‹ Caldéron (volume 3)Chapitre 38 sur 79 · LE DERNIER DUEL · texte numérisé non relu

LE DERNIER DUEL

EN ESPAGNE

Xje duel solennel entre àeni^ nobles Aragonnais qui fournit le sujet de cette pièce , est un faiÉ historique. On le retrouve tout entier dan^Touvrage de don Fr. Prudencio de Sandoval, ëvêque de Pampelune , historiographe de Philippe III 5 page 566 et suivantes, Caldëron Ta pour ainsi dire copié littéralement. Le combat eut lieu à Valladolid, le dernier jour du mois de décembre i522 (i). Charles V, âgé de vingtdeux ans, retournait en Espagne , après avoir obtenu la couronne impériale que François I*% lui avait disputée^ et que le duc de Saxe, Fré-

(i) Fr. Prudencio de Sandoval , Historia de Carlos ^. Voyet. Its notes à la fin de la pièce.

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déric, ne voulut pas accepter. Cette comédie appartient tout-à-fait au genre historique.

Charles V, le pape Paul III ( celui-ci du moins par citation) j tous les chefs des plus grandes naaisons de la Castille figurent sur la Sicène et soutiennent leur caractère connu. Parmi ces brillans personnages^ le nom d'un marquis de Brandebourg semble propre à exciter un léger mouvement de surprise. Pour peu toutefois que le lecteur y réfléchisse, il n'y verra pas de Tin convenance. Les électeurs d'Allemagne^ tout princes souverains qu'ils étaient chez, eux, servirent plus d'une fois dans les armées de lempereur^ et même n'en furent pas toujours bien traités. A peu près vers le temps auquel il faut rapporter le fait que Caldéron a mis sur la scène, Joachim V\ était électeur de Brandebourg. Je ne crois pas que ce prince ait jamais été général des troupes de Charles V, ni qi^'il se soit déplacé pour le suivre en Espagne. Mais l'auteur d'une comédie, et dune comédie espagnole, n'est pas un historien : il suffit au poëte de ne pas trop blesser la vraisemblance -, et il était dans l'ordre des choses possibles qu'un fils ou neveu de Joa-

chim V'. fût attaché à la coiwd'un grand roi qui venait d'ajouter à sa première dignité celle de chef de remj)ire germanique (i). Il ne reste plus quune l^ère inadvertance de Caklé^ ronà faire remarquer au lecteur. Le marquis de Brandebourg apporte au comte de Bena-* trente une lettre de recommandation deTempe^ reur Maximilien qui était mort en iSig. Que dire à cela? Que la lettre était un peu ancienne^ voilà tout... Quant au rôle subalterne du marquis, chacun sait que le titre de roi ne fut ac^ cordé à l'illustre maison de Prusse qu au commencement du dix-huitième siècle ; et qu'il s'est écoulé cent années entre le traité d'Utrechl en 17 15, et celui de Paris en 1814. D ne faut pas un siècle à la fortune pour abaisser ou rele* ver les familles et les nations elles-mêmes

Je me hâte de revenir à la comédie de Cal^ déron.

Zje dernier duel en Espagne contient des

( 1 ) Ce marquis de Brandebourg neveu , fîls ou parent de ^oa— chim I^'. , qui était alors électeur, s'appelait Jean. Il vint en effet eu Espagne, ou il épousa la reine Germaine ^ yeu\G de Ferdinand-le-Catholique , et mourut celte même année de i522; Vovez SandoKfal.

ber autorisé par les lois y a cessé de droit en ance , à peu près dans le même temps qu'en pagne. Je crois que le dernier qu'on ait vu 5z nous est celui de François de Vivonne , gneur de Z^ Châtaigneraje avec Gui de abot JamaCy en i547* H en est resté une nédie à nos voisins, et à nous, un proverbe : oup de Jamapp

J. d'ësmenard.

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