‹ Calendrier du fermier; ou, Instruction, mois par mois, sur toutes les opérations d'agriculture qui doivent se faire dans une fermeChapitre 15 sur 48 · CA MARS · texte numérisé non relu

CA MARS

qui feme plufieurs rayons à la fois à diflance égale, cela abrégetoit encore les ouvrages.

Des Vefces.

Si on na pas pu les femer en Février , il ne faut pas attendre plus tard que ce mois-ci pour le faire, ( Voyez ce qui ef dit en Février ).

Des Carottes.

C’eft à préfent la vraie faifon de les femer, à moins que le tems n’ait été aflez fec pour permettre de le faire en Février. Labourez la terre à l’ordinaire , mais le plus à plat poflible ; femez-y à la volée, environ 4 livres de femence par acre. L'idée générale eft de croire que les carottes ne viennent que dans le fable , mais cela eft faux, : car elles viennent parfaitement dans les terres rouges , légères ou humides , pourvu qu’elles aient du fond ; car il faut que la charrue , en fonçant, amene toujours une terre de la même qualité. Une terre fablonneufe qui auroit ces mêmes qualités, fourniroit de très-bonnes récoltes ; le fable noir eft le meilleur. Mais malgré cela, je le répete, les carottes réufhffent dans les autres terres , quelque-

fois

| MARS, 65 fois même dans les terres fortes ; mais jamais dans la glaife. La feule raifon pour laquelle on donne la préférence aux terres fablonneufes , eft que la culture en eft plus facile , tant pour la plantation que pour le binage , dans le cours de lannée,

Si vous voulez avoir une fuperbe récolte de ces racines, mettez fur la terre quinze ou vingt voitures de fumier bien pourri, par acre; enterrezle à la charrue , enfuite femez les carottes & enterrez-les à la herfe; la récolte fera abondante , & une de celles qui dédommageront le mieux du fumier que l’on y menera.

Ce n’eft pas que beaucoup de gens difent que le fumier ne vaut rien aux carottes , parce qu'il les fait monter trop vite , les empêche de groffir ou leur donne un mauvais goût ; mais je rai jamais eu de preuves de pareilles affertions : un principe général en agriculture , eft que les engrais doublent les produits.

Je ne peux pas quitter cet article fans confeiller cette culture à tout bon fermier , non pas en petit pour un ou deux arpens, mais un enclos entier , comme de navets, bleds, &c. ce qui lui fera d’un trés-grand profit, valant jufqu’à cinq louis l’acre, frais faits, ce que nulle récolte , même celle de bled ne donne, excepté les pommes de terre, fans compter que cela ameublit parfaitement les terres.

Des Panais.

Cette racine eft recommandée par plufeurs auteurs qui ont écrit fur l’agriculture , comme préférable même aux carottes. Je crois qu'il n’y a pas de comparaïfon à faire, fi ces dernières font femées à propos & dans des terres convenables : il eft certain que cette plante réuflit dans la glaife à plus forte, fi on fume bien avant. Ceux qui voudront en faire l’effai, doivent les femer ce moisci, & fuivre les mêmes procédés qui ont été recommandés pour les carottes ; &t alors , avec de bons engrais, cette culture pourra réufhr.

Des Pommes de terre.

Mars eft la meilleure fafon pour les planter , la terre ayant été labourée Fhiver, & reçu une feconde façon en Février. Le premier tems fec de ce mois-ci, on doit la fumer en fumier bien pourri, & l’enterrer à [a charrue , en en mettant vingt-cinq à trente voitures par acre , & le répane dant bien également, & puis herfer enfuite.

Une des manières de les planter eft d’avoir un plantoir à trois dents , qu’un homme enfonce dans

Ja terre en mettant le pied deflus, & fait trois trous en terre à la fois; un petit garçon le fuit, qui jette le plant dans le trou & le recouvre avec fon pied ; il faut après cela herfer la terre deux où trois fois : voilà la meilleure méthode. Les rayons doivent être faits à neuf pouces l’un de l’autre; pour pouvoir fe biner facilement. Une autre manière, moins difpendieufe encore , eft de les femer devant la charrue qui les recouvre. De ces deux manières , il en faut vingt boifleaux par acre.

On défriche fouvent un herbage pour y mettre des pommes de terre, & plufieurs cultivateurs préfèrent cette méthode. On commence par mettre fur le pré que l’on veut défricher quinze ou vingt voitures de fumier, alors vous l’enterrez avec la charrue , & plantez les pommes de terre de la manière indiquée ci-deflus ; le gazon retourné, en fe pourriflant , forme un nouvel engrais.

Une autre méthode eft de mettre le fumier fur le pré, par couches à deux pieds de diffance l’une de lautre; on pofe les pommes de terre fur le fumier , on laboure enfuite les intervalles , & on jette le gazon fur les pommes de terre, il fe confomme & fert enfuite à les buter.

On peut planter aufli des pommes de terre fur des bordures (1) que l’on défriche lhiver pour

(1) Bordures ; on fe rappelle ce qui a été dit ci-

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