SCÈNE III
Un appartement de la maison de dona Violante.
DONA VIOLANTE , FLORE
FLORE
Madame^ les larmes soulagent , dit -on ; mais enfin elles viennent du cœur. Tant pleurer doit l'affaiblir.
DONA VIOLANTE
Laisse-moi pleurer, Flore : dans raffliction, notre faiblesse n'a que cette ressource ; c'est là toute notre vengeance.
FLORE
Je ne dis point que votre douleur ne soit pas juste. Oui , ne pas daigner vous répondre ^ vous abandonner au milieu de la rue , vous tourner le dos, c'est affreux ; mais la raison doit prendre le dessus.
Et tu ne dis pas la plus cruelle de toutes mes peines. '
FLORE
Je ne sache pas
DONA VIOLANTE
Que c'est à cause de Séraphine.
FLORE
Madame , ce n'est qu'une crainte imaginaire ; car il vous a dit lui-même qu'il reviendrait , qu'il ré-
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pondrait à tout : il ne faut pas toujours croire le pis ; nous ignorons ses motifs. — Peut-être qu'une explication de sa part tous comblera de joie : calmez votre imagination ; il ne manquera pas de venir ce soir.
DONA VIOLANTE
Âh ! Flore , je ne serai point aussi heureuse; s'il avait eu Tintention de s'expliquer avec moi, n'a-t-il pas vu l'état dans lequel j'étais? Il n'aurait pas attendu à ce soir pour venir ; l'entrée de mon appartement lui est également facile pendant le jour.