‹ Caldéron (volume 2)Chapitre 41 sur 73 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Rue devant la maison de don Juau.

DON DIÈGUE, GINÈS, tous deux en habit Je

voyage.

DON DIÈGUE

Quel plaisir , Ginès , de revoir sa patrie !

GINÈS

Et surtout lorsqu'on a été au moment de ne plus la revoir.

DON DIÈGUE

A peine me suis-je vu convalescent et libre, parce qu'il n'y a point eu de plainte contre moi, que je me suis hâté de sortir de Madrid, de crainte que les parens de Léonor ne cherchassent à se venger.

GINÈS

Si la mort, même pour la première fois, est une fort mauvaise plaisanterie, que serait-ce pour la seconde? vous avez, seigneur, agi en cela trèsprudemment.

DON DIÈGUE

N'est-ce pas don Juan qui sort de sa maison ?

GINÈS

Lui-même.

DON DIÈGUE

Ginès, il me semble qu'aujourd'hui tout doit me

réussir.

Ouais! qu^l trésor avez-vous donc trouve?

DON DIÈGUE

N'est-ce pas un bonheur de savoir que, don Juan étant sorti , je pourrai entretenir Béatrix ?

GINES.

Vous vous souvenez d'elle ?

DON DIÈGDE.

Quand ai-je oublié sa beauté?

GINES.

Quand^ pour une autre que je sais bien , on vous assena sur la tête un tel fendant qu'avec le pareil vous n'auriez pas eu besoin de cliirugien.

DON DIÈGUE

On peut , absent d'auprès de sa belle ', en courtiser une autre , c'est une permission accordée à l'amant le plus fidèle.

GINÈS

Elles en font tout autant.

DON DIÈGUE

Entrons. Tu demanderas Inès, et tu lui diras que je suis arrivé.... et souviens-toi surtout....

GINÈS

De quoi ?

De ne dire à personne , et surtout chez Béatrix , l'événement qui m'est arrivé.

GINÈS

Qui , moi ! je ferais telle chose ! Je vous jure qu'elle n'en saura pas de moi ce soir, plus qu'elle n'en a su ce matin que je ne l'ai pas vue.

DON DIÈGUE

Entrons et tu appelleras.

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