CHAPITRE IX. Ki
et il frémissait à ridée que la tyrannie du riche pouvait flétrir pour jamais ses plus chères espérances.
Dès ce moment, il sentit son cœur abattu. Jusque-là il s'était lié à son industrie et â sa persévérance pour arracher les misérables débris de sa fortune à la basse et jalouse rage de son seigneur. Mais ces efforts de courage, que sa situation exigeait plus que jamais, il ne se sentait plus l'énergie nécessaire pour les soutenir. M. Tyrrel poursuivait sans relâche ses projets infernaux; les affaires de Hawkins devenaient de jour en jour plus désespérées, et le squire, toujours aux aguets, saisit la première occasion de faire séquestrer les déplorables restes de la propriété du pauvre laboureur, faute de payement des fermages.
L'affaire en était précisément dans cet état, lorsque par hasard M. Falkland et A\I. Tyrrel vinrent à se rencontrer dans une route de traverse, près l'habitation de ce dernier. Ils étaient à cheval, M. Falkland allait à la maison du malheureux fermier, qui semblait près de succomber sous l'opiniâtre tyrannie de son maître. 11 venait d'apprendre l'histoire de cette persécution ; dans le fait, c'était encore un surcroit d'infortune pour Hawkins, que M. Falkland,
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dont le crédit et les bons offices auraient pu le sauver, eût été absent du pays pendant un assez long espace de temps. M. Falkland avait passé trois mois à Londres, et de là était allé voir des terres qu'il possédait dans une autre partie de l'Angleterre. Le caractère fier et entreprenant du pauvre fermier le disposait toujours à compter sur lui-même et sur ses propres forces le plus longtemps possible. Il avait évité de s'adresser à M. Falkland , ou plutôt dans le commencement de la querelle il souffrait tout sans se plaindre, ni communiquer à qui que ce fût sa lâcheuse situation ; et quand enfin les choses en vinrent à une telle extrémité, qu'il se sentit porté à se départir un peu de sa première persévérance, il se trouva qu'il n'était plus temps de recourir à cette intervention. Enfin M. Falkland avait reparu sans être attendu, après une assez longue absence; et parmi les premières nouvelles du pays, ayant appris les malheurs de l'infortuné fermier, il avait résolu d'aller dès le lendemain malin chez lui, et de le surprendre par l'offre de tous les secours qui étaient en son pouvoir.
Dans cette rencontre inattendue, à la vue de AI. Tyrrel, un mouvement d'indignation lui lit monter le l'eu au visage. Sa première idée, à ce