‹ Caldéron (volume 3)Chapitre 17 sur 79 · CLARA ET EUGÉNIE · texte numérisé non relu

CLARA ET EUGÉNIE

l^t-il possible ? ciel !

En vérité , monsieur mon neveu y quel que fût le sujet de votre courroux, c'est passer les bornes. Traiter de la sorte une personne au service de mes

filles !

DON TORRIBIO

Vive Dieu î c'est moi

DON A.LONZE.

Taisez-vous • '

DON TORRIBIO

Qui dois me plaindre.

DON ALONZE

n suffit. Donnez-moi^ donnez-moi ce billet} je veux voir pour quel sujet il s'est porté à ces extrémités.

EUGÉNIE, à part.

Ah ! mon Dieu ! s'il était de quelqu'un des deux absens ?

CLARA, i Eugénie.

Fasse le ciel que ce ne soit pas quelque chose de relatif à tes folies !

DON ALONZE, Usant.

a Mes chères nièces , j'ai à votre disposition un » balcon , d'où vous pourrez voir l'entrée de la reine , » notre souveraine. Ma voiture va pour vous pren- » dre. J'espère que mon cousin permettra... » Ci don Torribio.) C'est à présent que je puis , avec juste raison , m'offenser de ^os soupçons. (-^ Clara et Eugé" nie.) Par ce billet', mes chères filles , ma cousine Violante vous engage à aller voir la superbe entrée de notre reine , que puisse le ciel nous conserver longtemps! (^A Torribio.) Tenez, tenez, lisez-le vousmême ; voyez quelle sottise, quelle imprudence est la vôtre. Je veux que vous le lisiez avant qu'elles sortent.

DON TORRIBIO prend le papier.

n dit ainsi : (( Mes chères nièces ; j'ai à votre dis-

JOURNÉE m, SCÈNE I. lai

>• position » Définitivement, mon oncle, elles

ne doivent sortir que quand je l'aurai lu%i

DON ALONZE

Pas auparavant.

DON TOII^IBIO.

Cela étant ainsi , je croîs bien qu elles n'iront pas de deux ans...

DON ALONZE

Pourquoi ?

DON TORRIBIO

Parce que je ne sais pas lire l'écriture de main , et qu'il me faudra bien deux ans pour l'apprendre.

DON ALONZE

Votre ignorance peut-elle arriver à ce point !

Voyez-moi un peu le grand mal! Combien de gens qui ne savent pas lire et qui savent tout le reste? Demeurez à la maison jusqu'à ce que j'aie tppris , vous irez ensuite voir l'entrée de la reine.

DON ALONZE

Ce serait difficile. Elle entre ce soir.

DON TORRIBIO

L Que la reine attende que je sache lire.

DON ALONZE

Mes enfans , on ne se trouve qu'une fois dans sa

^cà des fêtes comme celle-là. Je veux que vous les

Voyiez. Mettez vite vos manteaux, et allez, "que don

Torribio le veuille ou ne le veuille pas. Poui* moi ,

1^ mes douleurs me retiennent à la maison ; et il me

iM GARDEZ-VOUS DE L'EAU QUI DORT, suffira d'en apprendre plus tard les détails de votre bouche* J^

GLÂRÂ.

JTobéis à vos ordres.

EUGENIE.

Si TOUS vouliez me le permettre, mon père, je resterais avec vous.

DON ALONZE

Non f mes enfans ; je veux que vous y alliez toutes, les deux.

BRIGITTE

Vous avez là vos manteaux.

CLARA., àMftrieNugne.

Arrange le mien. Ç^as.) Prends, et fais ce que je t'ai dit.

( Elle lai doBii« une lettre^ EUGÉNIE, AparU

•Taurais voulu ne pas sortir pour ne rencontreir* aucun de ces deux importuns.

( Elle lort ftTec Brigitte. ) CLARA, à part.

Je suis enchantée de sortir ; peut-être verrai-jç ce cavalier.

MARIE NUGNE.

Soyez tranquille, et fiez^vous à moi?

(Clara sort , et ensuite don Alonce et Marie Nugne. ) DON TORRIBIO seul.

Malgré le désagrément que j'ai eu , je suis bien aise de rester seul dans la maison , pour éclaircir à mon aise le cruel soupçon qui me consume de jalousie

(Il sort.)

J0trR5Ï[E ni, SCÈNE U.' 133

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