Partie. Mais c'est une jument de parole, et elle revenir à linstant
DON ALYAR.
Vive Allah ItraUre...
ALGOUZCOnZ.
Vous, pas toucher moil car moi être empoisonné, et moi par mon
DON ALYAR.
ru vas mourir, misérable !
ci-ARA, voulant retenir don Alvar, Arrête!... {Elle se blesse.) HélasI... ahl Tuzani.
^ , , DON ALYAR.
Qu est-ce donc?
CLARA
En voulant te retenir, je me suis blessée à la main.
^ . DON ALYAR.
sa vie va payer ce sang.
Mi AIMËB APRÈS LA MORT.
Au nom du ciel, épargne-le.
DON ALVAa.
Ta prière peut tout sur moi. -^ La btesauro eat-elle profonde f
Ce ne sera rien.
DOH AI.TAR.
• Labie-moi entelopper ta main de ce mouchoir.
CLARA
Mainteoant, tu le vois, je ne puis t'aoeompagner. Pars seul aujourd'hui. Alors même qu'on aurait mis le siège derant Galàre, elle ne sera pas prise en.un jour; et demain je vais avec toi.
DON ALVAIU
Dans cet espoir, j'obéis.
CLARA
Qu'Allah te garde I
DON ALVAR
Sans toi que feraif-je de la vie?
ALCOUBGOUZ.
Si toi vouloir mourir, moi «voir encore un peu de poison qui être fort doux«
AUons, adieu.
MHfiJUfAA.
Je pars dtfiolé.
£t moi, je demeure affligée.
DON ALTAH.
Quelle est l'étoile funeste qui, suspeadtat toujours mon bonheur, s'interpose entre nous deux ?
Quel est le sort ennemi qui, mettant obstacle à mes vœux, suscite deux fois une armée chrétienne pour troubler toute ma joie?
ALCOUZGOUZ.
Quel état que le mien ! Tout le monde dire que le sommeil et la mort c'est la même chose... et c'est bien vrai, car moi savoir oas si moi être mort ou endormi.
JOURNEE III, SCÈNE I. a«9
JOURNÉE TROISIEME
SCÈNEL
Les environs de 6alère«<-41 «t mit.
Entre DON AJLYAR. ALQOVZCOVZ dort étendu dans on coin da théâtre.
nos ALYAR.
Nuit sombre et froide, c'est à ton silence que npion espérance confie mes entreprises, mon amour son bonbeur, mon âme sa victoire ; car bientôt, plus brillante que les étoiles, et t'éclaij|ant de sa vive clarté, Maléca, ma douce proie, se trouvera dans mes bras amoureux. Porté sur Taile du désir, me voilà arrivé sous les murs de Galère. Que ce ravin profond, que la nature entoura sans art d'impénétrables labyrinthes , soit pour cette nuit l'asile de mon coursier fidèle; et puisque personne ne me voit, attachons-le à cet arbre, qui me le gardera mieux que ce misérable qui la nuit passée... Tout alarme un cœur amoureux. {Il se heurte contre Alcouzcouz et chancelle,) Oui, cet accident même m'inquiète, et je regarde comme un funeste augure, au moment où je veux m'approcber du rempart, que mon pied ait trébuché contre un cadavre. Tout ce que j*ai vu, tout ce que j'ai rencontré aujourd'hui, me remplit de tristesse, d'horreur et d'épouvante... Hélas! pauvre infortuné qui as trouvé ton tombeau au pied de la montaghe! Mais non, heureux, heureux mille fois, toi que la mort a pour jamais afiflranchi des ennuis qui m'accablent I
ALcouzcooz, M réveillant.
Qui marcber sur moi?
DON ALVAII.
Que voîs-je ? Qu'entend6-je ? Qui cs-tu ?
ALCOUZCOOZ.
Alcouzcouz, à qui toi ordonner de t'attendre avec la Jtimetit, et être resté ici sans que personne m'avoir vu. 11 être bien tard pour retourner à Gabia ; mais toujours les amans paresseux pour, revenir.
ftON ALTAIl.
Que fais-tu ici, Alcouzcouz?
ALGOtZCOtiZ.
Comment toi le demander, n moi t'atfefiéfe l«l ae^ttis que toi être entré par la poterne pour voir Maléea?
SIIK ALTAR.
A-t-OD jamais vul... Quoil tu serais resté là< depuis liiec anioir?
ALCOUZCOUZ.
Pourquoi toi parler d'hier au soir? Moi m'étre endormi tout-àrheure, après avoir pris du poison de peur que mon maître ne tuât moi à cause de l'escapade de la jument. Mais puisque la jument être reyenue, et que moi n'être pas mort du poison, Allah soit loué, et partons l
DON ALYÀR.
Que Gontes-ttt là? Ta étais ivre la nuit passée.
ALCOUZCOUZ.
Oui, si le poison rendre ivre, moi l'avoir été. Moi avoir la bouche sèche comme pierre à fusil, et la langue comme amadou.
DON ALYÀH.
Va-t'en ; je ne veux pas qu'une autre fois ta sottise me fasse perdre mon bonheur. Hier je manquai^ à cause de toi, l'occasion la plus heureuse: je ne veux pas, par mon imprudence, éprouver aujourd'hui la même dis£;ràoe.
ALGOUZGOUZ.
Pas ma faute, à moil... faute à Zara, qui m'a voir dit que c'était du poison, et moi m'avoir empoisonné pour mourir.
On entend du brait.
DON ALYAA.
J'entends du monde qui vient de ce côté. — Cachons-nous en attendant qu'on aoit pasié.
Ib M cackent.
Entre 6ARGÈS avec d'autres Soldats.
OARcàs.
Voici l'ouverture de la mine qui se prolonge sous le rempart. Approchez, approchez en silence ; placez-vous, personne ne nous voit. — Voilà que j'ai mis le feu. Maintenant, éloignons- nous jusqu'à ce que le rocher éclate en nuages de fumée et de poussière. Puis, aussitôt après l'explosion, nous nous élancerons sur la brèche qu'elle aura faite, et nous nous y maintiendrons jusqu'à l'arrivée de nos camarades, qui sortiront, au moment convenu, de l'embuscade où ils sont cadiéf •
Ils sortent.
DON ALTAR
A»-ta entendu ee qu'il a dit?
ALCOUZCOUZ.
Mol, rien entendu.
DON ALVAR
C'est sans doute une ronde qui parcourt la montagne, et j'ai dft me soustraire à ses yeux. Sont--ils partis ?
ALCOUZCOUZ.
Vooa pouvoir— Toir.
DON ALVAH.
Approchons-nous du rempart. (On entend comme le bruit d*une arme à feu,) Qu'est cela ?
ALCOOZCOUZ.
Le canon avoir une bouche qui parler bien haut ; mais moi ignorer son langage. {On entend V explosion de la mine,) Mahomet! prolége-moi, et qu'Allah te le rende!
DON ALVAR
On dirait que la terre entière vient d'être ébranlée sur les pôles qui la soutiennent.
DON LOPE, du dehors, La mine a éclaté. Tous, tous, en avant! à la brèche!
DON ALYAR.
Où suis-je, grand Dieu 1... Comment ces montagnes ont-elles pu enfanter ces horribles volcans?
ALCOUZCOUZ.
Moi n'aimer pas ce feu ni cette fumée *.
DON ALVAR
Hélas! quel malheur! quelle affreuse situation!... Déjà la ville est dans la confusion d'une alarme imprévue ; de tous côtés des hommes d'armes la parcourent, et peut-être bientôt sera-t-elle saccagée, renversée de fond en comble. Serais-je noble, serais-je amant, si je ne m'élançais point au milieu des flammes, en gravissant les débris de ces murs ? Qu'au milieu de ce désastre je puisse sauver la belle Maléca, peu m'importe ensuite la ruine de Galère et celle du monde en lier I
Il sort.
ALcouzconz.
Moi n'être ni noble ni amant, si dans cette bagarre moi ne pas sauver Zara. Mais c'est un petit malheur de n'être ni amant ni noble. Moi d'abord sauver ma peau, et ensuite tant pis pour Galère et pour Zara!
Il son.