‹ CalderonChapitre 75 sur 93 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

L'intëriear du corps de garde.

Entrent DON ALYAR ET ALGOUZGOUZ, les mains liées derrière le dos.

ALCOUZCOUZ.

A présent que tous deux être seuls et que moi pouvoir parler, moi vouloir te demander, seigneur Tuzani, pourquoi toi avoir quitté l'Alpujarra et être venu par ici. Était-ce pour tuer ou pour mounr?

DON ALYAR.

Pour moorir après avoir tué.

ALCOUZCOUZ.

Toujours homme se repentir de s'être mis au milieu d'une qae» relie.

DON ALVAR

Gomme je ne me sentais pas coupable, je n'ai pas voulu me défendre ; sans quoi, avec le courage qu'il y a dans mon cœur, mille soldats ne m'auraient pas arrêté

ALconzcouz.

Moi, pourtant, avoir parié pour les mille,

DON ALVAR

Enfin j'ai perdu l'occasion de voir le lâche qui a pu se vanter d'avoir en ces bijoux en tuant une femme.

ALConzcouz.

Ce n'être pas le pire. Le pire, c'est que Ton a envoyé chercher le confesseur. — Mais comment nous confesser, si n'être pas chrétiens ?

DON ALVAR

Puisque je dois périr, je veux du moins vendre cher ma vie.

ALC0DZC0UX«

Qu'est-oe donc que toi vouloir faire ?

DON ALVAR

Tuer la sentinelle.

ALCOUZGOm.

Bt comment, si toi n'avoir pas tes mains?

DON ALVAR

Né pourralt-tu pas avee tes dents délier ou déchirer la corde qui m'attache les mains par derrière? Ensuite je me servirai de mon poignard que je porte toujours sous la ceinture, et que j'ai heureusement aouitriût aux recherches.

ALCOIJZCOIIZ«

Avec lei dental et par derrière! l'ouvrage n'être pas du tout igréahle *•

DON ALVAR

Hâte-toi. Tu m'entends? Dénoue ou déchire,

ALCOUZCOUZ.

Oui, monseigneur.

DON ALVAR

Ne t'inquiète pas. Je regarde si tu es observé.

ALC0I[7ZG0UZ.

Fini. A votre tour.

DON ALVAR

Je ne puis. On vient.

' Por (brroc, y dtenteêl Nù

Bstar muy limpia la rrasa, Liitéralemeal, lu mot limpio veut i\\io propre.

ALCOUZCOCZ.

Ainsi moi être toujours avec les mains atlaehées et la langue liée.

Entrent GARGÈS'ët UN SOLDAT. Garces est enchaîné. LE SOLDAT.

Ceux que vous voyez là, c'est votre camarade qui a si bravement tiré pour vous l'épée, et son domestique qui est muet, GARcès.

Quoiqu'il me fâche de m'ètre laissé prendre, cependant je m'en console en songeant que j'aurai l'occasion de délivrer celui qui m'a sauvé la vie. Je me dénoncerai plutôt que de le laisser dans la peine. Vous, mon cher, veuillez, je vous prie , dire à monseigneur don Juan de Mendoce comme quoi je suis ici en prison t et que je désire qu'il m'accorde la faveur de venir me voir. Je veux le prier de demander ma grâce au seigneur don Juan d'Autriche. On ne me la refusera pas après les services que j'ai rendus.

LE SOLDAT

J'irai le lui dire dès que j'aurai fini ma faction.

DON ALVAR, à AlcOUXCOUX,

Regarde, sans faire semblant de rien, quel est le pouvel hôte que le factionnaire vient de conduire ici.

ALCOUZCOUZ.

Moi le regarder tant qu'il plaira à vous. {Heconnaissant Garcis,) ciel!

DON ALVAR

Qu'est-ce donc ?

ALCOUZCOUZ.

L'homme qui être arrivé là...

DON ALYAH.

Eh bien?

ALOOOZCOUZ.

Moi être rempli d'épouvante.

DON ALVAR

Parle donc.

ALCOUI0OV2.

'Moi mourir de peur.

I»ON ALTAR

Explique-toi.

ALCOIVOODZ.

Il être le crétin de qui moi prisonnier et à qui moi voler le poison. Lui, sans doute, avoir appris que moi être ici, Mais lui Tavoir appris ou non, moi toujouri eacber mon visage afin que lui pas me reconnaître.

Il se couche coname pour dormir.

GARCÈS, à don Alvar.

Camarade, je suis affligé, croyez-le, de vous trouver ici i car, swii

me connaître et sâns que je tous eusse jamais rendu service, vous m'avez sauvé la rie. Une seule chose pourrait me consoler, vive Dieu ! c'est l'espoir que je ne vous serai pas inutile pour sortir de prison.

DON ALTAR

Dieu vous garde l

ALCOuzcouz, à part.

Mon homme le prisonnier être aussi celui de la querelle. Moi ne l'avoir pas reconnu dans la mêlée.

GARcàs.

Soyez sans souci, caTalier. J'ai contracté envers vous une obligation sacrée , et je périrais plutôt que de vous voir puni pour un délit dont moi seul suis coupable.

DON ALVAR

Je m'en rapporte à votre loyauté. Mais, s'il faut tout vous dire, ce qui m'inquiète, ce n'est pas ma prison ; c'est qu'en intervenant dans votre affaire j'ai perdu l'occasion d'exécuter le dessein qui m'a conduit au camp.

LE SOLDAT

Vous ne risquez la mort ni l'un ni l'autre. J'ai toujours entendu dire, et vous savez cela comme moi, que dans les événemens de ce genre, lorsqu'il y a plusieurs complices et qu'il n'y a qu'un homme blessé ou tué, et qu'il n'y a eu ni préméditation, ni trahison, l'on ne condamne à mort qu'un des accusés : le plus laid. ALconzconz, à part.

Pour avoir dit cela, lui, moi vouloir qu'il creyàt.

LE SOLDAT

Ainsi, aujourd'hui, de tous trois c'est le muet qui mourra.

ALCouzcouz, à part.

Oui, cela être clair, commQ si moi être plus laid que les' deui autres!

GARcis.

Après le service que j'ai reçu de vous, oserai-je vous demander une nouvelle grâce ?

ALCOuzcouz, à part.

Quelle coutume baroque de faire mourir le plus laid! ^

GARCÈS.

Pourrais-je savoir à qui je dois la vie?

DON ALVAR

Je ne suis qu'un soldat, et je suis venu ici en volontaire uniquement pour chercher un homme à qui j'ai à parler. Voilà ce qui m'a conduit au camp.

ALCOUZCOUZ, à part.

Le plus laid devoir mourir !

GARcès.

11 me semble que je pourrais vous donner quelques renseignemens utiles. Gomment s'appelle votre homme?

JOURNÉE IIL SCÈNE V. 2n

DON ALVAR

J'ignore son nom.

Dans quel terce sert-il ?

Je Fignore.

GARCis.

DON ALYAR.

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