ACTE II, SCÈNE I, 3o
moins de déttiarches , s'il n'avait pas remué ciel et teri^ , il serait resté avec sa comédie écrite et son travail perdu.
DONA MABIQUITA.
Eh ! qui sait ce qui arrivera , ma sœur ? Ce qu'il y a de sûr, c'est que je suis sut les charbons; car, mon Dieu ! si on la siffle , je ne sais ce que je deviendrai.
DONA AGUSTINA.
Mais pourquoi la sifflerait-on , ignorante ? Que tu es sotte et dénuée d'intelligence !
DONA MARl'QDITA.
Mais vous êtes tpujours à me répéter cela ! En ▼érité, il y a des momens où... Ah! don Hermol^ènes , vous ne savez pas quelle enviô j'ai de voir toutes ces affaires terminées, et de pouvoir m'en aller manger tranquillement chez moi un morceau de pain ^ sans être obligée de souffrir toutes ces mauvaises raisons. ^
f DOm BERMOGÈNES.
Ce n'est pas le morceau de pain, mais bien ce beau morceau de ciel qui me rend impatient de vvoir conclure un hymen si désiré.
DONA MARIQUITA
Désiré ! oui , désiré ! Vous avez un air bien propre k le faire croire!
' DON HERMOGÈNRS.
Eh! qui donc aime aussi sincèrement que moi,
quand ni Pyrame , ni Léandre , ni Marc Antoine ,
r ni Roland furieux , ni Agatoclc , nî les Ptolomées
3o8 LA COMÉDIE NOUVELLE,
d'Egypte , ni tous les Séleucides d'Assyrie , ne sentirent jamais un amour comparable au mien? »
DONA AGUSTINA.
Charmante hyperbole ! Bravo ! bravo ! • . . Rëpondsluî, bête.
DONA MARIQUITA
Que voulez-vous que je lui rëponde ? je n'ai pas compris un mot.
DONA AGUSTINA.
Elle me désespère !
DONA MARIQUITA
Eh bien ! jç le répète : que sais-je , linoi , qui sont ces gens dont il parle ? Je ne m'en doute pas. Voyo donc , au lieu de me dire : Mariquita^ je désire que nous nous mariions. Aussitôt que votre frère ann touché de l'argent , vous verrez que cela s'arrangera^ parce que je vous aime beaucoup, que vois êtes fort aimable, que vous avez des yeux cluff- ^ans, et... Qyie sais-je ?...i^uelques paroles dans ce genre-là , comme les hommes en savent dire.
DONA AGUSTINA.
Oui } les hommes ignorans, qui n'ont ni éducation; ni talent, et qui ne savent pas le latin«
DONA MARIQUITA
Bah ! le latin ! Maudit soit son latin ! Quand je loi demapde quelque bagatelle , il me répond toujours en latin : et pour dire qu'il veut se marier avec moi , il me cite des livres et des auteurs à n'en plus finir.... Je vous demande ce que ces auteurs ont i