‹ CalderonChapitre 24 sur 93 · SCÈNE ni · texte numérisé non relu

SCÈNE ni

TJd salon dans la maison de Lidoro à Milan. — On entend det mippm q«i dMPtARt danale loioiain.

MASQUES, ehantarU^ Rions, chantons et dansons; le carnaval est un temps de folies.

Entrent DOf^A §ERAFINA el PLOftA.

DOJTÀ SERAFINÀ.

Ferme cette fenêtre, Flora, et qu'aucune de vous ne se mette à la jalousie.

FLORA

Pour Dieu, madame, permettez-moi seulement de regarder eette troupe de masques qui passe devant le palais en chantant. LES MUSICIENS, âudehors, pendant que Flora ékmte. Rions, chantons et dansons, etc., etc.

Ne m'ennuie pas, je te prie, puisque tu vois que cela me déplaît.

FLORA

I^'en tendez-vous pas que les musiciens obtBtent.,.

LES MUSICIENS, du dehofi, en même temps que Flora* Le earnaval est un temps de folies.

DONA SERAFDfA.

C'est pour cela justement que je veux, moi, être raisonnable.

• Le papier, comme on sait, se fabrique weç <iw ehiffQftS. ei l'encre avec de la noix dt galle.

FLORA

Ë8t-il possible que dans un jour de réjouissance générale , vous ne vouliez ni vous faire voir ni voir les autres 1

DONA SERAFINA

S'il n'y avait à cela aucun inconvénient, je ne suis pas encore assez vieille que je ne pusse m'amuser de ces fêtes qui égaient Milan en ce jour ; et surtout à cette heure que les illuniinations au milieu de la nuit ajoutent je ne sais quel charme aux danses et à la musique.

FLORA

C'est que vous êtes d'humeur mélancolique , sans quoi vous n'y verriez pas d'inconvénient.

DONA SERAFINA

Tu sais bien le contraire; mais tu fais semblant de ne pas le sa-voir. Je dois donc te le rappeler. Il y a dans ma rue, déguisé, un cavalier qui est arrivé ces jours-ci à Milan, à la suite du prince d'Urbin ; et comme il s'est déclaré avec moi, je ne veux pas qu'il s'imagine que c'est pour lui que je me mets à la fenêtre, car il m'ennuie avec ses prétentions.

FLORA

C'est peut-être un autre cavalier, également déguise , que vous aurez pris pour lui.

DOÂA SERAFINA.

Cela n'est guère possible.

FLORA

Un comte étranger rendait des soins à une dame du palais, et quand le soleil disparaissait de l'horizon, il allait se coucher, laissant sur la terrasse un sien esclave qui avait son manteau et ses plumes. Or, un jour qu'il pleuvait et neigeait, la dame, voulant lui accorder une faveur, souleva la jalousie, et lui dit d'une petite voiz de fausset : «Allez-vous-en, comte!» A quoi le More répondit : «Ce n'être pas le comte, moi être Hamel^» Et ainsi, madame, il peut bien se faire que l'individu masqué que vous avez vu, soit Hamet et non le comte.

DONA SERAFINA

Tu as toujours quelque histoire sous la main.

FLORA

Celle-là est assez vieille.

DONA SERAFINA

Enfin ce cavalier est cause que je me prive pour lui de tous les plaisirs. '

* Nous avonf tndoit litlénlement :

Aqueéi Mon rttpondié :

Hq 9êtar condet e$tar Hamitt*

JOURNÉE I, SGËNB III. M

FLORA

Rien ne le prouve mieux que vos rigueurs, qu'il est sans cesse à déplorer.

doAâ sbràfina.

Fais attention à ne me parler jamais de son amour.

FLORA

£h bien ! pour parler d'autre chose, si tous ne voulez pas vous mettre à la fenêtre, je vous indiquerai le moyen de voir toute la fête sans que ni lui ni personne ne vous v<lie.

DONA SBRAFINA.

Et quel est-il?

FLORA

Le voici. Vous savez fort bien, madame, que dans le carnaval, les dames du plus haut rang se déguisent : eh bien I il s'agirait de vous déguiser et de sortir par la porte du jardin. Vous y gagneriez en même temps de châtier l'obstiné personnage, qui passerait dans la rue le reste de la nuit. Voyez : un chapeau à larges bords, un manteau, un flambeau, un masque ; vous vous mêlez à la première troupe qui passe, et bien malin qui vous reconnaîtra.

DONA SBRAFINA.

Et si pendant ce temps-là mon père venait à rentrer?

FLORA

Gela n'est pas à craindre. Mon seigneur, en sa qualité d'intendant de la justice, parcourt aujourd'hui toute la ville ; et d'ailleurs il suffit que vous laissiez pour dit en sortant que vous êtes allée avec une de vos amies, pour que votre père soit sans inquiétude.

DONA SBRAFINA.

Ce projet me sourit ; mais je ne me sens pas le courage de l'exécuter.

FLORA

Venez, madame; ne serait-ce que pour vous moquer de ce sot, et pour faire enrager toutes les femmes qui verront votre taille si jolie, si élégante.

DONA SBRAFINA.

Non, Flora, ne m'attaque point par la vanité; je n'ai pas moins envie que toi de sortir.

FLORA

Alors dépêchons.

DOiÏA SBRAFINA.

Si vous n'eussiez pas existé, vous autres demoiselles suivantes, je crois que plus d'une faute i...

FLORA

Ce n'est pas le moment de moraliser. Voulez-vous ou non sortir?

' ToQS le* grands écriTams espagnob qui ont peint les moean natiouales, GcrvaDies, Lope de Vega et Calderon, se sont ëievés contre l'intervention empressée des duègnes it des servantes dans les amours de leurs maUreaset.

DOÂÀ SKRAFINA.

Eh yen l'oui; otr enfin U serait trop trûte que Vent^tement 4e cet ennuyeux personnage pût me tenir enfermée tout le jour dans la maison. Tu vas venir m'habiUer.

riOAA.

Oui, madame, et je yeux que vous soyez la plus belle. (Dona 5erafna tort») £Ue a mal parlé des suivantes ; je \eux montrer à quoi elles servent, {App^UMpor la fenêtre,) Tstl tstl seigneur Celio! UNS VOIX, du dehors* Qui m'appelle?

FLORA

Quelqu'un qui veut vous rendre service. Ma m al tresse va toutrà- Theure sortir déguisée par la porte du jardin, et vous pourrez lui parler, en faisant comme si vous arriviez, et sans avoir Tair de la reconnaître... Silence! adieu t

mteaoM.

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