DEUXIÈME CAHIER NOUVELLE MOISSON
« A la lumière nous voyons la lumière. »
(Ps. XXXVI, 10.)
NOUVKLLK MOISSON
Ufiixit-mo cahier
Li fondation de la société et de la famille a évidemment sa raison psychologique dans la constitution de l’homme. En est-il de même de la fondation des nalions‘i Sans doute il y a des facultés de l’homme qui n’acquièrent leur plein développement que moyennant cette forme de société. Pourtant le fait primitif de sa fondation ne me semble pas avoir été un résultat de cette constitution psychologique, la forme nécessaire de la réalisation d’un besoin. Voici comme je
I. Ren.in a iiililiili' le [iiemicr laliier ■Jf'?; Il emploie le même mot pour le lili-e ilu deuxième caliier, mais transcrit en caractères svriacpies, et il ajoute, en 6yriai|ae, la mention Deuxième cahier, signiliant voluinen, codex, rouleau.
CAHIERS DE JEfNESSE.
conçois son origine. La famille existait primitivement. Dès lors les intérêts des diverses familles durent se contrebarrer. Or, dans cette lutte, il dut nécessairement arriver que plusieurs familles par le fait de leur voisinage, et aussi par suite de leur parenté, eurent des intérêts communs à défendre contre d’autres familles qui avaient aussi un intérêt commun. De là l’union des familles, les nations. — Ce fut d’abord une fédération, où chacune était libre : mais dans telle expédition, telle extrémité, un homme par sa supériorité avait été porté au pouvoir ; il le garda, de là la monarchie, la centralisation. — Ainsi la société n’aurait pas eu dans l’origine une raison psychologique, quoique cette raison existât dans la nature de l’homme. (V. Dugald Stewai't, )i<‘scio uhi, nul Th. Reid, qui xecuiidu)ii pmwlum ostendiiut, et Hautain, Phil. mor., I, p. 2o6 )
Voici pourquoi les vieillards sont maintenant si Note, peu respectés. Cela aura lieu à toutes les époques où l’humanité marchera vile. — En effet, le vieillard ne marche plus (V. Daulain, Phü. mor., § 39). J’ai soixante ans en 1840; je serai encore
NOrVKLLK MOISSON.
pour les idées de 1840 quand j’aurai quatrevingt-dix ans en 1870. Or, en 1870, le siècle sera énormément loin de 1840, en sorte que je serai de deux ou trois siècles d’idées en arrière : or cela impatiente la jeunesse de voir ces cippes-là vivants : on se résigne volontiers à pardonner aux morts : même il y a dans ce pardon une certaine vanité philosophico-pédantesque qui plaît beaucoup, et où notre siècle excelle d’une façon tout à fait comique (resjiect pour le passé I nous sommes des géants, nous autres ; pardonnons à ces pauvres idiots; ils n’étaient pas cause de n’avoir pas tant d’esprit que nous ! Les éclectiques excellent surtout en ceci). Mais les vivants impatientent.
lbi> Jouffroy, Cours de Droit Naturel. Du sceptk-ismr actuel [18.'1I-18H3].
Autrefois j’ai été souvent choqué de voir l’homme venant au monde, et soumis à telle ou telle destinée, telle ou telle loi civile, etc., sans qu’on l’eût consulté et demandé s’il y consentait. J’aurais même trouvé juste (quoique le bon sens pratique me lit juger du premier abord la chose impossible) que ceux qui ne veulent pas parlici-
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per à la vie civile, eh bien! on les laissât libres, ne participant ni aux avantages, ni aux inconvénients; ce que, je le répète, je percevais contradictoire de fait ; mais enfin, me disais-je, si c’était possible, ce serait juste. — En vérité, c’est un enfantillage. C’est le Contrat de Rousseau. — Il faut en tout cas admettre que l'homme soit coarelé par bien des nécessités auxquelles il ne peut se soustraire. Nul ne trouve mauvais d’être né, d'ùtro né homme, ni avec telle loi intellectuelle (il y a bien ici une différence, car ces lois intellectuelles sont absolues, et ne pc'uvent être autrement). Nul ne trouve mauvais d’avoir des facultés afl'ectivcs, etc. Or la société est-elle moins dans la nature de l’homme que tout cela ? Si vous ne vous plaignez pas de la constitution de vos facultés, ne vous filaignez pas de la société. Il faut se j)rendre tel qu’on est. Or, on est sociable.
L’idée de .M. Bautain sur le p(H:hé originel {Phü. mor., 1, p. Î2G0) est parfaitement d'accord avec la théorie de M. Icard, et avec la raison. Suivant M. Bautain, l’homme ne liait pas méchant (malice jiositive), il naît animal, avec les instincts
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el les penchants de ranimalité. Or cela est un désordre, et ce désordre est le péché originel, qui n’est jîar là rien de positif.
Le procédé de l'Église, toujours raflinant, au pratique surtout, chargeant de scrupulosités ce où la primitive Église marchait droite et simple, et cela par des procédés en afiparence fort logiques (ces généralités correspondent, dans mon esprit, à certains faits, par exemple : arguties scolastiques, ressortant fort nalurellement en apjiarence du fond du dogme, du moment où on le moule à nos concepts, et auxquelles pourtant les anciens ne pensaient pas, scrupules pour la messe, la confession, etc., etc., qui bien sùr n’auraient {VIS eu de sens du temps de Clément d’Alexandrie et des Pères [ihilosophes, etc., etc.), ce procédé, dis-je, est identique à celui qui engendre mes scrupules intellectuels. Je pars d’un point de vue juste et bon; mais je veux le trop préciser, le catégoriser, prévoir tous les cas, en éliminer tout l'inexact, et alors cela devient faux et gênant. — Cette identité m’apparalt avec un jour étonnant. Mais qui peut commander à
CAHIEKS DE JEUNESSE.
son esprit? Je comprends bien comment les hommes, surtout ceux qui sont peu intellectuels, sont malheureux sans savoir pourquoi. — L’esprit humain est une machine trop compliquée pour qu'un homme puisse le bien gouverner, il en est embarrassé, et d’une fausse direction prise par les facultés nait nécessairement de la fièvre. Voilà l’utilité de la psychologie.
On se moque de la science rabbinique, et on a raison. Mais en vérité en quoi dilTèrent-ils do nos théologiens? Je trouve (|u’ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. — Mêmes habitudes intellectuelles. N’attacher de prix qu’à leur science, tout le reste ne signifie rien; tous le.s non-théologiens sont des hommes superficiels, qui n’y entendent rien. Rien n’égale un bon théologien {un bon talmudisle, disent les autres), qui sait bien argutier. — Je crois voir M. üallet, type du théologien, un rabbin catholique. — Et en Note, vérité, quelle différence entre ces questions sur la matière des sacrements, etc., et certaines questions du Talmud ? Ajoutez que les commentateurs catholiques que les théologiens acceptent pour
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leurs frères sont de purs talmudisles. Cornélius a Lapide', qui pourtant a écrit à un siècle où la raison était plus développée, est un pur rabbin. — Oui, toute la différence est du plus au moins.
Ajoutez que la forme est identique, formules scolastiques du Talmud et des rabbins. (V. Not. sur Chiarini.) Sans doute, il est arrivé que, par aventure et comme par accroc les théologiens ont touché la philo.sophie, et alors ils ont trouvé du beau et du vrai. C’est que telle est la nature de la philosophie que de force on la retrouve partout, et qu’on y est ramené par toutes les recherches, même les plus puériles. Mais on peut en dire autant du Talmud. Il y a des pages fort belles. Du plus au 77ioitts, je le répète. — Ceci du reste ne s’applique qu’aux petits théologiens classiques; les grands ont été philosophes, mais ce qu’ils ont de beau appartient à la philosophie. Je ne parle pas non plus des Pères philosophes.
[tt-ma/r/iiez aussi l’emploi siiigulie/' de certains mois de part et d'aut/-e, le jeu de mots dogr/ialique, par exemple Nîn la coti7-oime pour la fj)i; Raptismus fluminis, flaminis, etc.
1. Cornélius a Lipide, on Corneille de la Pierre, jésuite tliéo* logien, né en Belgique en 1506, mort en 1639.
2. Tagga, mot irorigine |>er«ïne, souvent eniplové dans le Talmud, ilésignant une couronne, une tiare, et les couronnes ou ornements des lettres hébraïques.
Il y a deux manières de concevoir l’homme.
1° En vertu de certaines lois physiques se forme dans un .sein de femme un être organisé qui [lar des degrés insensibles et inscrutables acquiert la vie, et parvient peu à jieu à la conscience de son individualité et de sa vie. La liberté et la pensée sont alors des faits résultant de l'organisation. C’est un mystère, mais en tout cas, il en faut admettre un. — L’iionime alors est un corps orgaiii.sé qui (iruduit ta pensée et la liberté. — l’n être un, substantiel, indivisible, existe, mais sans conscience de lui-même. En vertu (les lois (pii le n’gis.sent, il se manifeste sous une forme .sensible, en s’appropriant successivement des molécules sous une certaine forme, qui s'ap|)elle le corps. C’est jiar celle manifeslation, sous cette forme, que cet être parvient à son plein développement de pensée et de liberté. L’homme alors est un être qui .se développe sous et par une forme sensible.
La jiremière de ces hypothèses exige qu’on admette un fait inconcevable; c’est comment la matière par son organisation peut produire la conscience d’une identité, la liberté et la pensée.
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Mais elle est plus scientifique, car l’homme est alors un pur effet de lois, et non une création dans le temps. L’individualité n’est alors qu’un fait, la subslance une, et par conséquent le panthéisme est la conséquence de cette première hypothèse.
La deuxième est plus psychologique, plus concevable ; mais elle exige une donnée inscientifique, c’est la création d’une substance dans le temps ou bien qu’on admette la préexistence des :\mes, ce qui est au moins gratuit. Oui, cela ré|iugne aux notions de lois, la formation de l'homme serait un miracle. En tout cas, l’homme n’est qu'une substance ; dans le premier cas, il est corps, dans le second, esprit; mais non corps et esprit, ce qui est à la fois inconcevable et inscientifique. Voir cahier 1, versus fmem.
Une difficulté m’a longtemps arrêté dans ma cosmogonie; la voici, et comment je la lève. — Je répandais d’abord des atomes pondérables dans tout l’espaoî; séparés par d’immenses distances, leur attraction devait être très faible, et l’éther répandu entre eux devait avoir une prépondérance considérable, en sorte que tout était à l’état
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gazeux. Puis, par des diminutions successives de la force expansive de l’éther, j’expliquais le rapprochement des atomes pondérables, dont la force attraclivc augmentait par là. De là, la formation des systèmes nébuleux, solaires, planétaires, globes, etc., et sur chaque globe, des corps solides, liquides et gazeux. Mais une difficulté m’arrêtait. Comment expliquer cette diminution successive de la force de l’éther? Il faut bien aussi lui donner une cause. Or, s’il remplissait uniformément l’espace, en vérité, on ne la conçoit pas.
Voilà comment je lève cette difficulté, en modi- Noto. fiant le système ci-dessus énoncé. Au lieu de concevoir le monde premier dans un état de grande expansion, je le conçois au contraire dans un grand état de concentration, en sorte que les atomes pondérables et toute la masse d’éther fussent d’abord comprimés dans un fort petit espace, ce qui devait produire un prodigieux dégagement de cîilorique. Du reste, il suffirait de suppo.ser l’éther seul ainsi comprimé dans des bornes au sein de l’espace. On peut pourtant supposer que les molécules pondérables l’étaient aussi, et que ce serait par la force expansive de l’éther répandu entre elles qu’elles se seraient écartées dans l’espace occupé par le système
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pondérable de l’univers, non par le choc de l’éther, puisqu’il n’a pas de masse, mais par la force répulsive.
Tel fut l’état natif du monde, mais l’éther en vertu de sa force e.xpansive dut immédiatement chercher à se répandre dans l’espace environnant. De là une grande diminution de calorique et le refroidissement successif. C’est donc par le rayonnement de la chaleur dans l’espace ou par la diffusion de l’éther que j’e.xplique ce refroidissement. Ce refroidissement continue donc encore et continuera à l’infini, puisque l’espace est sans bornes, et que l’éther avec sa prodigieuse vitesse n’en atteindra jamais les limites. Mais ce refroidissement qui d’abord dut s’opérer sur une échelle fort rapide, a dû par la suite beaucoup se ralentir. D’abord parce qu’en se répandant, sa force expansive a diminué, comme la vapeur d’eau perd de sa force plus elle se répand dans un grand espace. De plus, cette expansion s’opère maintenant sur une circonférence immense, en sorte qu’un accroissement prodigieux de cette circonférence, par exemple celle qui aura lieu en mille années, fera moins d’effet sur le tout que celle qui dans l’origine s’opérait en quelques secondes, en sorte qu’au centre du système,
occupé par les globes pondérables, celte diminution sera à peu près insensible. C’est à ce moment que l’homme naquit.
Néanmoins, ce refroidissement continuant toujours, il arrivera, au bout d’un nombre inimaginable de siècles, que la force de l’éther perdra le degré d’élasticité nécessaire pour faire équilibre à la force d'attraction moléculaire. Alors cette force, libre de s’exercer, rapprochera les molécules pondérables et comme elle va s’augmentant en raison inverse du carré des distances, il s’ensuit qu’elle rapprochera les molécules Jusqu’au contact parfait; alors, elle deviendra infinie, et les molécules ainsi unies seront jihysiquement inséparables. De là, une molécule composée de deux autres, et qui aura une force attractive double, attirera par conséquent les antres, et ainsi toute la masse pondérable s’a^lomérera en une masse solide et pleine, une seule molécule; l’éther au contraire devenu impuissant remplira l’espace. Que si de plus l’on admet l’hypothèse dynamique de la constitution des corps, qui fait de chaque molécule un simple centre dynamique, il s’ensuit que celle jonction de plusieurs molécules en une ne sera que leur destruction quant à l’étendue. Donc alors toute
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étendue pondérable disparaîtra, et il ne restera que l’éther. Tous les corps pondérables seront réduits à un point mathématique, faute de force expansive qui contrebalance la force attractive des différents centres.
Voir n“ 40.
On conçoit qu'il n'eat pas nécessaire de supposer une force comprimante à l’origine. Ce fut la simple fait de ta création. Im masse moléculaire fut créée en un espace restreint ; scs bornes étaient sa seule force compi'imantc, et son expansion commença immédiatement.
Il y a beaucoup d’éléments dans l’humanité qui ne sont que restrictifs, destinés à arrêter son mouvement. Ainsi plusieurs parties gouvernementales, etc., etc. Or pourtant, il ressort de l’analyse de l'humanité qu’elle est faite et organisée pwur le progrès. Comment expliquer cela? C’est qu’en effet elle irait trop vite sans cela, elle n’approfondirait pas assez chaque point de vue. Le mode de sa marche est celui-ci. C'est de s’attacher exclusivement à telle ou telle face des choses, pour le travailler de son action ; le mâcher, le digérer, s’en assimiler tout ce qu’il contient de bon, et en
éjecter tout ce qu’il y a de mauvais ou inutile. C’est le phénomène pur de la digestion. Or si elle ne gardait pas assez longtemps le même point de vue, elle ne prendrait pas le temps de faire son analyse à loisir. Or pourtant elle est très remuante; elle veut toujours passer à autre chose; car le point de vue où elle est l’ennuie sitôt qu’elle y est; elle court à un autre. 11 est bon qu’il y ait là quelqu’un pour lui mettre des entraves et ralentir sa marche, ou même pour lui couper les ailes, sûr qu’il est qu’elles repousseront plus fortes. Grâces donc à l’inquisition, aux institutions du moyen âge, etc. — Je pense même que le progrès de notre siècle n’est pas pour cela de bon aloi. Il n’approfondit pas assez, il marche trop vite, et peut-être sera-t-on obligé de revenir par la suite à ce qu’il aura mâché, digéré et jeté; car jeté trop vite, il y a là beaucoup de nutritif qu’il n’a pas pris le temps de s’assimiler. Or cela est un grand mal, il serait bon qu’on le mit un peu au constringent. — Oui, il ne faudra pas renoncer à l’idée du progrès, supposé que dans cent ans on en revienne au point où nous en sommes, car, je le répète, nous digérons trop vile. Grâces donc à toutes ces attaches qui nous tirent en arrière, au clergé, à la scolastique, etc. C’est
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un vilain rôle, mais il est utile. Ces hommes sont détestés, mais ils rendent un vrai service.
Rapporter au u” S.
Une chose importante à noter dans la formation des divers systèmes, c’est que tous se sont probablement formés par des masses abandonnées sur l’équateur d’une sphère primitive. Ainsi les satellites, et l’anneau des planètes qui en ont, les planètes autour du soleil, tous les corps de la voie lactée en forme de meule aplatie : telle est la figure de toutes les nébuleuses. Toujours les corps situés sur un môme plan.
Il y a deux manières dont les peuples ont envisagé la religion : 1“ Tolérance universelle. Toutes les religions sont bonnes, chaque nation a la sienne, dieux locaux, seulement il y a des dieux plus forts les uns que les autres. On ne s’élève pas encore à l’idée d’un être pur et supérieur. On va môme jusqu’à des dieux de famille.
— Toute la llible en est empreinte ; les peuples étrangers aux Juifs le professent naïvement, et les Juifs eux-mômes en ont bien quelque teinte. (Le Dieu de Jacob; seulement le leur est celui qui a fait les deux et la terre, ceci les distingue ; ils ont un Dieu particulier, national; mais ce Dieu, c’est le grand Dieu.) On trouve ce sj'stème chez tous les peuples sauvages (Océanie, etc.), et en général il a dominé jusqu’au christianisme, et encore aujourd’hui là où règne le fétichisme. 2“ Religions exclusives. Il y a une vraie religion, et les autres fausses. La première apparition de ce système a lieu chez les Juifs, à l’époque de la captivité, il se fortifie et apparaît dans toute sa force sous Antiochus. Le christianisme le porte à son plus haut point, et aujourd’hui il domine toutes les religions régulières, christianisme, judaïsme, islamisme, bouddhisme, lamaïsme, etc. L’ancien système était bon et simple, plus moral et plus aimable. (Voir Krummacher, Le saint nom de Dieu, le Parsi, le Juif et le Christ, etc.). Le second témoigne des idées plus fixes et plus avancées. Un Dieu ferme et vrai ; non cette fluctuation polythéiste. — Une idée souveraine et absolue de la vérité, qui est ou n’est pas, une vue ferme et dure, scolastique, scientifique, demandant oui ou
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non, et déclarant sans flotter que deux contradictoires ne sont pas vraies en même temps.
Cela fait honneur à ces temps, car ils sont préoccupés de la vérité. Les autres n’y pensent pas; le réflexe a succédé à l’instinct là aussi.
Voir n" (3.
J’ai trouvé (fin de •jp'?, Moisson, cahier 1) qu’il n’y a de substances que les substances inétendues, je viens de trouver qu’il n’y a de forces que les forces libres. Toutes les autres Note 1 . sont des causes occasionnelles. L’homme est une cause efficiente, une force réelle; mais la force matérielle n’est qu’un à propos de quoi Dieu agit. Essayez de la concevoir autrement; vous serez forcé de la concevoir libre. — .\ppliquez cela au système dynamique sur la constitution des corps. — Il faut alors opter en ce système ou entre faire les centres dynamiques des êtres libres; c’est alors la pure monadologie de Leibnitz; ou entre les faire pures causes occasionnelles, à projK>s desquelles, autour desquelles la force de la nature (l’efficient des lois. Dieu) attire. Alors il n’est pas nécessaire de faire de ces centres des
substances ; il suflit d’en faire des points mathématiques; âes jmilions dans l’espace, autour des- Note2. quelles s’exerce la force de la nature. Le corps n’est alors qu’un pur phénomène, et il n’y a réellement nulle substance matérielle, ce qui bouleverse, et mène au scepticisme. Donc la monadologie n’est pas si absurde. — O Dieu! quand pourrai-je éclaircir mes vues sur tout cela? Là est la clef du monde. Les mots substance et force.
/. — L’erreur des occasionnai istes est d'm'oir appliqué leur spslème à l'homme. Lui commence le mouvement,