II. n
céiipbiïQ& s'éUnt répandu , d*a^lr^, femmes, accottcu^ent auprès d*elles et formèreut insei^^iblemenjl \i,De comoHioâiUé en aïk^lant Tordre de Sajnt-Benoit. V^ifVi^e, qui fut leur pnemière supérieure, mourut le 17 septembre 11,70, à Tâge de 67 ans. Sept ans après, le jour de Saint-Michel, l'évèqu|Ç AlarA consacra TégHse de ce monastère qui, par la suite, reçut le nom de Grasd-Bigand, pour le di<^guer du prieuré de Petit-Bigard, sous Leeuw-Saint-Pierra, et, le dimanche suivant, Tabbé d'Afflighem, Arnould, éleva les dépouilles mortelles de Wivine, qui furent conservées jusque dans les derniers temps, dans une très-belle châsse d*argent placée sur le maîtreautel de Téglise abbatiale, et qui se trouvent aujourd'hui dans Téglise du Sablon, à Bruxelles. On gardait aussi à Grand-Bigard, le psautier de la bienheureuse, le seul objet qu'elle eût emporté de la maison paternelle, son crucifix de bois et son voile. Elle est invoquée surtout pour les maux de gorge, la pleurésie, la fièvre chaude, l'apoplexie et la mort subite (1).
Le prieuré dont sainte Wivine était la fondatrice et première abbesse, fut, par le duc Godefroid V\ soumis à l'abbaye d'Afflighem, qui confiait le soin de diriger les religieuses à un prieur. L'évèque de Cambrai, en 1245, exempta les religieuses de toute sujétion envers l'abbaye d'Afflighem, mais ce ne fut qu'en 1548, que le prieuré devint une abbaye. Un bref du pape Paul III, en date du 19 janvier 1548 lui accorda tous les privilèges, dont jouissaient la Cambre et Forêt, et le 4 mars suivant, la première abbesse fut solennellement bénite par l'ofiicial.
Nombre de princes et seigneurs confirmèrent et augmentèrent les privilèges de la communauté ou lui firent des donations. On n*y' admettait que des personnes nobles. Mais les guerres lui causèrent, à différentes époques, des perles énormes. Surtout en 1578, les
(4) La confrérie de cette sainte, à laquelle le pape Urbain VIII a accordé beaocoap d'indulgences, célébrait autrefois, le dimanche après la Saint-Michel, la fête de rélévation du corps de Sainle-Wivine avec grande solennité.
religieuses eurent mille vexations à suoir et se réfugièrent d^abord à* fermbnde, puis à Bruxelles, ^'où elfes ne retourijièrent dans rafeBaye qu'en 1598. Deux siècles après, en Tannée 1796, Tabbaye fut supprimée.
L^églisé qui avait pôiir patrons la Vierge et Saint-Pierre et dont là (fedtcace se célébrait lé dimanche après le jour de Saint-Mathieu révangélisté, a disparu depuis longtemps (1).
5tO décsembre. — {Pintupima.) Saint Eagéne; saint Philogone.
^1" diécenjbre. — {Érica pnsserina.) Saint Thomas, apôtre.
C'est le jour où les enfants tâchent de fermer la porte à leurs parents, qu*ils ont fait sortir à Taide de toutes sortes de petits manèges. L'expression de « buitensteken, buitensluiten » mettre à la porte, dont on se sert pour désigner l'acte principal de ce jour, donne à conjecturer que les enfants ne reculent devant rien, afin d'atteindre leur but,
Ordinairement il suffit de demander : a Papa ou maman, est-ce que vous n'allez pas aujourd'hui rendre la visite dont vous avez parlé hier? » ou de dire : a Papa, regardez donc quel vilain grand chien se trouve au jardin » et le père ou la mère, faisant semblant
(4) H. d. E. d. B., I., pp. 366-7, 373; — Het ]e?en en de miraeckelen van dé tf. WivlDa. Brusseî,' 1756.
de se laisser attraper, sort. Une fois hors de la maison, on ne lear permet d'entrer qu'après avoir reçu la promesse d'un régal. « Wal zuldegeven? » (Qu'est-ce que vous donnerez?) crient les bambins quand papa ou maman se met à frapper pour qu'on lui ouvre, et l'accès reste interdit jusqu'à ce qu'on en vienne à un accommodement. Du chocolat ou du thé au lait, di( « pappenthee » avec des gâteaux aux corinthes (krenten-koeken) ou des biscuits sucrés sont les conditions ordinaires de chaque arrangement de ce jour.
Cet usage que nous croyons belge par excellence, puisqu*ou ne le cite pas ailleurs, se trouve dans le pays wallon aussi bien que parmi la population flamande. De la famille il a passé dans le^ écoles, les pensionnats et les ateliers.
En Brabant et dans le pays de Lhnbourg ce sont même les domestiques qui ont le privilège de se procurer un petit régal an moyen d'enfermer leurs maîtres ou de leur fermer la porte. A Anvers It coutume du « buitensluit n^s'étend jusqu'aux visites et par la demande : « Wat belooft ge? » Qu'est-ce que vous promettez? on se procure, l'un de Tautre, un pain aux saucisses (<c worstenbrood »), une tarte, des gaufres, du punch ou du vin chaud.
A Bruges, où les enfants et les apprentis ont également le droit de fermer la porte à leurs parents ou à leurs maîtres, on donne à cette cérémonie le nom de « thomassen n, thomasser, pour nous servir d'un terme formé de la même manière.
Dans le pays d'Alost où parmi les élèves des écoles de village il y a quelquefois de grands gaillards d'une vingtaine d*années, le maître d'école est lié sur sa chaise et porté ainsi à l'auberge, n*ayant aucune perspective d'être délivré de sa position gênante avant d'avoir promis une tonne de bière et des gâteaux appelés « broede^ kens » ou petits frères. C'est pourquoi il arrive très-souvent qoe dans cette contrée les maîtres d'école se rendent invisibles le jour de Saint-Thomas.
A Oosterzeele, Haelterl et en plusieurs autres localités la coutume
de fermer la porte aux maîtres a lieu le lundi après TÉpiphanie.
Une particularité qui n*est pas sans importance pour la signification de ce jour, se trouve dans les Ardennes et dans les environs de Hny, où les enfants font avec du papier de petits coqs pattus à queues relevées et les allument devant la maison d*école. On ne hasarderait pas trop, ce nous semble, t^n supposant que ces coqs de papier soient les derniers souvenirs des anciens sacrifices qui avaient lieu ce jour-là, d*autant plus que dans les environs de Contich les matlres d*école devaient encore, il y a vingt ans, suivant la coutume du jour, donner à leurs élèves un coq et une poule à décapiter.
L'habitude qu*ont les enfants à Saint-Trond de se mettre à la Saint-Thomas, des couronnes de papier sur la tète, ne nous parait pas non plus être étrangère à Tancienne solennité de ce jour, auquel se rattachent encore à présent plusieurs idées superstitieuses. Car comme en différentes parties de TAllemagne, nous trouvons en Belgique, la veille de Saint-Thomas, les mêmes pratiques qu*à la veille de Saint-André, et les jeunes filles priant saint Thomas de leur accorder un mari selon leurs désirs, croient voir ce mari soit la nuit dans leurs rêves soit le lendemain matin, dans la personne du premier jeune homme qu*elles rencontrent.
Le dicton français : « Ne pas sasser le jour de Saint-Thomas » n'est pas connu en Belgique ; mais par contre on y dit : u Sint Thomas de wasscher » saint Thomas le laveur, parce que le jour de sa fête les femmes avaient Thabitude de nettoyer et de laver leurs maisons pour la fête prochaine de Noël (1).
(0 Kanst-en Letlerblad, 4842, p. 403. — CoremaDs, pp. 37, 94, 9î. — Liebrecbt, O. T., p. 233.
^^ décembre. — (Erica pellueida.) Saint Flore; saint Fiavien; saiot Honorât; saint Hungère, évêque dUtrecbt; sainte Virginie.
décembre. — {Pinw cedrus.) Sainte Victoire; saint Florent, évoque.
décembre. — (Pinus toeda.) Adam et Eve; sainte* Ad^elsende;
saint Delphm
La veille de Noël ou Kersavond, on avait jadis Thabilude de nommer les garçons nés ce jour-là « Adam, » et les filles « Evç; » cela, disait-on, portait bonheur (1).
Les usages et pratiques qui ont lieu en ce jour se rattachent tous à la fête de Noël.
A Namur on renouvelle les loyers le ^^4 d.écembre, de même que le 24 juin.
(0 Coremans, p. 93.
^H décembre. — [Uex bacci/lora.) Noël ou Kersdag; jour de Noël.
La fèle de Noël, la plus joyeuse chez les peuples de race teulonique aussi bien que de race slave, n'est presque plus célébrée en Belgique que par les solennités de TÉglise. On n'y voit ni « Tarbre de la sainte ' nuit, » si cher à toute l'Europe germanique, ni a le grand réveillon, » ce festin somptueux, qui an midi de la France fait encore aujourd'hui désigner Noël par les enfants du nom de « fête où l'on mange tant, )) ni les gaies réunions et les banquets hospitaliers qui en Angleterre du temps de Noël font l'époque la plus animée de l'année.
A peine si Ton y trouve encore dispersés ça et là quelques vestiges des vieux usages populaires qui accompagnaient jadis la célébration de la fête du solstice d'hiver ou de la mi-hiver (midwînter). Toutefois le peu qui nous en reste est plus que suffisant pour démontrer que les anciens habitants de la Belgique n'ont pas célébré cette fête avec mentis de festivité que les autres peuples de race germanique. Car pour eux le « Kersfeest, » fête du Christ, ou « Noël, » (1) fête de la naissance de Jésus, n'était dans les premiers temps après leur conversion que la continuation de l'antique fête du a Joui » que leurs pères avaient célébrée chaque année vers l'époque où le soleil remonte sur l'horizon.
On ne sait pas encore au juste ce que signifie le mot « Joui, Jul, Joël. » Quelques savants l'expliquent par « hjul, » roue; d'aiutres le mettent en liaison avec la déesse a Demeter Julo, » des Grecs et en concluant que « Julius, Jiuleis » ou « Geola, )> signifiait primitivement le « mois » et la <( fête des Moissons, » ils supposent que nos
(4) Noël (en wallon Nouée) est dérivé du latin « natalis » , jour de naissance, ou comme Savaron veut, de « nouvel an •, parce qu'en France Tannée commençait pondant longtemps an jour de la naissance du Seigneur.
ancêtres remirent leur fête des Moissons jusqu'au solstice d'hiver. D'autres savants encore dérivent le nom de « Jul, » du finnois (( juhla, » fête solennelle, et cette hypothèse expliquerait, comment les peuples du nord passant du paganisme au christianisme et substituant à leur fête du solstice d'hiver la fête de Noël n'ont pas cherché à donner à celle-ci un nom particulier.
Il en est de même du nom haut-allemand <' Weihnachten, » qui en signifiant» nuit sainte » (de « wy » saint) s'adopta à merveille à la fête chrétienne qui nous rappelle que Jésus-Christ est né au milieu de cette nuit sainte.
Mais dans le principe la fête de la nuit sainte ou de la nuit mère (moedernacht, madraneth,) à laquelle se joignaient les <c douze nuits » ou « twelf nachten, » solennisait le commencement de la nouvelle année. L'idée que le soleil à Tépoque du solstice d'hiver rajeunit et s'engendre, pour ainsi dire, de nouveau, fit donner à la nuit du 35 décembre le nom de nuit mère. Car c'est le 28 décembre (le « 8 ante cal januar : ») à minuit, q^e les calendriers anciens fixaient le commencement de l'hiver et que Ton fêtait la naissance du soleil, de même que le solstice d*été ou « Midzomernacht, » nuit de la mi-été, était fixé anciennement au 24 juin.
Durant treize jours tout travail grossier était suspendu, tout criminel était protégé contre les poursuites de la justice, toute querelle, toute rixe était remise jusqu'à la fin du « Julfred » ou paix de Jul. On se visitait, on se traitait, on se faisait des présents. Pendant la nuit il y avait des banquets, richement éclairés, où Ton ne mangeait que certains mets, rigidement choisis d'après les prescriptions des a lotdagen; » des réunions où l'on consultait le sort des manières les plus différentes, car c'était l'époque des plus grands « lotdagen » l'époque où se décidait l'avenir au moins pour toute une année.
Surtout dans la nuit sainte la moindre circonstance avait une haute signification c'était aussi en cette nuit qu'à minuit on puisait de l'eau dite « sainte » dans les sources sacrées et qu'on chantait
des hymnes en l'honneur des dieux qui, en faisant alors le tour de la terre, laissaient partout des traces bienfaisantes de leur passage (1).
Ce n*est qu'au dixième siècle que la fête de Noël détrôna définitivement dans le Nord, la fête du solstice d*hiver. Mais bien que les missionnaires fissent tous leurs efforts pour débarrasser la nouvelle fête chrétienne des traditions païennes, ils n*y réussirent qu'imparfaitement. Nous retrouvons encore à présent les souvenirs christianisés de la grande fête païenne, non-seulement dans plusieurs usages qui ont lieu à Noël, mais aussi et en particulier dans le grand nombre d*idées populaires qui se rattachent à ce jour.
Les « skinées » ou côtes de porc qu*on mange à Namur ce jour-là nous rappellent le rôt fumant de sanglier, plat de rigueur du banquet de Joui, et les a kerskoeken » ou gâteaux de Noël, que les parrains et marraines envoyaient autrefois à Noël à leurs filleuls et filleules, représentaient à Tégal des gâteaux de Noël usuels en Allemagne et appelés a stollen, » la figure d*un sanglier rôti. Les a cougnoux » de Namur en ont conservé la forme à peu de chose près.
En Brabant et en Limbourg on aime à manger ce jour le « gruau bénit » ou a heilig kraentje, » qu*on vendait jadis dans plusieurs couvents de religieuses.
A Liège on fait une espèce de réveillon et passe ensemble la nuit jusqu'à la messe de minuit, qui avait été abolie, mais a du être rétablie à force de troubles sérieux. Dans tous les estaminets il y a des 0 crêpes » et des gâteaux et on y prend du punch ou vin chaud.
A Bruxelles, du moins chez le bourgeois de la basse-ville, le banquet de Noël s'est maintenu et les châtaignes y remplacent les glands doux des anciens Germano-Belges. Après le banquet, on se platt encore à interroger l'avenir.
Le plomb fondu, versé dans l'eau, produit toutes sortes de figures, en rapport intime avec l'avenir des personnes qui le versent.
(4) Coremans, p. 37; L. P. d. r , p. 40 ; Montanus, cah. I, p. 10, 4».
Douze petites bougies attachées au milieu d'autant de coquilles de mit et placées à la surface de Teau contenue dans un baquet indliquent â*après la manière dont elles brûlent, les mois heureux ou malheureux de Tannée suivante. Si les lumières pétillant beaticonp» ou si elles s'engloutissent même dans Teau, c'est un fâcheux présage.
Des amants jettent deux noix dans le feu. Si elles brûlent paisiM^ ment, leur mariage sera heureux, si elles éclatent bruyamm^iil, leur vie future sera agitée.
La jeune fille se rend près du puits avec une chandelle et regarde daRs Teau, persuadée d'y voir le portrait de son futur mari.
A Spa les jeunes filles font, la veille de Noël, différents vœux, dans l'espoir de voir en rêve le futur mari. Si l'on jette une poignée de sel sur la table, et si ce sel se fond, on devra mourir; d'autres se voient dans cette expérience qu*un moyen de savoir si l'année snivaute sera humide on non ; si le sel se fond, on attend une année humide.
Quand la liunière s'éteint à table la veille de Noël, on croît qu'un des convives est vouié à la mort.
Les feux de Noël, qui autrefois dans les Pays-Bas s'allumaient partout sont tombés en désuétude. Mais en Flandre un gros morceau de bois, appelé « kersavondblok » et provenant ordinairement des racines d'un sapin ou d'un hêtre, est encore mis dans le feu, toutes les lumières dans la maison sont éteintes et la famille entière se place autour de cette bûche, pour y passer une partie de la nuit en chantant, en racontant des histoires surtout de revenants, de loupsgarons, etc., et en prenant du genièvre.
A Grammont et dans les environs de celte ville, où la bûche de Noël s'appelle « Kersmismot, » il est d'usage d'allumer, au moment que la bûche est réduite en cendres, ce qui reste du genièvre.
En d'autres endroits on conserve un tronçon de cette bûche et le met sous le lit afin de préserver la maison contre la foudre.
Le charbon du bois qui a brûlé pendant la nuit de Noël, pilé et puis mêlé à de Feau, guérit les étiques.
Dans le pays de Limbourg la bûcbe br^)e pendant pliisieufs n^i^ et on en conserve les charbons piles qui, dit-on, garantissent coa^r^ les maux de dents.
A Spa, on allume dans chaque maison des cierges béaits qui, pendant la nuit, brûlent autant qu'ils durent.
L'eau puisée à minuit pendant que l'heure sonne est sacrée; ellç guérit la fièvre, les maux d'estomac, etc. En plusieurs loicalités, on croit qu'à minuit toute eau se change en vin.
Qui nomme le « loup » pendant la nuit de Noël, doit s'attendre au déplaisir de le voir apparaître au milieu de son troupeau.
Pendant la sainte nuit on donne un coup de hache aux arbres qui ne portent pas ; souvent ils portent alors l'année suivante. Mais U ne faut pas passer auprès d'eux avec un rouet pendant cette nuit, sinon le coup de hache ne saurait produire de l'effet. On dit en général que filer pendant cette nuit ne porte pas bonjour.
A Qoyelaert, eoBrabant, les jeunes garçons vootau poulailler et, si dan^ l'obscurité et les yeux bandés, ils peuvent mettre la main sur^ UU coq PU une ppule noire, cette prise leur appaptienti, ou, da moins, leur est rachetée par quelque présent.
Autant de fois q^p chante le coq, lorsqu'on éclaire le poulailler ^an;s la nuit dp Noël, autant d'escal^as le « zister » de seigle coûtera en Brabant l'a/m^e su^ya^te.
Si la nuit de Nopl est claii;e, la grange sera sombre, (remplie) après, la. récolte; si cette nuit.e^t; sombre, la grange ne sera que trop claire.
D^ns^la.uuitdeNjpël un agneau, doit être au troupeau, quoiqu'il an arrive.
La jérose ou rose de Jéricho nç fleurit que dans cette nuit* mystérieuse, o(i,à^iuii)uik Iqs^ abeilles chantent et toutes les. bèies se lèvent dap^Jes^^t^blf^. ^t rc^tenfi un moumnt k, genoux avant» de se ro* qoucl^er»
Un enfant né pendant la nuit de Noël, voit les esprits divins.
Une branche de groseiller épineux mis dans un verre d'eau en cette nuit, à ce que Ton croit à Liège, sera « en fruits n le jour de ran.
Tout ce qui est semé la veille de Noël ne se gâtç pas, Teût-on semé sur la neige.
Le vin en fût fermente cette nuit, de même qu'à la fleur de la vigne; s'il déborde, il y aura beaucoup de vin l'année suivante.
Pendant les douze nuits il ne faut pas battre le blé, il se gâte aussi loin qu'on entend le bruit de ce travail.
Une chemise faite avec du lin filé pendant les douze nuits, est bonne à bien des choses.
Il ne faut pas manger des pois, fèves ou lentilles pendant les douze nuits, on en devient malade.
Les œufs pondus pendant les douze nuits passent en Brabant comme en Flandre pour des œufs de bonheur, et mis sous la poule il en sort des poulets magnifiques.
Si pendant les douze nuits on transvase à plusieurs reprises de l'eau en différents vases, et que le volume d'eau augmente, on peut attendre une heureuse année ; dans le cas contraire, l'année sera malheureuse.
Pour fixer les semailles il faut observer le temps durant les douze nuits. Car chacun de ces jours mystérieux indique le temps qu'il fera dans le mois qui y correspond, par exemple la Saint-Étienne représente le mois de février, les Saints-Innocents le mois d'avril. Le 6 janvier décide sur la valeur de ces observations météorologiques. Si ce jour est sans pluie ni neige, l'année sera comme les douze nuits l'ont annoncée; si le contraire a lieu, on ne peut pas se fier aux observations.
Lorsqu'il arrive que le temps reste sans variations notables pendant les douze journées, on s'aide en remplissant d*eau douze petits vases, découpures d'un oignon : selon que Teau disparaît vite ou
Googk
lentement, on cherche à apprécier la température du mois qu'ils représentent.
Le jour, auquel tombe Noël, est également d*une grande influence sur le temps de Tannée suivante, et si le jour de Noël le soleil ne se montre pas, Jésus-Christ ne protégera pas Tannée suivante.
L*idée du char infernal ou char de sang « Hellewagen » « Bloedkaros b qui parcourt les airs pendant les douze nuits, se maintient encore en quelques endroits, surtout dans la Campine, dans la province d'Anvers et dans le pays de Limbourg.
Dans le baillage de Luithagen, près d*Ânvers, un chariot enflammé conduit par un paysan et des chevaux ardents parcourt les champs pendant la nuit de Noël. La tradition dit, que c'était un paysan qui ne respectait pas lesjours de fêtes et qui, même au saint jour de Noël, allait chercher du bois avec son chariot (1).
La plupart de ces pratiques et croyances que le christianisme a condamnées à bon droit comme superstitieuses, se sont tellement identifiées avec l'esprit de la fête de Noël que l'idée chrétienne s'y montre dans toute la simplicité et la naïveté qu'avait autrefois la foi du peuple belge. Aussi l'Église, loin de forcer la population à rompre avec son passé et à se défaire de vieilles habitudes qui en ellesmêmes sont tout-à-fait innocentes, s'est-elle contentée de diriger et de sanctifier les coutumes populaires tout en supprimant, les uns après les autres les abus qui en résultent.
Les cérémonies religieuses, qui accompagnaient en Belgique la célébration de la fête de Noël, n'ofi'rentque peu de particularités.
Dans quelques villages de la Flandre se célébrait jadis le « Bethléem. » D'abord paraissait un jeune homme habillé en ange avec des ailes au dos : il récitait o TAve Maria » à une jeune fille, qui répondait (c fiât » (que votre volonté s'accomplisse) et la baisait sur la
(4) Coremans, pp. 38, 92-96; L. F. d. I., pp. 4-41 ; Wodana, pp. 405,412,443; ODgegroDde Voortekenen (TaioroanD. Spreekwoorden, t. Il), pp. 10-46.
bouche. Ensuite un enfant, enfermé dans un grand coq de carton, criait en imitant le chant du coq : « Puer natus est nobis » (un enfant nous est né), un gros bœuf en mugissant, disait : « ubi » (où) et quati^e brebis en bêlant criaient « Bethléem ». Puis uii âîiê criait <( hihanus ii pouf signifier « eamus » (allons), et là procession se mettrait eh nlàt-che, suivie de toutes les bêtes. Un fou avec des grelots et des marbttës fermait le cortège (1).
Dans te pays \irallbn la messe de minuit donnait également lieu à une espèce de spectacle représentant la Naissance de Notre-Sauveur, quoique d'une manière moins grossière qu'en Flandre.
Une crèche, éclairée de nombreux cierges, était érigée au milieu de Téglise, qui ne cessait de retentir des cris pieux : a Gloire à Dieu ad' plus haut des cieux! » Des saints cantiques appelés « Noëls » célébraieut le mystère de la naissance du Dieu fait homme et des coups dé flifeili des fusées, et les éclats de la poudre jetée à terré en formauft'des cercles et d'autres figures annonçaient au peuple a la nouvelle d*une grande joie. »
Lâf'messe de minuit a été maintenant supprimée dans beaucoup d*eildteits et trkhsféréc à cinq heures du matin, mais lès crèches dorit'Saîtil-Frknçois d'Assise a introduit, l'usage il y a de cela prèsde six sièdé^i sfe soiit maintenues jusqu'à nos jours. On eh érige même dittU lès fatoîUes, et à Vervicrs les « Bethléems » qu'on constrtiisait dans les maisons étaient des crèches entourées de figures de cire re-
p^ësentànt là Nativité.
Les «Noéls » se sont répandus de l'église dans les rues, où des pauvres les chantent encore pour quêter quelque chose. Nous en communiquerons quelques-uns des plus populaires, empruntés à l'excellent « Recueil de Noëls » publié à Liège. Les voici :
Souh, Bon Diew, qui fait-i freud ! (Bis) Les dints m' kakel, s'a-j'mâ mes deugts (4) Clément, l II, p. 354.
Très doux Diew quélF jalaic!
Cist effani seret moii't di freud Poirtans 11 po n* blamaie.
Por mi j' It poitrèt dès fagots, (Bis.) Et des loumrotr toi plein m'sûpot Qui sont es noste alaie ; (i) C* seret po les r'châfé lurlols Joseph, Diew et Mareie.
Por mi ji lî poitrèt m'cotrai, (Bis.) Po fé dès fahe et des lignerais Et à l'mér' dès châsettes, Vo les î keûs'réz bin si v'pl'ait J'a de fi es m*tahette.
Por mi ji lî poitrèt m'ventrin, (Bis.) Il est si bai, s*est-i si fin, Qu'on direût de V prôp' sôïe C*seret po lî fé des béguins N*esst-i nin vraie, Marôïe !
Pormi ji lî poitrèt m'sarôt, (Bis.) 1 n*est nin fin, s*nest-i nin gros.
Et sVj' dès plomm' di cîne Vos mettrez tôt a fait es m'hot Po poirter à Tpaïne.
Grand pér\ vos poitréz bin Ffisiquc, (Bis.)
So voss' néz mêliez des boriques
Et s1oukîz-ès rpotallc,
Tôt â coron di noss' boliquc
Vos trouverez des brocalles.
(4) Var. : Qui sont tôt astallaie.
Cusen* Marôïo, vinéz avou, (Bis.) Nos passVans po mon mïré Ernou, Qui d6s mônn* h rvallaio, 1 fait si spet qui j'a paou Qui nos n'seïanss d'rôbaie.
Jan, corans-y tôt dansant, (Bis.) Veïe li mirâk di cist effant Qui est né d'in' pucello, Dihomb-tu J*iienn\ dihomb-tu J*han, Dihomb-tu donc bâcellc.
Cusen* Marôïe, allez' hoûter, (Bis.) I m'sonl* qui j*ô l'efFant crier, Doux Diew so-j' ewaraie, Cusen' Marôio, allez' hoûter Qui nos sèpans' li vraie.
Oh weye! ciete i sont là leûs treux, (Bis). L'effant so lïour tôt moirt di freud.
Et Tmér' tote èjalaie.
On vt bounbamm' les louk tôt reud Vdfrt qui méditaie.
Moussans d'vin, si nos agennans, (Bis.)
Nos trans adorer Teffant,
Et It offri nos cours
C'est çou qui voût Tdivin effant
Qu' est là coûkt so Tfoûr.
Diet-wàd* degn* mère et li k^pagneie» (Bis.)
Les Ang' nos ont dit des merveyes
Nos ont fait si binâhe,
Di cist effant qui nos v'nans veie
Vi plâist-i bin qu^el bâhe!
Oh : oui, bergère en Tadoranl, (Bis) Baisez les pieds de eet enfant Qui est né enlre les bêles, Il est le fils du Tout-Puissant, Honorez bien sa fêle.
Iloutez donc mér* qu'elF paroi* bin; (Bis.)