‹ Calas, mélodrame en trois actes et en proseChapitre 44 sur 54 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

Les Mêmes, LAURENT, L'OFFICIER.

LAURENT, a V officier qui s'oppose à son entrée. Laissez-moi donc entrer, j' vous dis que j' suis d' la famille. Pardi, e'est clair, puisque f nrappelie Laurent et que y suis 1' jardinier du futur dJ lad' nioiselle.

JEANNETTE

Eh ! c'est c' pauv' Laurent !

LAURENT

T'nez , les y'ià tous*. . d" mandez-leux-y .

EDOUARD

Oui, oui, ce garçon m'appartient ^ je vous prie de le laisser enerer.

LAURENT

Là !.. ( V officier laisse passer. ) qu' la justice est malhonnête!

EDOUARD

mm Que veux-tu ?. . quel sujet t'amène?

LAURENT

Chût?. . M. Calas, si vous saviez c1 qui s' passe dans ville !..

tous , avec empressement.

Quoi donc?

i.Aurent, inquiet.

N'y a-t-il pas d' danger?

TOUS

on non. '

LAURENT

C'est qu' si on m'entendait, voyez-vous ..ea pourrait ben aus#i m' faire une mauvaise affaire!

jeannette.

Ne crains rien 5 dis c' qui s* passe, tout c' que tu sais.

laurent, à Calas.

On veut vous sauver !

^ , TOUS

Le sauver !

LAURENT

Chût !.. il est p' et' pus prudent qui je n' vous en dise pas davantage! à

wad. CALAS. M

Parlez, parlez?

LIUREKT. -w-L|| .. ,^-

Toute la ville est en rumeur ! . 4 cf^èst *Wv en a fièrement , et des rîcîïcS; des pus gros ira'cTàTi^s de la ville'!.. .Eh ben, ceux-Ut , s' rassemblent comme ^à par groupes. . . plusieurs ensemble , et puis f on jase... on jase. . .

EDOUARD

-» Après.

laurent, à Calas.

Sur vous !

EDOUARD

. Que dit-on?

l a u r ent , // ésitanU

Qu'. . . qu'voiu s'rez condamné * . ! {mouvement (V effroi.) Mais y sont déjà pins d'dcux cents la-bas, sur la grande placej. et on dits quîa moitié de la ville est pour vous; qu'tout les pauv's pleurent à\ chaudes larmes; qules ouvriers des faubourgs sont tous prêts à se révolter ; qu'y vous appè'.cn t leux père l Icux bicnjaitciir... .(afin , qn'si y avait qUeiicpjnV. . seulement la... vous comprenez... comme qui dirait pour arranger tout ça et se mettre à leux tête... on s'rait capable d'mett' la ville a feu et à sang, plutôt que d'voùs laisser monter su' l'échafaud!

EDOUARD

Se peut-il?

Mad. CALAS.

Ah! mon ami, s'il était condamné, et qu'on put l'arracher des mains du bourreau. ..

CALAS

Moi , faire couler le sang!

EDOUARD

Où?... Comment as-tu recueilli ces bruits?

LAURENT

Pardi, dans toute la ville... on nVen cache pa6... ou parle... on parle...

EDOUARO.

C'en est assez.

C\LAS

Que dites-vous?... qu'allez - vous faire ?

I DOUAT, D.

Je vous ai défendu devant vos Juges; j'ai fait pourles éclairer tout ce qui est au pouvoir de l'homme! ... s'ils écoutent leur conscience, la vérité, la raison, votre cause est gagnée!... s'ils vous condamnent , je cours leur épargner un crime !

calas, le retenant.

Juste ciel ! revenez de cette erreur funeste! injuste ou mérité, îout jugement émane d'une source sacrée.

EDOUARD

^ . Vous êtes innocent et le père de mon épouse.

CALAS

Arrêtez , vous dis-je ; je vous défends...

paulinb , Pentraînant.

Edouard , sauvez mon père !

Mad. CALAS.

Mon uls , sauvez mon époux ! HM*>

CALAS

Vous Tenvovez à sa perte ! v$Jf*

5ïad. CALAS, jAOLlHEj JACOB.

Allez... allez...

EDOCARD.

^-» Oui, si le ciel n'a pas ordonné la mou de i'iunocc nt , je vous readrai l'objet de votre amour. »

CALAS

Arrêtez... arrêtez..*

wad. calas, le retenant.

Mon ami... silence ! silence.

PAULINE

Mon père !

JACOB

Mon maître !

(Edouard se précipite lois de la salle. Calas et au milieu de set famille , qui le retient dans ses bras. )

LAURENT ; hors dé lui-

Il est parti !. . Oh mon dieu ! on va s' battre! c'est sûr, c'en sûr.

jacob , courant à lui.

Paix donc, Laurent j paix donc.

JEANNETTE

Ne crie donc pas ainsi : tu vas tout découvrir.

LAURENT

Ça m'est e'gal. Vlà ma tête qui s' monte : j7 vas m' perdre avec mon maître.

JEANNETTE

Ah mon dieu ! ous que tu vas ?

LAURENT

N' vous effrayez pas , c1 n'est rien. J' vas p'têt' me faire tuer*

( // se sauve a toutes jambes. )

jeannette, cou rau t après lui.

Laurent ! Laurent I (Jacob la retient, )

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