LES ADIEUX
dois voir un de ces jours un bon peintre sur émail; on m'a dit que peu de leçons me sufliraient ; c'est un travail qu'on fait chez soi et qui est rétribué naturellement en raison du talent de l'artiste. On fait des broches, montres, tabatières, etc., c'est joli. — Le manège est très beau et appartient à la ville, je verrai ce qu'il y aurait à faire de ce côté. ... Tu m'as fait frémir en m'apprenant l'accident de Paul, je n'avais pas cru à un pareil danger. Embrasse pour moi tout de même ces enfants chéris, quoique imparfaits. J'offre à ta mère mon respectueux attachement. Mes amitiés à Noémi. Adieu, chère Louise, dans un mois je te dirai de vive voix ce que je t'écris : Je t'aime.
F. MiLLIET
Bien des choses de ma part aux habitants de Fleurigny.
Félix Milliet à madame Milliet
22 mai i852.
... Ma position ici est bonne et ne nécessite point de ta part le voyage de Paris. Le mieux est de ne rien dire ni rien faire. — A quoi veux-tu que je songe, si ce n'est à toi et à nos enfants ? Votre pensée est toujours présente à mon esprit et à mon cœur, c'est ma compagne lidèle, ma joie et mon tourment à la fois, car je vous désire autant que je vous aime.
Je ne veux pas me laisser aller à exprimer ce que m'a fait éprouver ce que tu me dis de la conduite de ces fils de Gain . C'est une race perverse, dépravée de cœur et d'esprit; pas le moindre vestige d'un sentiment élevé dans l'àme; on peut les définir en trois mots : sots, méchants et lâches. Mais laissons cette caste, je n'aime pas à remuer la boue.
Chère femme, tu as eu les ennuis et l'embarras du déméagement et de la vente; je voudrais t'éviter ceux de l'emménagement. Cependant je ne veux pas priver ma petite femme du plaisir de s'occuper des détails de notre installation; je veux seulement être en mesure de la recevoir et qu'elle puisse loger dans son manoir. Je ne voudrais pas vous voir longtemps à l'hôtel, c'est cher et ennuyeux, croismoi, viens coucher chez toi.
annexe au cahier II
La maison que j'ai en vue appartient à un brave homme qui habite avec sa femme le rez-de-chaussée. Jardin grand et belle prairie, buanderie, en un mot je n'ai encore rien vu qui me convînt mieux. Maintenant, voici les inconvénients : les arbres sont jeunes et la maison manque un peu d'ombre; elle est à un bon quart d'heure de la ville et il faudrait compter une demi-heure pour se rendre au collège. Ce trajet se fait sur une route admirable, bordée de maisons et beaucoup d'enfants viennent de plus loin, sac au dos, comme les soldats; c'est très gentil de les voir.
Je suis bien aise que Fernand s'amuse et monte à cheval. Si je trouve le moyen de lui donner ici quelques leçons, je le ferai volontiers, mais c'est à la condition qu'il travaillera, et je vois qu'à Fleurigny on ne songe qu'à s'amuser. Gomment va mon pauvre Paulo ?
27 mai i832.
Je l'annonce, ma chère Louise, qu'une dame de ta connaissance, madame Milliet, vient d'arrêter un logement. Gomme son homme d'affaires, je me suis réserve la faculté d'occuper une petite place dans sa nouvelle habitation, qui se compose d'un premier étage, cinq pièces commodes et indépendantes, plus d'une jolie mansarde. La maison est entre cour et jardin. Le prix est de ^20 francs.
Je t'ai dit, je crois, que les vacances avaient lieu au mois de juin et la rentrée du collège dans le mois de juillet. Pour Alix, il y a une pension qui, je crois, nous conviendra. Elle irait comme externe. Tu seras étonnée de voir les petites filles de l'âge d'Alix aller toutes seules et bien gentiment dans les rues, avec leur petit carton ou leurs livres. Jamais il n'arrive d'accident.
Gomment va le genou de mon Paulo ? et ma grosse Jeanne, continue-t-elle à pousser comme un bouton de rose ? Présente, je te prie, mes affectueux respects à ta mère. J'embrasse nos enfants mignons. Adieu, chère Louise, écris-moi souvent et aime-moi toujours comme je t'aime.
Cologne, 13 mai i8.>3.
... Je suis arrivé hier à Cologne et je comptais y séjourner jusqu'à la réception de ta lettre, mais ce matin un agent
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