CHAPITRE IV. 6:t
pectivement; que ce soit là notre traité, et, par une condescendance réciproque, arrivons à nous donner mutuellement la paix. »
En disant ceci, M. Falklandlui tendit la main en signe de concorde; mais ce geste était trop significatif: le farouche Tyrrel, qui semblait un peu ébranlé par ce qui avait précédé, se sentani alors pris comme par surprise, recula quelques pas. M. Falkland, à ce nouveau trait de rudesse, fut sur le point de prendre feu, mais il eut la force de se contenir.
« Je ne comprends rien à tout ceci, s'écria M. Tyrrel; pourquoi, diable, me pressez-vous comme cela? Il faut, pardieu, que vous ayez làdessous quelque intention de me faire donner dans le piège.
— Mon intention, répliqua M. Falkland, est franche et honnête. Pourquoi voudriez-vous vous refuser à une proposition dictée par la raison et conforme également à votre intérêt cpmme au mien ? »
M. Tyrrel avait eu le temps de se remettre, et il était revenu à son caractère habituel.
ce Bien, bien, monsieur; je dois convenir qu'il y a là quelque franchise. Et moi je vais de mon côté vous rendre la pareille : mon humeur est un peu rude, n'importe pourquoi ni comment;
M GALEB WILLIAMS.
je n'aime pas à être contrôlé. IVul-êlre trouvcrez-vous que c'est une faiblesse; mais, certes, je ne me changerai pas, je vous en réponds. Avant que vous vinssiez dans ce pays, j'y vivais fort bien, j'aimais mes voisins, et j étais bien vu d'eux. A présent c'est tout autre chose, et, tant qu'il en sera de même, que je ne pourrai faire un pas hors de chez moi sans vous trouver sur mon chemin et sans endurer tous les jours quelque nouvelle mortification , où vous êtes toujours pour quelque chose de près ou de loin, je suis résolu à vous haïr. Ainsi, monsieur, si vous voulez vous en aller hors du pays, du royaume même, au diable, si cela vous fdil plaisir, de manière que je n'entende plus parler de vous, je vous donne ma parole de ne pas vous chercher la moindre querelle de ma vie. Alors on pourra prôner vos vers, vos rébus, vos couplets, vos balivernes, comme la chose la plus merveilleuse, sans que je m'en mette en peine le moins du monde.
— -Monsieur Tyrrel , soyez raisonnable. \e pourrais-je désirer votre éloignement comme vous le mien? Je suis venu vous trouver comme mon égal et non comme mon supérieur. Dans la société des hommes, il y a des choses à supporter et des devoirs à remplir. Personne ne