‹ Caldéron (volume 3)Chapitre 21 sur 79 · DON ALONZE, DON TORRIBIO · texte numérisé non relu

DON ALONZE, DON TORRIBIO

DON TORRIfilO.

Ah ! si je Yous parlais ^ mon oncle !

DON ALON^B.

' Qu'est-ce donc? D'où vient cet air sombre? ^

DON TORRIBIO

fai de bonnes raisons pour l'avoir.

i34 GARDEZ-VOUS DE L'EAU QUI DO&T ,

Parlez.

DOH TORRIBIO.

Ecoutez-moi bien. Lorsque j'allais acheter du Jene-sais-quoi ^ et que tous me ramenâtes en me disant que c'était une plaisanterie de ma cousine qui s'était servie de ce mot sans intention de m'offenser, nous entendîmes en revenant à la maison , Clara criant qu'elle avait vu entrer un homme.

DON ALONZE

Cest vrai , mais malgré tous nos efibrts nous ne pûmes le trouver.

DON TORRIBIO

Eh bien! tout mon chagrin, toute ma peine , toute mon affliction , viennent de cette recherche. C'est de là que date ma jalousie.

DON ALONZE

Vous jaloux ? et quel motif. . .

DON TORRIBIO

La voix me manque^ mes lèvres tremblent, ma respiration s'arrête. Comme j'examinais tout avec soin , j'ai vu, grands dieux! j'ai vu derrière le lit d'Eugénie....

DON ALONZE

ciel, secourez-moi!

DON TORRIBIO

J'ai vu.... comme j'ai Thonneur de vous le dire...

DON ALONZE

L'homme ?

Ah ! c'est une autre affaire : si je l'avais vu, il est

bien clair qu il serait mort ; mais j'en ai eu assez ei^i iécouvrant...

DON -ILONZE-

Achevez.

DON TORRISIO.

Un fort indice, une preuve claire qu'il entre et ju'il sort de cet appartement à des heures indues.

DON ALONZJS.

Prenez garde, mon neveu; que ce ne soit pas quelque fausse apparence qui vous, conduise à penser

DOW TORRIBIO

■ Comment,, de fausses apparences ? Je l'ai vu j c'est aussi clair que cinq et cinq font dix, et dix font vingt.

DON ALONZE

Mais enfin, qu'avez-vous trouve?

DON TORRIBIO

Une échelle qu'Eugénie tenait cachée..

DON ALONZE

Une échelle cachée l

Et de beaucoup d'échelons ! bien attachée avec des cordes et du fer.

DON ALONZE

Vive Dieu ! si c'était vrai, je...

DON TORRIBIO

Si c'était vrai! C'est seulement pour que vous puissiez vous en assurer que je vous ai conduit ici,

i36 GARDEZ-VOUS DE L'EAU QUI DORT, penda&t que personne n'est chez elle. Attendez un moment ,et vous allez voir.

(H sort.) DON ALONZE.

Ce n'était pas sans raison que je voulais éloigner £ugénie de Madrid ; mais ma précaution a été vaipe. Si Torribio a ide tels soupçons , il ne voudra pas s'unir à elle.

( Don Torriliio rentre avec un panier.)

DON TORRIBIO

Le voyez- vous avec tous ses noeuds , ses cordes | ses attaches?

DON ÂLONZE.

Sot; ignorant, eztravi^nt, <^est ce que vous appelez une échelle ?

DON TORRIBIO

Et si bien échjelle^ que si on l'arrange adrpites^ent elle est assez haute pour monter à la tour de Babel; mais c'est à faire à eux qui savent la disposer; pour moi je ne le sais pas.

Vive Dieu ! je ne sais comment je puis me conte* nir, et ne pas vous dire mille injures? Ne voyezvous pas que c'est un garde-enfant ^^'^ et non pas une échelle ?

* . DON TORRIBIO

Un garde quoi ?

DON ALONZE

Un garde-enfant.

DON TORRIBIO

En voici bien d'un autre : et quel en£ànt a donc ma cousine , qu'il lui faille le garder ?

JOOft^JÉE {H, SGÈNf; UI. i37

DON ALONZE

Vous me feriez perdre l'esprit avec vos extravagances. Que personne ne satche rien de ceci ; re- >qrt!^ Cjejtte parure pin yo:^^ IV^jçe trp^y^e , ejt seuvelez-vous^ imbécile, que vous .«m'^v^z dej'pldjgatio^ »i je ne vous accable pas d'injures.

(Il sort.) DON TOaRipiO , seul.

Sois escaladé mille fois, cher garde-enfant de ma cousine , qui que tu sois ou que tu puisses être ! on QQiA jolifUiB^t traîjbé pour tpi. f^ i^uiç ui^ sot^ pn im^ bécile ; e^ çe\^ , à jS^t^ ^ tPÎ .: mais , morbleu ! jusqu'à ce que je sache en quoi tu sers à Eugénie, je ne sdl*ai pas un moment tranquille.

'(On crie derrière la scène/ Jrrétez ' arrêtes!) DON ALONZE, derrière la scène.

Mes filles arrivent ; portez (jLe la lu^iière chez elles.

(Marie Nugne entre avec des lamheaox.) MARIE HDGNE.

Eh ! mon Dieu , il y a du monde. Qui est ià?

DON TORRIBIO

Ce n'est rien , c'est moi.

MARIE flCGNE.

Et que faitesrvous là av^c ce garde-enlant ?

DON TORRIBLO.

Ah ! si tu veux le savoir , je piensa^ k 46S cW)$es« . •

H ARIE NUÇNE.

Vous pouvez y penser ailleurs, haisseï cela , et

i38 GARDEZ-VOUS DE L'EAU QUI DORT, partez. Il ne faut pas que ces dames vous trouYCnt ici , et elles arrivent.

DON TORRIBIO

De la douceur! Ne m'oblige pas à me venger du coup de poing de tantôt.

MARIE NUGWE.

Vous ferez mieux de prendre garde de ne pas en recevoir un second.

DON TORRIBIO, lui denoMit an coup de poing.

Je jparie qu'il ne vaudra pas mieux que celui-ci. Âhie ! on me tue ! o)i m'assomme! au secours !

DON ALONZE

Qu'est ceci ?

CLARA

Qui appelle ?

EUGÉNIE

Quel est ce bruit ?

DON TORRIBÏO.

Madame Marie Nugne , ma respectable duègne, parce que je lui ai souhaité une bonne nuit, s'est impatientée , et dans sa colère elle a mis la maifl sur moi.

MARIE NDGNE.

U m'a dit bien autre chose. Il me faisait des pr positions que je pe puis pas répéter, me disant qu ne voulait pas de dame à garde-enfant; et poui preuve , voyez celui qu'il porte , et sur lequel faisait mille sottes plaisanteries.

DON TORRIBIO

A-t-on jamais entendu calomnie pareille?

MARIE NUONË, àTorribio.

A trompeur ; trompeur et demi ^"^

/ DON ALONZE, àTorribio.

Songez à empêcher qu'aucune des deux n'apprenne rien de tout cela; car votre simplicité', Totre ignorance, ou plutôt votre folie, me fatiguent à tel point... (Haut.) Mais parlons de choses plus intéressantes. Gomment vous trouvez -vous de la fête?

EUGÉNIE

Comme des personnes qui viennent d'admirer la pompe la plus grande dont l'Espagne ait ëtë témoin depuis qu'elle est la première des monarchies, (jé fart.) Ah ! si cette fête pouvait me faire oublier la riyalité de ces deux étourdis ^^^^ !

CLARA, àMarieNugne.

Plie mon manteau. (Bas.) L'as-tu vu?

MARÏE NUGNE.bas.

Oui ; je ne doute pas qu'il ne vienne.

CLARA

Va lui ouvrir.

MARIE NUGNE.

Mais vous êtes tous ici.

CLAIIA.

Cest pour cela j profite du moment.

(Marie Nugne sort.) DON ALONZE.

Vous me raconterez demain ce que vous avez vu ; et le plaisir de vous entendre nie fera oublier le regret que j'ai eu de ne pas y assister*

i4o GARBEZ-VOUS DE L'EAiO QUI DORT,

DOS TORRUIO. f

Pour moi ^ je n^ ai pas le moindre r^^t.

DOIÏ AL05ZE.

Pourquoi cela ?

pom 70iijRi3io.

Parce que j'ai tu «Les fêtes ttoi^t ft^i^i Mli^i ^ elles ne ie sont davanta^.

DON AL05ZB.

Où donc?

DON TORRIBIO

A Cangas de Tinëp ^ lorsque les paroisses de vallée se réunissent pour accompa^er les j xpariés qui vont s'établir dans un autre Tillage Toit là de si jolies dames , on y entend de si j chansons ^^^ , que ce sont des fêtes eharmafités; voudrais me souvenir d'un seul de ces airs , il s pour dissiper les chagrias las pliis. . .

DON ÀI^'O^ZE.

Un peu de bon sens^ mo^ newfm. A4ieu^ filles ; Brigitte , éclaire-moi ; il est temps de me tirer.

(Il sort arec Brigitte.) CLARA, rTomMo.

Pourquoi ne vous retiriSZr^Yoas pas aiissi ?

DON TORRIBIO

Parce que j'ai un spuci qui pie W^rn^iite*

Qu'est-ce donc ? '

DON TORRI3IO.

Je n'ai pas soupe ^ et d'aille^rs j'ai ^nxe ^utreftf^ sée qui me fera tourner la tête.

JOfJRWÉE m, SCÈNE III. 141

CLAjRÂ:

Quelle est-elle ?

DON TOUHIBIO.

Vous m'avez dit que vous pouviez vous venger de moi d'une manière plus fâcheuse.

CLARA

Sans doute.

DON TORRIBIO

Voyons , dites-moi de quoi il s'agit.

CLARA

Ces/l qu'Eugénie. . . (^ part.) Il faut que je nof'assuj^e de hiii (Maui.) dette Eugénie que voufe aimez tant^ elle cfli favorise un autre.

DON TORRIBIO

Se petrt-il?

"^ CLARA

Et VOUS pouvez vous en convaincre aisément.

DON TORRISfIO.

Âh ! si mes aïeux voyaient cela !

CLARA

Restez un moment sur le balcon ; vous entendrez la conversation qu'elle va avoir avec un homme , à travers la grille de sa croisée.

(Elle outre lé ImJcob. ) DON TORRIBia

Certainement ^ yd resterai sur le balcon ; et si la doiilëur me le permet, je ne pousserai pas même un soiq>if^.

. (Clara renferme sof lé bàlcôh ( '*. > GLARA^ à part.

Celui-là ne nie troublera point : il va passer toute

la nuit à la belle étoile. Il serait bon de tromper

aussi Eugénie. {Haut,) Ma sœur I

Que me veux-tu ?

CLARA

T'avertir du malheur qui tç menace.

EUGÉNIE

Qu'ai-je donc à craindre ?

Je ne sais^ mais mon père a des soupçons violens. Marie Nugne m'a conté que tes deux amans ayant eu une dispute à la porte de notre maison ^ il a été trèsalarmé. Je crois qu'il ne voudra pas se coucher. Au nom de Dieu, si tu as quelque chose à craindre, disle-moi , pour que je t'aide comme doit le faire une sœur. ^

EUGÉNIE

N'as-tu pas vu que je les ai congédiés tou» les deux, l'un de la fenêtre, l'autre de la voiture? Il ne m'en est rien resté , pas même le souvenir de leurs plaintes. Que pouvais-je faire de plus ? et à présent comment dois-je me conduire?

CLARA

Je le sais bien. Ne crains rien puisque tu es innocente , et enferme-toi chez moi pour te livrer à tes pensées : un peu plus tard j'irai auprès de mon père, je lui prouverai que tu n'es point coupable,* puisque tu quittes ta chambre pour plus de sûreté ;et je lui dirai, mais de la bonne manière, qu'il a tort et grand tort de montrer ainsi des soupçons sur une conduite aussi pure que la tienne.

JOURNÉE m, SCÈNE III. t43

EUGÉNIE

Ton amitié me donne la vie , ma chère Clara. Je yais dans ta chambre , tu peux toi-même m'y en-^ fermer.

(Elle sort et Clara ferme la porte.) CLARA.

Voilà tout arrangé! Âmour^ maintenant nous allons combattre. C'est la première fois que je te vois : plaise au ciel que je puisse re'sister à ton pouvoir ! Marie Nugne, ou est ce cavalier ?

(Marie Nugne entre.)

MARIE IfUGNE.

Depuis un moment il est dans ma chambre où je le tiens cache'.

CLARA

Je fais cette de'marche à cause d'Euge'nie.

MARIE NUGNE,

C'est pour cela que je vous obéis.

CLARA

Dis-lui de passer dans ce salon.

MARIE NUGNE.

J'y vais.

( "EWe sort et don Fëliz entre. ) DON FÉLIX.

Quoique je vienne dévoué à vous servir, mes peines sont encore plus grandes que mon dévouement.

CLARA

De quoi êtes-vous affligé?

DON FELIX

De voir que ni mon avis ni la sagesse que vous

i44 GARDEZ-VOOS DE L'EAU QUI DORT, avez montrée n'ont produit l'effet que nous en at» tendions; bien au conti^aire , tous les deux ont voulu aujourd'hui se battre avec moi ; Totrè père et TOtf e cousin étant sortis en même temps ^ notre comlNrta été interrompu. Depuis^ voulant remédier à toati je n'ai remédié à rien , n'ayant pu les joindre. Je tremble (Ju'ils ne se soient renocfntrés ; aucun d'eux n'est revenu 9 quoiqu'ik soieM tousr les detli md hôtes > j'en suis fâché potii* eMt , mais j'eto dnis affligé pour vous davantage , fhtct qfu^y st je j^àlts Vous avouer la vérité , j'ai plus fait à cause de vous que je n'ai fait à cause d'eux.

CLARA

Vous avez plus fait à cause de moi ?

DON FÉLIX

Sans doute.

CLARA

Expliquez-vous.

DON FÉLIX

Pardonnez, je vous en prie, je ne puis vous le dire , quoique je vous l'aie déjà dit.

CLARA

Vous Vavez déjà dit et ne pouvez le dire? Je ne vous comprends pas.

DON FÉLIX

Pour moi , je m'entends bien.

- Déclarez-vous davantage.

DON [T.ÉLII^.

Je ne puis; car si je suis affligé de linr rivalité

parce qu'ils sont mes amis^ c'est parce que ce sont mes amis que je dois cacher la cause de ma douleur.

(Bruit derrière la scène.) DON JUAN» derrière la icède.

Dieu me soit en aide I

DON FÉLIX

Quel bruit entendons-nous ?

CLARA

Cest dans le jardin.

MARIE NUG NE, accourant.

Mademoiselle ....

CLARA

Qu'est-il arrivé^ Marie Nugiie?

MARIE NUGNE.

Un homme est sauté par-dessus le mur du jardin, et votre père descend déjà de son appartement.

CLARA

. Malheureuse ! Que ferai-je s'il tous voit ?

DON FÉLIX

Le moyen est facile; je sauterai par ce balcon avant d'être aperçu.

CLARA

Ne l'ouvrez pas.

DON FÉLIX

C'est le plus sur.

(n ouvre la feadtre du balcon.)

Ne faites pas de bruit; je vois un homme et je veux entendre ce qu'il dit.

ToM. I. CMéron, IQ

i46 GARDEZ-VOUS DE L'EAU QUI DORT,

DON FÉLIX2

Qui êtes-vous?

DON TORRIBIO

Que vous importe? Vais-je vous demander qui vous êtes? Vous êtes heureux que j'aie affaire ici, sans quoi il faudrait que vous me le dissiez^ ou je vous y obligerais d'une bonne manière.

DON FÉLIX

Quelle étrange aventure !

(U se retire dans le salon.) MARIE NU6NE.

Le bruit se rapproche.

CLARA

Éloignons-nous .

(Elles s'enferment dans la chambre où est Eugénie. Don Pèdre parait snr la partie d«

la scène où est le balcon.)

DON PÈDRE

J'ai VU, plein de jalousie, mon adversaire entrer dans cette maison. N'ayant pu arriver à temps pour l'arrêter , j'ai franchi les murs du jardin ^ résolu de

venger Mais que vois-je? c'est son père qui,

plein de courage , se bat avec un autre homine ^^^

(Don Alonse entre , se battant avec don Juan.) ALONZE,

Mon courage et mon bras vengeront à la fois les injures que j'ai reçues de votre audace, {jipercé-^ vaut don Félix. ) Mais , ô ciel ! lorsque je croyais n'avoir qu'un seul ennemi , j'ai à me venger de deux !

DON FÉLIX

Arrêtez, don Juan. Don Alonze, daignez vous calmer.

DON JUAN

Dis encore que tu n'es pas un traître ', puisque je te rencontre ici !

DON FÉLIX

Écoutez-moi : vous verrez que je ne suis ni votre ennemi {à don Juan) y ni le vôtre (à don Alonze).

DON ALONZE

Chez moi y deux ennemis !

DON FÉLIX

Arrêtez , seigneur.

DON PÈDRE, àTorril>iok

Quoique je dusse peut-être m'opposer à don Alonze y la rage de ma jalousie réclame d'abord ma vengeance. Si à mes yeux cette ingrate a osé te faire / passer sur son balcon y je dois te punir le premier. Descends I ou, vive Dieu ! ce pistolet.. ...

DON TORRIBIO

Un pistolet! Homme ou diable, qui que vous soyez, restez tranquille. Ce n'est pas ce que je voulais dire. (// rentre sur Vautre partie de la scène.) Que vois-je? mon oncle îûu'est ceci?

DON ALONZE

Mettez-vous à côté de moi.

DON PÈDRE

Puisqu'on lui a ouvert la fenêtre , je le suivrai

lijS GARDEZ-VOUS DE L'EAU QUI DORT, pour le tuer. Je suis déjà mort de son bonheur* peu m'importe de mourir par ses armes.

( n monte par le balcon, et se trouve sur la scène avec les prëcédens.)

DON JUAN

Traître don Fëlix^ c'est à toi seul..».. Mais que vois-je? Est-ce vous qui entrez par la fenêtre?

DON PÈDRE

De quoi vous ëtonnez-vous ? X^e bruit que j'ai entendu , m'a forcé à entrer pour en savoir la cause.

DON ALONZE

Suspendu entre tant d'outrages , je ne sais qui je dois attaquer le premier.

DON FÉLIX

Je vous en supplie , seigneur^ veuillez écouter ua moment : l'homme sage termine les affaires par la prudence , plutôt que de s'en remettre à l'épée. Si vous voulez m'entendre , je ne doute point que vous ne soyez satisfait sur tout ce qui a pu alarmer votre honneur.

DON ALONZE

Cet homme est entré par le jardin y celui-là par

le balcon ; mais vous , qui vous trouvez ici , qui

me faites la même injure et venez me donner iss

conseils^ comment avez-vous pénétré dans cette

maison ? ^

DON tMribio. j

Par l'échelle , puisqu'il y en avait une tout exprèsij

don FÉLIX.

Je suis moi-même si intéressé dans cette affaire^ que je crois que je vous sers tous, au lieu de vpm

JOURNÉE m, SCÈNE JH. i49

offenser. J'ai cherché à éviter des malheurs; je n'ai pu y réussir par une première démarche; peut-être aurai-je à présent plus de suqcès. Mademoiselle Eugénie m'a reçu dans cette chambre pour concerter les moyens d'empêcher qu'il n'y eût entre mes deux amis....

EUGÉNIE, derrière la scène.

Que dit -il? On me nomme; il faut que je sorte.

CLARA

Attends; ne sors pas.

' (Eugénie paraît suivie de Clara. )

EUGENIE.

Je veux sortir; il faut que je sache quel est ce mensonge.... Dites-moi^ monsieur^ vous osez dire que je vous ai reçu dans cette chambre?

DON FÉLIX

Pardonnez; je n'ai pas parlé de vous, mais de mademoiselle Eugénie.

(n montre Clara. ) DON ALONZE.

Qu'entends - je ! c'est toi qui avais caché un homme ?

EUGÉNIE

C'est toi qui prenais mon nom pour cette aventure ?

DON TORRIBIO

C'est pour cela que vous m'aviez mis au serein pour faire le pied-de-grue sur le balcon ?

Page 1