ACTE II, SCÈNE VI. 4tc
les mariages de ces gens-là ne se forment pas par at-» lâchement et par inclination. Us prennent la plume^ et sur une feuille de papier ils font Fe'tat des biens : quatre et deux sont six, huit et sept sont quinze; ajoutez tant, ôtez tant, reste tant; on écrit le total au bas de la page; et, suivant ce qu'ils gagnent au marche, il y a ou il n'y a pas mariage. ;.* Et que la future soit bossue, camarde et louche, et le futur manchot , yieux , goutteux et galeux ; qu'ils se con^ naissent beaucoup ou qu'ils ne se soient jamais dit un mot, avec ou sans amour, Dieu les bénisse! ils se marient.
M™«. MONIQUE
Sans doute , il n'y a qu'à te laisser dire , les méchans propos et les calomnies ne manqueront pas... Enfin, si ma façon de parler et de penser te déplaît et t'irrite , va-t'eii , laisse-moi en paix ; ne viens plus me faire des contes, ni tourner la tête à ta nièce avec les sottises que tù lui débites : c'est à moi de la diriger, c'est moi qui sais ce qui lui convient le mieux ; personne ne s'intéresse autant à elle que moi ; . . • elle est ma fille , et aucune tendresse ne peut se comparer à celle d'une mère^
DON PEDRO
Et c'est par un effet de cette tendresse que tu veux la perdre, la livrer à un homme inconnu, à un vagabond, à un misérable. Est-ii possible que tu sois si aveugle ! ne vois-tu pas que c'est un fripon qui te trompe ? ne le vois-tu pas ? \ ' •
M"«. MONIQUE. , f
Non , parce que je connais des antécédens qui
422 L£ BARON