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minées, par leur intervention aux moments opportuns.
Il existe une démonstration bien simple des effets produits par les deux sortes de spéculations; bien que toutes les affaires à terme ne soient pas à découvert, que quelques affaires au comptant puissent être de jeu, on accordera volontiers que les cours à terme sont l'expression la plus fidèle des mouvements produits par le découvert, et les cours du comptant l'expression principale du mouvement des capitaux ; or, quoiqu'il y ait une dépendance nécessaire entre les variations des cours du terme et du comptant, que les reports et les déports ne leur permettent jamais d'être soumis à une action complètement libre, il ne faut que consulter quelques cotes de bourse pour acquérir la preuve que les plus grands écarts dans les cours sont toujours produits par le terme, les plus faibles écarts par le comptant.
Ainsi, c'est en définitive le jeu naturel de la demande et de l'offre qui, après avoir été le principe premier, essentiel de la variation des cours, assigne une limite aux écarts indéfinis de cette variation et de cette mobilité.
53. — Nous avons partagé en deux catég-ories toutes les causes qui agissent sur le prix de la valeur :
Causes constantes et causes accidentelles.
Les causes constantes agissent seules d'une manière continue et régulière ; par conséquent ce sont les seules pour lesquelles on puisse déduire quelques règ-les certaines ; les causes constantes elles-mêmes se divisent :
1° En causes constantes générales.
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Ce sont celles qui embrassent l'ensemble d'une situation politique, commerciale et financière, élèvent ou abaissent le taux de l'intérêt général, ou influent indirectement sur les prix par des droits d'impôts, de mutations, de courtages ou toutes mesures financières a^^aiit pour principal effet d'accélérer ou ralentir la circulation des valeurs.
2" les causes constantes spéciales.
Ce sont celles qui constituent les conditions d'existence particulière à chaque nature de valeurs et qui restent invariables, telles que :
Le nombre d'actions, les sommes versées ou restant à verser, le taux et le mode de remboursement, le taux de g-arantie d'intérêt, la durée de la concession, l'intérêt de la valeur considéré par rapport aux variations dont il est susceptible pour les valeurs à intérêt variable.
Toutes ces diverses circonstances, dont chacune a son influence spéciale, doivent présenter par leur concours le prix véritable de la valeur, sans pouvoir jamais le déterminer d'une manière absolue.
Le^jn'iîîdes choses résulte de plusieurs éléments; c'est le trmail qui en est la mesure réelle et la plus approchante, mais cette mesure elle-même est soumise à toutes les variations résultant du rapport entre la quantité de travail offerte et demandée, rapport qui varie selon les temps et les lieux ; de plus, il est difficile de déterminer une proportion entre deux différentes quantités de travail, car un travail d'une heure peut être plus utile, par conséquent valoir plus qu'un autre de dix heures ; il faut tenir compte de l'apprentissage, de l'habileté, des dangers,
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de la fatig-iie, etc., toutes choses qui ne peuvent se régler par une mesure exacte; le prix fixé par l'échange n'est jamais que le résultat d'un débat entre le vendeur qui exige et l'acheteur qui marchande, et qui se décident tous deux d'après cette espèce d'égalité approximative établie par la convenance de chacun, qui suffit dans toutes les transactions ordinaires de la vie.
Dans l'impossibilité de comparer le bénéfice tout à la fois moral et physique de chacun des contractants dans toute opération d'échange, on ne peut exiger qu'il soit rigoureusement égal pour tous les deux, et il suffit que chacun y trouve un certain bénéfice.
54. — En thécrie, la quantité des demandes doit croître en raison inverse du carré du prix, de sorte que si une marchandise trouve un certain nombre de consommateurs au prix de 20 fr., elle en trouvera quatre fois plus au prix de 1 0 fr. et seize fois plus au prix de 5 fr. D'après ce principe, si une marchandise, une valeur ne coûtaient qu'un prix infinimentpetit, il y aurait une quantité de demandes infiniment grande. Mais en pratique, c'est autre chose; plusieurs causes s'opposent à ce que le prix de la valeur puisse tomber au-dessous d'une certaine limite ou acquérir une valeur indéfiniment grande ; la quantité des produits est presque toujours subordonnée à la quantité des demandes, en nombre plus ou moins limité, tout produit ne s'adressant jamais qu'à un nombre fini, quelquefois à une seule classe de consommateurs, et la production s'arrête du moment que le bénéfice du producteur
devient insuffisant. Aus.si le prix est toujours assez élevé pour laisser un certain bénéfice au i)roducteur ou au marchand, et c'est uniquement à trouver le plus grand produit qui puisse résulter en multipliant ce bénéfice par le nombre des consommateurs que s'étudie le marchand. Elevant son bénéfice, il peut trop diminuer le nombre des consommateurs ; le diminuant , ne pas augmenter assez ce nombre, et dans les deux cas obtenir un produit moindre.
Quelques auteurs ont prétendu donner des règles invariables pour la détermination du point précis où doit se fixer ce bénéfice ; mais il est aisé de voir qu'en se basant sur des données supposées quant au nombre et à la convenance des consommateurs, ils ont pris des hypothèses pour des réalités, et que sans cela, il y a toujours une inconnue qui ne permet pas de résoudre Téquation.
On ne peut pas davantage déterminer d'une manière certaine la nouvelle valeur résultant pour un produit d'une augmentation de sa quantité. On sait seulement en général, que tout produit diminue ou augmente de valeur selon sa plus ou moins grande abondance; mais les limites sont très-étendues ; car un produit qui double en quantité pourra tomber jusqu'à la moitié de sa première valeur, si le nombre des consommateurs ou des demandes reste le même, c'est-à-dire baisser en raison directe de son augmentation, il pourra ne subir aucune dépréciation, si le nombre des demandes s'élève proportionnellement à l'augmentation du produit.
Il ne peut donc y avoir de mesure exacte, absolue, du prix des valeurs, et c'est en cela que réside le principe des
Vciriations discontinues de leurs cours. On chercherait en vain à fixer une limite quelconque, à réprimer cette mobilité perpétuelle, sans s'attaquer au principe même qui fait la vie des transactions. On calcule souvent le prix de la valeur par le taux d'intérêt, mais l'intérêt n'est pas davantag-e la mesure exacte de la valeur, que le temps n'est celle du travail ; ce n'est jamais qu'un moyen de comparaison qui peut aider à obtenir des résultats approximatifs, mais dont on ne doit pas abuser ; on peut, on doit souvent préférer 3 ^/o d'intérêt à 7, à 8 et 10 o/o; non-seulement cette différence doit varier selon la nature des valeurs, mais selon une foule de circonstances dont l'appréciation est multiple, selon les temps, les lieux, etc.
Toute mesure fixe, invariable des valeurs est une pure chimère, parce qu'on ne peut mesurer des valeurs que par des valeurs, c'est-à-dire des quantités variables par d'autres quantités également variables. En physique, on ne peut pas davantage fixer la chaleur des corps, et le thermomètre n'en donne qu'une mesure relative; il ne s'ensuit pas que les degrés de chaleur et la valeur des choses soient des quantités chimériques ou arbitraires.
55. — Le degré du crédit de l'emprunteur, la valeur donnée à son titre sur la place, sont mesurés à l'origine même et dans toutes les circonstances où il se crée de nouveaux eng-agements, par le taux de Yemiwunt^ en tout temps par le taux de V Intérêt.
Lorsque l'Etat ou les compagnies émettent un emprunt, soit en titres de rentes, actions ou obligations, parmi les
conditions de cet emprunt, les plus importantes sont le montant même de l'emprunt et le taux d'émission; c'est la grande loi de l'offre et de la demande, que nous retrouvons dans toutes les transactions, qui régit cette première opération et qui doit en déterminer toutes les clauses ; l'offre faite par l'emprunteur ne trouvera la demande équivalente qu'en augmentant successivement les avantages offerts au prêteur, en diminuant le taux d'émission, en aug*mentant le taux de l'intérêt; c'est à trouver le prix auquel la quantité des demandes comblera la quantité des offres, que doit s'appliquer toute la science de l'emprunteur, car à un prix supérieur, l'emprunt ne sera pas rempli, et à un prix inférieur il y aura dommage, tout en présentant une quantité de demandes superflue; c'est ainsi que le gouvernement, dans ses divers emprunts par voie de souscription publique, en offrant de grands avantag-es aux souscripteurs, auraitpu recueillir jusqu'à dix fois plus d'argent qu'il n'en demandait , ce qui prouve qu'il aurait pu emprunter à des conditions moins onéreuses ; mais souvent un grand intérêt moral peut compenser l'intérêt pécuniaire.
L'emprunteur se trouve exactement dans le cas du marchand qui clierche à placer sa marchandise le plus avantageusement possible ; mais il n'est pas plus facile de déterminer au juste, quel que soit le chiffre de l'emprunt et si connu que soit le crédit de l'emprunteur, le taux précis de l'émission de ses titres, que le prix de vente du premier ; il est tout aussi difficile de fixer le nouveau prix que donne à la rente déjà existante une nouvelle émission de rentes.
La baisse qui précède toujours l'émission d'un emprunt doit se faire sentir sur toutes les valeurs en général, parce qu'il y a entre elles toutes une certaine solidarité, mais principalement sur les titres déjà existants, soit de l'Etat, soit de la compagnie qui emprunte, jusqu'au moment où cette diminution de la valeur du titre sera suffisante pour motiver un déclassement des capitaux étrangers qui trouveront, dans le nouveau placement, un intérêt plus élevé ou mieux garanti. Il y a là une loi qui a de l'analogie avec celle des fluides, et c'est parce que le déclassement s'opérera plus naturellement de la part des anciens prêteurs qui, par leur positon même, se trouvent les premiers dispensateurs du crédit de l'emprunteur, que le titre déjà circulant de celui-ci baissera le premier.
56. — Pour apprécier convenablement l'effet que doit produire l'annonce d'un nouvel emprunt et en déterminer le plus avantageusement possible le prix d'émission, il faut calculer la plus ou moins grande facilité des capitaux à se porter d'une valeur à une autre , d'un jDlacement immobilier à un placement mobilier, des entreprises d'un pays à celles des pays voisins, car tout dépend de cette facilité de circulation ou de déplacement des valeurs, et par là nous entendons aussi bien les facilités morales résultant des richesses, des goiits et des penchants des populations, que des facilités purement matérielles.
En effet, si ce déclassement, qui peut être comparé au frottement des rouages dans une machine, offrait par impossible une résistance complètement nulle, l'effet serait
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nul, de même que le mouvement pourrait se transmettre indéfiniment et, ne diminuant jamais dans la machine, si tout frottement était nul, n'enlèverait rien à la force première; au contraire, si cette facilité n'existait pas, si le déclassement ne pouvait s'opérer, l'effet retomberait tout entier sur l'emprunteur seul, et son crédit diminuant en raison directe de ses besoins, tout nouvel emprunt deviendrait inutile, et n'ajouterait rien à ses ressources.
On peut reg'arder comme une règle générale qui ne souffre pas d'exceptions, que la facilité d'emprunter est la plus grande, où la circulation de la richesse est la plus facile. Tout impôt sur les transactions qui frappe la circulation réelle des titres va directement contre son but, parce qu'il diminue rapidement cette circulation qui est la base même de son produit; de plus, il est inapplicable aux opérations de jeu, où le mouvement des titres est entièrement fictif. Telle est la loi de 1857, qui prélève un droit de timbre sur tous les effets au porteur.
Tout nouvel emprunt produira d'autant moins de perturbation dans la richesse générale et le cours des valeurs que la circulation des valeurs sera plus grande. Les variations relatives seront, par conséquent, d'autant plus faibles, bien que la somme de ces variations puisse rester la même; c'est ce qui se passerait pour un corps dont toutes les parties seraient repoussées par une force égale et qui se maintiendrait sans aucune altération, tandis que l'équilibre serait violemment rompu si la force était toute concentrée sur un même point sans se communiquer également aux autres parties.
Sous l'influence de la spéculation à découvert, l'an-
nonce d'un nouvel emprunt produit toujours de brusques mouvements et une baisse considérable qui se change quelquefois en une véritable panique. Certaine d'être soutenue cette fois par des livraisons de titres, la spéculation vend, vend sans cesse, et force l'Etat à emprunter à des conditions difficiles ou onéreuses. Les agioteurs sont les pires ennemis de l'Etat. Mais l'emprunt n'est pas plutôt souscrit, que l'on voit la réaction se produire, les cours reprendre leur niveau , et en définitive le bénéfice réalisé au détriment de l'Etat, est passé presque tout entier dans les mains de quelques banquiers influents ou d'une coterie de spéculateurs audacieux.
Le g-ouvernement ne pourrait que gagner à exposer clairement sa situation, ses actes et ses intentions. La publication mensuelle du bilan du Trésor, donnerait à tout le monde le moyen d'estimer exactement l'état de son crédit, de ses ressources, et on ne s'eifrayerait plus à l'annonce inattendue d'un emprunt dont l'urgence et l'emploi ne sont pas toujours clairement démontrés.
57. — La quantité de titres ou d'actions dont se compose le fonds social d'une compagnie, serait très-peu importante au point de vue des variations de la valeur, dans l'hypothèse que toutes les opérations qui se concluent sur cette valeur, seront sérieuses et nullement fictives. D'un autre côté, si le rapport de ces opérations aux affaires de jeu était le même sur chacune des valeurs négociables , cette distinction entre les deux genres d'opérations, bonne pour juger de l'étendue absolue des
variations, serait eiicurc inutile ]iour estimer la g-randeur des variations relatives, et la probabilité que pour un mouvement déterminé sur une valeur, le même mouvement se produira sur toute autre valeur. Mais à la Bourse, on le sait, le jeu se répartit très-inégalement, par rapport à la quantité réelle des titres de chacune des difi'érentes valeurs. Il n'est pas rare de voir l'agiotag-e s'exercer beaucoup plus fortement sur les titres de telle compagnie au capital de 18 à 20 millions, que sur telle autre au capital de quatre ou cinq cents millions. Nous pouvons établir que les opérations sérieuses agissent seules sur le cours de la valeur d'une manière absolue, entièrement indépendante de la quantité des titres. En effet, si la baisse résulte de la quantité même des actions qui se trouve plus considérable , la hausse doit résulter de la quantité même des demandes qui doit forcément se proportionner à la quantité des titres, pour maintenir l'équilibre entre deux valeurs également bonnes.
Si, en même temps, le jeu se porte de préférence sur la première valeur, ou s'y porte exclusivement, à moins de supposer que les demandes et les off'res de cette nature ne se fassent constamment équilibre, ce qui doit arriver au moins très-rarement, il y aura toujours une certaine quantité de demandes ou d'offi'es sur la première valeur de plus que sur la seconde, de sorte que les variations relatives seront plus fortes sur l'une que sur l'autre.
11 ne serait pas difficile de prouver, d'après les faits, que cette nouvelle force se produira presque toujours dans le sens de lapremière, de manière à exagérer le mouvement, soit en hausse, soit en baisse, au lieu de l'atténuer.
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Plits les opérations de jeu sont nombreuses sur une valeur, en raison du nombre de titres et de la circulation de ces titres , plus aussi , à part toute autre cause, les oscillations des cours doivent être fortes et étendues.
Dans l'impossibilité de pouvoir fixer d'une manière certaine une proportion quelconque entre les opérations réelles et les opérations fictives, de rendre en même temps cette proportion invariable , il y a un danger réel et permanent pour les capitaux de s'aventurer dans les entreprises dont le capital est peu considérable, parce qu'il est naturel de supposer qu'elles seront proportionnellement plus exposées aux manœuvres, aux menées de l'agiotage; non pas que les chances de perte ne puissent, dans ces circonstances, être souvent compensées parles chances de gain, mais parce que cet état constitue de plus grands risques, et que la grandeîCT des risques suffit déjà pour établir un dang*er ; par contre, il y a constamment avantage réel pour les capitaux, à rechercher de préférence les placements sur les fonds de l'Etat , sur ceux des grandes entreprises dont le capital est très-considérable, et qui, par cela même, présentent des conditions mieux définies, moins obscures, et d'autant moins de prise à l'action per^ nicieuse de l'agiotage.
58. — Le taux à' intérêt est l'élément le plus important de la constitution d'une valeur, celui qui domine tous les autres dans l'estimation du titre en circulation.
L'intérêt peut être i^ariahle (m fixe.
Le taux d'intérêt fixe ou constant est sans contredit la
nieilleuro ganintio de la bonne tenue d'une valeur. Il permet d'en apprécier aussi exactement que possible le prix moyen, de resserrer davantage les fluctuations autour de ce prix, de restreindre les baisses et les hausses subites ; aussi toute valeur qui rapporte un intérêt fixe doit -elle généralement être préférée à toute autre qui rapporterait un intérêt un peu plus fort , mais variable.
Les obligations de chemins de fer, quoique rapportant un peu moins que les actions, forment un placement plus sûr et mieux entendu, surtout par cette raison que leur intérêt est fixe, et que celui des actions est variable.
Ce n'est pas que l'intérêt fixe ne puisse offrir, dans des temps différents, plus ou moins de garantie, de sécurité aux porteurs, qu'il ne soit lui-même sujet à une certaine variabilité qui se manifeste par la mobilité des cours : cette instabilité incessante, perpétuelle, est une propriété nécessaire qui forme d'ailleurs l'essence même de la valeur, tout comme le mouvement est la manifestation de la vie ; mais avec le système de la fixité du taux de l'intérêt , il est possible d'amasser, dans les années d'abondance, pour parer aux années de disette ; il reste moins de part à l'imprévu, et dès-lors, par une espèce de compensation dans les mouvements extrêmes , tout événement de nature à porter quelque grave perturbation dans les conditions générales de la société, produit un dérangement moins sensible dans les cours.
Comme cause agissante, l'intérêt fixe est la plus égale, lu plus constante de toutes ; elle n'a aucune raison de se produire dans un moment plutôt que dans tel autre , et
elle doit élever le prix de la valeur d'une manière essentiellement continue, dans l'intervalle compris entre le détachement de deux coupons, du montant exact du coupon à détacher. C'est donc un faux calcul que de spéculer sur l'approche d'un coupon d'intérêt, lorsque cet intérêt est fixe et parfaitement connu, d'acheter quelques jours avant son détachement pour revendre quelques jours après, dans cette idée qu'on se plait à répéter si souvent, que les valeurs regagnent toujours leurs coupons. Toute hausse qui se produirait de la sorte ne serait nullement motivée et n'aurait aucune consistance.
L'incertitude sur le chiffre du prochain dividende, la difficulté d'estimer un revenu moyen un peu certain, laissent une très- grande latitude aux mouvements sur la valeur à intérêt variable. Comme on a l'habitude d'estimer le revenu d'un titre, principalement d'après les produits de la dernière année ou de l'année courante, et que le porteur recherche presque toujours un revenu au moins égal au dernier, l'annonce de toute modification dans le taux d'intérêt, si petite qu'elle soit, doit occasionner dans les cours un mouvement proportionnel à celui que subit l'intérêt, et si cet intérêt est à 5 °/o, il suffit d'une diminution de 5 fr., sur le revenu annuel, que l'annonce en soit vraie ou fausse, pour opérer une baisse d'une centaine de francs sur la valeur du titre.
A l'exception des rentes sur l'Etat, qui trouvent dans les fluctuations de la politique de quoi alimenter la spéculation, le jeu s'est toujours porté de préférence sur les valeurs à intérêt variable, qui trouvent dans cette condition le principal élément des brusques revirements qui se
font remarquer sur leurs cours. Il est facile d'effrayer le porteur du titre en lui i)résentant sans cesse une diminution de recettes dans l'exploitation, en laissant toujours suspendue la menace d'une réduction possible d'intérêt; aussi quel prétexte plus commode pour tous ces faiseurs de fausses nouvelles qui n'ont d'autre métier que de pêcher en eau trouble !
C'est là un puissant motif de dépréciation pour la valeur, car, règle générale, les capitaux doivent fuir tous placements sur des valeurs livrées aux pratiques de l'ao-iotao-e.
59. — Lors même qu'il y aurait autant de chances de gagner que de perdre, la grandeur des risques, amsi que nous l'avons déjà dit, bien que donnant des sommes mathématiquement égales de pertes et de gains, suffit pour constituer un danger que l'on doit toujours éviter; il est reconnu, en effet, que le gain ne nous donne jamais autant de satisfaction que la perte nous cause de peine, parce que le gain ne donne jamais à un capital un accroissement relatif à la fortune totale aussi considérable qu'une perte équivalente y apporte de diminution; il est donc préférable de risquer un contre un que deux contre deux, ou trois contre trois, et le plus grand tort qu'un homme puisse se faire dans cette théorie morale, est de risquer toute sa fortune dans l'espérance de la doubler.
Ce principe doit engager le spéculateur qui recherche un placement, à éviter avec soin les risques trop grands qui pourraient compromettre son capital, et à préférer
souvent les valeurs qui rapportent un intérêt moindre à celles qui rapportent un intérêt plus élevé.
L'intérêt, on le sait, est la représentation du risque couru par le capital ; par conséquent, et c'est là une des lois fondamentales de l'économie politique, il est essentiellement variable et en raison des risques courus. A une entreprise qui court des risques deux fois plus nombreux, on ne demandera jamais que des produits doubles, et bientôt la considération même des risques finira par disparaître, et on n'aura plus égard qu'à une seule chose, la différence des profits et des intérêts ; de là une tendance g'énérale à rechercher les placements qui rapportent de gros intérêts.
Si deux valeurs rapportent, l'une 3%, l'autre 6 Yo d'intérêt, par ce seul fait que les risques sur la seconde sont le double des risques sur la première, bientôt la seconde finira par ne plus rapporter que 5 "/q au prix d'achat, parce que, pour la multitude imprudente et aveugle des spéculateurs, la comparaison simple des deux intérêts, en dehors de toute autre prévision, sera toute à l'avantage de la valeur qui rapporte six.
Que d'entreprises véreuses servent des dividendes que rien ne justifie, souvent prélevés sur le capital, comme un appât trompeur destiné à égarer la spéculation!
Le petit rentier, qui ne vit que difficilement avec deux ou trois mille francs de revenu, est seul excusable jusqu'à un certain point de chercher une augmentation de rentes dans un taux plus élevé d'intérêt ; pour celui qui trouve dans ses revenus de quoi subvenir largement à ses dépenses, c'est une imprudence coupable, c'est une folie de
Mo -
risquer le capital pour une augmentation d'intérêt superflue.
60. — Il y a donc deux raisons qui doivent en général engager le spéculateur sérieux à préférer toute valeur à intérêt modique, à celle d'un intérêt plus élevé, à recliercher par exemple un placement à 3 "/o , plutôt qu'un placement à 6 Vo.
D'abord, il profite de toute la différence, de tout l'écart qui existe entre la valeur mathématique et la valeur morale de la moitié des risques courus sur le second placement. S'il emploie toute sa fortune dans une entreprise qui lui rapporte 6 °/o au lieu de 3 ^/o ^ à la condition de courir des chances de perte doubles, si petite que soit la probabilité de la perte totale sur le placement à 3, elle est le double sur le placement à 6, et la différence déterminée par l'élément moral entre les deux probabilités, si petite qu'elle soit, acquiert une valeur nécessairement trèsgrande si on la multiplie par une quantité telle que la valeur de la fortune engagée, si elle l'était en totalité. En second lieu, si par suite d'une concurrence mal entendue, la valeur qui rapportait 6, en raison du nombre double de risques courus, vient à ne plus donner que 5 ^jo, il bénéficie encore de % pour cent d'intérêt, en achetant une valeur qui rapporte 3, au lieu de 2 '/s qu'elle devrait seulement rapporter, si la diminution d'intérêt qui s'est fait sentir sur la seconde valeur avait eu lieu proportionnement sur la première.
Quand une valeur quelconque rapporte un intérêt de
3 Yo7 toute antre valeur sur laquelle les risques courus sont doubles, devrait rapporter, en raison de la probabilité de ces différents risques, probabilité qui peut être trèsvariable, mais qui ne peut jamais être supposée nulle, non pas seulement 6 7o , niais 7, 8, 10 ou 15 Yo- — Au lieu de cela, la valeur sur laquelle les risques seront doubles, ne rapportera le plus souvent que 5 y^, 5, 4 V^ pour cent, et quelquefois moins.
On doit au contraire préférer une valeur qui rapporte un intérêt plus fort à celle qui rapporte un intérêt moindre, lorsque cette diminution d'intérêt est remplacée par une loterie, ou le tirag-e au sort de lots semestriels ou trimestriels, parce que si cette amorce est des plus séduisantes pour le public, elle est aussi des plus fallacieuses, et par un calcul très-simple, on trouve que si la probabilité des lots répond à V^pour cent d'intérêt aléatoire, par contre on perd souvent 2 ou 3 Y,j d'intérêt réel .
Si tout le monde était tellement pénétré de la vérité de ces observations, qu'elles en devinssent vulgaires et superflues, si chacun possédait au même degré l'esprit de calcul et de prévoyance, il est certain que les choses ne se passeraient pas ainsi; toute fausse idée et tout engouement ayant disparus, l'élément moral ayant conquis la place qu'il devrait occuper dans les estimations de chacun, il n'y aurait alors aucune recommandcition à faire à ce sujet, parce que l'équilibre se produirait si bien qu'il deviendrait absolument inutile d'établir aucune distinction et de rechercher tel placement de préférence à tel autre ; la prévoyance individuelle ne dépasserait plus le niveau de la prévoyance commune ; c'est parce que la prévoyance
cuininune est iuiii d'être arrivée à sou apogée, qu'il faut que l'homme prudent se pénètre du sentiment de certaines vérités qui ne seront jamais l'apanage de la foule.
61. — La dhisioii des risques est encore un moyen certain de les diminuer.
De même qu'il est plus prudent, pour lui faire passer la mer, de partager une fortune sur plusieurs vaisseaux qui, bien que courant des chances égales, incertaines et périlleuses, courent chacun des chances différentes de naufrag'e, le spéculateur qui recherche un placement, au lieu de mettre tous ses fonds dans une seule entreprise qui peut faire faillite et engloutir en une fois la totalité de sa fortune, doit de préférence placer ses fonds sur plusieurs entreprises différentes. Ce principe répond à un sentiment vulgaire et instinctif qui se traduit par ce proverbe un peu trivial : M ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier.
Cette division de la fortune entre plusieurs emplois qui, en théorie, pourraitêtrepoussée indéfiniment, aussiloin que le permettrait la quantité d'entreprises et de valeurs de toute nature, apour limites en pratique certaines considérations dont il faut tenir compte, et dont les principales sont : 1° la difficulté d'être exactement renseigné sur une trop grande quantité d'entreprises différentes, sur le compte desquelles une connaissance seulement superficielle est insuffisante, si l'on veut bien diriger ses intérêts et éviter au capital les pertes qui pourraient résulter d'une situation mal connue ; 2*^ la perte de soins et de temps, qui cor-
respond par le fait à une perte d'argent, résultant de l'obligation d'opérer des versements et toucher des intérêts à des époques différentes de l'année dans des endroits quelquefois fort éloignés. C'est surtout pour les personnes de province et de la campagne, obligées à des démarches personnelles ou à des transports continuels de titres et de fonds, que cette considération est importante. Dans les villes de quelque importance, la création d'une caisse centrale, instituée par un syndicat des compagnies, à laquelle on pourrait opérer tous dépôts de titres, tous versements, recevoir tous coupons, rendrait d'utiles services ; cette institution n'est remplacée, jusqu'à présent, que dans une mesure trop restreinte par quelques maisons de banque, et à Paris par les grands établissements de crédit qui ne fonctionnent qu'au profit de leurs actionnaires ou demandent une commission trop forte ; or, toute commission pour ce service réj^ond à une diminution de l'intérêt du titre.
Sans prétendre donner aucune règle absolue, et en laissant chacun juge de l'opportunité du fractionnement de son capital, on peut cependant admettre que cette division est utile et conforme aux lois de la prudence, surtout nécessaire pour les grandes fortunes, qu'elle doit se proportionner à la nature des entreprises dont les chances de réussite sont plus ou moins certaines, depuis les fonds publics de l'Etat jusqu'aux entreprises les moins connues et les moins sûres, et que dans tous les cas elle peut, en pratique, se réduire à un petit nombre restreint de valeurs de différente nature.
62. — Nous avons précédemment (par. 51) émis la supposition de deux marchés distincts et séparés , l'un où toutes les opérations seraient purement fictives, l'autre où toutes les opérations seraient sérieuses ; la Bourse représente un marché mixte, où ces deux sortes d'opérations sont unies dans des proportions variables, les premières y entrant cependant de beaucoup pour la plus grande partie.
Les reports qui offrent un placement productif d'intérêts aux capitaux engag-és dans la spéculation, donnent en même temps la mesure précise des relations que ces deux marchés sont forcés d'entretenir et de leur dépendance réciproque. Commençons par définir le report.
Le report est la différence qui existe à un même moment entre les cours du comptant et ceux du terme, ou entre les cours de deux liquidations successives.
Un spéculateur qui achèterait une valeur au comptant et la revendrait immédiatement à terme, en profitant de la différence des cours, ferait un report indirect.
Le report direct, celui dont il est toujours question lorsque le mot report est employé seul, est une opération unique, qui comprend implicitement les deux opérations de l'achat et de la vente, et qui ne peut être scindée.
Celui qui, par l'opération du report, se trouve acheteur au comptant et vendeur à terme, reporte ; celui qui se trouve vendeur au comptant et acheteur à terme, se/ait reporter.
On dit qu'il y a déport lorsque la valeur est plus chère au comptant qu'à terme; le déport n'est autre chose que le report négatif.
Lorsque les prix sont les mêmes, on dit que le report est mo pair.
Les reports peuvent être :
Ou un emploi de capital, argent ou titre;
Ou la continuation d'une affaire antérieure.
Pour expliquer ceci, il faut se représenter la situation respective des spéculateurs au moyen des trois groupes suivants :
1° L'aeheteur à découvert ;
2" Le vendeur à découvert ;
3" Le vendeur qui livre (ou l'acheteur qui prend livraison).
Si l'acheteur et le vendeur à découvert n'tivaient affaire qu'entre eux, si le vendeur qui livre avait affaire à un acheteur en état de lever, l'équilibre serait maintenu entre les diverses parties, et on n'aurait pas l'explication des singulières variations du report ; il est nécessaire de supposer que si les deux vendeurs , l'un à découvert, l'autre qui livre, ont vendu chacun 1 500, l'acheteur à découvert aura acheté 3 000.
La liquidation venue, et chacun ayant conservé sa position respective, il y aura 1 500 à livrer .^ 1 500 à repoo'ter et 3 000 h faire reporter.
L'acheteur, mis en mesure de lever 1 500, ne possédant pas le capital, et ne trouvant pas de contre -partie dans l'état du marché, est forcé, s'il veut continuer son opération à la hausse, de s'entendre avec un capitaliste qui, étranger à toute négociation antérieure, ne se décidera à prêter les fonds nécessaires que s'il y trouve un certain bénéfice dans un taux élevé de report.
Pour les 1 500 restants, l'aclieteur ,-^'enteiid avec le vendeur comme lui à découvert.
Ce second report n'est qu'une opération feinte destinée à masquer une opération antérieure, qui ne présentera qu'une différence minime entre deux cours de compensations ; le taux en est nécessairement subordonné au premier ; il est l'effet d'une convention et non d'un débat.
Si en retournant les positions, c'eût été le vendeur qui manquât du titre, il aurait fait appel à un détenteur de ce titre.
A la Bourse, l'argent et le titre sont considérés comme deux marchandises qui peuvent se prêter moyennant une primo qui varie selon que l'une ou l'autre est plus demandée ou qu'elle est plus rare.
63. — Si toutes les opérations étaient sérieuses à la Bourse, le report n'y dépasserait jamais le taux d'intérêt g'énéral ou ne tomberait jamais au-dessous.
L'effet serait encore maintenu si toutes les opérations fictives ou sérieuses, engagées dans le sens de la hausse ou de la baisse, se faisaient parfaitement équilibre, parce qu'il y aurait une complète indépendance entre les deux marchés.
Mais si l'équilibre n'est pas complet, selon que la balance penche de l'un ou l'autre côté, il est nécessaire que le découvert, s'il veut continuer ses opérations à la hausse ou à la baisse, s'adresse aux détenteurs de capitaux ou de titres, et comme la concurrence de ces derniers se trouve limitée par les ressources présentes du
marché, le taux du report s'élève au-dessus ou s'abaisse an-dessous du taux d'intérêt g-énéral.
C'est uniquement la spéculation à découvert qui exagère et fausse les limites du report, en donnant parfois le scandale d'intérêts usuraires à 20 et 25 %, ou présentant ce curieux spectacle d'intérêts négatifs au moyen de primes sur prêts de titres ; c'est surtout aux approclies et dans le cours d'une liquidation que se font ressentir les plus grandes fluctuations du report.
Chaque fois que le report dépasse le taux d'intérêt des valeurs courantes , chaque fois qu'il est au-dessous, l'influence du jeu est manifeste; on peut savoir à n'en pas douter de quel côté penche le découvert, et ce que recèle la situation du marché.
Les reports élevés signifient toujours découvert à la hausse; les reports bas, les déports, signifient toujours découvert à la baisse.
Dans le premier cas, le vendeur possesseur du titre, momentanément débordé par le découvert qui élève les cours, trouve la facilité de retarder la conclusion du marché ou la livraison des titres, au moyen de reports élevés ; si la spéculation à découvert est à la baisse, l'acheteur en possession du capital peut se consoler de voir baisser temporairement sa valeur, en ne payant que peu ou point d'intérêt, en recevant même une prime de déport ; comme il est très-rare que le déport existe à la fois sur toutes les valeurs, rien n'empêche encore l'acheteur ou le prêteur de titres de placer leurs fonds en reports sur une autre valeur , et de recevoir des deux côtés à la fois.
Le vendeur possesseur du titre, qui vient en réclamer
le paiement à l'échéance du marché à terme, force l'acheteur à découvert à emprunter d'abord le capital, et à payer un gros intérêt au capitaliste, en fin de compte, à trouver un acheteur sérieux qui prenne sa place ; car si longtemps que le report se continue, une opération à découvert, lorsqu'elle est mise en face d'une opération sérieuse, ne peut jamais se terminer autrement que par le paiement ou la livraison obligés du titre.
Dans ces conditions, il n'est pas difficile de deviner qui doit l'emporter, du découvert ou des capitaux.
64. — Les reports tournent toujours au préjudice des joueurs, et toujours au bénéfice des spéculateurs, possesseurs de titres ou de capitaux.
Lorsque les titres ou les capitaux répondent aux appels du découvert, ils réalisent des bénéfices certains qui peuvent être considérés comme une avance, comme un intérêt des bénéfices futurs qu'il leur serait permis d'ailleurs de réaliser sur-le-champ ; en effet, il dépendrait exclusivement des spéculateurs nantis des capitaux et des titres, qui possèdent le dernier mot de la situation, d'amener instantanément une liquidation générale du découvert, ou du moins de rétablir la balance entre haussiers et baissiers à découvert, si les capitaux se refusaient aux avantages des reports élevés, si les titres méprisaient les séductions de la prime ; car alors acheteurs et vendeurs à découvert, forcés de traiter entre eux pour une partie de leurs opérations, celle où les achats et les ventes peuvent se compenser, et ne trouvant plus la contre-par-
tie qui leur manque pour tout ce qui excéderait cette compensation, n'auraient d'autre ressource que de se liquider et de ramener de suite les cours où ils les auraient trouvés, à leur valeur véritable.
On peut se souvenir des déports qui furent payés aux actionnaires de certaine compagnie, dont le capital était du reste très-peu considérable, ce qui expliquait la rareté des titres; ces actionnaires se consolaient de la baisse de leurs titres en touchant des déports qui, en moins d'unan, auraient suffi à doubler leur capital. Si cependant, au lieu de se faire bénévolement les complices de la spéculation à la baisse sur leurs propres titres, ces porteurs avaient compris qu'il était plus adroit de se refuser à un pareil manège, ils seraient probablement arrivés en une seule liquidation au résultat qu'ils convoitaient, par la hausse considérable que le découvert aurait forcément amenée.
Si le capital se refusait aux reports élevés, il amènerait la cessation d'une hausse factice , et pourrait entrer résolument dans les valeurs; si le titre se refusait aux déports, il accroîtrait sa plus-value en amenant la hausse.
Il faut que le capital sache bien que lorsqu'il entre dans les opérations de reports et déports, lorsqu'il pactise avec le jeu, il ag'it contre ses propres intérêts.
'L'escompte^ qui n'est autre chose que la faculté pour l'acheteur à terme, d'après le contrat implicite du marché à terme, d'avancer la liquidation en exig-eant livraison immédiate du titre, ne peut jamais produire grand effet sur la place, tant que le vendeur à découvert conserve la ressource d'emprunter n'importe à quelles conditions le titre qui lui fait défaut. Aussi, contrairement à l'effet naturel
qu'on a l'habitude de leur supposer, on ne voit jamais les escomptes être suivis de la hausse, mais ils amènent promptement du déport.
65. — C'est le Je^o, c'est-à-dire la spéculation avec tous ses abus, qui représente la force expansive, indéfinie du mouvement des cours.
C'est le Capital^ c'est-à-dire la spéculation utile, qui, seul et véritable principe de ce mouvement, en représente la force restrictive et définie.
Tous les efforts du Jeu tendent à accroître les écarts de la variation des cours.
Tous les efforts du Capital tendent au contraire à les resserrer.
Quelle que soit la question que l'on étudie, quel que soit le point de vue où l'on se place, toujours, partout, les mêmes causes reproduisent les mêmes effets.
On le voit donc, et il serait facile de le prévoir quand même le raisonnement ne nous l'apprendrait pas, c'est le jeu seul qui trouble l'économie de la spéculation, qui, par ses pratiques et son action dissolvante, tend sans cesse, au lieu de le ramener vers le centre, à élarg-ir le cercle dans lequel se meut et s'agite la spéculation, et cela au g-rand détriment de la solidité des fortunes, de la moralité de ses principes.
Dans cette lutte constante entre le Jeu et le Capital, l'avantage doit en définitive rester au dernier. Si une hausse qui, sous la seule influence des capitaux, eût été de 10 francs sur le prix d'une action, s'est exag-érée sous
l'iiilliience du jeu en une hausse artificielle de 30 francs, il faut que tôt ou tard il y aitforcément et par ce seul fait, un mouvement rétrograde qui, faisant baisser la valeur de 20 francs, ne laissera acquise que la hausse naturelle due aux capitaux. Et si le jeu, agissant en sens contraire, a pu amener une baisse de 30 francs, il faut absolument que tôt ou tard, il y ait une réaction en hausse de 40 fr.
La somme de réaction, toujours ég*ale à la somme d'action dans l'ensemble des eflFets de la nature, doit l'être aussi dans l'ensemble des résultats fournis exclusivement par le jeu, parce que l'effet de vendre ou acheter à découvert appelle toujours l'effet contraire.
La réaction qui se déclare toujours après un mouvement considérable, plus ou moins vive, plus ou moins prompte, en raison des causes qui ont amené le mouvement, ne peut jamais être égale à l'action sur le moment même, parce que la cause première n'est pas détruite ; pour que la réaction soit complète, il faut que la cause n'existe plus.
Ceci n'est d'ailleurs qu'une affaire de temps. La réaction serait obtenue dans l'intervalle d'une seule liquidation, si acheteur et vendeur à découvert n'avaient la facilité de continuer indéfiniment leurs opérations fictives, au moyen des reports.
L'erreur la plus déplorable que l'on pourrait commettre, serait de s'abuser sur la prétendue puissance du jeu, de lui attribuer la moindre efficacité, de s'imaginer qu'elle peut opérer dans un sens, sans une réaction forcée dans l'autre sens. Les gouvernements peuvent tolérer l'agiotag-e lorsque, par ujie hausse factice des fonds publics, ils espèrent
assurer pour un moment le succès de leur politique, ils n'empêclieront jamais, et rien au monde ne pourra empêcher un juste retour des clioses, retour d'autant plus funeste que l'illusion aura été plu s grande et aura duré plus longtemps.
Il n'y a de richesse possible que celle qui est le produit du travail; toute autre est pure chimère, ou n'est qu'un déplacement de richesse qui, pour en enrichir quelquesuns, en appauvrit nécessairement d'autres; dans l'estimation de la richesse publique il.'n'y a de hausse durable que celle qui résulte du concours des capitaux; toute hausse, toute baisse factices, en dehors du jeu régulier de l'offre et de la demande sérieuses, en ayant pour unique effet de ruiner quelques individus au profit de quelques autres, ne diminue pas, n'ajoute pas un atome à la somme de cette richesse.
Qu'on le sache donc. Le petit spéculateur qui achète un millier de francs de rentes, qui les paie et les serre dans son portefeuille , fait plus pour le succès définitif de la hausse, que le joueur audacieux qui vend cent mille francs de rentes qu'il ne possède pas, ne peut faire pour assurer la baisse. Aussi , entre eux deux , le résultat de la lutte, s'il se fait attendre, ne saurait être douteux.
66. — Tout en reconnaissant les abus du Jeu, on croit eu g'énéral que ses intérêts sont communs à ceux du Capital. Ses intérêts, ses tendances, sont au contraire, directement opposés.
Le Jeu ne peut donner la moindre réalité au marché
OÙ toutes les opérations en porteraient le caractère entièrement exclusif. Le Jeu, c'est la chaîne sans fin qui revient toujours au même point, le roclier de Sisyphe qui retombe toujours à la même place, la meule qui tourne a vide, selon l'expression pittoresque de J. B. Say.
Le Capital, qui seul peut créer et vivifier le marché, suffit parfaitement à en entretenir le mouvement sans le concours d'aucune force étrangère ; il représente une force restrictive, mais qui ne peut jamais devenir complètement nulle.
Il faudrait, pour annuler toute variation, tout mouvement, que les causes si nombreuses qui influent sur les cours fussent identiques, fixes et constantes ; mais aucune cause ne peut avoir ce caractère de fixité, parce qu'elle-même est soumise à nue infinité d'influences multiples qui n'ont pas ce caractère. Aucune cause n'étant essentiellement constante, les causes dites constantes ne sont en réalité que les moins irrégulières, et celles dont les probabilités de retour sont les plus fortes.
Il faudrait encore faire abstraction du principe individuel et admettre, ce qui est impossible, qu'aucune divergence ne séparant jamais les hommes, ils n'auront plus qu'une seule manière de voir et d'apprécier les causes, les mêmes penchants, les mêmes besoins.
Mais, sans espérer pour les rentes de l'Etat et les valeurs publiques dont toutes les conditions d'existence sont le plus clairement déterminées, pas plus que pour les autres valeurs d'entreprises particulières moins bien définies, qu'il puisse jamais s'établir une estimation de prix invariable et incontestable, universellement acceptée, de
manière à enlever tout aliment, tout prétexte à la spéculation, on doit s'attendre néanmoins à voir se resserrer de plus en plus les écarts de la spéculation.
Cette tendance est un effet et un signe certains de la marche du progrès et de l'aspiration à la perfectibilité; c'est un moyen infaillible de mesurer l'état d'avancement d'un pa3^s ; on peut affirmer sans crainte que là, oii les limites d'écarts sont les plus grandes, le crédit est le plus arriérée ; que là, au contraire, oii les limites d'écarts sont les moins étendues, la confiance est la plus grande, le crédit le mieux assis , la puissance d'association la plus forte.
C'est une opinion presque générale et une erreur fort accréditée, que la mobilité des cours est un indice de la facilité des transactions, que par conséquent, la spéculation, malgré ses abus, rend d'utiles services en permettant de vendre et acheter à tous cours, à tous moments ; on feint de croire que sans le jeu, l'offre et la demande ne trouveraient pas toujours de contre-parties et que le marché s'éteindrait ; le jeu peut bien donner une animation factice aux transactions lorsqu'elles sont rares, peu encouragées par les lois ou par l'opinion, mais il ne les crée pas, et il vivifie le crédit à peu près comme la chaux vivifie l'arbre; rien ne s'oppose à ce que, dans un cercle de variations très-restreint, les transactions ne puissent s'opérer avec la plus grande facilité, et cela ne dépend que des conditions de la circulation et de l'étendue du marché. S'il est impossible d'annuler toutes variations, on doit désirer de les restreindre le plus possible, de même que tout dans la nature doit tendre sans cesse au
— liU —
centre du cercle qui représente la vériié absolue, en s'efforçant d'y arriver le plus près possible. Soutenir la doctrine des grandes variations, par les avantages supposés qu'elle offrirait, c'est faire fausse route, c'est prendre le trouble pour le repos, la fièvre pour la santé, le délire pour la raison, l'erreur pour la vérité, s'éloigner du centre en croyant s'en rapprocher.
67. — La connaissance, ou plutôt l'intuition des faits à venir, cette précieuse faculté qui a pu faire regarder comme des êtres surnaturels des hommes qui la possédaient au suprême degré, et qui s'est prétentieusement appelée divination^ quand son véritable nom est expérience, cette faculté n'est rien autre que le fruit de l'observation, de l'étude attentive des faits passés : c'est làime de ces vérités qui ne sauraient être répétées trop souvent. Le futur découle fatalement du passé, comme l'effet dérive invariablement de la cause.
La découverte de l'avenir a toujours eu le plus grand attrait pour les hommes, parce qu'en leur enseignant à diriger leurs actions dans le sens des événements attendus, elle est la voie qui mène à la sagesse et qui doit leur donner la plus grande somme de calme et de bonheur, dont la possession est la tendance de toute la nature : c'est surtout lorsqu'il s'agit d'une augmentation de fortune comme instrument réel ou supposé de ce bonheur, que cette disposition se change en un désir ardent de science et d'instruction, et une des manières les plus rapides d'augmenter sa fortune, consiste à lui donner la meilleure direction
dans quelqne.s-unos des spéculations plus ou moins sûres dont la Bourse est le principal théâtre.
Toute spéculation, depuis celle du joueur qui achète aujourd'hui pour revendre demain un peu plus cher, jusqu'à celle du capitaliste qui place ses fonds dans l'espoir d'une augmentation future de capital peut-être très-éloignée, toute spéculation, disons-nous, n'est que la recherche plus ou moins intellig-ente des causes qui, dans le passé, sont la source et le fondement des lois de l'avenir.
Cette découverte à la Bourse serait complète si l'on pouvait connaître le prix alsoJu de la valeur. En effet, il suffirait d'acheter au-dessous, comme de vendre au-dessus de ce prix, pour être certain de pouvoir toujours, dans un temps donné, réaliser un bénéfice quelconque sur l'opération.
Mais nous savons que, quand bien même l'observation du passé ne serait pas forcément limitée à un petit nombre de faits, eu égard à l'ensemble infini de tous les faits, il ne peut y avoir de prix absolu pour une valeur quelconque : cette recherche est donc aussi chimérique que celle de la quadrature du cercle ; mais si on ne peut arriver à ce résultat si recherché, si ce prix absolu est introuvable, on peut du moins circonscrire ses écarts et les limites dans lesquelles il se produit, on peut enfin en approcher aussi près que possible, et ce résultat est bien assez considérable pour que l'on s'en contente.
On entend journellement employer ces expressions dans le public : La Rente n'est pas à son prix, la Rente est audessus de son prix, telle valeur est bon marché, telle autre
est trop chère; d'où les conséquences en pratique sont qu'il faut acheter ou i\u'i\/(mt vendre.
Presque toujours, les gens qui donnent ces avis avec le plus d'assurance, seraient bien embarrassés de dire sur quoi ils se fondent; ou les raisons qu'ils emploient sont bien insig-nifiantes.
Non, on ne peut jamais être assuré que telle valeur est trop clière ou trop bon marché : mais ne pourrait- on pas au moins en acquérir une probabilité voisine de la certitude?
La question que nous avons à résoudre est celle-ci :
Tel cours étant donné, est-il préf érable d'acheter ou de vendre à ce cours ?
Si t n effet il est une règle pour acheter et vendre à propos, on sent de quelle importance est sa découverte ; elle ne ferait pas seulement la fortune des premiers qui s'en serviraient, elle serait encore un puissant moyen de donner plus de consistance à la richesse générale, d'affermir le crédit en restreignant les variations des valeurs publiques.
Avant de passer à la solution, quelques explications sont indispensables.
68. — Lorsque l'on étudie les lois naturelles du mouvement, en mécanique, physique, astronomie, etc., on ne tarde pas à s'apercevoir que le mouvement obéit à des lois qui sont toujours le composé de deux mouvements simples, distincts et primordiaux.
Un projectile lancé décrit une parabole , c'est-à-dire
qu'il rie meut horizontalement sou.s l'action de la projection, et verticalement sous l'action de lu force centripète.
Une sphère, boule, roue, cerceau, rencontrés par un corps mû dans l'espace, prennent un mouvement de rotation en même temps qu'un mouvement de translation.
L'aig-uille aimantée, sous l'influence de la force magnétique, se dirige suivant les lois de Vinclinaison et de la déclinaison.
La Terre, dans sa course à travers l'espace, est animée de deux mouvements bien distincts ;
L'un sur elle-même, en un jour ;
L'autre autour du Soleil, en une année.
Pour rendre compte du mouvement composé de ces divers corps, il est indispensable d'étudier séparément, de décomposer les deux mouvements simples qui le constituent.
Cette méthode est celle que nous suivons.
Les variations de la Bourse, soumises comme la Terre dans ses mouvements, aux lois de la gravitation universelle, peuvent aussi se décomposer en :
Diurnes et annuels, c'est-à-dire, à courte et à longue période.
Quand on étudie les lois de la hausse et de la baisse, il est indispensable de distinguer les deux principes du mouvement des cours :
Le premier, produit des causes accidentelles :
Le second, produit des causes constantes.
A l'égard du premier, il n'est aucune prévision possible ; les causes accidentelles arrivent sans ordre, indifféremment favorables ou contraires; par conséquent, dans
ce premier ordre d'idées, il est absolument indifférent de Y^avier pour ou contre, d'acheter plutôt que de vendre, de vendre plutôt qu'acheter, à quelque moment que ce soit, et la 'valeur n'est jamais déterminée que par le coîirs du titre (par. 10, U, 12, 13,14).
La spéculation qui a pour objet la prévision des causes accidentelles s'appelle Jeu; nous l'avons étudiée suffisamment dans la première partie de cet ouvrage.
A l'égard du second principe de la variation des cours, les prévisions sont, non seulement permises, mais certaines ; les causes constantes présentent dans leurs effets un caractère de retour et de régularité admirables ; à ce nouveau point de vue, dans ce nouvel ordre d'idées , on peut toujours parier plus ou moins pour que contre, et dans telle circonstance donnée, on doit acheter plutôt que vendre, ou vendre plutôt qu'acheter.
C'est cette nouvelle étude qui forme principalement le sujet de cette seconde partie : c'est la recherche et la connaissance des lois constantes de la variation des cours que se propose la véritable Spéculation.
Cette contradiction supposée entre les deux parties, n'est que le développement logique et complet de l'ensemble d'un tout indissoluble.
69. — Le joueur ne peut opérer que sur des différences assez considérables se produisant rapidement; car s'il continuait longtemps une opération, les frais de reports et les courtages le ruineraient à eux seuls.
Le spéculateur qui garde les titres peut attendre indé-
finimeiit; loin de payer des reports et des courtages, il touclie rég'ulièrement aux échéances des intérêts qui, à la rigueur, pourraient le dédommager de la baisse du capital.
Aussi, à la Bourse, les causes accidentelles ont une importance unique; les causes constantes y sont complètement nég'ligées.
C'est que les premières présentent des différences trèsfortes eu peu de temps ; les secondes ne donnent que des différences minimes dans un temps fort éloigné.
Une simple note de deux lignes dans le Monitettr peut, en une minute, faire perdre à la Rente l'intérêt de six mois.
L'unique objet du jeu étant d'obtenir des résultats rapides en peu de temps, l'influence des causes accidentelles s'élèvera d'autant plus que la spéculation sera plus tourmentée de l'esprit du jeu; tout alors, jusqu'au moindre fait, donnera lieu à des interprétations passionnées dont l'exagération se traduira par des mouvements saccadés dans les cours, et au milieu de cette excitation, les causes constantes pourront être ou complètement nég-ligées, ou considérées comme des faits accidentels, et en vue de résultats présents qu'elles ne comportent pas. C'est le contraire qui devrait avoir lieu.
Sur la Rente, par exemple, l'intérêt étant fixe, il est facile d'apprécier l'effet de cette cause, essentiellement constante.
Cet intérêt est de 8 fr. par an; si l'intérêt est payable par semestre, la rente doit donc valoir, au moment du paiement de son coupon, 1 fr. 50 de plus, et si l'intérêt
est payable par trimestre, doit valoir U,75 cent, de plus que le lendemain de ce paiement; cette plus-value doit se faire d'une inanière continue et régulière; elle doit être de 0,25 c. d'un mois sur l'autre, et de 0,008 */,, un peu plus de Imit dixièmes de ce^itime par jour.
Parce que, dans les diverses causes de variations quelquefois très-importantes d'une bourse à la suivante, cette cause minime d'une hausse de moins de un centime n'apparaît pas se dégager distinctement, croit-on qu'elle n'en existe pas moins, et peut-elle être négligée à cause de son peu d'importance ?
Si, après n'en avoir pas tenu compte pendant longtemps, on vient tout à coup à se la rappeler la veille du coupon, en achetant sans mesure et sans raison, ne se jette-t-on pas dans l'excès contraire, en prenant pour accidentelle une cause constante et réo-ulière ?
70. — Pour celui qui ne borne pas son attention aux agitations infîmes, aux préoccupations mesquines de chaque jour, mais s'élève plus haut et cherche le résultat final de toutes choses, les causes accidentelles n'existent pas.
Il sait qu'elles doivent se détruire les unes par les autres au bout d'un certain temps.
Pour comprendre comment ces causes peuvent se détruire et disparaître, il n'est besoin que de se rappeler les résultats fournis par l'inégalité qui ressort d'une cause aussi faible que le courtage, et en général, ])ar toute inégalité, si petite qu'elle soit.
Selon que les résultats du jeu, dans une suite de ])arties, se ])ruduisent d'une ou d'autre manière, ils sont soumis à deux ordres d'influences toutes différentes ; sous l'effet des causes accidentelles, le joueur tantôt gag-ne, tantôt perd ; et comme cette succession de g*ains et de pertes se produit sans ordre apparent, une personne qui ne verrait jouer que quelques parties ne pourrait soupçonner l'inég'alité. Cependant, sous l'empire d'une cause constante, bien que très-faible, d'inégalité, la ruine arrive, d'un pas lent, mais mesuré ; sa probabilité augmente à tout instant jusqu'à devenir une certitude, parce que les pertes et les gains accidentels, finissant par se faire compensation, font ressortir de plus en plus la cause primitive et constante d'inég'alité.
Les causes constantes étant connues et exactement estimées, si on admet, ce qui n'est que probable pour un petit nombre, mais devient rigoureusement vrai, dès que l'on admet un assez grand nombre de cas, si on admet que les causes accidentelles et imprévues peuvent se produire aussi bien j;o?^r que contre, dans un sens favorable que défavorable, de sorte que l'on n'ait aucun compte à tenir de cette espèce de causes dans une longue série d'observations, on aura, dans la continuité constante des autres, une base certaine qui se dégagera de toutes les obscurités et les inconséquences supposées.
C'est ce qui, mieux que par toutes les hypothèses, va se trouver clairement exposé dans le tableau qui suit, des cours de la Rente 3 "/o au comptant, par plus haut et plus bas cours de chaque mois, depuis l'époque de sa création, en mai 1825.