BERNARD-LAZARE
aussitôt après le triomphe politique d'un certain parti politique dreyfusiste immédiatement installé dans le triomphe de l'affaire Dreyfus même fut en quelques semaines délaissé, renié par l'État-Major politique dreyfusiste ainsi instantanément constitué parce qu'il devenait embarrassant, parce qu'il demeurait fidèle à une première, à une ancienne, à une originelle mystique dreyfusiste premièrement instituée. Je l'ai dit, et comment ne le maintiendrais-je pas quand tout cela est aujourd'hui acquis, universellement reconnu.
Ceci dit, qui est une thèse de politique générale, d'histoire générale en général, si je puis dire, et d'histoire générale de la politique, il est entendu aussi et je sais bien que Bernard-Lazare conserva jusqu'au dernier jour, — (jusqu'à ce dernier jour qui vint tôt, qui venait, qui était là), — en Israël un faisceau non pas seulement d'amitiés fidèles, mais de fidélités propres, de fidélités fidèles et de fidélités féales, de fidélités non pas seulement d'amitié (c'est déjà le fond de l'homme), mais de fidélités proprement religieuses, de fidélités de foi, de créance, de suite, d'accompagnement, d'un crédit total. C'est l'honneur d'Israël que cette suite, que cet accompagnement, que cette fidélité n'a jamais manqué au prophète.
Si donc l'on veut dire que jusqu'à son dernier jour imminent, jusqu'à son dernier jour qui était là une poignée de Juifs, de fidèles, et non pas seulement d'amis, accompagna, étreignit pour ainsi dire Bernard-Lazare et ne le lâcha point jusque dans la mort, non seulement j'y consens, mais j'y consens d'autant plus volontiers que c'est exactement et totalement ce que j'ai dit, et
que je suis le premier qui l"ai dit. Et même le seul, puisqu'il n'y a que moi qui parle de Bernard-Lazare. C'est un point d'histoire acquis et sur lequel il n'y a point à revenir. C'est l'honneur d'Israël que cette sorte de poignée d'hommes, de serrement, d'étreinte, que cette sorte d'accompagnement n'a jamais manqué au prophète. Je serais d'autant moins fondé à le nier ou à le taire ou à le contester que toute cette poignée d'hommes est restée personnellement de nos amis, et en un sens de nos fidèles. Hier encore un nouveau, vm tout jeune homme venait me voir, me rapportant précisément un petit paquet des lettres que j'écrivais à Bernard-Lazare dans ces temps héroïques.
Que si ensuite et aussi l'on veut dire que tout autour, plus largement un certain nombre de Juifs d'un certain monde garda à Bernard-Lazare jusqu'à sa mort et même perpétuellement après une sorte de fidélité sociale, de fidélité liistorique, une fidélité matérielle d'une certaine sorte inébranlable, ime fidélité pour tout dire temporelle, c'est ce que nul ne conteste, c'est ce que je contesterai moins que personne, et c'est encore un très grand honneur d'Israël que de savoir généralement très bien régler ces sortes de situation. Israël en ceci, et sur beaucoup d'autres points, pourrait nous servir de modèle. Nous savons tous comment les affaires de Bernard-Lazare furent réglées, comment sa situation fut établie. Jusqu'à sa mort et pour ainsi dire perpétuellement pour après sa mort. Ceci aussi est un point d'histoire définitivement acquis.
En d'autres termes, et en résumé pour ainsi dire