Famillp de Tréguicr
CAIIIEKS DE JEUNESSE.
Quand je suis ma logique, je serais porté à un concept dur et tranché pour le christianismi' ; mais un instinct supérieur me retient; je sens que [si] je suivais cela, l’avenir me dépasserait et on m’accuserait de n’avoir pas tout vu. Je fais donc comme si j’avais tout vu, je me dis chrétien, j’admets et j’explique le christianisme, bien que logiquement, je le répète, je dusse l’envisager en faux et élimination. Je chasse le vrai point de vue.
J’éprouve un singulier sentiment pénible devant une existence incomplète, j’entends une existence qui semble manquer d’un illisible. Par exemple, en face du Talmud. C’est un monstre, la nature humaine tronquée, il y a de l’homme et pas de l’homme, un cyclope, vue fantastique. Cela effraie. Les vieux docteurs du moyen âge encore. Descaries même. Bacon plus encore. L’homme qui n’a pas conçu un grain de pratique effraie. On dirait qu’il y a quelque chose chez nous qui [n’est] pas chez eux. Un vide dans l’humanité.
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NEPHTHAU.
Remarquez que nos rhéteurs et érudits, M. Le Clerc, etc. (vrai (//ammn/rie/i d’autrefois), s’attachent surtout à ce qui dans l’antiquité a le moins de prix et de valeur. Les auteurs qu’ils étudient le plus sont les auteurs de la littérature artificielle (rhéteurs, orateurs-rhéteurs, écrivains de la décadence, etc.), et non les primitifs (rappelez-vous ma distinction), Homère, etc. Une dissertation sur les sophistes, les rhéteurs, les plus creux des hommes, aura plus de prix à leurs yeux, fera plus fortune qu’un [travail] sur Homère, ou (juelque grande chose. Par exemple, thèses de MM. .Meyer, Benoît. C('. qu’il y a de plus puéril dans l'histoire littéraire de l’antiquité. Savoir pour savoir, et briller par ce qu’on sait, et consacrer sa vie à cela, sans autre espérance: M. Le Clerc, par exemple; il me préoccupe, cet homme; où est son mobile?
M. Villemain, je le comprends. L’érudition pourtant, l’érudition. Ah ! M. Villemain avait touché le point. Non que tout cela n’ait sa valeur comme érudition.
Nous nous moquons de la subtilité des grammairiens d’autrefois, qui ne s’occupaient que