SCENE VII
Les Memes, JACOB.
JACOB
Ah! mon cher M . Edouard , c’en est fait de nous.
ADOUAtip.
Qu’y a-t-il ?
JACOB
La tue se remplit de gens, on s’attroupe devant notre porte, oi parle , on s’agite. C’est là... Oui... non... si fait ... citez M. Calas... disent des voix confuses. Enfin, Monsieur, tout annonce une catastrophe , et je ne serais pas surpris que toui-à- l’heure ou nous forçât d’ouvrir les portes.
PAULINE
Ah! tout seraiiperdu.
Jean Calas. ‘ %
EDOL'APO.
Ors n'oscru point avant la présence des rntjijuntt, et non» pouvons profiler de ce désordre même, mais il faut nous buter.
( J Je grands cri .•> partant à-la- fois i oh entend briser des fétu 1res. Tout ie monde jeté un cri d’effroi. )
EDOUARD
Pauline , au nom du ciel, conserve* votre courage. Je cours. . .
( Lin grand brut se fuit entendre aussi dans l’appartement. ) PAtLlMi , retenant Edouard.
Arrêtez. ( M . et m ad tu ne Calas entrent précipitamment. )
SCESE VIII.
Les Mêmes, CALAS, Madame CALAS.
eau.
Grand dieu! d’où vient ce tumulte?
muJ. calas , courant vers Pauline.
Ma liile!
nt'ot' i n , se précipitant vers Calas qui parait vouloir sortir. Arrêtez, ne vous montrez pas.
si. ci uad. calas.
* Edouard !
tnouAr.D et palu.ike.
Silence !
JACOB
Ah ! mon cher maître, nous sommes perdus!
Mlld. CALAS.
Juste ciel! (A son mari.) Ah! mon ami, ne livre point mon fil».
Calas.
Livrer mon fils! jamais , jamais.
( Des coups violais retentissent tout au dehors. ) jEAftA ette , entrant.
Ah ! MonsL ur , on veut enfoncer les portes , on v eut briser le» fenêtres. „
( Un entend les clameurs, les eocéféra lions de la jopulwe. L effroi ae lu famille Calas est au comble-, on marche , chacun semble chercher un moyen de. salut. Tout à-coup un bruit affreux de faul.es enfoncées , de vitres Irsées, se fait attendre. Tous les pcrsrvnaçes po issent un cri ti' effroi. Madame Calas se jeté dans les Iras de son époux , Pauline se presse pi ès d’ Edouard , Jeannette tombe sur un siège, Jacob est au fond. Moment de silence. On t '•■ou/e avec inquiétude : le bruit diminue. )
sacoü.
1! me semble que l'on s’éloigne.
( On mtend le fruit des armes d.s soldats qui sont censés arriver dcyr.nl la pore, et dissiper la foule. Jeannette se lès e et s* rapproche de son père. )
✓ j*%KNrTTK, écautant.
Oui, oui, rassure* vous , \t. Galas. J’eiuends marcher comme »i e^étail des soldats. «
• , ' TOUS
Des soldats !
JBA'Î'OVf.TTS.
Et puis une voix a crié. . . relirez-vous ( elle écoute ) oui, retirez-vous. ' *.
CALAI
C’en est fait, notre malheur est connu. Edouard, avez-vous vu le pasteur? nous reste-t-il encor quelque espoir?
Edouard.
Non, mon ami, votre infortune est ou comble, elle suipas$c tout ee que votre imagination eifrayée peut créer de plus épouvantable.
Je ne sais quelle voix , quel démon acharné à votre perte* a révélé la mort de votre fils, l a haine, l’ignorance, la fureur, aussitôt l’ont entourée des plu» atroces circonstances. Les Gapitouls soin instruits, on s’assemble à l hôtel-de-ville, et l’on s'apprête à vous porter les plus terribles coups.
calas.
Les Gapitouls sont instruits ! Edouard , c'en est assez , ;iotrc perte est certaine. Oui , tout ce que les hommes peuvent éprouver d'opprobre , va tomber sur un vieillard, sur une mère, sur une fille innocente. Ils attachi rom à l’échafûud le corps tic mon fils, i.s abreuveront d'ignominie su famille expirante! Amis, pareils, patrie, ii faudra tout abandonner; il fandra fuir et nous traîner jusque dans an désert , pour y mourir de honte , de douleur et de misère !
EDouum. v.
Ah ! vous ne prévoyez pas encore. . .
PAULINE
Edouard...
EDOUARD
Oui, mes amis, il faut fuir; c'cst votre seule, votre dernière ressource. Fuyez: ma famille vous ouvrira un asile à Bordeaux; moi* même je vous conduirai dans ses bras, je ne vous quitterai jamais ' Je suis votre fi's , l’époux de Pauline; notre sort est inséparable Venez, venez, mon ami. . . mon père; à la faveur de la nuit , vous pouvez encore traverser la foule, ou bien par le rempart. .. D'ad leurs, aucun ordre ne peut êtrp donné... Venez, nous tenterons tout. PAULINE.
Oui, mon père, venez.
CALAS
Que faites-vous, grand dieu ! et mon épouse?
, idouaiid.
Elle ne vous quittera point.
Nad. CALAS.
Et pourquoi donc sortir de cette maison ? Qui veillera près du eorps de mou fil»? qui suppliera les magistrats d’avoir pitié de lui?
JACOB Pt JEANNETTE. \
Nous , madame.
EDOUARD
Songez qu'on peut tous priver de votre liberté, tous séparer d« votre époux.
Müd. CALAS.
De mon époux !
CALAS
Mais, Edouard .. .
EDOUARD
Au nom du ciel, cédez à ma prière.
Pauline.
Mon père , si vous m'aimez, si vous avez pitié de mon sort, laisaecvous guider par Edouard.
CALAS
Vous voulez. ..
Pauline , edcoard , jacob et jeannzttb , avec la plus grand*
chaleur.
Nous vous en supplions.
uad. calas, mec surprit*.
Quoi! tous!
CALAS
Quel mystère!
EDOUARD
Un seul instant de plus peut achever votre perte.
Mad. CALAS.
Sa perte! ( A Pauline.) Ton père court-il d’autres dangers?
PAULINE
Oui , ma mère j il y va de sa vie.
Mad. calas.
De sa vie! partons, (se retournant .) Mais mon fils?.. Ah! partons. ( Des pas précipités se font entendre .)
EDOUARD
Silence!