TROISIÈME SOLDAT
Cela est vrai.
PREMIER SOLDAT
Écoutez, je ne voudrais jamais avoir de dispute avec des camarades pour de l'argent. Cherchons un homme, qu'il prononce, et je me soumets d'avance à ce qu'il décidera!
L SECOND SOLDAT
Le premier venu pourra résoudre cette difficulté. (4 Alcouscous. ) Soldat.
ALCOUSCOUS, à part.
Parler à moi, et moi pas répondre. Patience.
SECOND SOLDAT
Vous ne répondez pas.
ALCOUSCOUS.
Ah! ah! ah!
PREMIER SOLDAT
Il est muet ; bien choisi pour prononcer.
ALCOUSCOUS, à part.
Eux me croire muet. Ah! si savoir!...
TUZ ANI, à part.
Ce malheureux me perdra. Je vais tenter delesdis-
traire. ( Faut. ) Cavaliers, je vous supplie d'excuser
JOURNÉE III, SCÈNE IV. 455 ce domestique s’il ne fait pas ce que vous lui ordon- . nez. Il est muet. | ALCOUSCOUS, à part. | Pas du tout; mais, en occasion comme celle-ci, moi être pic, repic et capot , et ne pas répondre. PREMIER SOLDAT. | Ce que nous voulions de lui, nous pourrions sans doute l’obtenir de vous d'une manière plus satisfaisante. Il s'agit d'une difficulté de jeu. .
de | A
TUZANI, Je vous en dirai volontiers mon avis. .
ile."
PREMIER SOLDAT. re
Jouant pour mon camarade et pour moi, j'ai gagné.contre de l'argent ce Cupidon de diamans.
TUZANI, à part.
Ah! malheureux! celui que je donnai à Maléha! les arrhes de ta noce sont les dépouilles de ton tombeau ! Comment trouver son assassin, si les indices vont depuis le soldat jusqu’au prince ?
PREMIER SOLDAT
Quand nous avons dú partager le profit, j'ai voulu lui donner ce Cupidon pour sa part. Il prétend qu'il ne veut pas de bijoux. Voyez vous-même s'il n'est pas juste que j'aie quelque préférence dans le partage ?
TUZANI.
Je veux terminer votre discussion , puisque je suis arrivé à temps pour cela. Je vous achèterai ce joyau au prix auquel il a été mis sur jeu; mais à une seule
456 LE SIÉGE DE L'ALPUJARRA, condition, c'est que je saurai de qui vous le tenez, afin que je sois súr de mon emplette.
SECOND SOLDAT
Aujourd'hui on peut acheter en toute confiance. Tous ces bijoux ont été pris sur ces chiens de Morisques, dans le sac de Galere.
TUZANI, à part.
Et voilà ce que je dois entendre et supporter ! ALCOPSCOUS, d part.
Moi ne pouvoir le tuer ni méme lui dire des in-
jures.
PREMIER SOLDAT
Je vais vous faire aboucher avec celui à qui nous avons gagné ce bijou; et, pour plus de renseignemens, il m'a dit qu'il avait lui-même enlevé ce Cupidon avec d’autres pierreries, à une jeune Morisque qu'il a tuée dans l'assaut.
TUZANI, à part.
Hélas !
PREMIER SOLDAT
Venez; vous entendrez de sa bouche toute l'affaire.
TUZANI, à part.
Non; parce qu'à la première parole qui le fasse reconnaître, il expirera sous mes coups de poignard. ( Haut. ) Allons , Je vous suis.
SOLDAT, derrière la scène, Arrêtez!
AUTRES, derrière la scène.
Écartez-vous.
(On entend un bruit d'épées )
JOURNÉE III, SCENE IV. 457 UN SOLDAT, derrière la scène.
Je le lnerai, dût le monde entier le défendre.
PREMIER SOLDAT
Ils disputent avec notre adversaire.
SECOND SOLDAT
- Eh bien! qu'on le tue,
G ARCÈS , derrière la scène.
Qu’importe qu’ils soient tous contre moi, si c'est moi qui me défends.
(Il entre se défendant contre des soldats. ; TUZANI, Réunis tous contre un seul homme! c'est une in-
famie , soldats. Arrétez-yous, ou vive Dieu ! je vous
forcerai à vous arrêter.
(Il met l'épée à la main.)
Agréable voyage! ne rien dire et me trouver dans
des disputes.
UN SOLDAT, atteint par Garcés.
Je suis mort.
(Don Lope de Figueroa entre. ) DON LOPE.
Quel est donc ce tapage ?