‹ Calendrier belgeChapitre 28 sur 38 · B.M., PP.240-2H · texte numérisé non relu

B.M., PP.240-2H

(2] Coremans, p. 89.

(3) SaiDt-Deois, lez-Gembloux (province de Namur) ; Saint-Denis, lez-Mons, en Hainaut et Saint-Denis-Westrem, en Flandre-orientale.

Les membres de la célèbre confrérie de saint Ghislaini qui se répandit par tous les Pays-Bas, payaient chaque année un tribut à son monastère, en marque de leur servitude. Car ils se regardaient en quelque sorte comme ses esclaves et renonçaient à leur liberté. Aussi les plus illustres familles du pays se rendirent-elles vassalles de saint Ghislain et vinrent au pied de ses autels se livrer entre les mains de Tabbé comme féodales de TÉglise, et lier leurs serviteurs, en les affranchissant en faveur du même saint (1).

La foire qui se tient à Saint-Ghislain, le jour de la fête du saint patron, est très-fréquentée.

A Mons on conduisait, le jour de saint Ghislain, les enfants à l'église, où le prêtre leur apposait son étole sur la tète, en leur faisant lecture d'un passage de TÉvangile, cette pratique religieuse avait pour but de les préserver des maladies convulsives. A la porte de l'église, des boutiques offraient des joujous et des bonbons, dont les parents achetaient pour en gratifier leurs enfants; c'était une foire d'une matinée (2).

lO octobre. — {Velthemia viridifoUa) Saiot François de Borgia; saint GéréoD ; saint Paulin.

Une seule chapelle à Deux-Acren, paroisse du diocèse de Tournai, est dédiée à saint Géréon. A Louvain les meuniers célébrèrent longtemps, en ce jour, la fête de saint Victor, leur patron, dans l'église de Saint-Quintin, jusqu'à ce qu'ils s'aperçurent que leur pa-

(0 Gazet, p. 65; H. d. 1. Y. d. Saint-Ghislain, pp. 210-212.

(2) Fêtes populaires à Mons, par F. Hachez. Gand, 1848, pp. 21-22.

tron n*était pas saint Victor, martyrisé à Xanten, mais l'autre saiut de ce nom, dont la fête a lieu le 21 juillet.

A Liège les « Bouteux-fou » ou déchargeurs des bateaux de la Meuse font dire une messe dans Téglise de Saint-Denis, le jour après la fête de ce saint qu'ils honorent comme leur patron. C'est le seul métier de Liège qui célèbre encore sa fête patronale.

1 1 octobre* ~ [Ilex aquifolium,] Saint Gomer ou Gommaire, patron de la Tille de Lierre.

Ce saint, qu'à Malines les boursiers ou les gantiers ont choisi pour patron, naquit en 717 à Emblehem, village situé à une lieue de Lierre, où se trouvait un château de sa famille (1).

Ayant été dès son jeune âge instruit dans la doctrine chrétienne, il devint un valeureux capitaine sous le roi Pépin. Après avoir quitté la carrière des armes il voulait se rendre à Rome, lorsqu'il fut averti d'une manière miraculeuse qu'il devait se retirer dans un forêt voisine et y bâtir une chapelle, dans laquelle il vivrait et mourrait. Il se rendit donc dans cette forêt appelée alors Nives-donck, depuis Ledon, où il construisit une église en l'honneur de saint Pierre. Ce saint homme y vaquait jour et nuit à la contemplation divine. Pour complaire au roi Pépin, Gommaire avait épousé une femme nommée Grimuaire qui ne lui convenait pas du tout, car autant il était libéral envers les pauvres et débonnaire envers ses sujets, autant elle était avare et méchante. Il tâcha de la gagner par la patience et la prudence. Un jour durant la moisson, ses sujets étant fort affligés d*ane soif ardente et n'ayant pas d'eau dans le voisinage, Gommaire

(1} Gazet. p. 354-5; Lom, pp. 4-16.

les consola par une fontaine qu'il fit jaillir en frappant la terre de son bâton, et qui se voit encore aujourd'hui à Emblehem, où le saint mourut le 11 octobre 774 et fut inhumé après sa mort. Mais depuis son corps, selon une révélation qu*eut sainte Yrachilde, fut transporté dans Téglise que le saint avait fait construire dans la forêt et qui est maintenant la collégiale de Lierre.

La fête de saint Gommaire attire chaque année un concours immense de fidèles à Lierre qui y afiQuent pour invoquer le saint contre les hernies ou a breuken. »

La légende raconte que saint Gommaire rétablit un arbre, que ses gens avaient abattu, dans son état primitif, en ramassant les débris et en les entourant de son ceinturon. Ce ceinturon se conserve encore dans la collégiale de Lierre et les prêtres s'en servent pour donner Taccolade aux personnes qui, pendant Toctave de la fête de saint Gommaire, s'y présentent pour baiser l'extérieur d'un petit reliquaire contenant un osselet du saint.

Aussi tout le monde se rend-il l'un ou l'autre des jours de la huitaine de la saint Gommaire à la chapelle appelée « la fontaine de saint Gummar » qui depuis 1477 se trouve dans une espèce de ravin à une distance de trois kilomètres au nord de Lierre sur le sol d'Emblehem. Là on descend dans le souterrain pour y puiser, au moyen d'un vase en fer, de l'eau dans la fontaine qui doit, d'après la légende, son origine à saint Gommaire et à laquelle le peuple at« iribue des vertus extraordinaires.

Pour les habitants de la ville de Lierre, ce pèlerinage est une espèce de fête. Ils vont à Emblehem, où la saint Gommaire donne lieu à la kermesse de la commune, prient quelques instants dans la chapelle de Saint-Gommaire, y boivent quelques gouttes de l'eau de la fontaine et puis, en retournant chez eux, ils s'amusent au faubourg Lisp, à boire et à danser, comme entre le 20 et le 28 août cela s'y faisait à Toccasion de la fêle de saint Bernard (1).

(I) Avontroodt, Mss, pp. 37-38.

Suivant une ancienne coutume, les habitants de la ville d'Enkhuizen en Nord-HoIIande, où la grande église était, avant de devenir temple calviniste en 1875, dédiée à saint Gommaîre et s'appelle encore anjourd'hui « de Gommerskerk, d envoyaient chaque année à la saint Gommaire une députation à Lierre qui assistait à la grande procession qui s'y faisait en Thonneur du saint patron et jouissait du privilège d'y porter quelque temps la châsse du saint.

Le même droit était accordé aux députés qui venaient ce jour de la part des fendeurs de bois d* Anvers et de Gand, qui honoraient saint Gommaire comme patron. Mais depuis que les troubles de la guerre des iconoclastes mirent fin à ces députations, le magistrat de la ville seul portait les reliques de saint Gommaire.

Après la procession on faisait représenter, depuis 1428, des mystères sur la Grand'place. Les acteurs ou « gezellen » qui les représentaient venaient d'abord d'Anvers ou de Malines et recevaient du magistrat, en récompense de leur peine, du vin et de l'argent, mais, en 1478, il se forma à Lierre une chambre de rhétorique sous le titre « De groeijende boom » l'arbre croissant, qui se plaça sous la protection du saint patron de la ville et représenta en 1479, à l'occasion de sa fête, pour la première fois le jeu de Saint-Gommaire ou « het spel van Sint Gommar. » Le magistrat la remboursa de ses frais en lui payant une somme de deux livres de gros et lui assigna un présent annuel consistant en trois « paternoster, r> dont elle aurait à recevoir deux le jour de Saint-Gommaire, et le troisième à l'occasion de la fête patronale de l'autre chambre de rhétorique de la ville qui bientôt après s'établit sous le titre « de Jenette bloem 0 (la jonquille) ou « de Ongeleerden » (les ignorants).

Outre cela, le magistrat de Lierre avait encore plusieurs présents à faire le jour de la procession.

Nous trouvons dans les comptes delà ville, qu'il distribua en 14?6. trois douzaines de chapeaux et sept douzaines de gants et en 1491. neuf douzaines de gants et trente-huit chapeaux.

Les serments ou gildes, qui en 1401 accompagnèrent pour la première fois la procession de saint Gommaire, réclamèrent également les libéralités du magistrat (1).

Les paysans brabançons considèrent le jour de saint Gommaire comme heureux pour Tensemencement du blé, si la lune est favorable (2).

A Laeken se fait chaque année le service solennel pour la première reine des Belges, enlevée à Tamour de sa famille et de son peuple, à Oslende, le 11 octobre 1850.

Le vingt-deuxième dimanche après la Pentecôte s'appelle « Keizerzondag, » dimanche de l'empereur, d'après l'évangile de ce jour (3),

lit octobre*— {Inula undulata.) Sainte Auréiie; saint Maximilien; saint Wilfrid.

Jusqu'au commencement du siècle dernier les habitants du bourg d'Ensival continuaient à payer au mois d'octobre un droit nommé la côte d'avoine, établi pour subvenir aux frais d'entretien d'une compagnie de gendarmes, destinée à purger le pays des brigands qui l'infestaient. La même commune, dans laquelle l'évèque Ferdinand de Bavière érigea, en 1687, une cure particulière, nous offre par l'élection de ses curés un usage tout à fait curieux dans des temps encore si près de nous.

(1) Leveo, deugden eDde mirakelen vao den edelen Ridder ende glorieuzen beieyder den heyiigen Gummarus V Ântwerpen ; Lom, pp. 4 29-329-330; 2i5-233; Muoke, p. 205.

(2) Coremans, p. 89.

(3) Goremans, p. 44.

Les principaux da bpurg, dit Tauteur des Délices du pays de Liège, après avoir assemblé le peuple dans une place que partage un petit ruisseau, lui présentaient successiTement les ecclésiastiques aspirants. A chaque présentation, ceux à qui le sujet était agréable sautaient de Tautre côté du ruisseau, et par ce moyen donnaient leurs voix, de façon que le prétendant qui avait eu pour lui le plus grand nombre de sauteurs, était élu curé d'Ensival (1).

1 3 octobre. — [Belenium autumnale.) Saint Edouard ; saint Théophile.

A Liège se célébrait autrefois, dans la cathédrale, un office particulier sous le rite duplex en mémoire de la victoire signalée, que les Liégeois remportèrent à pareil jour, Fan 1213, sur les Brabançons dans la plaine de Steppes, et les bouchers, ayant contribué pour beaucoup au gain de cette bataille sanglante avaient, en récompense de leur bravoure, le droit de sonner ce jour-là les cloches de la cathédrale (3).

Le même jour se célébrait autrefois Tanniversaire de la consécratien de la vieille chapelle voisine de Crayenhoven, près de Bruxelles, et on y voyait autrefois, ce jour-là, un grand concours de monde ; des boutiques de boissons et de pain d'épice s*élevaient aux alentours et des scènes de débauche souillaient d*ordinaire la fête commencée avec les dehors de la piété ; c'est ce qui détermina Tautorité diocésaine à défendre de célébrer le service divin à Crayenhoven, en 1830. |

Cependant un grand nombre de pèlerins y viennent encore, presqu

(i) Délices da pays de Liège, t. III, p. 262. [î) Bovy, 1. 1, pp. «^6-în; Moke, t. II, p. 66.

toujours de grand matin, y invoquer l'intercession du saint Landre, qui est le patron de la chapelle et y recueillir Teau d'un puits qui, dit-on, guérit de la fièvre. Aussi n'est-il pas rare de voir des jarretières attachées à la porte d'entrée, parce que de cette manière, à ce que l'on dit, on parvient à lier la fièvre. Car si Ton en croit la tradition, le saint Landri ou Lendrik, que Ton dit avoir été évêque de Meaux, fils de saint Vincent, fondateur du chapitre de Soîgnies, et de Sainte- Waudru, fondatrice du chapitre de Mons, aurait habité le château de Crayenhoven, d'autres racontent que, s'étant égaré dans ces lieux, le chant du coq lui aurait appris qu'il était peu éloigné d'une habitation. Il se serait reposé à l'endroit même où depuis on lui éleva une chapelle, qui en 1667 fut rebâtie, et c'est pourquoi, jadis, on voyait sur l'autel un coq chantant à côté de la statue du saint qui a été volée il y a quelques années.

Aussi, suivant quelques vieux paysans, reconnaissait-on jadis, à la vigueur des céréales les endroits où ce saint vénéré avait passé.

L'abbé de Dilighem consacra l'édifice le 13 octobre 1669.

Un ruisseau dans les environs porte, dans quelques actes, le nom de « Lenterixbeke, ruisseau de Landri (1).

14 octobre.— (Inula indica,) Saint Calixte, pape; saint Donat ou Donatien.

Saint Donat, en l'honneur duquel huit églises sont consacrées, est patron de la ville de Bruges.

En Flandre, où l'on croit encore ça et là que le tonnerre n'est autre chose que le bruit que font des anges déchus en planant dans

(1) H. d. E. d. B., t. lî, pp. 399-400.

les airs, on récite, quand il tonne, les litanies de saint Donat afin de se préserver de tout malheur.

La même chose se faisait autrefois en Brabant (1).

A Mons on se rendait autrefois à la chapelle de Saint-Galixte, au château, où Ton célébrait l'anniversaire de la délivrance du château de la ville. Au neuvième siècle, lors des invasions des Normands, Régnier au long col, comte de Hainaut, fortifia sa résidence de manière à pouvoir résister à ces barbares. En 881, lorsque ceux-ci se répandirent dans le pays, les religieuses du monastère de Sainte- Waudru, leurs serfs et quelques habitants des environs cherchèrent un refuge sous le donjon seigneurial. Régnier, voulant conserver les reliques des saints et les châsses qui les contenaient, les fit apporter à Mons, et déposer dans la cave du château; le comte en fit murer rentrée, afin de soustraire ces trésors aux Normands, s*ils s*étaient emparés de sa forteresse.

Le château de Monç échappa aux ravages de ces pillards, et cette délivrance fut attribuée aux saints dont les reliques s*y trouvaient cachées.

Le souvenir de cet événement fut conservé au château, ainsi qu'au monastère de Sainte-Waudru : Tanniversaire en était régulièrement célébré. La comtesse Richilde fit construire, en 1051, à la châtellenie, une chapelle dédiée à Saint-Calixte, pape et martyr, et y plaça une relique de ce saint que lui avait donnée sa tante Egberge, abbesse de Neus, sœur du pape Léon IX. Depuis le peuple visita la chapelle du château le jour de Saint-Calixte. L'entrée de la cave, qui avait servi d*asile aux reliques des saints du pays, était surtout l'objet de l'admiration du peuple : un escalier dont on ne voyait que le commencement, semblait donner aq^s à d'immenses souterrains : l'imagination du vulgaire toujours trop active en fit une voie pratiquée sous terre de Mons à Saint-Ghislain, et qui aurait été creus<^e

H) MazeDalbumJ8i3, pp. 7^-76.

du temps de Sainte-Waudru, pour faciliter les conférences mystiques de cette sainte avec saint Ghislain, son directeur spirituel. Ce pèlerinage, auquel s'attachait un souvenir si merveilleux, attirait des dévots et des curieux, une foire se tenait à l'entrée du château et formait l'appendice de la fête religieuse. Un autre motif engageait encore les habitants à se rendre au château : c'était la charité. Dans cette enceinte était située la prison et chacun regardait comme un devoir de faire l'aumône aux pauvres détenus, qui paraissaient derrière de lourds barreaux de fer.

Aujourd'hui ce qui subsiste de la châtellenie est converti en une maison d'aliénés, les prisonniers n'y sont plus et la chapelle de Sainl-Calixte n'offre plus qu'un monceau de ruines. Le pèlerinage fut anéanti lors de l'invasion française (1).

A Lierre se fait en ce jour une procession solennelle appelée vulgairement « processievan de Furie. »

Le 14 octobre 1595, à l'aube du jour, la ville de Lierre fut prise par Charles Herangière, gouverneur de Breda, qui ayant réuni un corps d'expédition, fort d'environ neuf cents hommes, mais sans canons, par une marche forcée et nocturne surprit le corps de garde de la porte de Malines et se rendit mattre de la plus grande partie de la ville. Le gouverneur espagnol. Don Alonzo de Luna, rassembla eu hâte les deux compagnies d'infanterie qui composaient la garnison de Lierre, ainsi que les bourgeois qui accouraient de tous côtés, et se retira pas à pas en combattant vaillamment dans la porte de Bois-le-Duc, alors une sorte de forteresse, assez vaste pour contenir une petite garnison, après avoir préalablement mis le feu aux maisons et habitations de la rue qui conduit à cette porte, et dépêché des courriers à Anvers et à Malines pour prier les commandants militaires et Jes magistrats de ces deux villes, de venir incontinent à son secours et délivrer Lierre des ennemis du roi et de la

(I) Fôtes populaires à Mons, par F. Hachez^Gand, 4848, pp. 2^-23.

religion. Sa demande fut sur-le-champ exaucée et vers une heure de relevée les troupes auxiliaires arrivèrent au secours du gouverneur espagnol qui était encore maître de la porte après avoir vigoureusement repoussé toutes les attaques de Tennemi. Une fois entrées en ville, elles tombèrent sur les soldats hollandais qui s'étaient éparpillés dans les maisons en vue de les piller et qui, fatigués par suite de la longue marche nocturne et du combat continuel ou ivres du vin qu'ils avaient trouvé dans les caves des riches habitants, prirent la fuite sans faire usage de leurs armes et périrent en grande partie. Leur commandant après avoir, k la tète de quelques braves, résisté pendant quelque temps aux assaillants, sortit de la ville et poursuivant sa route à travers la Campine sans être inquiété, revint à Breda.

L'anniversaire de cette journée, connue sous le nom de « Furie van Lier, » est devenue une fête religieuse : chaque année une procession solennelle, suivie d'une foule de gens pieux, sort, après la messe, de la collégiale, et arrivée à l'endroit où jadis se trouvait la porte de Bois-le-Duc, y dépose la châsse en argent, contenant les reliques de saint Gommaire, et place le Saint-Sacrement sur un autel érigé dans ce but. Puis on chante le a Te Deum » suivi d'un hymne religieux en latin (1), pendant que, dans le voisinage, des décharges d'armes à feu se font entendre.

Les trois quarts de la population de Lierre ignorent l'origine de

(1) Bellator forlis Gummare,

Nostrorum timor hosUuifl,

Tuum semper defeodo populum

Contra impetam iDimicorum,

Da gratiam, da gloriam,

Et inter arma bellorum

Cives toos protège

Laeta clientes tuos exhilarans Victoria.

V. Benedicamus Palrem et Filium cum S. Spifitu. R. Laudemus et suporexaltemas eum in sscula. Oremus, etc.

celte fête religieuse, la plupart d*entre eux croient que la procession se fait en actions de grâces, de ce que la ville a été pour lors sauvée miraculeusement, par saint Gommaire, de la destruction dont la menaçait une horde de barbares, qu'on nommait a Noordmanhen (1). »

1 tt octobre. ~ [Centaurea moschi.) SaîDte Thérèse.

Sainte Thérèse la réformatrice des Carmélites, est à Aywalle (diocèse de Liège) honorée comme patronne.

Les Âpostolines, qui lui doivent leur fondation, ont encore aujourd'hui douze maisons en Belgique, les Carmélites déchaussées en ont quatre.

La fête de sainte Thérèse se célèbre dans tous ces couvents avec grande solennité. A Malines elle se chôme avec octave dans l'église du Béguinage.

le octobre. — {Achillœ muUifolium,) Saint Gai, abbé; saint Florentin; saint Séraphin; saint Muœmolin.

Le jour de saint Gai on aime à transplanter les rosiers et d'au-

(I) Avoniroodt Mss.« pp. dS-39;De Furie van Lier. Lier,4840;De stad Lier door de rebellen verrast enda door de borgera van Mechelen ende van Antwerpen ontset. Mecbelen, 4784 , pp. 4 3-20 , 30-31 , 4 29.

très arbustes à fleurs. De même on enduit les crevasses des arbres, etc. (1).

A Gourtrai c'est le jour après la sainte Thérèse que les artisans commencent à travailler à la chandelle, et célèbrent la festivité appelée a Keerspypbesnyden, » qui ailleurs se nomme « Keersbegieten, » et dont nous avons déjà parlé sous la date du 1^' septembre.

IT octobre.— [Belianthui d$cap€taluê.) Sainte Hedwige ; saint FloreDtin.

A Lierre, tous lés ans le samedi après la kermesse, suivant une ancienne coutume, les marguilliers de la cathédrale de Notre-Dame d'Anvers avec une châsse contenant le saint prépuce, les tètes des saints Cosme et Damien et quelques autres reliques et accompagnés de plusieurs ecclésiastiques se rendaient à la maison dite a het Meuleken, » sur la GrandTIace où ils trouvaient du logement et un repas préparés pour eux. A la porte d'Anvers le chapitre de Saint- Gommaire les attendait pour les accompagner jusqu'à la maison susdite.

Le lendemain le chapitre de Saint-Gommaire venait prendre la châ^^se, la portait processionnellement à la collégiale, où se célébrait une messe solennelle et la reportait ensuite de la même manière à la maison, où à midi se donnait un banquet somptueux, auquel assistait aussi le magistrat.

Le lundi les marguilliers retournaient avec la châsse à Anvers, Mais depuis 1570 cette cérémonie a cessé d'avoir lieu (2).

(4) Coremans, p. 89.

Id octobre. — {Agaricus floccosus.] Saint Luc; saint Monon.

Saint Monon, martyr vers le milieu du septième siècle, vivait dans la solitude à Nassogne, entre Marche et Saint-Hubert, près d*un sanctuaire qu'il avait élevé en Thonneur de la Mère de Dieu. Sept églises lui sont dédiées et la procession qui se fait en son honneur le dimanche après TAscensiou, attire un grand concours de fidèles.

Saint Luc est le patron des peintres, des sculpteurs en bois et des artistes en général.

A Anvers la gilde de Saint-Luc fait célébrer tous les ans une messe solennelle dans l'église de Saint-André, où Ton honore les reliques du saint qui, grâce au père Jean Delvigne de la société de Jésus, appartiennent depuis 1754 à la gilde.

Cette célèbre gilde de saint Luc, composée de métiers ou <f stielen, » qui reconnaissent saint Luc pour patron, remonte à une trèshaute antiquité. Une ordonnance du magistrat d'Anvers, donnée pour accommoder quelques différends qui s'étaient élevés entre les peintres et les autres artistes, date de l'an 1382 et cite comme membres de la gilde de saint Luc : les orfèvres, les peintres, les vitriers et peintres sur verre, les brodeurs, les sculpteurs en bois et les passementiers en argent.

A ces métiers se joignirent peu à peu tous ceux qui avaient quelque rapport avec les beaux-arts, et les ordonnances de 1606 et 1689, ainsi que les statuts de la gilde a de Liggere der gilde, » prouvent que dans le dix-huitième siècle la gilde de saint Luc ne réunissait dans son sein rien moins que trente-cinq différents métiers.

Le nombre toujours croissant des membres fit bientôt songer à donner à la gilde une constitution définitive. Déjà elle avait obtenu du magistrat d'Anvers plusieurs privilèges, et elle voulut, au moyen de l'érection du décanat, que ceux-ci pussent mieux avoir leur effet.

C*est pourquoi on décréta, en 14S4, la nomination de deux doyens ou a dekens, » et d*un prince ou « hoofdman, » chef-homme. Jan Severmoke et le peintre Jan Snellaert furent élus doyens, et le jubilé de leur installation est célébré tous les cent ans, avec la plus grande solennité. Car c'est à eux que la ville doit la célèbre école flamande dont les grands maîtres Metsys, Breughel, de Vos, Van Noort, Floris, Jordaens, Van Dyck, Teniers, Quellyn, Schut, Seegers et d*autres, mais principalement Rubens, qui les surpassa tous, ont perpétué la gloire.

 régal des autres gildes et métiers, la gilde de saint Luc porte ses armoiries à elle : trois écus d'argent en champ azur.

Lorsqu'en 1481, la chambre de rhétorique « de Violiere, » se joignit à la gilde de saint Luc, celle-ci adopta la devise de la « Giroflée : » a tôt jonsten versaemt, » réunie par amour, et aujourd'hui encore on lit ces paroles au-dessous du blason de la gilde de saint Luc.

Deux autres chambres de rhétorique : « de Goudbloem, » (souci) et tt de Olyftak, » (rameau d'olivier) se trouvaient également sous l'excellente administration des doyens de la gilde de saint Luc et se distinguaient à presque tous les brillants jeux de haies « haeghspelen » ou « landjuweelcn, » du quinziètne et du seizième siècles. Leurs compositions dramatiques se sont conservées jusqu'à nos jours dans l'ouvrage précieux : a Spelen van sinne, » publié en 1562 à Anvers.

Pour mieux enseigner lart et pour en propager la connaissance, ou érigea une école de dessin, c'était le fameux peintre David Teniers le jeune, qui en sollicita la permission auprès du roi d'Espagne, Philippe IV. Grâce à l'intermédiaire du marquis Louis de Garacena, dont on voit encore au musée d'Anvers le buste fait par Anus Quellin le vieux, en signe de reconnaissance de la gilde, on obtint en 1664 des lettres patentes, qui accordèrent la requête.

L'école, qui donna naissance à l'académie célèbre de nos jours,

était on ne peut plus florissante sous la direction de la gilde de saint Luc dont les membres artistes lui servaient de professeurs; mais en 1741 l'administration ayant passé aux mains du Conseil communal, Técole déclina de plus en pins et la gilde elle-même perdit de jour en jour de son ancienne splendeur.

En 1754, anniversaire de la nomination des premiers doyens (1454), on inaugura avec pompe le nouvel autel que la gilde avait construit dans la cathédrale en Thonneur de saint Luc; mais, en 1773, des difficultés s'élevèrent entre la direction de la gilde et le peintre Lens, qui, après avoir longtemps séjourné à l'étranger, voulut affranchir les artistes du devoir d'entrer dans une corporation dont le seul but était la culture des arts. Il obtint que par un arrêt du gouvernement, en date du 20 mars 1773, l'académie fût séparée de la confrérie. La gilde faillit se dissoudre, mais le magistrat, reconnaissant la grande importance de cette antique association, invita, le 15 mai de la même année, les doyens à reprendre leurs fonctions et à réorganiser la gilde.

Malgré tous les efforts de ces hommes patriotiques, la confrérie affaiblie par l'influence toujours croissante des idées françaises de cette époque, ne reprit pas son éclat antérieur et en 1795, lors de l'invasion française, elle cessa d'exister. Mais dès que les troubles de la révolution furent apaisés, les anciens membres de la gilde se réunirent de nouveau et rétablirent avec solennité la gilde de Saint- Luc le 30 mai 1808.

Elle recommença à prospérer et son règlement, de Tan 1851, énumère trente-cinq différents métiers faisant partie de la gilde.

L'année 1864 vint lui donner une nouvelle vie. Elle voulut fêler dignement le quatrième jubilé de l'installation de ses doyens. Un « landjuweel » fut célébré avec une pompe qui surpassa toutes les fêtes littéraires données jusqu'à ce jour à Anvers. Plus de trois mille artistes, littérateurs et amateurs des beaux-arts assistèrent au concours qui eut lieu, le 21 août, au Théâtre-Royal.

Un « Te Deam » solennel fut chanté dans la cathédrale et le nouvel autel de Saint-Luc fut inauguré en présence des autorités civiles et ecclésiastiques.

En souvenir de ce jubilé, la division littéraire de la Société publia un album magnifique (1).

A Bruges, la gilde de Saint-Luc, dont l'institution remonte probablement au commencement du quatorzième siècle, avait coutume, d'exposer chaque année, le jour de sa fête patronale, deux tableaux de Van Eyck et de Lancelot Blondeel. La chapelle de la gilde, dont la première pierre fut posée en 4480, a été vendue le 27 avril 1798 (2).

L'église d'Ânderlecht payait anciennement tous les ans le jour de saint Luc un cens de 2 sous 6 deniers à la cathédrale de Cambrai, en vertu d'une donation de Tévêque Burchard, en date de Tan 1123, qui exempta la dite église de toute redevance et de toute exaction sauf ce cens (3).

 Maiines se célébrait autrefois la fête de la Translation de saint Rombaud. A cause d'une guerre on avait transporté en 1148 les reliques du saint de Maiines au village de Steenockerzeel. Dans les comptes de la ville de 1321 on trouve déjà: « sint Rombouds dach » entre la Saint-Denis et le jour de saints Siméon et Jude(4).

(4) De Sint-Lucas gilde en het jubeijaer, door P. Génard. Aotwerpen, 4855. Almanak der Sint-Lukas gilde voor 4854. Aotwerpen, pp. 43-45, 26-27. Sint- Lukas gilde binnen Antwerpea. Catalogue des œuvres d'art exposées pour Tacbèvement de Tautel de Saint-Luc. Anvers, 4 855, pp. 9-4 2.

(2) Gaillard, pp. 460-4.

(4) MuDk, pp. 442-4.

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