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lonce fait la petitesse, non la loi des erreurs; un instrument médiocre, un observateur moins soigneux, rcmj)laceraicnl les dixièmes de seconde par des secondes, les secondes peut-rLre par des minutes; à cela près tout resterait pareil. La courhc des erreurs en s'élevant conserverait la même forme.
L'origine des erreurs est très diverse. Les unes sont fortuites, l'enchaînement en est infini; c'est tantôt l'air agité par le vent, tantôt un ébranlement du sol, un nuage qui [)asse, un ravon de soleil qui trouble l'observateur, tantôt une attention précipitée ou distraite; le hasard décide, mille causes imprévues se réunissent, ajoutent quelquefois leurs effets, quelquefois les retranchent, suspendent ou reprennent leur action : tout est incertain, tout change, sans inclination dans aucun sens.
Il n'en va pas ainsi des causes permanentes; c'est une balance mal construite, les fils d'une lunette mal placés, un mètre trop court, un chronomètre trop rapide. Les mesures prises sous de telles influences n'entourent plus la valeur exacte, mais une autre, souvent fort différente; une nouvelle série de mesures, sous l'influence permanente des mêmes causes, se groupera autour de la même moyenne.
Tout observateur soigneux étudie les erreurs constantes et les corrige sans retrancher la cause ; rien ne trompe moins qu'une balance trompeuse. Qu'importe que les bras soient inégaux, pourvu qu'on le sache? Qu'un gramme ait 999 milligrammes, un décimètre 99 millimètres, l'observation réduite conserve toute sa valeur. Toute mesure est comparable à un jeu; les erreurs possibles en plus ou en moins sont les chances de gain ou de perte; les erreurs constantes changent les règles du jeu, les erreurs fortuites laissent le jeu équitable.