SCÈNE XL DONA IRÈNE , DON DIEGO
DONÂ IRÈNE.
Eh bien , monsieur Diego , est-il déjà l'heure de partir... Bonjour... Est-ce que vous priez?
( Elle éteint la lumière qui est sur la table. ) DON DIEGO.
Oui ^ je suis bien disposé à prier en ce moment.
(H se promène avec inquiétude.) DONA. IRÈNE.
Si VOUS voulez , on petit dès à présent préparer le chocolat , et avertir le cocher de mettre les chevaux aussitôt que... Mais qu'avez-vous , monsieur?... Y aurait-il quelque chose de nouveau ?
Oui , il ne laisse pas d'y aVoir du nouveau.
DONÂ IRÈNE.
Qu'est-ce donc ?... dites-le, pour Dieu... Allons... ne savez-vous pas combien je suis facile à émouvoir. . .
La moindre chose qui survient à l'improviste me cause une révolution... Depuis la dernière fausse couche que j'ai faite, il m'est resté une excessiTC délicatesse de nerfs... et il y a cependant près de , dix-neuf ans, si ce n'est vingt ; mais depuis lors, comme je vous le disais , une bagatelle me bouleverse... Ni les bains, ni les bouillons €le vipère, ni la conserve de tamarin , rien ne m'a soulagée , de manière que...
Allons , ne parlons maintenant ni de fausses couches , ni de conserves... Il y a des choses plus sérieuses qui doivent nous occuper... Que font ces jeunes filles ?
DONA IRÈNE
Elles sont à rassembler leurs effets , et à faire leur malle pour que tout soit prêt et qu'il n'y ait pas de retard.
DONDIKGO.
Fort bien ! asseyez-vous. Il n'y a j>ai5 à se troubler ni à crier, pour rien de ce que je vais dire. ( Tom deux s asseyent. ) Songez bien qu'il ne faut pas que le jugement nous abandonne lorsque nous*en avons le plus besoin... Votre fille est amoureuse...
DONA IRÈKE.
Eh bien, ne vous l'avais-je pas dit déjà mille fois? Oui, monsieur, elle est amoureuse, et il suffisait que je le disse pour que...
Ce maudit défaut d'interrompre à chaque mot ! laissez^-moi parler.