CLARA ET EUGÉNIE
l^t-il possible ? ciel !
En vérité , monsieur mon neveu y quel que fût le sujet de votre courroux, c'est passer les bornes. Traiter de la sorte une personne au service de mes
filles !
DON TORRIBIO
Vive Dieu î c'est moi
DON A.LONZE.
Taisez-vous • '
DON TORRIBIO
Qui dois me plaindre.
DON ALONZE
n suffit. Donnez-moi^ donnez-moi ce billet} je veux voir pour quel sujet il s'est porté à ces extrémités.
EUGÉNIE, à part.
Ah ! mon Dieu ! s'il était de quelqu'un des deux absens ?
CLARA, i Eugénie.
Fasse le ciel que ce ne soit pas quelque chose de relatif à tes folies !
DON ALONZE, Usant.
a Mes chères nièces , j'ai à votre disposition un » balcon , d'où vous pourrez voir l'entrée de la reine , » notre souveraine. Ma voiture va pour vous pren- » dre. J'espère que mon cousin permettra... » Ci don Torribio.) C'est à présent que je puis , avec juste raison , m'offenser de ^os soupçons. (-^ Clara et Eugé" nie.) Par ce billet', mes chères filles , ma cousine Violante vous engage à aller voir la superbe entrée de notre reine , que puisse le ciel nous conserver longtemps! (^A Torribio.) Tenez, tenez, lisez-le vousmême ; voyez quelle sottise, quelle imprudence est la vôtre. Je veux que vous le lisiez avant qu'elles sortent.
DON TORRIBIO prend le papier.
n dit ainsi : (( Mes chères nièces ; j'ai à votre dis-
JOURNÉE m, SCÈNE I. lai
>• position » Définitivement, mon oncle, elles
ne doivent sortir que quand je l'aurai lu%i
DON ALONZE
Pas auparavant.
DON TOII^IBIO.
Cela étant ainsi , je croîs bien qu elles n'iront pas de deux ans...
DON ALONZE
Pourquoi ?
DON TORRIBIO
Parce que je ne sais pas lire l'écriture de main , et qu'il me faudra bien deux ans pour l'apprendre.
DON ALONZE
Votre ignorance peut-elle arriver à ce point !
Voyez-moi un peu le grand mal! Combien de gens qui ne savent pas lire et qui savent tout le reste? Demeurez à la maison jusqu'à ce que j'aie tppris , vous irez ensuite voir l'entrée de la reine.
DON ALONZE
Ce serait difficile. Elle entre ce soir.
DON TORRIBIO
L Que la reine attende que je sache lire.
DON ALONZE
Mes enfans , on ne se trouve qu'une fois dans sa
^cà des fêtes comme celle-là. Je veux que vous les
Voyiez. Mettez vite vos manteaux, et allez, "que don
Torribio le veuille ou ne le veuille pas. Poui* moi ,
1^ mes douleurs me retiennent à la maison ; et il me
iM GARDEZ-VOUS DE L'EAU QUI DORT, suffira d'en apprendre plus tard les détails de votre bouche* J^
GLÂRÂ.
JTobéis à vos ordres.
EUGENIE.
Si TOUS vouliez me le permettre, mon père, je resterais avec vous.
DON ALONZE
Non f mes enfans ; je veux que vous y alliez toutes, les deux.
BRIGITTE
Vous avez là vos manteaux.
CLARA., àMftrieNugne.
Arrange le mien. Ç^as.) Prends, et fais ce que je t'ai dit.
( Elle lai doBii« une lettre^ EUGÉNIE, AparU
•Taurais voulu ne pas sortir pour ne rencontreir* aucun de ces deux importuns.
( Elle lort ftTec Brigitte. ) CLARA, à part.
Je suis enchantée de sortir ; peut-être verrai-jç ce cavalier.
MARIE NUGNE.
Soyez tranquille, et fiez^vous à moi?
(Clara sort , et ensuite don Alonce et Marie Nugne. ) DON TORRIBIO seul.
Malgré le désagrément que j'ai eu , je suis bien aise de rester seul dans la maison , pour éclaircir à mon aise le cruel soupçon qui me consume de jalousie
(Il sort.)
J0trR5Ï[E ni, SCÈNE U.' 133