‹ Calendrier belgeChapitre 32 sur 38 · II · texte numérisé non relu

II

^ décembre* — {Krica nidiflora ) Saint Nicolas, évèque de Myre.

Saint Nicolas, auquel la ville de Sainl-Nicolas dans le pays de Waes est redevable de son nom, compte en Belgique parmi les saints les plus vénérés. Cent et six églises sont consacrées en son honneur et un grand nombre de métiers, entre autres les bateliers dans les villes situées sur la Meuse, les scieurs de bois, les pourpointiers ou a cuttenstekers, » les teinturiers, tourneurs et merciers à Bruges» les accapareurs ou « voorkoopers » à Termonde, les merciers et négociants à Malines, les emballeurs, les grainetiers et tonneliers à Liège, les écrivains et les employés à Mons^ etc., Tont choisi pour patron.

Mais ce qui contril^ue le (>lus à rendre saint Nicolas très-populaire en Belgique, c'est qu'il passe pour ô4re le protecteur et correcteur des petits enfants, et que sa fête,. dans tout le pays, est un jour de joie et de réjouissance pour la jeunesse.

A rinstar du « Greef van Halfvasten, » saint Nicolas monté sur un àne ou sur un cheval blanc» et ayant de chaque côté de sa monture un grand panier rempli de friandises et de joujoux, parcourt, la nuit avant sa fête, le sommet des habitations et laisse tomber par les tuyaux des cheminées quelques bonbons et joujoux pour chaque enfant, qui durant le cours de Tannée a été sage, obéissant et studieux, mais «ne verge ou un torchon pour celui d'entre eux qui s'est mal comporté, qui n'a pas voulu se coucher de bonne heure ou qui ne se laisse pas bien laver. C'est à ces fins que les enfants placent le soir de la veille, dans la cheminée de la chambre à coucher de leurs parents, selon les* localités, soit un soulier ou sabot qu'ils ont eu soin de décrotter eux-mêmes, soit un bas, soit un petit panier. A Liège et à Spa les souliers ou sabots sont exclusi-

vement en usage; dans les Ardennes eC le Hainaut les corbeilles sont en général plus usuelles que les sabots; dans les provinces flamandes on se sert indistinctement de sabots et de paniers, le plus souvent de Tun et de Tautre ensemble. A Fumes on se sert aussi des bas; à Mons les enfants font un grand sac de papier à anses; à Namur un soulier en papier bien décoré de rubans. A Matines ils mettent un grand sabot sur le lit; à Dinant et à Huy ils jettent de petites bottes de foin dans un coin d'une chambre ou du grenier, ou ils remplissent un plat d'avoine et le placent devant la cheminée, croyant gagner les bonnes grâces de saint Nicolas, en prenant soin de sa monture.

Par la même raison, les enfants ne manquent jamais de remplir le soulier ou la corbeille de foin, et d'y mettre quelques carottes ou un petit pain pour le cheval du saint évêque. Dans les Ardennes ils mettent des pelures de pommes de terre dans les paniers, dans le pays du Limbourg ils remplissent les souliers ou sabots d'avoine.

Dans la partie flamande de la Belgique, les enfants récitent aussi le soir avant de se coucher la prière touchante :

c< Jesuken, zoete minneken, Maek van my een zoet kindeken; Jesuken, ik geef u myn herteken, Jaeg er uii aile kwade pertekens. »

plus fervemment que de coutume, et chantent une petite chanson relative à la fête de Saint-Nicolas, doni on connaît presque en chaque ville une autre variante.

A Anvers on chante :

Sinte Nikolacs,

Nobele baes,

Breng wat in myn schoentjen,

Een appeltjen of een lamoentjeii,

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Een nootjen om te kraken^ ' Dat^al wat beter smaken (i).

(1) A Bruxelles, on chante :

Sinte Nikiaes capoentjen, BriDgde wat in myn schoentjen, Een appelken of eeu citroentjen !

Zoo het ailes daerin niet kan Bind het met e' koordekeo daerân (1).

Dan<t la Flandre occidentale :

Sinte Nikiaes van Tolentyn,

Breng my meô wat lekkerding,

Lekkerding van Spanje,

Drie appelkens van Oranje,

Drie appelkens van Condé :

Breng royn broerkens ook wat meô (2).

Dans la Flandre orientale :

Siote Nikiaes, o beilige man,

Met uweo geepikkelden talfaerd aen;

Wy ryden meé naer Spanje

Om appelkens van Oranje,

Om appelkens van Condé,

Breng er my een g^heel schootjen meô.

A Lierre :

ou :

A Malines :

Sinte Nikiaes,

Nobele baes !

Werp iet in myn schoentjen :

Een appeltjen of een limoentjen !

Sinte Nikiaes kapoentjen Ryd wat in myn schoentjeo, Een appeltjen of een citroentjen, Een nootjen om te kraken , Het zal zoo lekker smaken :

Sinte Nikiaes Den appelen baes

(1) Volksleesboek, p S3.

(i)K.e.LMl849,p.98.

A Bruges :

A Turnhout

Kousen en schoencn staen te pronken,

AI in den heerd; De kindekens slapen, dat ze ronken,

Daer komt een peerd :

'T is ecn peerd gelyk eenen ezel

0 heilige man !

'K zal een deuntje voor u lezen

Breng my wat dan.

Sinte Niklaes, myn goeije man, Wilt ge me wel wat geven Dan dien ik u al myn leven.

Brengt wat in myn schoenije Een appel of een akoentje, Een nootje voor de kraeken Dat zal my beter stnaeken.

A Termonde ;

Sinte Niklaes kapoentje, Breng wat in myn achoentje, Een appeiken of een citroentje.

Sinte Niklaes kaboksken, Breng wat in myn bloksken, Een mandeken of een stoksken ( i ).

Une autre variante que nous emprirotons à la Wodaua, est : Sinte Niklaes van Tolentyn, Breng my een beetje leckerding, Leckerding van safferaeu, Ik zal 't al in myn korfke slaen : Myn korfke st^et te verkoopen, Tien pond en een half.

Een koe is geen kalf, Een paerd is geen zwyn, 'T zal morgen sinte Nicolaesdag zyn (i).

(9) Wcdana, p. 198.

Geeft ge me niet ^ Dan dien ik u niet

Dan zyt gy myn sinle Niklaesken niet.

Le lendemain les enfants trouvent leurs souliers ou leurs paniers rempli de beaucoup de bonnes choses; mais, s*ils ont été méchants, le faisceau de verges tient lieu de bonbon ou bien Tavoine est restée intacte dans le sabot.

Croquignolles, oranges, figures en pain d*épice, en massepain ou en sucre, noix, pommes et toutes sortes de joujoux, tout est déposé dans les souliers ou paniers. Un grand portrait de Saint-Nicolas en pain d*épice « speculatieman » y est de rigueur. Ce n*est qu'à Diest que le pain d'épice est exclusivement réservé pour la Mi-Garème, tandis qu*à Bruges la « speculatie » est la pâtisserie principale de la Saint-Nicolas. A Bruxelles et en quelques autres villes.de petits navires en massepain, bien décorés de fanons en miniature et remplis de bonbons, se vendent sous le nom de a speculatie, spéculaux ou spéculations » et sont très-recherchés comme présents de la Saint-Nicolas (1).

Dans la plupart des localités les enfants ne placent pas seulement leurs souliers ou paniers chez les parents, mais ils vont aussi en placer un chez leurs parrains et marraines, chez leurs aïeuls et aïeules. Dans la Campine, ils y vont, le jour de Saint-Nicolas, quérir des gâteaux appelés « Sint-Nikolaes-koeken », gâteaux de Saint-Ni* colas.

En Brabant les domestiques avaient jadis un privilège pareil. Ils plaçaient, les valets dans la chambre de <r monsieur », les servantes dans celle de « madame » un soulier afin d'obtenir un présent (2).

En quelques villages de la province de Namur les enfants vont« le jour de Saint-Nicolas, faire une quête, comme â la Saint-Grégoire.

(4)K. e. L.,484%, pp. 98-400.

(S) Groon, p. S97.

L'un il^entre eux est babillé en évêqne et monté quelquefois sur un àne, ayant de chaque côté de sa monture un. panier, pour y mettre tout ce qu'on donne aux quêteurs.

A Bruges la personne représentant saint Nicolas qui allait autrefois de famille en famille pour distribuer aux enfants les présents que les parents leur avaient destinés était suivie d'un compagnon déguisé en saint Nicodème qui portait les verges.

Dans quelques communes du pays de Limbourg, l'un ou l'autre paysan, travesti en évêque, à la barbe longue, et assis sur un àne, parcourt, à la nuit tombante, les rues du village et épouvante les enfants en leur donnant à droite et à gauche le fouet (1).

A Gand a lieu un marché dit « aux petits présents » (de preseutjesmerkt) sur la place de Sainte-Pharaïlde. C'est à cause du grand nombre de pèlerins qui jadis venaient à Gand, le 4 janvier, chômer la fête de Sainte-Pharaïlde que Ton avait établi une foire, qui, malgré les troubles des Calvinistes, s'est continuée jusqu'à nos jours, mais a été transférée depuis au mois de décembre (2).

A Saint-Nicolas se lient chaque année eu ce jour une foire dont l'empereur Maximilien a accordé le privilège k la commune, en 1513.

Cette foire qui était jadis tellement considérable qu'en 1754 il y eut plus de 1,900 chevaux à vendre, se tenait déjà longtemps avant la date du décret au même jour, et les échevins avaient la couiunie de donner, à cette occasion, un grand banquet (3).

(<) Volksleesboek, pp. i3-2i-.

» [21 Voisin, p. 520 f3] Van tJen Bogaeid. t. II!, pp 43-4.

T décembre* — {Achania pilosa.) Saiol Ambroise ; saint Fare.

Saint Ambroise, auquel trois églises sont dédiées, est à Liège patron des tisserands, marchands de toile et gendarmes. A Turnhoul le serment des arquebusiers a de Bie » ou « Colveniersgilde » rhonorait comme patron.

La société pour la culture des abeilles, qui existait jadis à Querbs en Brabant, avait saint Ambroise pour patron et célébrait sa fête très-solennellement (1).

décembre. — (Thuja occiderUalis,) Fête de rimmaculée ConceptioD de la Vierge.

Cette fête, dont saint Jean Damascène qui vivait Tan 731, fait déjà mention, fut instituée en Angleterre en 1100 par saint Anselme, archevêque de Cantorbéry, et ensuite au diocèse de Lyon en 1145, Sixte IV ordonna en 1476 le 1" mars, qu'elle fut célébrée par toute la chrétienté, et Pie IX proclama le 8 décembre 1854 rimmaculée Conception comme dogme de TÉglise.

En Belgique la fête de la Conception fut célébrée depuis bien des siècles et d'après le « Magnum Belgii chronicum » Tinitiative de cette fête en Occident appartiendrait même à un pape belge, Léon IX.

Aussi, y a-t-il, à dater de 1514, des confréries érigées en Thonnenr de rimmaculée Conception dans presque chaque ville belge et le

(4)H.d. S.d. B^t. III, p. 199.

8 décembre 1659 fut prononcé le célèbre serment des États de Brabant,de défendre le privilège de la Conception sans tache deMarie(l).

A Termonde avaient lieu les élections des directeurs de la confrérie de Notre-Dame, dont la chapelle fut transférée du sanctuaire de Notre-Dame de la porte de Dyk (0. L. V. van de Dyk poort) dans la « cathédrale à la chapelle de Notre-Dame, que le l'brtugais Christophe Barouse avait richement dotée.

A la suite d*un débat entre les chanoines, les échèvins et les curateurs au sujet de Tadministration de cette confrérie, Tofficial de Cambrai, comme arbitre, décida que désormais les chanoines choisiraient un membre de la confrérie qui ne fût pas chanoine lui-même, les échèvins un membre qui ne fut pas échevin et les curateurs, qui quitteraient leur poste, deux membres donl l'un devrait être ecclésiastique, Tautre laïque, et que tous ces élus prêteraient serment soit au bailli, soit au doyen de la cathédrale de Bruxelles ou à son vicaire, et devraient rendre compte au dit doyen ou à son vicaire à Téglise de Termonde.

Plus tard on n*en choisit que trois, dont Tun fut élu par les chanoines et les deux autres par les échèvins, qui rendaient compte au chapitre et aux juges du pays « (heeren van 't Rechtsgebied). »

Le curateur de la confrérie possédait le droit, accordé par Philippe le Bon avec consentement du chapitre et des juges du pays, de battre des monnaies de cuivre, appelées « myten » mailles, de la valeur de quatre oboles flamandes et valables dans tout le pays de Dendermonde (Termonde). Maximilien confirma ce privilège en permettant, de battre tous les dix ans dix mille « myten » ou mailles, pour en payer les dépenses de la chapelle.

Ces monnaies des curateurs de la confrérie furent d*abord battues à la Dyk-poort et appelées « Onze L. Vrouwegeld » à cause de l'image de Notre-Dame qu'elles portaient. On en possède plusieurs

(4) B. M, pp. «5, 259-262.

espèces. Les unes portent la devise : « Weest gogroet moeder des Salichmaekers Jesu Ghrisli » d'autres « Weest gegroel vol van gratien de Ueer is met U, »> encore d*autres : Myle van de heylichste (à savoir Marie, dont on voit l*image au milieu) « van Dendermonde. »

Depuis le commencement des troubles des Pays-Bas cette coutume n'est plus en usage (1).

O décembre. — {Pinus laricis.) Saiiile Léocadie; sainte Gorgonie.

lO décembre* — (Cupr^Mta lusiianica.) Sainte Euialie; saint Meichiade saint Vaière; S. Fulgence, premier abbé d'Affligbem.

L*Église célèbre en ce jour la fête de la translation miraculeuse de la petite maison de Nazareth, des côtes de Tlllyrie à Lorette, dans la marche d*Ancône.

En Belgique il existe un grand nombre de monuments construits sur le modèle de la maison de Lorette ou dédiés sous ce titre, entre autres à Anvers, chez les Augustins, à Bruxelles à Téglise ûts Minimes, à Mons au Val des Écoliers, à Horion, près de Liège, à Boldenberg, à Ath, à Groenendael, à Baerle dans le Limbourg et à Rocheforl dans les Ardennes. Cette dernière chapelle fat élevée vers 1600 par Josine de Lamarck, qui à cause de sa charité est vê-

(2) Maestertius, pp. 403-404.

nérée dans le pays comme uDe saiote et dont on raconte la même histoire que de sainte Elisabeth.

Il y avait aussi dans la plupart des grandes villes, une confrérie de Notre-Dame-de-Lorette, et les litanies dites de Lorette sont d*un usage presque aussi habituel dans les ramilles belges que le « Pater d etr«Ave»(<).

1 1 décembre. — [Pintis halipinsis]. Saint Damase ; saint Basiiien ; saint Daniel ; Ide de Nivelles.

Ide de Nivelles, religieuse de la maison de la Vierge dite « la Ramée » en Brabant, est honorée du titre de sainte par les hagiographes belges. On place sa mort en 1231.

Le bienheureux Thierry de Munster, récoilet, mort à Louvain, en 1515, se dévoua généreusement au service des malades lors de la peste qui sévit à Bruxelles, en 1489 (1).

Ift décembre* — (Erica conferta.) Saint Aubert; sainte Constance; saint Valéry.

Saint Aubert, évèque d*Arras et de Cambrai, qui consacra de ses mains la plupart des églises et des couvents qu'élevèrent saint Vin-

(1) B. M., p. 266; VasM, p. ^.

(î) B. M., pp. «6«-7.

cent, saint Landelin, sainte Waudru et sainte Aldegonde, mourut en 668 et fut inhumé dans son église métropolitaine (1).

Sa fête, qui se célèbre en quelques églises le 12, en d'autres le 13 décembre, est dans la plupart des villes belges ia fête patrouale des boulangers.

A Bruges les boulangers fêtaient le jour de Saint-Aubert, en distribuant, après la messe, qui se célébrait chaque année en Tbonneur du saint patron, 180 pains à trois sous aux pauvres (2).

1 3 décembre. — (Thnja cupressioides,) Saint Aubert; sainte Lucie; sainte Odile.

Sainte Lucie, en Thonneur de laquelle sept églises sont consacrées, est en grande vénération en Belgique.

On rinvoque comme patronne spéciale contre les diverses sortes d'hémorraghies, les maladies des yeux et les maux de dents. On lui attribue aussi le pouvoir de faciliter les accouchements. II parait que la ressemblance du nom de Sainte-Lucie à celui de « Lucina » des Romains a donné naissance à cette croyance, et quelques auteurs prétendent qu*on s'adresse de même à sainte Lucie ou Luce pour le mal d'yeux, parce qu'on expliquait son nom par le mot latin « lux, e lumière (3).

A Heindonck, village du canton de Malines, les reliques de Sainte- Lucie, que l'archiprètre Toriache donna à Téglise, attirent chaque année, le jour de fête de la sainte, un grand concours de fidèles (4).

(4) B. M., pp. 268-9.

(2) GaiUard, pp. 146-9.

(3) Molanas, pp. 394-5; D. d. 0., 1. 1., p. 428.

(4) H.d. E.d.B.,t.II,p. 631.

A Lierre, où saint Eloi et sainte Lucie avaient autrefois en commun dans l*église collégiale une chapelle et un autel, le jour de Sainte-Lucie, le doyen du métier des forgerons et le directeur de la confrérie de Sainte-Lucie étaient assis derrière une table, sur laquelle se trouvaient; outre la litanie imprimée de cette sainte, nombre de ficelles de soie rouge, vulgairement appelées « Lucias draden. » Les femmes et surtout les mères s*empressaient d'en venir quérir quelques-unes moyennant une légère rétribution pécuniaire destinée à couvrir les dépenses d'entretien de la chapelle et du service divin à son autel. On portait ces ficelles au cou, pour se préserver des torticolis. Cet usage existe encore maintenant (1).

A Marche, dans la province de Luxembourg, se tient une foire dite de Sainte-Lucie, qui est une des plus considérables de la contrée.

A Tournai avait lieu chaque année, en ce jour, Télection des prévôts, des jurés et d'autres magistrats (2). .

È^ décembre. — (Pinui pcUustris.) Saint Nicaise, évéque de Rheims, et sainte Eatropie, sa sœur, martyrisés par les Barbares, en 407. (3)

Saint Nicaise chasse les souris de la maison, lorsque ce jour on inscrit son nom sur la porte (4).

(4) AvontroodtMss., pp. 44-42.

(2) Chronique, p. 228.

(4) Goremans, p. 91 .

Itt décembre* — [Pinus nsinosa,) Saint AdOD; sainte Philolée; saint Valérian.

Octave de la Conception de Notre-Dame, instituée par Sixte IV, avec les mêmes indulgences qu*au jour de la fête.

lO décembre. — {Thuja orientalis.) Sainte Adélaïde; saint Eusèbe; saint Everai^d.

Anniversaire de la naissance de S. M. le roi des Belges Léopold !•''', né à Cobourg le 16 décembre 1790.

C'est pourquoi les Flamands appellent ce jour « de Prinskensdag, » jour du prince.

1 y décembre. ~ [Cupressus thyoides.) Sainte Begge ou Begigoe, patromie d'Andenne, dont on invoque l'intercession pour guérir les b^es.

Cette sainte, la plus jeune des filles de Pépin de Landen, épousa le fils de Saint-Arnould, le comte Ansegise. Son mari avait, par charité, reçu dans sa maison, nourri, élevé un jeune garçon, qui s*arma contre son bienfaiteur et le tua pendant la chasse.

Veuve par ce triste événement, Begge fit le pèlerinage de Rome

et se retira au milieu d'une solitude qu'elle peupla de sept églises en mémoire de celles qu'elle avait vues dans la sainte ville. Puis elle fonda un monastère à Andenne, lui donna tout le territoire qu'elle possédait, prit elle-même le voile des mains de saint Amand et devint première abbesse du lieu. Ses compagnes lui avaient été envoyées de Nivelles par sa sœur Gertrude, que saint Amand avait également cloîtrée et qui dans la suile a été canonisée ainsi que Begge et leur mère Ideberge ou Itte.

La châsse de Sainte-Begge, précieux ouvrage d'orfèvrerie, se trouvait dans une jolie église qui venait d'être terminée, quand parurent les édits réformateurs de Joseph II. Les dames nobles du chapitre des chanoinesses d'Andenne la firent alors transférer k Namur, avec celle de Moustier sur Sambre (1).

Bien que d'après Topinion la plus ancienne et qui vient d'être confirmée par les recherches récentes de quelques savants historiens, l'institution des Béguines doive son origine à Lambert le Bègue, vénérable prêtre de Liège, qui employa toute sa vie à répandre dans le peuple l'amour des vertus chrétiennes, les Béguines vénèrent sainte Begge comme la fondatrice de leur ordre. S'appuyant sur un diplôme de Vilvorde de 1068» dont l'authenticité a donné lieu à de longues controverses historiques, elles contimient de considérer le Béguinage de Vilvorde, éteint en 1840, comme l'ancienne maison de leur Institut et comme existant plus de deux siècles avant ÏAm* bert le Bègue, qui mourut vers Tan 418S.

Ce qui est certain c'est que les premières Béguines du Brabant se rassemblèrent, vers l'an 1307, à Hemixem, k l'endroit où fut depuis l'abbaye de Saint-Bernaixl. Leur établissement souffrit beaucoup de difiicultés, et les villes semlilent leur avoir défendu d'habiter dans l'intérieur de leurs murailles, puisque tous les béguinages se trouvaient jadis dans les foubourgs. Le pape Glémeot V condamna en

(4) G. d. V. e. A., t. II, pp. 206-7. - La Mwse belge, p 87.

13H rinslîtut tout entier, au concile de Vienne (en Dauphîné). Mais Jean XXII, sur les représentations qui lui furent faites, leva plus tard la condamnation pour les Béguines des diocèses de Cambrai et de Tournay, qui composaient alors une partie très-notable de la Belgique actuelle.

Les béguinages qui, sur la fin du treizième siècle, eurent déjà pris une grande extension, recommencèrent donc à fleurir dans les Pays- Bas, malgré quelques persécutions, el leur nombre monta à 76, dont vingt et un existent encore.

En 1631, on compuit 2,487 Béguines; aujourd'hui leur nombre est d'environ 1,600. Mais partout on trouve encore des enclos assez spacieux rappelant par leur nom Taucien Institut des Béguines qui appartient en propre à la Belgique (1).

1 H décembre. — {Cupresêus australis,) Fôte de TExpectatioD ou de TAttente de la Sainte Vierge, 0. L. V. VerwacbtiDg.

Le mercredi du jeûne de TAvent ou des Quatre-Temps de dé* cembre s'appelle « engel-woensdag, » mercredi de Tange, parce qu*on lit ce jour à la messe, comment Tange Gabriel vint annoncer à Marie le mystère de Tlncarnation.

Il était autrefois d'usage dans les églises de placer sur un échafaud une jeune fille, à qui un enfant, habillé en ange, annonçait qu'elle allait devenir la mère du fils de Dieu. Une colombe, suspendue sur la tète de la jeune fille, représentait le Saint-Esprit (2).

{{) De rinstitut des Béguinçs en Belgique. Louvain, 4857. — H.d. E.d. B., t. Il, pp. 500-5. — Hallman, Die Geschichte des Ursprungs der belgischeD Beghinen. Berlin, 4843.

[î) Journal de Malines, 45 janvier 4843.

A Louvain, Catherine Van Kuaderebbe, veuve de Simon Pinnock, chevalier, fonda k Saint-Jacques, par son testament du 14 juillet 1474, la représentation annuelle d'un mystère dont le sujet devait être puisé dans Tancien ou dans le nouveau testament. Celte représentation devait avoir lieu pendant la messe d*or célébrée aux Quatre-Temps avant la Noël (1).

lO déeembre. — {Erica bicolor,) Saint Libérât; saint NémésiOD; sainte Wivioe, dont TÉglise chôme ordinairement la fête le 47 décembre.

Cette fille, issue dil-on, de la famille d'Oisy, vivait vers Tannée 1120 en Flandre. Elle était aimée par un jeune homme nommé Richward; mais, entraînée par l'enthousiasme religieux, elle lui déclara qu'elle voulait se consacrer à Dieu. Elle et son amie Emteware ou Emware quittèrent leurs parents et vinrent habiter aux environs de Bruxelles, dans un lieu entouré de bois. Elles y bâtirent, avec des branches d'arbres, un petit ermitage, et y vécurent pendant trois ans; complètement ignorées, ne prenant d'autre nourriture que des fruits et des racines et ne buvant que de l'eau d'une fontaine voisine, eau qui depuis cette époque fut regardée comme salutaire pour toutes les maladies.

Richward imita l'exemple de celle qui avait repoussé son amour; il se retira dans la forêt d'Eeckhout près d'Àfflighem, où il choisit pour demeure un arbre creux et mourut, quelques années après, en odeur de sainteté.

Cependant, le bruit de la vie austère que menaient les deux

{{) E. van Even, l'Église de St-Jacques, p. Î2<.

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