MIN AL^AR
Dan» Mtta priaon màme.
L'on ne vous a pas trompé.
nON ALVAE.
Cette démarche ea t pour mol aussi péniblt qu'offenaante
ISABELLE, à part, Peutpîl parler plus clairement ?
MENDOCB, à part.
Il sait tout.
DON ALTAR
Aussi ai-je voulu précéder ici ces personnes, qui veulent tenter un accommodement auquel jç ne saurais acquiescer, pui8€[u'il serait contre mon honneur.
JOURBfÉE I , SCENE III. 285
Je ne youi eomprenéfl pas.
DOff ALYAH.
Je yais n'eipllquer plui clairement.
laABBLLB, à part.
Jereipirel ee n'eit pas moi qu'il eherehe.
DON ALTAR
Le corrégîdor ainsi qoe doo Fernand de Valor , parent de don Juan Malec, veulent accommoder votre affaire avec lui. Je dois, moi, m'y opposer. Quels solit nés motift pour agir ainsi f J'en ai beaucoup, et des plvs graves ; mais je n'en dois eompte à personne. Enfin , en admettant même que ce ne soit de ma part qu'un caprice, une fantaisie , je voudrais savoir si un eavaller si brave avec les vieillards serait aussi brave avec un jeune homme ; et à cet effet je viens vous proposer que l'un de nous tue l'autre.
MENDOCE
Vous m'eussiei rendu service de me déclarer syr^e-cbamp le sujet de votre visite. J'ai cru, au premier moment, qu'il s'agissait de quelque chose d'une toute autre iniportance, et vous m'avez causé une légère inquiétude. Mais enfin , comme il n'est pw 4#ns mes principes de refuser jamais I4 partie que vous m'offrez,— avant l'arrivée des négociateurs dont vous parlez, à la démarflM àe<4ilif Is vous voulez mettre obstacle, -^ tirez l'^pée.
OQIH AI.VAII,
Je venais pour cela. Vous ne savez pas à quel point il m'importe d'eu finir avec vous au plus tôt.
Mvcnoot^ Eh bieu I le champ est lUire, commeocopif
Ht M battent.
ISABELLE, à part.
Je tombe d'un malheur dans un autre,.. Voir combattre ensemble son amant et son frère, et ne pouvoir les séparer I
MXNDOCB.
Quelle valeur!
DON ALTAM
Quelle adresse!
ISABELI3, d pQrt,
Hélas î je fais des vœux pour tou» les denx ; de chaque fi4(^ «t ma vie, de chaque côté est mon honneur.
Doq AWar se benrte contre vfi Ciuteail et tombe. lieMle evVre wMt et r^tisnt ■eodoee.
DON ALVAR
Ce fauteuil m'a fait tomber.
ISABELLE, voilée.
Arrête, don Juan. ( À part,) Mais qu'ai-je faitf Je n'ai pas été maltresie de me eonieiiir.
DON ALVAR
Vous auriez dû m'avertir qu'il y avait du monde ici.
MKNDOGB.
Puisque c'était pour vous donner la vie^ ne vous plaignez pas ; ce serait moi, au contraire, qui devrais me plaindre, puisque, cette personne vous protégeant, j'ai deux adversaires à la fois... Elle a eu tort de vous secourir; je connais les lois de l'honneur, et votre chute étant l'effet du hasard, je vous aurais laissé relever.
DON ALVAR
Je suis doublement obligé à cette dame, d'abord pour m'avoir sauvé la vie, et ensuite pour m' avoir rendu ce service avant qu'il me fût offert par vous; ainsi, ne vous devant rien, mon courage est tout prêt à recommencer le combat.
MENDOCB.
Il ne tient qu'à vous, don Alvar.
ISABELLE, à part.
Que ne puis-je appeler du secours I
Ils se battent.
On frappe à la porte.
DON ALVAR
On frappe I
MBNDOCE.
Que fairet
DON ALVAR
Que l'on de nous tue l'autre; le survivant ouvrira.
XENDOCE.
C'est bien dit.
ISABELLE
Et moi, je vais ouvrir pour qu'on entre.
MENDOCE
N'ouvrez pas I
N'ouvrez pas I
Isabelle ourre.
Entrent LE GORRÉGIDOR et DON FERNAND.
Le Corridor relient Isabelle qui veut sortir. ISABELLE.
Cavaliers, ces deux hommes que vous voyez là veulent se tuer.
LE gorr]£gidor.
Restez, madame ; puisqu'ils se battent devant vous, c'est vous, sans doute, qui êtes la cause de leur combat. ISABELLE, à part.
Hélas! en voulant les sauver je me suis perdue!
don ALVAR.
Je ne souffrirai point qu'une dame à qui je dois la vie se trouve dans une position f&cheuse; et, d'ailleurs, il me suffira de dire la
vérité. L'amour n'était pour rien dans ce duel ; comme parent d« don Juan Malec^ j'ai voulu le venger.
MENDOCE
Cela est vrai; c'est par hasard que cette dame s'est trouvée chez moi.
LE CORRltoinOR.
Toute querelle devant cesser par les arrangemens dont nous sommes convenus, terminons tout cela sans qu'il y ait de sang versé ; une victoire sanglante n'est à désirer pour personne. — Vous pouvez sortir, mesdames.
ISABELLE, à part.
C'est le seul événement heureux qui me soit arrivé.
EUe kort avec Inèt.
DON FERNAND
Seigneur don Juan de Mendoce, vos parens et les nôtres souhaitent que tout finisse en famille, et qu'une heureuse alliance mette un terme à ces différends. Si vous épousez dona Clara, qui est le phénix de Grenade...
MENDOCB.
Pardon, seigneur don Fernand ; mais je vois beaucoup d'inconvéniens à ce que vous proposez. Puisque dont Clara est un phénix, qu'elle demeure en Arabie; dans les montagnes de Castille nous n'avons pas besoin de phénix..'. Mes parens auraient dû savoir qu'un homme de ma sorte ne se marie point pour rétablir l'honneur d'autrui, et qu'il ne convient pas de mêler le sang des Mendoce à celui des Malec, car ces deux noms réunis ne vont pas bien ensemble.
DON FERNAND
Don Juan Malec est un homme...
MENDOCE
Comme vous.
DON FERNAND
Oui, sans doute, puisque, comme moi, il descend des anciens rois de Grenade; puisque, comme moi, il n'a pour ancêtres que des rois...
* HENDOGE.
Kh bien I mes aïeux à moi étaient plus que des rois maures, car ils étaient montagnards^.
DON ALVAR
Tout ce que dira à cet égard le seigneur don Fernand, je le soutiendrai l'épée à la main.
LE GORR^GIDOR.
Ici il n'y a plus de magistrat, je rederieiM purement cavalier.
* Après la bataille de Oaaiialète, après la conquête de l'Espagne par les Arabes, la jenne noblesse espagnole se réfogta dans les montagnea des Asturies, et, sous la condoite de Pelage, commença immâiatement l'œuvre de la délivrance. On comprend la fierté que pent inspirer à Mendoce vne semblable origine.
J^éUis zuniga en Gastille avant d'être corrégidor à Grenade. Ainsi je déposé le bâton de justice*, et désormais, où et quand vous voudrez, vous me trouverez à cAté de don Juan.
UN DOMESTIQUS.
Voilà du monde qui entre.