LÉ050R
Ce cabinet a ëte mon salut.
BÉATRIX
Vous avez été bien heureuse qu'il ait été ouvert , jamais mon frère n y laisse la clef.
LÉONOR
Je puis bien dire que j y ai trouvé ma vie et mon bonheui*. ( ^ part. ) Carlos y est.
BÉâTRIX,
Léonor, puisque votre père est encore venu augmenter par sa présence les embarras où nous nous trouvions, comme si nous n'en avions pas assez , je mettrai plus de soins encore à l'afTaire dont je vous ai parlé.
LÉOKOR.
Et ce que je vous disais tout à l'heure, je vous le répéterai à présent, avec plus de motifs encore.
BÉATRIX
C'est entêtement de votre part.
LÉONOR
Qu'est-ce de la vôtre ?
BÉATRIX
Laissons cela. Veuillez passer dans ma chambre et fermer celle-ci .
LÉONOR
Je vous suis à Tinstant.
BÉATRIX, à part.
Ah! don Diègue, avec quelle crainte j'attends ta visite !
( EUe sort. ) LÉONOR.
Carlos, puisque j'ai cette occasion de te parler un moment , écoute-moi .
* DON CARLOS
Lëonor, si le hasard même me fournit des occasions de t'obliger ; si nous nous trouvons toujours, toi pour m'ofFenser, moi pour te secourir, que me veux-tu encore ? Laisse-moi jusqu'à ce qu'il vienne quelque autre circonstance où tu puisses me faire un nouvel outrage, et moi te donner de nouveau la vie.
LÉONOR
Jamais je ne t'offens^^; mais si tu veux sauver encore ma vie , j'ai recours à toi.
DON CARLOS
Que dis-tu?
LÉONOR
Be'atrix veut me donner la mort. Elle pre'tend me marier avec don Diè^e ; si , plein de courage et de générosité , c'est toujours toi qui dois garantir mon existence , protége-moi encore; parle à ta cousine.
DON CARLOS
Moi, l'en détourner ! Lorsque-c'^st moi qui ai projeté cet hymen , c'est à moi que vous demandez du* secours contre mes projets ?