‹ Calas, melodrame en trois actes et en proseChapitre 28 sur 65 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Le théâtre représente un grand vestibule ouvert au fond sur le jardin , et laissant appercevoir le pavillon vu le Jeune Calas a péri. On voit que ce décors est exactement la suite du premier, et que la porte au fond du vestibule est In même que celle dont on a vu C extérieur au i'^. acte. A droite et A gauche , aux deuxième et troisième plans , sont des portes d'appartemens. Une lampe à plusieurs becs , suspendue à la voûte , éclaire l'intérieur du vestibule ) l'extérieur est plongé dans l'obscurité , ou iculement éclairé par la lune, qui jcte une teinte bleuâtre. Pour meubles , un fauteuil j un guéridon , et unj table.

SCEJNE PREMIERE.

CALAS, madame CALAS, PAULINE, JEANNEITE.

( Au lever du rideau , tou& les personnages sont en scène. Calas debout devant une des portes latérales, et regardant avec inquiétude dans le fond j samble prêt à s'opposer à ce qu'on entre dans le cabinet De l'autre côté , madame Calas est renversée dans un fauteuil , Pauline est à ses pieds , et Jeannette lui pré -^ sente des eaux spiritueuses qui sent sur le guéridon. )

CALAS

Je frémis au moindre bruit qui vient troubler le silence et augmenter l'horreur de cette nuit funeste. Si du rempori ou des maisons voisines , quelqu'un uous avait vus transporter ici le corps de mou roilheurcux fils , ah ! tout serait perdu ! • . ( Madame Calas fait un mouvement d'effroi. ] Silence I. . ( allant à elle.) Chère épouse.'. . et loi , ma fille , au nom de dieu , retenez vos sanglots ! étouflez vos cris de dotileur ! tremblons d'éveiller le moindre soupçon. Hélas î vous ignorez qu'une loi sévère condunme au dernier supplice le corp* du malheureux qui se donne la mort.

Se pcui-il ?. ..

O mon père 1.

Mad. CALAS , sc*levant.

CALAS

Sesrestessanglans sont livrés au bourreau, outragés par uu peuple furieux, trainés avec ignominie , et jetés loin de la ville privés d« sépulture.

Mad. CALAS, se tournant vers le cabinet.

Mon lils !

CALAS

Sauvons, du moins , sauvons de ces horreurs les restes de notre enfant; cachons son trépas, et par un excès d'amour, efForçons- «lOtts de vaincre la nature.

Mad. CALAS.

Oui, OU' , mon ami... Silence !.. ne pleurons plus. ( Elle cherehe h arrêter ses larmes. )

JEAN.NKTTE.

Pauvre mère I . . Ah ! quel malheur , mon dieu , quel malheur!

{Jacob entre par le fond , tient une lanterne , s' arrête après quelcjues

pas j écoule , et paraît craindre. )

PAULINE

Mon père , voilà Jacob.

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