‹ Caldéron (volume 2)Chapitre 49 sur 73 · DON CAJRLOS , DON JUAN · texte numérisé non relu

DON CAJRLOS , DON JUAN

DON CÂ.RLO&

JliLLE est revenue de son évanouissement?

DON JUAN

Oui , mais il aurait mieux valu pour elle cpi^elle ne reprît pas connaissance.

DON GÀRLOSv

Que voulez- vous dire ? .

DON JUÂN.

An moment où elle est revenue à elle , sa douleur ^*^) a e'të si vive, qu'il semble qu'elle ait à la fois recouvré ses sens et perdu la raison , tant elle porte à l'extrême le trouble et la confuision de ses discours.

DON CARLOS

Que dit-eUe ?

3io IL NE FAUT PAS TOUJOURS GAVER AU PIRE,

DON JUAN

Qu elle est malheureuse que vous ne veuilliez pas l'entendre.

DON CARLOS

Fatale passion qui me tourmente !

DON JUAN

Et VOUS , qu avez-vous de'terminë !

DON CARLOS

J'ai une ide'e que je ne puis communiquer , don Juan , qu'à un homme qui , amoureux comme moi , puisse excuser mon de'lire. De toutes les vaines pensées^ qui au milieu de cette confusion d'ëvënemens occupent mon esprit , savez-vous quelles sont celles qui me flattent le plus, celles que je caresse davantage , le dessein que j'aimerais le mieux exécuter?

Dites.

DON CARLOS

Je VOUS ai avoué ma folie. "Veuillez ne pas vous moquer de ma faiblesse. Dans l'état où je suis, si je pouvais parvenir à ce que don Dièguè réparât l'honneur compromis de Léonor, à ce qu'elle pût rentrer à Madrid honorée auprès de son père, ce serait la vengeance la plus douce pour moi , de combler ses vœux au moment où elle redoute mon indignation . Elle aime don Diègue, il l'aime aussi, l'aventure de cette nuit en est la preuve. Eh bien ! que puis-je perdre à cela? tout et rien. Aussi, au milieu de tant de peines , c'est le seul projet qui m'ait donné quelque consolation. Que je puisse du moins sauver

JOURNEE III, SCÈNE I. 3ii

Léonor pour elle , puisque aussi bien elle est perdue pour moi !

DON JUAN

Votre résolution est aussi honnête qu'on devait latteadre de votre cœur généreux^ et Ton voit bien combien était noble et sincàra , la passion qui vous détermine à la prendre.

DON CARLOS

Eh bien , don Juan , comment la mettrons-nous à exécution ?

DON JUAN

Je n'en sais rien. Si vous ou moi nous en parlons à don Diègue^ par cela même que nous voudrons faire ce mariage, il n'y voudra pas entendre; et, en effet, quelque vive que soit la passion d'un homme , il ne peut accepter une femme des mains de son rivaL II faut que ce soit une autre personne qui s'en mêle.

Alors ce que vous pouvez faire, c'est de dire au père de Léonor que vous la cachez chez vous, et il pourra s'arranger lui-même.

DON JUAN

J'y vois un inconvénient.

DON GARLOS.

Lequel ?

DON JUAN

La querelle déjà engagée entre don Diègue et lui ; et de plus, alors vous n'y seriez pour rien.

3i2 IL NE FAUT PAS TOUJOURS CAYER AU PIRE,

DON CARLOS

Il est vrai. Qui donc pourrait se charger de cette négociation ?

DON JOAN

Attendez ^ je sais qui ; vous allez yoir que ce chois; iiplanit toutes le3 difficultés.

DON CARLOS

Qui donc?

..Dprî JUAN.. .

Bëatrix , ma sœur , elle est femme , et ainsi le point d'honneur n'empêchera pas don Diègue d'entendre d'elle la proposition. De plus, il est de, son devoir de faire honneur et de rendre service à une dame qui est chez elle , aussitôt qu'elle la connaît pour ce qu'elle est véritablement.

. DON CARLOSu

Vous avez raiâon^

DON JUAN

Cachez-vous donc , pendant que je vais en parler i ma sœur, ,, !

DON CARLOS

Pourquoi donc?

DON JUAN

Afin que don Diègue ai ■ dwa Pèdre ue vous voient que lorsque tout sera convenu.

DON CARLOS

Moi , me cacher ! je ne le puis pas,

DON JUAN

C'est tout dérajo^er^

JOURNÉE ni, SCÈNE I. 3ia

DON CARLOS

J'y consens done^ mais à condition que personne au monde ne le saura que vous^

DON JUAN

C'est ainsi que je l'entends^

DON CARLOS

Adieu donc. Ah! Léonor ^ combien tu dois à mon amour^ qui t'a donné ^ cruelle, pour un premier outrage la vie , pour un second oiïtrage l'honneur !

(Il t*enferme.) DON JUAN seul.

Si je réussis , personne n'y gagne^pltis- que moi, puisque je me trouve quitte, de mes obligations envers liéonor, envers son père , e^y^i^^ don Diègue , et que je me suis également affranchi de ce^quçi - jç devrais faire pour Carlos. Aussi vais-je employer tous mes efforts pour mener à bien une affaire d^^çh jdépendant mon honneur et ma tr^ncruiliité. Béatri? Vient elle-même. ^

(Béatrix entre.)

BÉATRIX

vBon Carlos est-il là ? ^ ' j /: .

' ■ DON JUAIÏ. ' '■ ' . "*' '

Non , ma soîur, . '

•- ' '■' ■ "béatrîx;' " / -^ '■'■ ' '

C'était lui"què|e renkis cherchyi^ dàiys tdii àppar^ tement. - . ;- . ; ,::. j • ,^ .

DON JUAN

Lorsque Léonor s'évanouit, je. 1-ay^is laissé ici , et à mon retour je ne l'ai plus trouvé, (j^^juirt. ) Béatrix elle-même doit ignorer qu'il se cache.

3i4 IL NE FAUT PAS TOUJOURS GAVER AU PIRE,

BÊATRIX.

Sans doute sa valeur Faura entraîné sur les pas de don Diègue.

DON JDAN.

Ne sachant où le rencontrer, je n'ai pu le suivre. Mais toi, que lui voulais-tu?

BÉATRIX

Lui dire , don Juan , que, si ce n'e'tait pas comme amant , que comme cavalier du moins il prit quelque pitié de sa dame.

DON JOAN

Que dit-elle ?

BÉATRIX

Que pourvu qu'elle puisse lui parler , elle sera consolée.

DON JUAN

Il n'y est pas, et, puisque nous sommes seuls, il faut que je te parle d'un projet que je veux , ma sœur , fier à ta prudence.

BÉATBIX.

Il sera fort heureux que tu veuilles bien confier quelque chose à une personne dont tu avais si bonne opinion, que c'est à cause des soupçons que tu avais sur elle, que tu entras hier d'une manière si brusque dans son appartement. Comment peux-tu réunir ainsi la confiance et la méfiance ?

DON JDAN.

Tu sais assez quelle est mon estime pour toi ; aussi je ne m'inquiète pas beaucoup de ces reproches; mais enfin, toi seule, Béatrix, peux nous

JOURNÉE III, SCÈNE I. 3i5

délivrer tous des pe'rils qui menacent la vie de don Diègue, de don Girlos, et la mienne aussi , puisqu'il faut que je me trouve dans leur querelle.

BÉATRIX

Qu'aurais-je à faire ?

DON JUAN

Écoute, je vais te l'apprendre. Je sais qui est Léonor , et , à cause de sa maison , je veux protéger son honneur et sa gloire ; m^iis si je tente de traiter moi-même cette affiiireavec don Diègue, je ne sais ce qu'il répondra; et si je lui en parle, mon honneur est engagé à l'obtenir. C'est pour cela , Béatrix , que tu dois te charger de ce soin. Il est donné aux femmes de proposer, de négocier ces choses avec plus de douceur , des formes plus agréables que celles que nous pouvons y mettre; et d'ailleurs , cette dame étant chez toî , ton frère et ton. cousin étant enveloppés dans le danger commun, ce sont des raisons très-suffisantes pour que tu fasses appeler....

- LÉATRIX.

Qui donc?

DON JUAN

Don Diègue ; et que tu lui donnes^ à entendre combien tu as dû être offensée qu'il ait manqué au respect* dû à la maison que tu habites; que tu lui représentes à combien de périls il est exposé par cette dame ; qu'il fera bien de les prévenir , et qu'en l'épousant il nous laisse tous satisfaits : et .tout cela doit être dit comme venant de toi seule, et sans qu'il paraisse le moins du monde que nous l'en prions.

3i6 IL NE FAUT PAS TOUJOURS CAVER AU PIRE,

Tu as très-bien pensé , mon frère ; je ferai ce que tu désires.

DON JUAN

Je vais voir si je trouve don Carlos. Pour toi , si si tu rentres dans ton appartement^ ferme celui-ci.

( Il loru ) BÉATRIX, à don Juan.

Je le fermerai. ( Seule. ) A quel sort suis-je réservée , que je doive être moi-même chargée de traiter ce qui me met au désespoir et me fera mourir de jalousie? Que devenir? Allons , profitons de cette occasion pour tout savoir; et puisque celui qui poursuivait hier don Diègue lui ouvre aujourd'hui l'entrée de sa maison, sachons ce qu'il répondra; sortons enfin de ce labyrinthe, de cet abîme d'illusions^ de contradictions et de peines. Inès?

( LéoDor entre. )

LÉONOR

Que désirez-vous?

BÉATRIX

C'est vous, Léonor, qui venez?

LÉONOR

Vous appeliez une de vos femmes , il était naturel que je m'empressasse d'accourir.

( Don Carlos se montre à la porte, )

DON CARLOS, àpart.

> J'ai entendu la voix de Léonor ; que je la voie au moins rétablie de ce fâcheux accident !

JOURNÉE III, SCÈNE ï. Si^

BËATBIX.

Hier, ignorant qui vous étiez, Léonor, je vous traitais comme une de mes domestiques : mieux instruite aujourd'hui, je sais mieux vous placer; vous êtes mon amie; (àpart)']e dirais mieux, ma plus cruelle ennemie.

LÉONOR

Si je cesse, mademoiselle, de porter le titre de votre servante, l'honneur que je gagnerai ne pourra me de'dommager du bien que je perds. Je suis à jamais votre esclave; et, je vous en prie, si celle qui a causé sans le savoir, tant de trouble dans votre maison, a mérité vos bontés, traitez-moi comme vous l'avez fait jusqu'à présent.

BÉATRIX

Comment le pourrai-je, au moment où, pour m'acquitter de ce que je dois à votre noblesse, et mériter le bonheur que j'ai eu de vous recevoir chez moi, je m'occupe de vous marier?

LÉONOR

Que le ciel vous accorde une éternité de vie! Mais vous ne pourrez réussir, Carlos ne voudra pas; il est si jaloux !

BÉATRIX

Je ne parle pas de Carlos.

LÉONOR

De qui donc ? •

BÉATRIX

De don Diègue.

3i8 IL NE FAUT PAS TOUJOURS GAVER AU PIRE,

LÉONOR

Ne vous engagez pas à traiter cette union. Je me donnerais la mort plutôt que de lui donner ma main.

BÉATRIX

Vous n'avez donc jamais aime' don Diègue ?

LÉONOF.

Un aspic foulé au milieu des fleurs, une vipère blessée dans les champs , une tigresse irritée au milieu des forêts, me sont moins odieux que lui.

BÉATRIX

Doucement, doucement, (ji part. ) Je veux bien qu'elle le dédaigne , mais non pas k ce point.

DON CARLOS, àpart.

La traîtresse sans doute m'a aperçu, puisqu'elle parle ainsi.

BÉATRIX

Je pensais que mes soins vous seraient agréables ; et je n'avais pas cru que celui qui a été pour vous à* la mort dans Madrid, qui est venu vous rejoindre à Valence, pût être ainsi détesté.

LÉONOR

Si vous saviez combien sa recherche m'offense !

Je le saurai bientôt , pour que nous sortions de cet abime de confusion, lui, vous, moi, mon jfrère , et Carlos.

(Elle sort.) DON CARLOS, toujours à part.

Beatrix est sortie, et Léonor est restée seule.

Ah, ciel! elle pleure ; mais , qu'importe. Je vois bien quelle verse des larmes, mais je ne vois pas pour qui elles coulent.

LÉONOR («»)

Je suis seule en ce séjour :

, DON CARLOS

Fol amour!

LÉ ON OR

Personne n'entend ma plainte ;

DON CARLOS

Dure crainte !

LÉONOR

Ne répond à ma douleur.

DON CARLOS

malheur !

Qui me dira , Carlos , pourquoi ton cœur Aime à nourrir un soupçon qui me tue ?

DON CARLOS

Lui , si sa voix n'était pas retenue

Par son amour, la crainte et le malheur.

LÉONOR

Pur, ainsi qu'un beau matin ,

DON CARLOS

Quel destin !

LÉONOR

Mon cœur peut s'offrir sans voile ^

DON CARLOS

Triste étoile !

3ao tL NE FAUT PAS TOUJOURS f AVER AU PIRE ,

LÉONOR

Je n'eus jamais aucun tort.

DON CARLOS

Giiel sort !

LÉONOR

Et pourquoi donc , méchant , veux-tu la mort De celle à qui tu consacrais ta vie ?

Sans quelque cause , on n'est pas poursuivie Par le destin , son étoile et le sort. #

LÉONOR

Dieu j qui vois mes tourmens y '

DON CARLOS

Faux sermens I

LÉONOR

Le désespoir, qui me ronge ,

DON CARLOS

Cest mensonge.

LÉONOR

Et qui trouble ma raison ;

DON CARLOS

Trahison !

LÉONOR

Pour dissiper un si cruel soupçon ,

Fais que Carlos, dans mon cœur puisse lire !

DON CAîRLOS.

Non , il ne voit dans ce que tu peux dire Que faux sermens , mensonge et trahison.

Sans doute les cieux sont aujourd'hui conjurés contre moi, puisqu'il m'est impossible de me persuader qu'elle ne sache pas que j'entends tout ce qu'elle dit. Mais qu'importe ? l'homme n'est pas comme une pièce de monnaie ; qu'il soit de bon ou de mauvais aloi , le son qu'il rend est toujours le même. Aussi ce n'est pas tout de l'entendre , il faut encore l'examiner.

^ LÉONOR

Ah! Carlos, si tu m'entendais!

DON CARLOS

Ah! Léonor 9 si.... Maiis on frappe à la porte, je vais refermer la mienne.

LÉONOR

Que lors même que je lui parle sans le voir on vienne me troubler! Je vais savoir qui c'est, afin de pouvoir rester seule un moment de plus. Qui est là?

( Elle ouvre la porte. Don Pèdre entre. )

DON PÈDRE

Le seigneur don Juan est-il chez lui ? Mais que vois-je ?

LÉONOR

Il vient de sortir... ciel ! mon père !

DON PÈDRE

C'est elle ! grand Dieu !

( Il la suit. Léonor se réfugie vers la porte du cabinet qui s'ourre.)

DON CARLOS, sans sortir. '

Ne crains rien^ Léonor, tu trouveras un asile dans mes bras.

TOM. II. Caldéron, 21

DON PÊDhE.

Elle a referme la porte sur elle. Mais il n'importe ; lorsque je défends mon honneur , je puis affronter le monde entier et briser tous les obstacles. Mettons en morceaux cette porte, en attendant que je fasse e'prouver le même sort à cette malheureuse.

( Béatrix accourt. )

BÉATRIX

Des coups , des cris dans cette chambre ? Qu'est ceci?

DON PÈDRE

C'est une fureur , une colère , un désespoir , une horreur; c'est la foudre qui consumera tout ce qui voudrait s'opposera sa rage.

BÉATRIX

D'où vous vient cette audace chez moi ? Quel sujet a pu vous autoriser à de pareils excès?

DON PÈDRE

Une infâme qui se cache dans ce cabinet.

BEATRIX

Un moment! Est-ce Léonor?

DON PÈDRE

Et quelle autre pourrait me porter à de telles extrémités?

BÉATRIX. à part.

Il ne nous manquait plus^ après don Carlos et don Diègue, qu'un troisième amant, et de cet âge encore. ( Haut, ) Quelque raison que vous puissiez avoir et que je ne devine pas, quelque offense qui vous

engage à la chercher ^ comment ayez-vous la témérité d'entrer ici?

DON PÈDRE

J'ai le droit de faire tout ce que je fais et plus encore ; ainsi, pardonnez , madame , si je n'ai pas plus d'égîEirds pour ifous.

BRATBIX.

Vous TOUS trompez étrangement si vous croyez qu'il ne se trouvera pas dans cette maison , des personnes qui....

( Don Juan entre )

DON JUAN

Qu'est ceci ?

BÉATRIX

Ce vieux cavalier vient aussi chercher Léonor , et s'est mis en tête de briser les portes chez nous.

DON JUAN

Doucement^ doucement^ Béatrix^ le seigneur don Pèdre ne t'a point offensée. Il ne s'est point mépris; il est le maître dans cette maison, et nous sommes tous disposés à lui obéir.

DON PÈDRE

Seigneur don Juan , trêve de complimens inutitiles. Je ne suis ni ne veux être le maître chez vous ; je suis un étranger qui , lorsque je me suis fié à vous, lorsque je viens vous voir et vous parler, trouve chez vous ma fille qui s'est enfermée dans cette pièce. Ouvrez-la , ou je le ferai moi-même en jetant la porte en dedans.

BÉATRIX

C'est son père !

y^ILJŒ FAUT PAS TOC JOCRS CA VER AU PIEE ,

DOS JUA5, à f«v«.

Comment me tirer d'ici ? Il Ta rae , que lui dire ?

D07 PEDRE.

Qui TOUS arrête? Dëcidez-Tous.

D05 JCA9.

Pîe soyez pas étonné si la surprise m*a em|>êchë de TOUS répondre. ( jf part. ) Je serai heureux si je puis m'en tirer à mon honneur. {Haut. ) Certes, don Pèdre, tous me témoignez d'une singulière manière TOtre reconnaissance de mes soins! Hier^ TOUS m'intruisites de tos malheurs, et je me chargeai de faire mes efibrts pour y porter remède. J'ai d'abord cherché Léonor, et je l'ai conduite chez ma sœur y auprès de qui tous FaTCz trouTee. J'espère encore que tout tournera à TOtre satisfaction , de sorte que tous puissiez rcTcnir content et honoré dans TOtre patrie. Cependant si ma conduite tous déplaît , TOUS n'aTCz qu'à dire , je cesserai de m'en mêler.

DON PÈDRE

Souffrez, don Juan, que j'embrasse tos genoux, et pardonnez si la colère, qui m'a saisi en la Toyant, m^a ôté l'usage de la raison; Un malheureux ne peut conserTcr de bon sens lorsqu'il s'agit de ce qui l'afflige. Ma passion m'a entraîné; mais à tos pieds maintenant, je remets tout à Totre disposition.

don JDAN.

Que faites-TOus, seigneur, Ictcz-vous?

don PEDRE, àBéatrix.

' Et TOUS, mademoiselle, pardonnez- le trouble que je tous ai causé. Je suis noble , je suis offense.

EÉATRIX.

Si j'avais su qui vous étes^ seigneur^ j'aurais pris d'autres moyens pour vous calmer.

DON JUAN, àBtfatric.

As-tu fait appeler don Dîègue ?

BÉATRIX, àdonJiMB.

Oui , Inès vient d'y aller.

DON JUAN

Veuillez, don Pèdre, venir avec moi. Nous devons faire ensemble une démarche que je crois importante. Leonor est avec Bëatrix, vous pouvez être tranquille.

BEATRIX

Je me charge de vous rendre compte d'elle.

DON P£DRE

Il me suffît qu'elle soit auprès de vous. ciel! fais que je voie mon honneur rétabli, et vienne ensuite la mort quand elle voudra !

DON JUAN, àBëatrix.

Je ne sais où le conduire ; parle cependant à don Diègue , et songe que de ta réussite dépend mon bonheur.

( Ilf sortent. ) BÉATRIX.

Et mon infortune. Léonor, ouvrez, je suis seule.^

LÉ O N O R , en entrant..

Sous cette garantie, je sors.

DQN CARLOS, à Le'onor , sans sortir.

Ne dis pas à Béatrix que je suis ici.

LÉONOR

Il suffit.

BSATRIX.

Vous avez échappé à un grand danger.

Page 1