ACTE II, SCÈNE I. i
DON ROCH
Quelle est cette chose ?
MUGiyoz.
Le réduit, le coin , le trou de lapin où devra être cachée la sentinelle.
DON ROCH
C'est vrai, je n'y avais pas pensé. Sous le canapé ,^ Fendroit e&t commode .
MUGIiOZ.
Je le vois.,
(Ed disant cela il s'âoi^e et reTÎent cnsuitcv ) DON ROCH.
Mugnoz, Mugnoz, mon cher Mugno^i, songes-y bien. Nous sonojBies dans un mauvais pas. Si cette( diable d'affaire n^ me coûte pas la vie, je dois vivre éternellement. Mugnoz, mon ami Mugnoz, pour Dieu, réfjyéchis bien.
MUGNOZ.
Qu'y a-t-il de nouveau ? quelque autre projet meilleur ?
DON ROCH
Il faut absolument...
MUGNOZ.
Je vous entends, il le faut, c'est bien.
Songe.,...
MUGNOZ.
Tout l'enfer serait déchaîné dans la maison , quie je crois qu'on n'y verrait pas plus de ruses et d'ar-
i8& LE VIEILLARD ET LA JEUNE FILLE, tifices. Morbleu ! est-ce donc une plaisanterie ? Moî^ me blottir comme un lapin ! j'aimerais mieux. •• Faiton jouer ainsi à la vieillesse le rôle desenfans ? il faut que je sois comme une bùche^ comme un crible
DON ROCH
Mugnoz^ ëcoute, Mugnoz, je ne veux plus rien de toi. Je vois enfin comme tu reconnais mon affection. Quelle fidélité! quelle reconnaissance ! Jai cru que ton âprete et ton air renfrogné n'étaient qu'une apparence, rien de plus. Et moi, imbécile, qui n'ai pas voulu le chasser , quoi qu'aient pu me dire
ses maîtresses Mais qu'il ait oublié si vite
quelle ingratitude! Combien de fois je lui ai offert de l'argent ! 11 sait que je lui en ai prêté , il sait que j'ai été un protecteur pour tous ses parens, il sait que dans mon testament je lui ai laissé tout ce que je puis en conscience lui laisser.
MUGNOZ. '
Je sais cela , moi ? z
DON ROCH
Quoi ! tu ne connais donc pas les dispositions que j'ai faites?
MUGKOZ.
Non certainement.
DON ROCH
Eh bien , un an de gages à dater du moment oit je cesserai de vivre. J'ordonne que si j'ai quelque dette à réclamer de toi, elle soit annulée; j'ordonne aussi....