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AVERTISSEMENT

DE M. 13ABINET.

Tous ceux qui, par ijrofession ou autrcmeul, sont engagés dans les sciences d'application, ont eu de fréquentes occasions de reconnaître (lue, pour rendre possible la solution de questions très-compliquées, ou pour rendre facile celle des questions qui se présentent ordinairemeiu dans la pratique, il suffit de calculer avec une exactitude consparable à la précision que comportent nos moyens d'observation. A quoi bon calculer en mètres ou même en kilométrer la distance du soleil à la terre, tandis qu'il reste encore, sur la valeur de cet élément si important du système du monde, une incertitude de plus de 5oo,ooo lieues de 4 kilomètres chaclme? A quoi bon donner avec cinq ou six décimales la densité du cristal de roche ou du diamant, tandis que deux échantillons de ces minéraux diffèrent déjà l'un de l'autre dans les centièmes? A quoi bon dans un budget de un ou deux milliards meniioimer les centimes, et dans une population de trente à quarante millions d'individus mettre les dizaines ou même les unités du chiffre total?

Quand on présente aux bons esprits ces formes de calcul abrégées, ils les trouvent tellement simples, qu'ils sont tentés de se récrier et de dire : Je savais déjà cela. D'accord; mais comme un grand nombre de possibilités Unissent par faire une impossibilité, j'ai pensé que ce dont je n'avais acipiis l'ensemble qu'au [irix d'une longue expérience pourrait èire procuré sans peine à tous ceux qui, dans les

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