‹ CalderonChapitre 6 sur 93 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

firent OIM^S, IHÎft, fMii» WH mt^M,

IHfti.

Qui frappe?

GINÈS

Adorable Inès, c'est vo^r* biiwble serviteur g»i rericnt à vos pieds aussi fidèle et aussi constant qu'il est partie

C'est toi, roo» (Binés? — Ju ne ro'embrwscs p*s?

«iiiifcs.

Deux fois, trois fois pour une, si tu ve»jr Je n'y reg^r^» JW» 4« "

'•'**• mis.

Par quel hasard te voilà-t-il de retour?

Tu le sauras plus tard. Four le naomettt, U 8'»git d'autre chosa; mon maître te veut parler.

INES.

Comment! il est donc revenu lui aussi?

DON DINGUE

Oui, ma chère Inès, très-désirepx de te voir et de savoir des nouvelles de Béatrix.

INÈS

Elle va fort bien; et quand elle apprendra votre arrivée,., Bntr« BÉATAl^-

BEATRIX

Qui est-ce donc, Inès, pour que tu t'arrêtes si long-temps?

DON DlàfiOT.

C'est un voyageur long-temps agité par U twp^te dfi J.f w»^ et dont le navire battu par les floU a vogué parmi les écueils. Enfin la mer plus tranquUle, le ciel plus cléroani, |uioi»tp#n»» 4e prendre port à vos pieds, et il vient dans )e temple de son amour consacrer la mémoire de ce qu'il doit à l'idole de son cœur.

BÉATaiX, à fMT^

Comme ils mentent, ces hommes l Mais ne nous traUiifiM pw. (Haut,) C'est en vain, seigneur don Diègua... Mais non, je fOU» 10 dirai ensuite. {A Inès.) Fais en sorte, Inès, qu'Isabelle ne vienne pas dans ce salon ; je ne voudrais pas <iue dès la firemier jour aile

connût mes ennuis.

mis.

Vous avez raison. — Au revoir, frinés

6INÈS

Je l'espère bien, et alors je te déw'onU^m* J* fM^ ^ ^ *»»^" où U y a ce refrain : . . « * ^

« Gharmante lnà«, je famé joUaMnt. »

BÉATRIX

Oui, seigneur don Diègue, c'est en yain que vous exagérez les tourmens de l'absence, vous ne pourrez jamais exprimer ce que j'ai souffert, moi toujours amante et toujours fidèle. {A part.) Combien j'ai de peine à cacher mon ressentiment !

DON DIÈGUE, hca, à Ginès, Vive Dieu I elle ne sait rien.

GiNÈs, bas, à don Diègue, Comment vouliez-vous qu'elle l'eût appris?

BÉATRIX

Comment vous ètes-vous trouvé du séjour de Madrid?

DON DIÈGCE.

Comme un homme éloigné de ce qu'il aime ; et dans cette situation, il n'y a qu'un seul plaisir à l'absence.

BÉATRIX

Lequel, je vous prie?

DON DIÈGUE

De penser que l'on reverra l'objet aimé.

BÉATRIX

Le perfide I... La jalousie me ronge le cœur, et la rage me suffoque * ! [Haut.) Où en est votre procès?

DON DIÈGUE

Je l'ai laissé au même point, l'état de ma santé m'ayant forcé ae revenir.

BÉATRIX

Vous étiez donc malade?

DON DIÈGUE

Oui, de ne point vous voir.

BÉATRIX

- Il y a d'autres choses à voir à Madrid. Les dames n'y sont-elles pas aimables et charmantes?

DON DIÈGUE

N'en ayant regardé aucune, je ne saurais en donner mon avis.

BÉATRIX

Aucune?

Demandez plutôt à Ginès. — N'est-il pas vrai, Ginès, que j'ai été d'une constance exemplaire?

GINÈS

Ma foi! oui, maàame, mon maître a été si constant, que je l'ai vu au moment de mourir d'amour.

BÉATRIX

Cela est possible ; mais pour qui?

DON DIÈGUE

Et pour qui donc voaliez-vous4iue ce fût?

Littëralemeal : « J'ai dans le cœur un aspic, el autour du cou une corde. »

JOURNËE I, SCÈNE IV. tl

BéATRIX.

Alors TOUS n'êtes pas ce cavalier qui, changeant en procèf criminel Taffaire civile qui l'avait appelé à Madrid, avei si bien poursuivi les audiences, qu'un juge à longue robe,— mais ce n'était pas un homme, — vous a condamné à mort : sentence eruelle dont certain rival à vous a été l'exécuteur.

GiNfts, hoi, à don Dièguê.

Comment l'a-t^lle pu savoir? Nous voilà dans de beaui draps!

DON Dritoui, à part.

Je suis perdu I

GiNÈs, bat, à don Diègue.

Pourquoi me regardez-vous ainsi? Je n'ai pas dit on seul mot.

DON diAgue, de même.

Qu'ai-je entendu?

omis, de méfM.

Ça ressemble à votre aventure.

B^TIilX.

Tout se sait, don Diègue. ^ puisque vous connaissez les motifs que j'ai d'être offensée de la conduite d'un per6de et d'un traître qui veut me faire passer ses outrages pour des galanteries, ne me re~ vo jez jamais, entendez-vous ? sans quoi vous apprendriez encore à vos dépens, qu'à Valence comme à Madrid il y a telle dame qui peut se venger d'un amant déloyal et sans foi.

DON DIÈOOE.

Songez, Béatrix...

B^ATIUX.

Seigneur don Diègue, songez vous-même qu'il est tard ; et il ne faut pas que la peine me coûte aujourd'hui plus que ne me coûtait jadis le plaisir de vous voir. Donc, adieu.

DON DIÈGUË.

Jusqu'à ce que vous soyez détrompée.

DON JUAN, du dehors.

Pourquoi n'y a-t-il point ici de lumière?

BEATRIX

Grand Dieu! c'est mon frère!

ginAs; à part.

Son frère? Comment l'a-t-il pu savoir?

Entre INÈS.

INÈS

Madame, voici monseigneur qui arrive.

DON DIÈGUB.

Que faire?

Je ne sais.

INÂS.

J'y suis I... Entrez avec Ginès dans cette salle ; vous y resterai cachés jusqu'à ce que vous puissiez sortir.

BÉATRIX

Infortunée que je suis !

ËùiteÉ rite.

oUtkB, à patt.

Vtmt ma pâti, Je M'abonnerais TOlontiefs à deux cents coups de bâton.

Doi tNègae el aines se cacheDt.

Ferme bien la porte, «fis qu'oD ne puisse pas les voir.

INÈS

Elle est fermée daM la perfections

ncw itAjfy du âihofit Il est singulier qu'à la nuit la maison ne soit pas encore éclairée.

Entrent DON JUAN et DON CARLOS. LÉONOR entre d'an aùlre côté atec des flambeaux.

liONOR.

Voici de la lumière.

i>o5r dAtttds, à pafi.

En toydtit Léonof (lorCèf dés flambeaUt, ta (Uiiiièfé m'a âvetîglé. {À Ëêattix,) Permetieï, ma cousine, que Je baise voife main, si je ne suis pas tfop indigne d'une telle faveur. [gApari,) Ah 1 Léonor, toi, dans eetétat!

BÉÂTAli.

Vous avez beau vouloir me calmef avec des politesses, vous ne réussirez pas, don Carlos, à me faire oublier qiie vous n'âtéz point daigné descendre dans notre maison.

DON CARLOS

Déjà, madame, je nie suis justifié auprès de don iuan ; et il voudra bien à son tour m' excuser auprès de vous. Mais si je n'ai pas l'honneur d'habiter votre maison, croyez-le, madame, j'y serai par la pensée, et vous y aurez, pour vous servir, mon âme et ma vie.

DON JUAK.

J'ai déjà dit à ma sœur les motifs que vous avez pour ne pas honorer plus long-temps notre retraite de volve présenee*

BéATRiX*

Puisque notre bonheur doit être si cntiri^ je dois ne presser de vous servir de mon mieuz. Mais vous n'êtes pas bien ici ; veuillez passer dans mon appartement.— Isabelle, éclairez à mon cousin. {A part.) ciel I aie pitié de moi 1

Elle sort avec inèg

tio^ok.

Seigneur don Carlos, puisqu'il faut aujourd'hui que je vous serve, c'est pour moi le plus doux plaisir.

DON GARLOS.

Abl Léon«r, bien que j'aie à me plaindre dt vous,» }• voudrais vous laisser dans une aituatien plue brillante !

• JOïmifÉfi I, SCÈ!»E !V. SA

C'est plus encdtd qné ]e te mérite, puiftqile, pour mon malbeur, TOUS ne croyez plus à mes protestations, à mes sermens.

Eh ! qui jamais a cru de Tains discoars plutôt que le témoignage de ses yetixt

liàONOK.

Fhtt d'tlli l'a fait.

don CARLOS.

Etna eutoïc

LéONOR.

Prenez garde, é»i» Garlof 9 oonteaei^oai, afin qu'on ne soupçonne rien.

DON CARLOS, â part.

Hélas I qu'il est difficile de se contenir en Toyant T^nor sous le oostume d'Isabelle l

Ib sorUnt.

INÈS rentre , et puis DON D1È6DE et 6INÈS s« montrent derrière la tapisserie.

SINiS<

PouTons-nous sortir, Inèsf '

mis.

MoB# fOBf les troorerisi for totrs {MiSSgei

Comment donc faire ?

uràs.

Attendez que notre hôte soit parti.

GiPîib.

De quel hôte parles-tu ?

INÀS»

Un cousin de notre maison. Je reviendrai vous fair(9 6dHif« Et si, par hasard, mon maître fermait la porte, vpus, dès qu'il sera endormi, TOUS descendres p9tt ee balé(m.

Par oè# -^ je It pri«t

INÀS.

Par ce balcon. Il n'y a qu'à îaifter.

GmÈs.

Je ne saute jamais, même au bai. Et aîD&i arrangfhtai de manière <}ue je puisse m^en aller sans faire de saut.

DON DIÈGUE

Dispose cela pour le mieux, Inès.

GINi^S.

Vous, monseigneur, qui êtes accoutumé à vous voir casser la tète, ça vous serait égal de vous casser la jambe.

INÈS

Enfermez-vous bien, et taisez-vous.

DON DlàCUB.

Qai 8*e8t jamais tu dans une pareille situation f

GINJ».

Moi, monseigneur, et, qui pis est, sans saroir ni pourquoi ni comment.

ik rentrent.

mis, seutê.

Tout est bien embrouillé dans la maison. Dieu reuille que tout cola finisse bien.

JOURNÉE DEUXIÈME

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