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Des Cochons.
Quand une partie des beftiaux dont la ferme étoit garnie, font lâchés & mis en pâture , il faut en faire autant des cochons , en choïfiffant ceux que l’on veut engraifler , & les mettant dans une piece de trefle, c’eft une partie eflentielle de l’agriculture , mais qui, malheureufement , n’eft pas en ufage dans un cinquième du royaume ; cela mérite confidération , & des renfeignemens que nous nous fommes procurés dernièrement , nous mettront à même d’en démontrer lutilité.
Dans lancien régime on gardoit les truies toute l’année à la maifon , ou tout au plus dans un petit clos à portée, où on leur donnoit à manger des eaux grafles, du grain, &c,; mais un grand abus de cette méthode étoit de, ne faire aucune difinction entre les truies qu’on élevoit pour produire des cochons de lait, ou des porcs à l’engrais. Les relavures ne doivent fervir que pour les premiers , & les autres être mis en pâture, comme nous lavons dit, dans une piece de trefle à la moitié de ce mois: par ce moyen, on peut en élever bien davantage. [ls reftent enfermés dans un enclos jufqu'à la fant Michel; il faut feulement avoir fom que les clôtures foient bien bonnes , & qu'il y ait
124 Mar une grande mare au milieu pour les faire boire. Cette manière de les nourrir eft préférable à toute autre, ils croiflent à vue d'œil, & font prefque affez gras pour les tuer quand ils fortent de-là. Cette pratique doit certainement être fuivie avec fuccès, & le fermier y trouvera bien fon profit. Les fumiers que lui feront les truies à la maon, & le bénéfice qu'il retirera de ces animaux, ayant toutes les iffues de la cour & de la laiterie pour les cngraïfler , le dédommageront amplement de la coupe du trefle. D'ailleurs, comme dans ce moisci, la laiterie fournit confidérablement de lait de beurre , &t autres :flues; on peut pratiquer un conduit en brique qui amene le furplus dans un trou ménagé à cet effet dans la cour , & qui forme une efpece de citerne, où 1l fe conferve pour le tems où il s’en fait moins dans la ferme: cette économie eft fort en pratique dans les endroits où il fe fait des éleves de porcs.
Des Chevaux.
Au commencement de ce mois, les fermiers doivent cefler de nourrir leurs chevaux au fec, pour les mettre à l'herbe dans des trefles , & nourtir dans l’écurie ceux qui travaillent, avec de la luzerne , ou autre herbe qu’on leur fauche exprès
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Mar 125
tous les jouïs. Ceci eft un des importans articles d'agriculture , il économife infiniment la dépenfe fur la nourriture des chevaux , qui fans cela emporteroit la moitié du profit de la ferme. On confomme bien moins de fourrage verd en le donnant à l’écurie ; que fi on le laïfloit manger dans le champ , & on a le profit du fumier de plus; il faut pour cela avoir un petit enclos de trefle ou de luzerne, à portée de la maiïfon pour faucher & apporter deux fois par jour aux chevaux, Un acre de luzerne , qui a été bien fumée & dans de bonne terre, peut nourrir quatre chevaux, de la fin d'Avril à la fin d'Octobre ; mais un fermier intelligent , pour ne pas être en défaut, doit calculer fur un acre pour trois chevaux.
Ce fyflême de conduite eft d’un avantage généralement reconnu ; & tout fermier un peu in= telligent en Angleterre , en a fi bien fenti l’économie, qu'ils ont tous des enclos de luzerne exprès
pour cela (1).
Des Bœufs.
Ces animaux s’entretiennent l'hiver à meilleur RE de AE DE UE TE PE EDR TP RD TC NOEPÉRE SE RET)
(1) EL feroit bien avantageux en France que l’on effayät de cette méthode , vu furtout la cherté de layoine dans cûtte faifon. Je me fuis apperçu que l’on commençoit déja en Normandie,