‹ Caldéron (volume 2)Chapitre 17 sur 73 · LE ROI DON ALFONSE; L'INFANT DON HENRI · texte numérisé non relu

LE ROI DON ALFONSE; L'INFANT DON HENRI

Soldats.

( It est nait. ) ALFOUSR.*

Laissez sur les flots inconstant ces vaisseaux que la mer porte sur son dos blanchi par les vagues, pour épouvanter le ciel; et que chacun de mes navires, comme le cheval que les Grecs introduisirent dans Troie , jette sur ces bords tous les hommes qu'il recèle dans son sein.

JOUfLHÉE III, SGÈKË III. gS

DON HENRI

SeigBeor , tu n'as {mis y4Hilu ^e nos troupes dë- J)arqtt»sfiexit sur les rivages de Fez. Tu as préféré piveadre ce point; ioa choix a été malheureux. Une armée «ombreuse Tient de ce côté ; la rapidité de sa mardbie ébranle l'air^ et ses masses élèvent en* core les sommets de ces collines. Tarudant vient avec toutes ses troupes , conduisant de Fez à Maroc, son épouse , Theureusc princesse de Fez : le bruit des échos suffit pour t'en avertir.

A.LF0NSE.

Henri, c'est pour cela que je suis venu l'attendre dans ce passage. Ce n'est point au hasard que je me suis déterminé; la réflexion a conduit mon choix. Si j'avais débarqué à Fez, j'y aurais trouvé l'armée du roi réunie à celle que nous allons combattre, et en les attaquant séparément, il nous sera plus aisé de les vaincre. Pour qu'ils n'aient point le temps d être prévenus , fais sonner la charge.

DON UENIU.

Songe, seigneur, que cette attaque est hors de saison.

ALFONSE

Ma juste colère n'écoute aucune considération : je ne veux pas retarder d'un m(ftient le combat qui dojit venger l'honneur du Portugal. Mon bras est pour l'Afrique le fléau de la mort.

DON HENRI

Déjà la nuit, couverte de voiles, a éteint les derniers rayons du char brillant du soleil.

gif LE PRINCE CONSTAlirf .

ALFONSE

Nous combattrons dans l'obscurité. Plein de \à foi qui m'encourage , le tenïps , ni le pouvoir de l'ennemi , ne peuvent m'ébranler. Fernand! situ offres au Dieu pour qui tu souffres ^ les peines de ton martyre , la victoire est certaine : l'honneur el la gloire seront mon partage <

DON HENRI

Ta confiance t'ëgare , seigneur.

L'OMBRE DE FERNAND, derrière le théâtre.

Attaque , grand Âlfonse : Guerre ! guerre ï-

( Oa entend des trompettes. ) ALFONSE.

N'entends-tu pas des voix confuses remplir les airs ?

DON HENRL

Oui ; et parmi elles des trompettes donnaient le signal de l'attaque. :^.

ALFONSE

/ Eh bien ! attaquons^ Henri ^ Soyons^n sûrs, le / ciel nous favorise.

f ( L*oml>re de Fernand entre en manteau capitulaire , une torche à lamain. )

j L»OMBRE.

i Oui , il te favoifce. Ce ciel qui voit ta foi ^ ton j ièle, ta pie'te', défend aujourd'hui ta cause. Déli^^e- I moi de l'esclavage; pour me récompenser de l'exemj pie que j'ai donné , Dieu m'offre un temple. Il paye j ainsi ceux que j'ai élevés à sa majesté suprême. jAvec ce brillant flambeau allumé aux clartés céllestes, je marcherai toujoursdevant ta Brave armée;

JOtKNÉE IIÏ, SCÈNE IV. g5

ner , mais pour que .mon concbant joit. déluré fax ton atmtre.

DON HENRI

Je doute I Âlfonse^ de ce que je vois^

ALFONSE

Moi je crois tout ; et puisqu'il s'agit de la cause de Dieu, ne crions plus guerre! mais victoire !

(Ib sortent. )

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