sort nécessairement de la morale, la morale nécessairement de la psychologie. C'est la réfutation la plus complète