II
de Tordre de Cîteaux du monastère de Félix-Pré, près Givet, y furent établies, mais retournèrent en 1464 à Tinstance de Louis de Lamarck, comte de Rochefort, à Félix-Pré remplacer les religieux du même ordre qui s'y trouvaient et qui se rendirent à Saint-Remy.
•L'abbaye, enrichie par de nombreuses donations, fut pillée par les Lorrains en 1650, mais eut peu à sou£frir sous la république, et les religieux au nombre de neuf, rentrés de Témigralion, furent remis en possession de leurs biens en 1796.
Dans Téglise, dont on ne voit plus qu*une partie du portail, étaient les tombes des comtes de Rochefort (I).
5^ octobre. — {Saponaria officinalis.) SS. Anges gardiens.
Dans Torigine on célébrait cette fête simultanément avec celle de saint Michel, archange, le 29 septembre, mais depuis environ deux cents ans elle a été transférée au 3 du mois d'octobre.
Ce jour-là, il y avait annuellement à Bruxelles, une procession sortant de Téglise des Dominicains, et à laquelle on portait la statue de Jésus-Christ. Après quelques tours de rue, la procession repassait devant la même église d'où sortait alors la statue de la Vierge, et au moment où celte image approchait de celle de notre Seigneur, on lui levait le voile et on lui faisait faire une révérence. Puis, les deux statues accompagnaient la procession qui continuait sa marche. Au commencement du dix-huitième siècle où il fut mis fin à tant de processions, on fit également cesser celle-ci (2).
(1) Vasse, pp. 55-58.
(2) Cornet, p 265. Schayes, p. 464.
Dans les douze communes, dont les églises paroissiales sont consacrées en Thonneur de saint Léger, on célèbre la fête de ce saint évèque d*Âutun, qui a donné son nom à deux villages, dont Tun est situé dans le diocèse de Namur, et Tautre dans celui de Tournai.
A Enghien, dans le Hainaut, commence ce jour-là une foire qui est assez considérable et dure dix jours.
Suivant une croyance populaire, qui est facile à expliquer, les. laboureurs n*aiment pas à semer le jour de saint Léger, de peur que les épis ne soient trop légers (1).
A Namur commençait autrefois la foire franche, dite « fête de Herbattes » qui durait jusqu*au 27 octobre.
Cette foire, que Ton trouve mentionnée dans un manuscrit de 1265, paraît d'origine fort ancienne, bien qu*on ne connaisse pas la charte qui l'institue. Au seizième siècle elle s'ouvrait la veille de la saint Denis, mais vers le milieu du dix-septième siècle, elle fut remplacée par la foire actuelle qui se tient depuis le 2 juillet jusqu'au 16 du môme mois (2).
3 octobre.— {Belenium pubescens,) Saint Cyprien; saint Denis; saint Gérard; saint Piat.
Saint Gérard, issu de la famille des ducs d'Austrasie, fonda la célèbre abbaye des Bénédictins à Brognes, où il mourut en 958 comme premier abbé et où il fut depuis honoré comme patron.
(4) Salgues,t. I, p.454.
{ï) Recherches sur les anciennes fôtes namuroises, par J. BorgDet, pp. 54-64.
Saint Piat, Tun des saints patrons de Tournai, naquit à Bénévent en Italie, se distingua dès son enfance par ses vertus et sa sainte vie et vint avec saint Quentin en France pour y propager la foi. Saint Quentin Payant envoyé en 284 à Tournai, afin d*y dissiper les ténèbres du paganisme, saint Piat y convertit en moins de six semaines plus de trente mille personnes, y jeta les premiers fondements de Téglise de Notre-Dame dans le lieu même, où se trouve aujourd'hui la cathédrale, et devint le premier évëque de Tournai. Mais pendant la cruelle persécution des chrétiens sous Tempire de Dioclétien, saint Piat fut pris par les soldats romains et souffrit le martyre. La légende raconte, qu*^près d'horribles supplices, on lui trancha le sommet de la tète et Tabandonna, croyant qu'il était mort, sur la place où se voit maintenant l'église qui lui est dédiée, mais que, les meurtrières s'étant éloignés, le saint se leva, recueillit le sommet de sa tdte et se retira, au grand étonnement des habitants de la ville, jusqu'à un endroit bocageux du pays Mélanlois, qui s'appelait Sacellin, où il rendit son àme à Dieu près d'une fontaine, qui guérit encore aujourd'hui beaucoup de maladies.
Quoique saint Piat fût le premier apôtre du Tournaisis, il n'y a que trois églises dans tout le diocèse qui portent son nom et la célébration de sa fête est transférée au premier dimanche d'octobre (1).
Parmi les foires qui se tiennent ce jour-là, celle de Nieuport, accordée à cette ville en 1364, est l'une des plus considérables.
4 octobre. ^ [Artâmisia aproxanum,] Saint François d*Assi3es.
Bien qu'il n*y ail en Belgique que peu d'églises consacrées en (4) Gazet, p. i97 ; 345 , Chotin, Monuments de Tournai, p. 4.
l'honneur du saint fondateur des Frères mineurs, il y existe encore un grand nombre de communautés pieuses d'hommes et de femmes qui célèbrent en ce jour la fête de leur patron.
Les Récollets, autre espèce de Cordeliers qui formaient pour ainsi dire une fraction dans les règles de saint François, disaient à Gand certaines messes appelées en flamand « Keer-messen » par la vertu desquelles on retrouvait les effets perdus ou égarés; ils récitaient aussi certaines prières très-eiBcaces pour les femmes qui concevaient difficilement^ c'est pourquoi on les nommait vulgairement les frères de l'amour « de minnebroeders » (i).
Les paysans des Flandres attribuent encore aujourd'hui aux Récollets le pouvoir de faire changer le vent en cas d'incendie et de faire cesser des épizooties (2).
Le même jour se célèbre la fête de saint-Amour, patron de Munsterbilsen, au pays de Limbourg, et de Cortenaeken, près de Diest. Ce saint, originaire d'Aquitaine, fut diacre et accomplit de grands travaux apostoliques dans la Hesbaye, qu'il arracha en partie à l'impiété. Il se livra ensuite, pendant plusieurs années, près du sépulcre de saint Servais, k la contemplation des choses divines et se transporta de là à Rilsen, où il mena une vie aussi austère que pieuse, fit différents miracles et mourut en odeur de sainteté. Après sa mort il fut vénéré comme le patron titulaire du couvent et son corps y était conservé avec de grands honneurs. Le comte Odulphe ou Alodulphe, que l'on croit avoir été un des premiers comtes de Looz, fît bâtir, vers l'an 850, une nouvelle église à côté de celle de
(1) Dierickx, t. II, pp. 258-9.
(8) Ce dernier pouvoir est également attribué à certains maréctiaux vétérinaires, dans lesquels on a la plus grande confiance. Ils se rendent seuls dans les étables, en ferment les portes, y prononcent quelques paroles mystérieuses et font des aspersions avec de Teau bénite.
Ils sont aussi fort recherchés pour faire disparaître les chenilles des champs et consultés pour les maladies de langueur des enfants que Ton croit ensorcelés.
Saintc-Landradc et la dédia à saint Amour. Il y fit aussi transporter les reliques de ce saint, qui jusques-là avaient été conservées à Maesiricht et c'est cette môme église qui plus tard devint l'église collégiale des dames chanoinesses.
Depuis ce temps la fête de saint Amour était célébrée avec grande solennité et une dame, du nom de Régénéra, appartenant sans doute aux rangs élevés de la société, choisit ce jour pour une fondation toute particulière.
Dans le diplôme concernant cette donation, et daté de Tan 1040 elle déclara, pour le salut de son âme et la protection de sa postérité, se constituer en servante ou esclave de saint-Amour, à charge de lui payer une rente annuelle le jour de sa fête et imposa la même obligation à tous ses descendants, pourvu que celui qui s'acquitterait de ce devoir fût marié un an et un jour (1).
es octobre» — (BoUonzia astéroïdes.) Sainte Flavie; saint Placide.
Le premier dimanche d'octobre se célèbre la fête du saint-Rosaire ou « 0. L. V. Roosekrans. » Cette fête, qui d'abord se chômait le 7 octobre, date du temps de saint Dominique. Le Rosaire établi par lui et propagé par les religieux de son ordre fut reçu avec enthousiasme par les populations catholiques. Il se forma des confréries sous ce titre dans toutes les maisons des frères prêcheurs et un jour fut consacré spécialement au saint-Rosaire. Lorsque plus tard la fête de Notre-Dame de la Victoire fut réunie à celle du
(4) Notice historique sur Tandea chapitre de chanoinesses nobles de Munsterbilsen. Gand, 1849, pp. 44-43-44.
Rosaire, la fêle fut transportée, en 1573, au premier dimanche d'octobre et étendue à tout Tanivers catholique par le pape Clément XI, en 1671 (1).
Dans la plupart des villes belges, une procession va en Tbonneur de Notre-Dame du Rosaire dans l'intérieur des églises. En quelques endroits, entre autres à Namur, où la fête du Rosaire se chôme dans l'église de Saint-Loup, cette procession parcourt la paroisse.
A Fosses (diocèse de Namur) se fait ce jour-là une grande procession en rhonneur de saint Feuillen, patron de Féglise, dont la châsse, qui contient son corps depuis le septième siècle, est portée dans les campagnes voisines. La jeunesse de Tendroibse met sous les armes et quelques villages des environs font de même et viennent augmenter la splendeur de la procession, qui est d'autant plus solennelle qu'elle n'a lieu que tous les sept ans.
A Nivelles se fait chaque année, le premier dimanche d'octobre, la grande procession qui attire encore de nos jours une foule d'étrangers. Elle se fait à peu près avec les mêmes cérémonies qu'autrefois.
A Stockheim, à deux lieues de Maeseyck, le premier dimanche d'octobre s'appelle généralement « Sinlermys » parce qu'on y célèbre ce jour-là la fête de saint-Remy ou sint-Remigius qui donne en même temps lieu au commencement de la grande kermesse (2).
O octobre. — (Pyrethrum scrotinum.) Saint Brunon.
Saint-Brunon, mort en 1101, est le fondateur des Chartreux dont
{*) Cornet, pp. 260-r
(i) « Arm Trienken • door J. Brouwers. Tbieoeo, 4853, p, 408.
nous avons déjà énuméré les maisons en Belgique sous la date du 9 janvier.
La cérémonie dite.« Keersbegieting » qui a encore lieu à Ypres le soir du premier lundi d'octobre de chaque année, a été décrite sous le premier septembre.
T octobre*^ (Chrysanthemum indicum.) Saint Marc, pape; saint Auguste; saiot Serge.
Ce fut en mémoire de la célèbre victoire de Lépante, remportée sur les Turcs par Juan d'Autriche, le 7 octobre 1671, précisément au jour du saint-Rosaire, que Pie V institua la fêle de « Notre-Dame de la Victoire, » qui fut ensuite transportée au premier dimanche d'octobre par Grégoire XIII son successeur, sous le titre de a fête du saint-Rosaire » (1).
L'anniversaire de ce beau fait d'armes des chrétiens se célébrait à Anvers par une procession solennelle dite « Keèiflcens processie » qui se faisait ce soir dans l'ancienne église des Dominicains, maintenant église paroissiale de Saint-Paul, où se voient encore quelques tableaux représentant la bataille de Lépante.
9 octobre* — {Actiltea ageratum.) Sainte Brigitte; sainte Pélagie; sainte Reinfrède.
Sainte Reinfrède, qui érigea en l'honneur de la Vierge l'abbaye (<) Cornet, pp. 250-4.
de Denain, est patronne de quelques églises situées dans le diocèse deNamur.
Sainte Brigitte, en Thonneur de laquelle deux églises sont consacrées, fonda Tordre qui portail son nom et qui comptait en Belgique les maisons du Trône de Marie à Termonde, érigée par Isabelle de Portugal, en 1465; de Sainte-Marie-de-Foi, près de Poperinghe; de Sainte-Marie-aux-Fonts, à Peruwelz, les couvents de Bruxelles, d'Anvers et de plusieurs autres villes (1).
Suivant la croyance populaire répandue en Flandre et en Brabant, l'eau qu'on donne ce jour aux pauvres, se change pour celui qui la donne en vin (2).
O octobre. — {Agaricus lactiflorus,) Saint Denis, évéque «t ses compagnons; saint Gtaislain.
Saint Denis, en l'honneur duquel trente-sept églises sont consacrées, a donné son nom à trois communes (3) et est honoré comme patron dans la ville de Diest.
Saint Ghislain, auquel sept églises sont dédiées, vint d'Athènes à Rome et de là au pays de Hainaut qu'il illustra par la sainteté de sa vie et le nombre des miracles qui s*y opérèrent par son intercession. Il y b&tit un magnifique monastère de l'ordre de saint Benoît, qui donna l'origine à la ville qui porte à présent le nom de Saint-Ghislain, son patron.