SCÈNE IV
Les enTÎrons de Fez ; on voit les murs de la place^
LE ROI, SÉLIM, sur la scène, DON JUAN et BRITO , portant le cercueil de don Fernand sûr le rempart,
Barbare, réjouis-toi maintenant, d'avoir termine par ta cruauté la vie la plus innocente.
LE KOÏ.
Qui es-tu?
DON JUAN
Un homme. Dusses-tu me tuer, je ne quitterai point Fernand, et malgré ma douleur ^^^), comme le chien fidèle, je ne l'abandonnerai pas même après la mort.
LE ROL
Chrétiens, cet exemple enseignera aux âgés futurs quelle est ma justice ,* car on ne nommera point cruauté la vengeance que j'ai tirée des insultes Ikites
à ma personne royale. -Qu'Ai fo ose vienne à présent! qu'il vienne le retirer de l'esclavage ! Quelque affligé que je sois de perdre l'espe'rance de r'avoir Ceuta par cet échange, je me réjouis de voir l'infant dans ce cachot étroit d'où nul pouvoir ne l'arrajchera , de voir qu Alfonse perd l'espérance de lui rendre la liberté : la mort même ne le garantira pas de ma juste sévérité* Je veux qu'il reste ainsi honteusement exposé à la vue de tous ceux qui passent.
DON JUASf.
Tu verras bientôt ta punition. Déjà je découvre d'ici, sur la terre et sur les ondes, les bannières des chrétiens.
LE ROI, àSëlim
Montons à la tour, pour savoU* quel fondement ont ses paroles.
( Il sort avec Sëlim. ) DON JDAN
Traînant ses étendards , les tambours drapés , les mèches éteintes^ toute l'aronée porte les signes du deuil.
( L'armée portugaise entre sur la scèoe , pre'cëdëe de romlire de don l^tmuuî^ une torclic i la main, du roi don Alfonse, de rinfant don Henri; les soldats conduifent Tarudant et Fënix, prisonniers. )