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que ces Anglais d'outre-mer, de fabriqua étrangère? Mais il n'ignorait pas ce qui en était. On jouait là une mauvaise pièce pour le vexer, et il jurait de s'en venger sur eux tous d'une belle manière. >j
Si AI. Tyrrel avait cette opinion de M. Falkland, il trouvait ample matière à exercer sa patience dans les discours de ses voisins sur le même sujet. Tandis qu'il ne voyait rien en M. Falkland qui ne fût digne de mépris, ceuxci semblaient ne pouvoir se lasser de chanter ses louanges. Que de dignité, que d'affabilité dans toutes ses manières ! quelle attention continuelle pour les autres ! quelle délicatesse de sentiments et de langage ! Savant sans ostentation, poli sans fadeur, gracieux sans afféterie î Occupé sans cesse à prendre garde que sa supériorité en fortune et en talents ne pesât sur les autres! Qu'en résultait-il? qu'on la reconnaissait d'aulant mieux, bien loin d'y porter envie.
Il n'est pas besoin de remarquer ici que cette révolution qui s'était faite dans les idées de cette société rustique est une des conséquences les plus ordinaires de la nature des choses. Les essais les plus grossiers, les premières ébauches de l'art excitent d'abord l'admiration , jusqu'à ce qu'on nous présente un travail plus fini, et
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alors nous nous étonnons nous-mêmes de la facilité avec laquelle nous nous étions laissé charmer. M. Tyrrel se figurait que ce subit enthousiasme n'aurait point de terme, et d'un moment à F autre il s'attendait à voir tout le voisinage tomber aux pieds du nouveau-venu comme devant une idole. Le moindre mot d'éloge échappé par hasard en faveur de son rival lui faisait subir la torture des démons; son état était une sorte de convulsion ; ses traits s'altéraient et ses regards devenaient effrayants. Un pareil état de souffrance aurait aigri le caractère le plus doux. Que ne dut-il pas opérer sur une âme de la trempe de celle de M. Tyrrel, toujours hautaine, bouillante et implacable ?
Les avantages de M. Falkland ne diminuèrent point en perdant même le relief de la nouveauté; tous ceux qui avaient à se plaindre de la tyrannie de M. Tyrrel venaient aussitôt se ranger seus la bannière de son adversaire. Les femmes mêmes, quoique traitées par ce galant campagnard avec plus de douceur que les hommes, étaient pourtant exposées de temps à autre aux écarts de son humeur insolente et capricieuse. Elles ne pouvaient s'empêcher de remarquer un contraste entre ces deux champions rivaux, dont l'un semblait uniquement occupé de ses