SCÈNE III
M*-. MONIQUE, FERMINA.
Feroxbia.;! asrtu» été. dire à moa frère de venir à t'instaat ?
FJSRMINÀ.
Oui, madame.
Il tarde beaucoup,
FERMINA.
Il est un peu lent.
M»«. MONIQUE
C'est cependant pour une chose urgente.
FERMINA.
^ Pourquoi donc?
M—. HOlfSQtJE.
Certes, ta* es hîea cuxisuse.
FERIfnfA.
Mais , madame , c'est tout simple. Quel saint fë* tez-YOus donc, aujourd'hui? La palatine,, la belle robe, le collier de coi*ail...
M»«. MONIQUE
Tais-toi, folle.
FERMINA.
En vérité, si le défunt vous voyait..,.
M-e. MONIQUE.
Quel défunt ?
366 LE BARON
que de vouloir commander à unevenve si firaingante et si dégourdie , avec sa palatine et sa belle jupe.
Est-ce que je ne peux pas, quand il me plaît, porter mes ajustemens ?
DON PEDRO
Si ; mais je suis dans l'admiration de les voir paraître au jour après qu'ils ont passé un demi-siède dans le coffre.
M"« MONIQUE
Puisque je les ai , je veux m'en seinrir.
DON PEDRO
C'est une résolution très-sage , d'autant plus que l'ëlégance et la parure conviennent à une dame, dans la maison de laquelle est logée la personne d'un baron.
M"«. MONIQtJE.
Cela est vrai. J entends bien le sens détourné de tes paroles. Eh bien j oui , je le loge dans ma maison , et il ne lui en coûte pas un sou pour manger et loger ici. Je lui fais les honneurs de chez moi , et je voudrais les lui faire si bien , que, loin d'éprouver aucune privation, il. ne regrettât pas son hôtel , son faste et ses richesses.
DON PEDRO
Ses richesses!... Le pauvre baron !^.. Et quelle mauvaise étoile a réduit sa seigneurie à être habitant d'IUescas ? De quelle maladie sont morts ses laquais? Sur quelle côte s'est rompu son carrosse, et oïl a-t-il perdu sa bague et son cordon? Quels sont les Égyptiens qui lui ont soufflé son bagage? Quels mal-