SCÈNE U
ITeiaffaia.
Siltrent IMUIKUIIAIUI (AllBimiai«¥A)^ DIK^A iSABBiAB(ftlMHA).
«n^ (9u)e de M ori^QH «t ùm MlifWlwia 9011 nmif AN».
Sur le penchant de cette coUioo e6 la naliiposenhie «voir réHui toutes lee leur», afin quelles reconnaissent toutes la souveraineté de la rose, sur ces gazons verdoyans, 6 n\qn épouse d|érie! tu peux t'asseoir un instant. {Aux Mtuticienf.) Vous autres, chantez; voyons si la music(ue ne vamcra pas S4 ijtiéUncçUe..
ISABKIXB.
Vaillant Aben-Huméya, dont le noble courage i;q VQrroi bientôt couronné non pas seulement dM chêne de l'Àlpujarra, mais des lauriers iq^r^its qui pe crçij^&cti^t q^i^ (Uns \^ p^ift*» ^ Wi hiieiitôl dois soumettre à leur tour les Çsi^gpQls, ma mélancolie continuelle n'est point le mépris du bonheur que m'offrent ta gr^M^uc et ton amour. C'est une disgrâce, une pjmÂtion du destin : car la fortune est si capricieui)^ ^ ^ cpudld, qa'ett» nft nou* aooosde jamais un bien sans nous en faire pay^ ]^ fsix par quelque mal. Oui, crois-le, mon chagrin n'a po|^t ^'aîuce motif. {A part.) Ptùl autoiei^pie ce fût la vérité I {Haut,) Et puiaqiuk» to sort ne m'a envoyé cette mélajDçolie ç^ pou; we^ W^- ^9 moB boulMW, um àm^ ja bo ucsserai jamais de l'éprouver, pM.iaqii.fk JA ve cesserai jamais d'être heureuse auprès de toi.
do» nUMAND.
Si toUç ^t ^ effeW Ipi eaua» de ta tristesie» jane peumi jeraais te CQRSoleiv 4 la» obères Udoral a» contraire, t» tvisteaso croîtra chaque jai^, qar ^<moJQur verra croître ta puisiaiMeelMonamottv. {Àugi Jlfvs{^fl«4j ÂUens» elmitei ; eéiébres ea heaiité. La mdla»colie et la musique furent de tous temps amies. mmciEiis, ehcmkmt»
OflMMi bonheurl d ma joie 1 Ne dites pas à qui vous Aies
JWRNÉE II, toftiii n Mr
Gara votre peu de dmté^
tt 89 wU kîtn fue vwi» Itet è «Hit
BBirent VALBG, DON ALYAR (TVZANI), et DOftA CLABA (VALBGA).
Diop bqnheuî 1 1 mf joie 1 He dites pas à c[ui Tom étQs...
DON ALTAR
Gur à votre peu as «kirée,
R m voit bien ÇM iNMM êtae k «li
\Êfk iMt9ntttHi% ofuMn^nt 4^ i'Niflt pw4mI W H^M wNVMlÉt ttAEA, éjMMTl.
Ce ohMH n'« pteiMii d'u»« iodkiUa teoliM.
Au mome&t où mon père TeMaU traiter de mon mariage I Au moment où l'amour «waeMialt ^ni» 4
9<M»)ieiv qnft i'iipMi» ^«tei«
BON AhlÀM^
Écoutei, désirs impatiens.
Oui, à vetM peu de durée.
Il se Toit bien cpia voi» êlee à «ai.
KALSc, ààBnFêrnand.
Seigneur, puisque l'Amour s'est toi^fauM plu à mè ter sta joui aux jeux sangians de Mars, je tomI» te prévenir cpie je marie enfin Maléca.
DOK MWAND.
Et quel est celui à qui tu accordes sa main ?
Ton beau-frère Tuzani.
DON FBRNAND.
J 'approuve fort cette union, ^sais leur tendresse mutuelle; ju saia qa'ib ne powtaieiit pas ¥lvre fun sans l'autre. Qà soii*-i)s?
Doa Ahmr «1 dona (Xitra sHipprochent.
Me voici à vos pieds.
non AlVAB.
Ftrmetaquftie kaise ta main.
DON FBBNAIfD.
Non pas, viens dans mes btas. Et puisque d'après la loi de l'AV «oran, do»t noo^ avons repria Tobset vanee, il n'y a p^Mv la eonsécMtian du manage 4 autee cépémonW que la éélâvranso 4ea arrbai^ je déiiw.piaTojHMiikséowM an «% présenta à iBlMllallaééoa.
DON ALVAR
Tout ce que je puis t'oflHr est indigne de toi , car rien au monde n'égale ton divin éclat. Aussi en te donnant des diamans, à toi qui es le soleil de ma vie, je ne fais que te rendre ce qui t'appartient. — Voici un Cupidon armé de ses flèches : même formé de diamans, Cupidon cède toujours à ton pouvoir. Les perles qui composent ce collier sont, dit-on, des larmes de l'Aurore : en te voyant, TAurore donnerait de nouvelles perles, parce que, jalouse de toi, elle en verserait des larmes. Cet aigle d'émeraudes qui, par sa couleur, indique mon espérance, te regardera d'un œil timide, se rappelant que l'aigle seul a le droit de regarder fixement le soleil. Cette chaîne dé rubis servira à retenir tes cheveux : pour moi je n'en ai plus besoin ; j'ai désormais enchaîné la fortune. Enfin ce souvenir... mais non, ne l'accepte pas ; car tu conserveras, j'espère, le souvenir de Tuzani sans que lui-même le demande.
CLARA
J'accepte les arrhes, Tuzani ; et, reconnaissante de ton amour, je te promets de les garder jusqu'à la mort.
ISABELLE
Et moi, je vous fais mon compliment à tous deux sur cette union. {A part,) Hélas ! elle augmente encore mon déplaisir.
MALEC.
Allons, unissez vos mains comme vos âmes sont unies.
DON ALVAR, à Clara, Laisse-moi me mettre à tes pieds.
Non, laisse-moi sur ton oœnr.
DON ALTAm.
bonheur 1
joie I
An moment où iU unissent leurs mains on entend le l>niit do tambow. TOUS.
ciel 1 qu'entends-je ?
HALBG.
Ce bruit qui résonne dans ces montagnes comme le tonnerre, ce sont les tambours espagnob.
DON ALVAR
Qui jamais éprouva une telle disgr&ce?
DON FBRNAND.
Que la fête soit suspendue jusqu'à ce que nous sachions ce qui se passe de nouveau.
DON ALVAR
Hélas! seigneur, ne le vois-tu pas? Quoi de plus nouveau que mon bonheur? Au moment où le soleil commençait à briller dans mon ciel, les armes de l'Espagnol viennent éclipser ses rayons.
Entre ALCOCZCOUZ, portant une besace.
ÀLCOUZCOUZ.
Grâces a Mahomet et à Allah, me voici enfin à vos pieds.
DON ALYAR.
D*où Tiens-tu donc, AJcouzcouz?
ALCOUZCOUZ.
Maintenant être tous réunis.
DON FBRNAND.
QueVest-ilarriTé?
ALCOUZCOUZ.
Moi aujourd'hui être à mpn poste, lorsque tout-à-eoup arriver, comme en poste, un Espagnol qui me prendre par derrière. Avec deux autres, lui me mener vers don Juan qui est arrivé; moi, feindre le crétin, et dire croire en Dieu ; alors eux point tuer moi, et moi rester captif du soldat, qui pourra hien s'en vanter. Lui, en cachette de ses camarades, me demander à moi le chemin de l'Alpojarra, et moi, pas bête, lui répondre que moi Ty conduire. Lui me donner à porter sa besace, où avoir mis son dîner, et puis tous deux entrer dans un petit sentier. Mais quand nous voir bien seuls, moi prendre mes jambes a mon cou et m'enfuir dans la montagne, et lui demeurer sans captif et sans diner. Lui vouloir me suivre ; mais une troupe de Mores être venue, et lui s'en retourner. Alors moi venir te dire que don Juan-qui-triche être tout près dans la campagne, et avec lui le grand marquis de Montèche, le comte de la Belette, le marquis de Luzbel, et celui qui dompte les soldats les plus flegmatiques, don Lope Figure-de-Roi, et enfin don Sanche-Devine ^ Tous aujourd'hui marcher sur l'Alpojarra contre toi.
DON FSRNAND.
Il suffit. [Aux Horisques,) Une semblable nouvelle est faite pour plaire à notre courage.
* ISABELLE
Déjà sur le penchant de cette haute montagne, derrière laquelle le soleil va éteindre sa clarté, on voit confusément descendre les escadrons armés qui foulent notre territoire.
MALEC.
Grenade a réuni tout ce qu'elle a pu de troupes pour cette expédition.
' Nous avons dëjft remarque que Alcouzcouz arrange à sa guise les noms propres comme il arrange la syntaxe.
E yo venir con aviso
Dt que yd muy eerca dexo
Don Juan de Andustria en campana
À quien âecir que acompana
El gran marques de Mond^o
Con el marques de Lu»M,
Tel que frematicos doma
Don Lope f^ura-Aoma,
YSaneho-devil conel, ete., etc.
DON FBBNAlfD.
Le monde, et même plusieurs mopdes, seraient peu pour nous vainere, 9XQX& même ^e celui qui marehfl pur outre impiaitrable retraite serait le fils de Mar| au jieit (fètre celui de Charles-Quint. Qu'ils couvrent d'apprêts milit^irfip 1^ «bflnç mWk^ âft ocs wontagnes, ces montagnes seroot leu(f tpmbeaux, et ces rochers leur serviront de monumens funèbres. Et puÙQUil AAQa la forHlRO nous offre l'occasion de les comb9t(r9i <m'iU pous trouvent sous les armes, prêts à lutter contre toutes leurs forces. Pour c«lt, qu« «hacun retourne à son poste. Toi, Malee, à Oalère ; toi, Tuzani, à Gabia; moi, j^ (fl(9 è ReTJ«> Que ccilui de nous sur qui le destin f^ra tomber le premier ohofi dei chrétiens compte sur U protection d'Allah, car c'eiït U caupe d'AUah que nous défendons. Retouvne à Gabia, mon cher Tttiapi, et ees fêtes qu'attend ton amour Impatient, nous les ç^léhreropfl «près la victoifftt.
T91V iPFMKilt Motpté dou Jd'wt, deia Clara, AImuimu et BAitrii {Un).
O m»n boBhevr! 6 ma joie!
Ne dite» pu à qui tous êtes.
BOM ALViU.
Gap à vetre peu de durée.
Il se voit bien ^e vous êtes à mol.
CLARA
Félicités trompeuses, Qui espûea avaat do voirie ]oiir.
Bon ALVAR.
Rose» eueHUes ayant le temps.
Fleurs tombées avant le Jour ,
Si fanées et flétries , Vous tombez au pvemler souffle,
DOM ALVAR
Ne dites point que vous donnez le boqheur ,
CLARA
Puisqu'on lie peut voçs posséder.
Non , non , mon bonheur , ma joie, Ne dites pas k qui vous êtes.
Car à votre peu de durée U se voit bien que vous êtes à moi ' ,
IHm ÀLVAft.
Dans un si grand ennui, j'ose à peine, obère Maléca, t'adresser la
• Nous avons cro devoir abréger cette espèce d« dno, <iu\ ne pfut avoir de cbarme qu'écrit en vert espagnols, et par Gal4eroQ.
JOUmiÉB II f BGëNB llr 2IMI
parole. Hétasl au moment où l'amour me promettait la victoire la plus douce et la plus désirée) voilà etiooro Hmmi espoir ajoufhé. Ausd dois-je m« lair», ear ma bottche serait impuissante à t' exprimer les sentimens qui agiteut mon cœufi
GUAké
Oui, mon ami, garde le silenCé) il eontient mieux à une situation aUMl trlfftè. Il d'aiiliui^ à moi-'itléme il Me Mrêll dlffleile de t'eis^ tendre ; car mon esprit, préoccupe de mes chagrins, pourrait difïicilem«fit prlier ion âtteiittoti à tes pAroleé. QtioUe iafbftiibé qttë h nôtre, puisqu'elle nous refuse, à toi de Éie dollfltlr^ à ttiOl d'ëCdUtër des consolations 1
sdir AiitAHi
Le roi m'envoie à Gabia lorsque tu restes à Galère ; et l'amoUP^ vaincu par l'honneur, cède en gëMiilInt à sa puissance. Demeure donc iei, ô mun iSpottMl idni la protieilon pAUtfhelle; et faése le ciel que l'ttifieûii ^ttl tioiis menace tourne lei (breêi eofktre le pajrg où je vais, en respectant les lieux que tu habites I
Ainsi donc je ne te verrai pltfi Jusqu'à la fin de cette.guerre?
BOlt AIitAll.
If on piif Je tteadnl te f olr toutes les nuiu. Leii detii piaeei ne sent séparées que par Une dietenee de deui lietMsi Celte diiudcei mon amour la franebife rapidement»
Oui, je sens moi-même ((tie ûti dbiUdes plus grands encore ne l)Ouff<iiêfit pek àtrfttet Vamotif. MôI, chàqtlê noir Je t'iitteûdnii kUr le bAut du rempart.
tan ALtiH.
Et moi, «fir de ta tefidreéie, j'irai fou« le» sain à readroit indU que... Âdléû... Mail eu uoub ié^farant^ douuei-âôt «à balier pour gage dé le foi.
(M eaiëtid en MWt gb tieib«»Ufi CVASAc
Hëlasl voilà le tambour qui rësdnne de n^uveeut
DON AtVAR.
Quel contre-tempe!
Quelle disgrâce!
MM ALtAlU
Quel ennui!
n*ukiL^
QueieiiKHnr
DOH AtVAft.
C'est dono là aimer?
CLARA
C'est mourir.
2S2 AIlfER APRÈS LA MORT.
DON ALYAR.
HéUf I l'amour n'est qu'une pénible mort.
lU corieDt. Àloonioou nste avae Bëslrix« BliATRIX.
Puisque noug voilà seuls, approche, Alcouzcouz.
ÂLGOUZGOUZ.
Cette amabilité, ma petite Zara, être pour le bissac ou pour moi?
BélTRIX.
Quoit toujours le même!... toujours sans souci lorsque tout le monde est dans la tristesse I —Ecoute.
ALCOOZCOUZ.
Cette gentillesse, ma petite Zara, être pour moi ou pour le bissac?...
■iATRIX.
C'est pour toi. Mais puisque tu manques ainsi des égards que tu dois à mon amour, je yeux Toir ce qu'il y a dans le bissac.
ALCODZGOnZ.
Alors la chose être claire. C'était pour lui et non pour moi.
BÉATRIX
Quoi! voilà du porc! tu ne crains pas de porter cela avec toi T — Ciel! que vois-je? du vin!... — Tout ce que tu as là, Alcouzcouz, est du poison. Je ne veux ni le toucher ni le voir; et toi, prends garde ; tu es perdu pour toujours si tu en goûtes.
Elle sort.
ALcoozcoDz, seul.
Tout cela être du poison ! ~ Oui, il faut le croire, Zara le dit, et Zara se connaître en poison. Puis Zara l'avoir vu, et Zara, qui est si gourmande, n'avoir pas voulu le goûter... oh! oui, c'est du poison.— Le crétin, sans doute, avoir voulu tuer Alcouzcouz... Oh! le vilain ! Mais le grand prophète Mahomet m'avoir délivré parce que moi lui offrir d'aller à la Mecque voir son jambon. (Bruit de tqmbour,) Bon ! encore le son de ces damués tambours 1 et puis toute la montagne pleine de soldats 1 Moi courir vers Tuzani. — Y a-t41 quelqu'un ici qui vouloir de mon poison ^?
Il fart.